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R.E.D.A. A - 23 dicembre 1992
PARLONS DONC DU LIBERIA

de Sidzabda

Tam-Tam, Ouagadougou, 24 novembre 1992

En 1847, alors que les colonialismes occidentaux battaient le plein sur le continent africain et allieurs, un pays baptisé "terre de liberté" ( LIBERIA ) proclamait son indépendance en tant que " asile pour personne de couleur libres....échappant à la profonde dégradation....où tous les espoirs étaient totalement éteints dans nos coeurs...."

La Cour Suprême des USA refuse de reconnaître ce nouvel état africain en avançant l'argument selon lequel " les Africains sont des êtres humains seulement aux 3/5 ".

Un siècle et demi sont passés depuis. Pragmatisme comme ils savent l'être, les USA se sont adaptés au courant de l'histoire.

Le Liberia est devenu le plus important point de récolte et de cerveau de la politique africaine des USA.

La " central intelligence agency " (CIA) opère à ciel ouvert (radio, satellite, antenne, ordinateur) dans ce pays qui a adopté le dollar américain comme monnaie nationale dans les faits. Les USA paient " rubis sur ongie " sur leur droit d'ingérence en faisant pleuvoir des dollars sur tous les présidents, gouvernements et autres banques du Libéria. Tous les régimes politiques en profitent jusqu'à celui de Samuel DOE.

C'est connu, les choses vont carrément se gâter en 89-90 avec l'entrée en scène du Front National Patriotique du Libéria (NPFL) dirigé par Charles Taylor dans la scène politique du pays.

En quelques mois, l'ex réfugié politique du Burkina Faso est arrivé aux portes de la capitale libérienne avec ses combattants de la liberté. C'est la surprise des surprises. C'était comme " la double gifle de David à Goliath ". Inacceptable! Là, commencent les grandes manoeuvres d'internationalisation de la "crise libérienne" qui vient de passer au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, le jeudi 19 novembre 1992.

Depuis trois ans, la constante attitude de Washington vis-à-vis de Charles Taylor, est de le reduire coûte que coûte à sa plus simple expression de "rebeille" et l'obliger à négocier à genoux face au "grand frère américain". Charles Taylor doit cesser d'être l'hôte du Burkina ou il restera le rebeille sanguinaire allié du satan Khadafi. Puisque par la force des médias occidentaux, il n'existe plus qu'une seule opinion "juste et démocratique" au monde qui est celle de la "pax americana" et que des relais burkinabè commencent

à se créer pour crier "qu'allons nous faire dans le bourbier libérien?", il faut tout expliquer et clairement.

Les données du problème deviendront accessibles à tous ceux qui sont de bonne foi et veulent comprendre.

TOUJOURS EN RETARD

Lorsque des Burkinabè, se positionnant comme opposants, des hommes politiques avec la prétention de diriger le pays acceptent d'utiliser n'importe quels arguments pour se rendre "populaires", en arrivent à faire cause commune avec tous les adversaires politiques du Burkina d'où qu'ils viennent, c'est inquiétant.

Les rumeurs de bombardements du Burkina Faso par les Américains, les Nigérians et les Ghanéens circulent. On parle même du risque de subir le même sort que l'Irak ou la Libye. Des ex-révolutionnaires, reniant leurs principes de l'internationalisme se surprennent en train de rédiger des déclarations pour soutenir à fond l'interventionnisme aussi.

C'est grave. Certains tremblent lorsqu'ils vous parlent du Libéria. D'autres fuient toute discussion pour que les services secrets américains ne les détectent pas comme "cibles". Même des responsables de partis au pouvoir préfèrent se faire en prétendant n'être pas assez informés, ect.

Il ne faut pas oublier si vite le passé, sourtout lorsqu'il ne date que d'un an à peine, juste avant les elections présidentielles au Burkina Faso, le 1er décembre 1991.

Un groupe d'hommes politiques, d'un "grand parti d'opposition" avait effectué une vaste longue tournée en Europe, pour "expliquer la situation politique au Burkina auprès des partis amis de France, d'Allemagne et d'allieurs". Ils voulaient des financement pour la campagne électorale. A leur retour, les rumeurs ont inondé les milieux politiques de la défunte "coordination des forces democratiques". On disait que le Burkina Faso de Blaise Compaoré était completement isolé sur le plan international. On disait que qu'il n'y aura plus de financement de projets de développement au Burkina Faso. On disait que "la France" a dit qu'elle ne veut plus d'un militaire au pouvoir. Cette France qui adore son Général De Gaulle et sa cinquième Répubblique taillée à sa mesure financera l'opposition pour renverser Blaise Compaoré par une conférence nationale souveraine. On disait...On disait...., tout cela sous le couvert et au nom de "l'opinion nationale", du peuple tout entier, de "la majorité" des burkinabé, ect.

Heureusement dans ce pays,tout le monde connait tout le monde.

Beaucoup de ces mêmes "parleurs" et "diseurs" sont sagement assis aujourd'hui en Conseil des ministres ou à l'Assemblée des députés du peuple (A.D.P.), comme des animaux sauvages bien domestiqués, ecoutant les instructions du President du Faso, Blaise Compaoré! Ils sont devenus des "traites", des "lâches" pour leurs ex-amis politiques non élus ou non promus (pas encore seulement?) à des hautes responsabilités. Donc, il faut comprendre la rage de ceux qui sont toujours en retard.

La situation au Libéria est actuellement le "sujet promotionnel" qui peut permettre d'accéder (s'il plait à Dieu) à la table des élus! Alors, comme hier, pour la conférence nationale souveraine, tout le beau monde politique des "liste d'attente" s'engouffre dans la brèche ouverte par le s soins du président américain en instance de départ, George Bush et son Monsieur Afrique, Herman Cohen. C'est la deuxième fois que les USA rappellent leur Ambassadeur. La première fois, c'était à cause du départ des "Peace Corps".

Encore une fois beaucoup sont en retard. Ils ne savent toujours pas les résultats des dernières élections présidentielles "transparentes" aux Etats Unis d'Amerique. Bush a perdu et Clinton a gagné. C'est une nouvelle politique que va commencer à Washington. Et cette politique peut très bien accepter le renvoi des "Peace Corps" américains du Burkina Faso et le "Tayloriand" du Libéria comme des réalités objectives avec lesquelles il faut composer pour défendre "les intérêts des USA d'abord et surtout".

Tous les citoyens et hommes politiques américains sont d'abord et avant tout, au service des intérêts de leur pays.

A PROBLEMES NOUVEAUX, SOLUTION NOUVELLES

Des burkinabè honnêtes et de bonne foi se demandent sincèrement ce que le Faso va checher dans les problèmes du Libéria.

Ils veulent comprendre. C'est leur droit. Il faut expliquer les enjeux stratégiques. Ils existent. C'est vrai. "La patrie des hommes intègres" (Burkina Faso) s'est doté d'un himne national qui doit être compris par toutes le femmes, et les hommes de ce pays.

Le "Dytanié" est un himne à la liberté pour tous et par tous, qui prône la libération du continent africain tout entier.

C'est ambitieux pour ce pays qu'on a toujours traité de "pauvre, enclavé, problémeux et non stratégique". Il est plus que temps de comprendre que ces schémas sont totalement faux et totalement dépassés. Les données géopolitiques sont bouleversées.

Ce pays jadis méprisé est devenu lentement et sûrement (a l'insu de certains des ses fils trop emprisonnés dans les vieux schémas) une super-puissance politique et économique. Pour le savoir, il suffit d'écouter, de lire et de regarder ce qui se dit quotidiennement sur notre patrie.

Cinéma, coups d'état, élections, culture, santé, développement à la base, groupements villageois, autopromotion paysanne, culture de contre-saison, artisanat, intégration économique, promotion du secteur informel, maïtrise de l'eau, alphabétisation des adultes, promotion des femmes, tous ces sujets exigent la prise en comple des expériences réussies au Burkina Faso, sans la soumission aux ex-grandes puissances.

Et enfin, il y a le Libéria et Charles Taylor. C'est pas mal? Ici, on trouve que le Burkina Faso commence à vouloir trop contrôler et à vouloir trop s'imposer à l'ordre établi où les "grandes" et les "petits" doivent rester chacun à sa place.

Le problème aujourd'hui, dans un monde en plein bouleversement géopolitique, est qu'il n'y a pas d'ordre. L'ancien ordre du monde est fini. Il y a un nouvel ordre qui cherche à se mettre en place. Tous les pays et tous les continents (Asie, Amérique, Europe, Afrique, Océanie, etc.). Luttent par pays et par bloc de pays pour "arracher une place au soleil". Il n'y a plus de pauvres absolus et riches absolus. Le Japon affronte les USA, l'Allemagne cherche à maïtriser la France qui cherche à garder sa "main-mise" en Afrique francofone et ces pays veulent se libérer du seul carcan de l'ex puissance coloniale. Les choses en sont à ce stade: pas de panique.

Le problèmes actuels dans le monde sont des problèmes inédits, neufs et souvent imprévisibles, malgré les ordinateur et les robot.

Les anciens "grands" ne sont pas plus capables que les anciens "petits pays pauvres" pour rechercher et trouver des solutions appropriées. C'est ce qui se passe au Libéria aujourd'hui.

Lisons ensemble le grand journal américain, "International Herald Tribune, Thursday, november 19, 1992". Dans son article intitulé "Libéria's crisis tests US French coopération". (La crise libérienne est un test de la coopération entre les Etats-Unis d'Amérique et la France), le journal fait le constat suivant "la classe dirigeante aussi bien en France qu'aux Etats-Unis, les deux principales forces étrangères présentes en Afrique nient catégoriquement toute rivalité au niveau de leur engagement politique au Libéria.

Mais des accusations sont faites à l'endroit des autorités françaises et américaines au sujet de tromperies sordides mutuelles concernant tout spécifiquement le trafic d'armes au Libéria et l'entraïnement de factions rivales... Des autorités américaines soulignent qu'elles suspectent le gouvernement français ( ou du mains des fractions en son sein ), de considérer le Libéria comme un lieu où peut s'exercer une démonstration que l'autorité des Etas-Unis a des limites".

C'est clair pour ceux qui peuvent comprendre. C'est qui ne veulent pas, ne veulent pas et c'est tant pis pour eux!

Le Burkina Faso, toute la classe politique nationale et le président Blaise Compaoré, doivent mettre les intérêts du continent africain au dessus de tout. Ils doivent mépriser aussi les humeurs, les grognement, les peurs et les pleurs de ceux là qui n'ont encore rien compris à la situation actuelle de l'Afrique en croyant qu'il faut s'aplatir quand "Washington n'est pas content".

Les humeurs de Washington sont celles des américains et des "garçons de course" de la Maison Blanche. Si Washington éternue, le Burkina n'a aucune raison objective ou subjective pour attraper un rhume!

Le Nigèria a reçu quatre vingt (80) millions de dollars pour financer son "sale boulot" d'extermination du peuple libérien sous le couvert de l'Ecomog. Il faut être un génie pour comprendre que le Président Babangida n'aime pas à la folie le peuple libérien au point de vouloir le "protéger" contre son fils Charles Taylor? Le président Abdou Diouf sait que c'est avec des dollars américains qu'il arrive à payer et ses fonctionnaires et ses soldats dont le chef (général Seck) exige d'autres millions des dollars pour assassiner Charles Taylor.

Les présidents guinéen et sierra-léonais ont déclaré qu'ils sont favorables à l'élimination physique de Charles Taylor.

Est-il nécessaire de continuer à donner des exemples semblables pour que chacun sache que les "discours humanitaires" de Washington cachent mal la rage de tuer? Si Charles Taylor n'était pas accepté par son peuple, il ne pouvait pas vivre et continuer de gouverner 90% du territoire. Tout le peuple libérien serait entre les "bras protecteurs du géant militaire nigérian" et ses commanditaires américains réduits à la seule ville de Monrovia avec le "gouvernement Sawyer", les quarante (40) partis des "rebelles des rebelles" comme Prince Johnson et autres.

Aujourd'hui, malgré la campagne de presse financée par les Etats-Unis pour salir Charles Taylor et ses combattants, il est de plus en plus évidant que la situation échappe totalement au contrôle de l'Ecomog, version nigériane. Le Sénégal enrage du fait que les nigérians ne donnent pas assez de dollars aux soldats sénégalais, réduits à être des "sous-traitants des sous-traitants". Le Général Seck demande quatre cent millions de F CFA pour financer le rapatriement de ses soldats qui "ne reçoivent rien pour réussir leur mission" de tuer Taylor.

Le Burkina, en sachant rester fidèle à ses engagements et exigeant que l'Ecomog redevienne une force de maintien de la paix par l'interposition pose bien la question fondamentale.

A qui veut-on livrer le Libéria? Pas aux libériens bien sûr!

Autrement, les bombardements aériens et à partir des bâteaux de guerre n'auraient aucun sens. Quels intérêts se cachent derrière l'agression nigériane?

QUE CHACUN JOUE SON ROLE

Le gouvernement gouverne, le parlament légifère et les partis politiques expliquent et éduquent les électeurs.

Le fonctionnement correct des institutions doit pouvoir nous garder de la malédiction de retomber dans des situations douloureuses du passé que chacun prétend redouter.

A tous les niveaux, l'essentiel est de refuser d'aimer et de croire plus à ce que disent les moyens de propagande des institutions des autres pays. Si ces pays fonctionnent en apparence si bien, c'est qu'ils savent respecter leurs institutions et les défendre au nom de la grandeur de la patrie.

Toutes les explications sur une situation de guerre ne peuvent pas et ne doivent même pas être étalées par un gouvernement responsable sur la place publique. Les forces politiques nationales doivent accepter de ne pas jeter dans la rue des questions auxquelles aucun gouvernement actuel, même un gouvernement de l'oppositon refuserait de répondre. Alors pourquoi vouloir utiliser des questions relevant du secret d'Etat pour attaquer un pouvoir? Demain, on peut soi-même se retrouver dans la même situation.

Les situations de crise on l'avantage de révéler le vrai visage des hommes à eux mêmes.Il faut en profiter pour se laver le visage et oser dire aux citoyens qu'ils ne peuvent pas exiger toutes les réponses à toutes les questions sur le Libéria dans les condictions actuelles.

Dans vingt ans peut-être, le moment viendra d'étaler au grand jour des faites qui aujourd'hui ne peuvent l'être.

A vouloir faire feu de tout bois, on peut se jeter-soi même dans le brasier puor l'alimenter. Il est grand temps de rompre avec la pratique du "tout ce qui peut desservir le pouvoir en place doit me servir".

C'est cette logique absurde qui conduit même des responsables politiques du part majoritaire au Parlament (capables de modifier la constitution avec quelques voix en plus à fuir le débat, éviter les journalistes pour "abandonner le gouvernement à son sort", parce qu'ils n'en sont pas contents.

Il est temps pour toute la classe politique de se ressaisir pour jouer enfin son rôle constitutionnel "d'animateur de la vie politique" et du fonctionnement correct des institutions de l'Etat de droit, dans le strict respect des régles de jeu politique.Le problème libérien offre une opportunité des militants actifs, engagés non pas à "detruire le gouvernement" mais à défendre le pays qui doit mériter en pratique son nom de "Patrie des hommes intègres".

 
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