Bucarest, le 10 mars 1992
Monsieur le Député,
Conformément aux usages démocratiques, le soussigné, député de l'Union Démocratique des Serbes de Roumanie, a informé promptement et constamment les structures de son organisation de toutes les choses significatives se déroulant dans le présent cadre parlementaire. J'ai aussi présenté des documents provenant du Parti Radical Transnational, parti auquel beaucoup de parlementaires roumains sont inscrits. Nous avons constaté à plusieurs reprises que (au moins en ce qui concerne la zone chaude du conflit yougoslave avec laquelle les gens du Banat, de par leur position géographique, sont en contact permanent) le contenu de ces documents discordait totalement de la réalite complexe et que cette réalité était présentée unilatéralement.
Ainsi, j'ai été désigné par notre Union pour rédiger une lettre au Conseil Fédéral du PRT, lettre dans laquelle j'ai essayé de présenter des faits et, aussi, de révéler l'autre face, plus tragique, de la réalité Yougoslave.
J'ai considéré comme nécessaire - ayant en vue la proximité du parti dont vous etes membre - de vous envoyer également une copie de cette lettre.
Etant donné qu'il est probable qu'au Congrès (du Parti radical, ndlt) des documents vont etre élaborés sur ce sujet, je vous suggère une proposition qui peut détruire toutes les idées préconcues existant sur la question: faire un inventaire concernant la situation des minorités (dans toutes les pays de l'Europe de l'Est), de leurs droits et de leurs institutions (éducation, éditions, faits culturels). Je suis sur qu'en ce qui concerne les serbes qui sont aujourd'hui sous la jurisdiction de la Croatie, on peut constater qu'ils N'ONT RIEN ! Plus encore, leur droit à L'EXISTENCE est contesté !
Avec respect,
Luchin Milenco, député
président de l'Union Démocratique des Serbes de Roumanie