Bucarest, le 4 janvier 1992AU PRESIDENT DE ROUMANIE
AU GOUVERNEMENT DE ROUMANIE
Nous adressons à Monsieur Ion Iliescu, président de Roumanie, à Monsieur Theodor Stolojan, Premier ministre et à Monsieur Adrian Nastase, ministre des Affaires Etrangères de Roumanie l'appel suivant, lancé sur initiative de l'Union Démocratique des Serbes de Roumanie, et auquel 1367 citoyens roumains de nationalité serbe et roumaine, etc., (tant députés que sénateurs), ont adhéré,
APPEL
Nous sollicitons que lors de la définition de l'attitude et de la position de notre pays face à la guerre civile de Yougoslavie, les informations en provenance des deux parties soient nécessairement prises en considération et analysées. La reconnaisance unilatérale de la souveraineté de la République croate éludera le problème central du conflit, sans l'éteindre: à savoir le problème (de la présence) des serbes sur leurs territoires ethniques, territoires qui se trouvent aujourd'hui dans les limites administratives de la Croatie; des limites tracées artificiellement par le dictateur communiste, croate, Tito, qui ne sont reconnues comme frontières par aucun traité international. Le droit à l'autodétermination du peuple croate - qui n'est contesté par personne - est égal au droit du peuple serbe à rester en Yougoslavie, y compris les serbes de ces territoires qui en ont exprimé massivement le désir au travers d'un référendum.
Le blocus de l'information et diplomatique imposé par des cercles du pouvoir d'Europe, directement intéressés et impliqués via argent, armes, mercenaires et meme instructeurs militaires - empechent la découverte de la vérité sur la dimension religieuse du conflit, sur les réfugiés, sur le génocide à l'encontre des vieux, des femmes et des enfants serbes de Croatie, massacrés par les memes légions noires des oustachas, portant le meme symbole étatique qui a vu un million des serbes massacrés bestialement au cours de la seconde guerre mondiale.
Les serbes de Roumanie ne se sont pas permis jusqu'aujourd'hui et ne se permettaient pas d'entreprendre une telle initiative pour ne pas etre soupconnés d'etre partiaux par le fait qu' - étant citoyens loyaux de Roumanie - ils se sentent liés au peuple serbe, peuple avec lequel les roumains ont toujours vécu en paix.
Mais l'initiative devient nécessaire après que la Télévision ait lancé un autre appel sur le meme thème et adressé aux memes destinataires. Les signataires de celui-là ont été priés avec respect de tourner également leur conscience de l'autre coté, plus tragique, de la réalité yougoslave.
Le dossier qui contient les signatures (au nombre de 1367) est déposé au Secrétariat de la Commission pour les Droits de l'Homme, pour les cultes et les minorités nationales de la Chambre des Députés.