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Conferenza Partito radicale
Partito Radicale Olivier - 21 giugno 1992
lettre aux députés PR
Bucarest, le 10 mars 1992

CHERS MEMBRES DU CONSEIL FEDERAL DU PARTI RADICAL TRANSNATIONAL,

CHER MONSIEUR OLIVIER DUPUIS,

Avant tout, je vous demande de me permettre de vous transmettre mes sincères félicitations pour la manière avec laquelle vous réussissez à organiser la propagande, c'est-à-dire le système d'information sur l'activité de votre parti, à faire en sorte que les matériaux édités dans des conditions impécables arrivent, en temps utile, à vos membres ou à de possibles sympathisants. Je dois vous avouer que mon intéret pour l'activité de votre parti a grandi considérablement quand j'ai appris qu'il se déclare nonviolent et milite pour les valeurs universelles de la démocratie, quand j'ai appris également que nombre d'intellectuels de Timisoara (la ville de la Révolution roumaine de 1989, dont j'ai l'honneur d'etre citoyen), ont adhéré à vos idées et à votre programme. Ainsi, j'ai présenté des informations (sur ces thèmes) à mes connationaux de l'Union Démocratique des Serbes de Roumanie, dont je suis président.

Malheureusement, les documents élaborés concernant la situation de la Yougoslavie qui me sont parvenus, ont changé totalement l'image quant à l'esprit prétendument démocratique autour duquel l'activité du PRT veut s'encadrer. Je me permets de vous présenter l'opinion de nombreux intellectuels de notre Union sur ces matériaux: un parti-pris plus qu'évident pour la partie croate, avec une totale omission de la réalité passée (historique) et présente dans l'espace géopolitique yougoslave.

Quelques-uns de mes collègues de la direction de l'Union Démocratique des Serbes de Roumanie sont meme de l'opinion, qu'en général, la manière avec laquelle les actions en faveur de la guerre d'information imposée par l'opinion publique occidentale, ont été utilisées contre le peuple serbe orthodoxe sont parfaitement semblables aux méthodes de l'ancien système communiste qui voient les inculpés (les serbes) obligés à démontrer leur propre innocence et les leaders de l'Etat croate confortés dans les situations du procureur, de l'avocat de la défense et du juge.

Il faut relever à ce propos la différence évidente entre la manière dont les plus de 30 allocutions de l'institution papale sur le conflit entre les croates catholiques et les serbes orthodoxes ont "envahi" l'opinion publique mondiale, et le silence absolu qui a entouré les interventions sur le meme thème du patriarche orthodoxe serbe. Silence qui a été gardé aussi sur la détention de l'épiscopat orthodoxe de Pakrac dans les prisons croates (1991), sur la destruction du siège épiscopal et de sa prestigieuse bibliothèque, ainsi que les églises orthodoxes serbes de Croatie. Les communistes titoistes se sont comportés de la meme facon quand ils ont interdit de publier la vérité sur la DEMOLITION, entre 1941-1945, de plus de 300 églises et de 16 monastères orthodoxes, par des oustachas. Meme silence sur la vague des réfugiés serbes de Croatie (qui ont commencé à quitter leurs maisons AVANT le commencement des hostilités). Quant à ceux qui sont restés et ont été fusillés devant leurs propres maisons, ils ont été

déclarés "terroristes, autonomistes, chetniques, communistes et rebelles"!

Ce sont là les motifs pour lesquels je vous ai demandé de vous présenter des faits sans lesquels un jugement impartial sur ce conflit civil est impossible, conflit qui, vraiment, doit etre stoppé.

Conscient qu'une présentation et une analyse complète de la situation de la Yougoslavie, avec des références obligatoires aux racines historiques de notre tragique présent, nécessite un espace qui dépasse de beaucoup le cadre d'une simple lettre, j'essayerai de souligner quelques idées qui s'insèrent indubitablement dans la sphère de l'objectivité.

Le principe d'autodétermination est applicable au peuple (population) et non au territoire. Meme si, exagérant, nous portons notre jugement sur le territoire, il faut obligatoirement associer ce principe avec le principe constitutionnel, en vertu duquel le territoire a été délimité: le texte juridique instituant la limite administrative de la République de Croatie dans le

cadre de l'ex-République Socialiste Fédérative de Yougoslavie était associé, dans la Constitution, à la mention que cette république est une république du peuple croate ET SERBE; (précisément parce qu'elle inclut des territoires ethniques serbes). Il faut aussi mentionner que ces limites ont été tracées, déjà en 1943, par le dictateur communiste Tito (de nationalité croate, de la meme facon dont le Parti communiste de Yougoslavie a été organisé !), qui a institué, après un dictat constitutionnel des minorités sur la majorité, le type suivant lequel toutes les structures de l'Etat fédéral ont été construites (ou les postes-clef étaient détenus presque exclusivement par des représentants de la Croatie et de la Slovenie - occupant (toujours) en 1991, au moment de la sécession, tous ces postes !). Ces limites veulent etre imposées comme frontières, contre la volonté meme du peuple serbe, forcé artificiellement par la meme occasion à rester pour toujours dans la position de minorité et se voyant refusé le droit à

l'autodétermination.

Il faut relevé que dans la République de Bosnie-Herzégovine nous sommes dans la meme situation, vu que, conformément à la Constitution, il y existe trois peuples constitutifs: musulman, serbe et croate; d'un point de vue juridique on ne peut y prendre de décision à la majorité, (comme on essaye de le faire maintenant), contre la volonté d'un de ces trois peuples (un statut similaire à celui de la Suisse). Il est intéressant de souligner que Tito a accordé aux musulmans le statut de peuple dans les années '50, alors qu'ils sont d'origine ethnique serbe et parlent la langue serbe !

Tout le comportement des leaders croates montre une parfaite continuité - de moyens et d'actions - de la politique visant à créer une grande Croatie, pure du point de vue ethnique. Politique pratiquée sans scrupules durant la deuxième guerre mondiale par l'Etat Indépendant Croate des Oustachas, avec son leader Ante Pavelic (matérialisée par l'innimaginable génocide - plus d'un million de victimes - des serbes d'origine orthodoxe, accompli avec l'accord chaleureux et meme avec la participation du clergé catholique croate et du cardinal Alois Stepinat). La première action de l'actuel parti ultranationaliste croate, après la conquete du pouvoir, a été de mettre hors Constitution le peuple serbe et d'armer des formations paramilitaires sur des critères uni-nationaux et meme uni-partitiques, exactement comme en 1941; en meme temps ont eu lieu des réquisitions de maisons et de terrains, des pressions, des actions d'intimidation, des violences, des crimes contre la population serbe. La réaction de celle-ci d'organi

ser des milices et de résister était parfaitement justifiée après que, usant le meme droit à l'autodétermination, elle se fut prononcée clairement contre son maintien à l'intérieur de la Croatie.

De par la position qu'elle a adoptée face à cette situation, la Communauté Européenne a agi contre la Charte de l'ONU, et à récompenser la sécession en octroyant une aide diplomatique énorme et (tacitement) meme financière et armée, bloquant et sanctionant toutes les actions de l'autre partie, fermant meme les yeux devant le mercenariat évident et massif pratiqué par les sécessionistes.

Il est significatif aussi, qu'au nom meme de l'UNITE d'action, un blocus économique unilatéral ait été imposé CONTRE ceux qui ont lutté en fait pour un type d'UNION (fédération) dans l'espace yougoslave.

Tous ceux qui (comme les citoyens roumains de Timisoara et d'ailleurs) sont proches géographiquement, ont eu accès aux mass-media serbes et ont eu l'occasion de voir en direct la chronique tragique des atrocités commises maintenant, au seuil du troisième millénaire, à l'encontre des serbes par le régime de Zagreb (leur description nécessiterait plusieurs tomes) ont pu réaliser que l'Europe N'A PAS VOULU prendre en considération des réalités évidentes. Plus que ca, par l'ENGAGEMENT ACTIF des agences nationales et internationales de presse et de radiotélévision, elle a véhiculé avec plaisir toutes les informations de la partie croate; leur contenu pourrait faire mourir d'envie l'appareil de propagande de Staline et d'Hitler, répétition sans fin de mensonges, leur conférant ainsi l'auréole de la crédibilité.

La volonté diplomatique de l'Europe a sanctionné ainsi (conceptuellement) la mutation de la nature de la guerre civile de Yougoslavie D'ETHNIQUE ET RELIGIEUSE A IDEOLOGIQUE (!), "accolant" l'étiquette de communisme sur les politiciens qui aujourd'hui conduisent la politique serbe (meme si, réellement, leurs états de service communiste ainsi que leurs actions ne peuvent etre comparés avec ceux du meme genre des leaders de la Croatie (...) Et meme si les informations ostentatoires sur les pratiques communistes du régime de Serbie étaient réelles, ce fait n'a rien à voir avec la lutte de la population serbe, menacée d'extermination dans ses territoires ethniques, pour sauvegarder son existence biologique et culturelle et pour son libre exercice politique. Cette population est soumise à l'agression armée du regime de Zagreb et défend les armes à la main sa propre terre millénaire. L'armée yougoslave s'est assumé le meme role à l'heure actuelle. (...)

Pour avoir une image sur la manière dont la situation de Yougoslavie est ressentie par les serbes qui vivent loin de la zone du conflit, je vous envoi le contenu de l'appel lancé par les intellectuels serbes de Roumanie (signé par 1367 personnes, incluant des parlementaires roumains de toutes tendances politiques), ainsi que la lettre ouverte des serbes des USA, les deux documents étant adressés aux leaders de ces deux Etats.

Avec respect !

Dipl. ing. Luchin Milenco

Député, président de l'Union Démocratique des Serbes de Roumanie

 
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