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Conferenza Partito radicale
Radicale Partito - 7 maggio 1992
Lettre Laurent Akoun membre du Parti Ivorien des Travailleurs, arrêté le 18 février 1992 à Abidjan, envoyé au Parti Radical par son épouse Gisèle

Maison d'arrêt et de Correction d'Abidjan, le 21 mars 1992

Cher ami,

j'ai reçu ton message hier jeudi, par mon épouse et m'empresse, à travers le lignes ainsi dessous, de te donner des mes nouvelles.

J'ai été arrêté le mari 18 février 1992, au domicile du camarade Francis Wodie, ou, trois membres de la Direction du P.I.T. et mois, examinions la situation. Il était aux environs de 16 heures et trente, quand nous avons étés rejoints par deux militants qui avaient appris sur le campus universitaire que Francis Wodie avait interpellé ce mardi 18 février.

Vers 17.30, deux commissaires, deux lieutenants et une diziane des flics, armés jusqu'au dents, forcèrent le portaille du domicile de Francis et nous sommèrent de les suivre au cabinet du ministre de la Sécurité interieure, où selon les officiers de Police, nous sommes attendus pour un "!contrôle d'identité".

En fait, au lieu de nous conduire au cabinet du ministre, nous fûmes debarqués au "camp d'Agban" tenu par la gendarmerie nationale. Là, nous dumes décliner nos identité puis inviter à nous débarasser des nos vetements et chaussures avant d'être jetés au "violon" du Poste de police du camp où une centaine de démocrates, en sang, étaient entassés sous le sol nu.

Parmi les démocrates, se trouvaient Laurent Gbabgbo (F.P.I.) et Rné Degni-Segui (LIDHO).

En compagnie de ces camarades, nous passames 72 heures d'humiliation et exactions de toutes sortes (chaque sous-offcier, chargé de notre surveillance, mettait un point d'honneur à nous faire subir la maximum de vexations). Ces 72 heures furent un calvaire car "encaqués" comme des sardines (chaleur!) nous avions en prime les odeurs des toilettes et les mouches.

Le vendredi 21 février, 19 camarades et moi fûmes, défférés au parquet d'Abidjan et placés immediatament sous mandat de dépot. C'est à cette date que nous passames notre première nuit moins mauvaise à la maison d'arret de Yopougon.

Accusés de "co - auteurs de destruction de biens d'autrui, d'incendie volontaire et de voie de faits", nou s fûmes placés dans la procedure de flagrance pour être jugés en flagrant délit. Le verdict a été rendu le 6 mars 1992 par le tribunal.

8 de nôtres ont été condamnés, dont

- Akoun Laurent (arreté chez Wodie)

- Koudou Kessié Raymond (arreté chez Etté)

- Gnaoule Ouphou Bruno (arreté chez Wodie):

à 1 an d'emprisonnement + 300.000 CFA d'amende;

- Gbagbo Laurent (arreté au plateau immeuble de la SOGEFIHA);

- Degni-Segui René (arreté chez Etté);

- Dacoury Louis (arreté au plateau)

- Akret lucien (arreté meme lieu Gbagbo);

- Legre Michel ( " " " " );

- Mollé Mollé (arreté domicile de Gbagbo);

- Ahibo Coffy (arreté domicile Etté);

- Ouraga Obou (constitué prisonnier car son épouse prise en otage);

- Likikouet Odette (arrêtée au domicile d'une amie aux Deux-Plateau):

2 ans + 300.000 CFA d'amende.

Après ce groupe de vingt, cent vingt-six autres démocrates retenus au "camp d'Agban" ont été conduits à la maison d'arret de Yopougon le lundi 24 février 1992. Sur ces 126, il ya 10 mineurs (élèves et jeunes travailleurs du secteur dit informel). A ce jour, seuls deux parmi les 126 ont été jugés selon la procédure d'urgence et condamnés (Mme Gbagbo: 1 an + 300.000 CFA; Georges Coffy: 2 ans + 300.000 CFA).

Pour les 124 autres démocrates, les dossiers ont été transmis par le parquet à un juge d'instruction: ce qui signifie un changement de procédure. Nous ne sommes plus en lagrant délit mais dans une police correctionnelle alors que tous ont été arretés dans les memes circostances de lieu et de temps. Allez-y comprendre quelque chose.

Conditions de détention: difficiles.

Du 21 février 1992 au 12 mars 1992: nous n'avons pas été autorisés à communiquer avec nos parents et amis.

Pas de visite médicale alors que les conditions d'hygiène sont des plus déplorables. Une épidémie de cholera a decimé la forte population carcérale, il y a à peine deux mois et la psychose d'une nouvelle épidémie haute encore l'esprit des pensionnaires.

Présence permanante d'un detachement de commandos de géndarmerie dans l'enceinte de la prison, à quelques trois mètres du batiment qui abrite nos cellules. Cette Présence des gendarmes est une doublure du personnel (gardes pénitentiaires) de l'établissement que nous ne nous expliquons guére surtout que les pouvoirs publics nous présentent comme des vulgaires "CASSEURS".

Les visites des nos parents et amis. C'est la croix et la bannière pour tous ceux (surtout nos épouses) qui désiderent nous visiter. Pour obtenir un "permis de communiquer", nos visiteurs doivent faire presque tous les services du palais de justice et attendre une journée pour ésperer avoir cette autorisation. Une fois ce document obtenu, pour les chanceux, franchir les grilles de la prison est une autre épreuve qu'on ne franchit qu'avec des pots de vin substantiels à verser aux maitres des lieux. Une fois à l'interieur, la salle des communiqués est une veritable "cour des miracles" où tous les détenus et leurs visitateurs s'entassent dans un brouhaha indescriptible. Sache que la maison de'arret, prévue pour accueillir 1500 à 2000 détenus, abrite aujourd'hui plus de 4000... Et la chasse aux democrates se poursuit. Il y a une semaine 5 étudiants (dont une étudiante et un élèves - un mineur) ont été arretés et gardés illégalement une semaine durant à la Direction de la Surveillance du Territoire avant d'être t

rasnférés a Yapougon.

Malgré ces difficultés, mes camarades et moi nous nous portons comme un charme grâce à la solidarité nationale et internationale.

Nous avons le moral et nous sommes organisés pour faire face à la situation qui nous est faite.

J'aimerais pour terminer mon propos dire merci aux militants et responsables du Parti radical pour les actions qu'ils ont engagés afin que triumphe la démocratie et les démocrates en Côte d'Ivoire.

Merci a toi mon ami Gaoussou avec qui je n'ai pas eu le temps d'échanger suffisamment lors de ton dernier séjour à Abidjan.

Amicalement,

Laurent Akoun

 
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