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Bizzarri Silvia - 9 settembre 1993
L'OBSERVATEUR DU 25 AOUT 1993. Burkina Faso.

BCEAO - Suspension du rachat des billets

DES PRECISIONS DU GUVERNEUR

Monsieur le gouverneur, pouvez-vous nous préciser la décision que vient de prendre les Autorités monétaires de l'Union?

Les autorités monétaires ont décidé, devant l'ampleur des sorties des billets CFA de notre émission et dans le cadre du renforcement des mesures d'ajustement, de suspendre le rachat des billets émis par la BCEAO et exportés hors des territoires des pays membres de l'UMOA et de la zone BEAC.

Quelle est la signification exacte de cette mesure?

Pour comprendre la signification de cette mesure, il convient tout d'abord d'expliquer les mécanismes par lesquels ces billets se sont retrouvés à l'extérieur. En effet, du fait de leur libre convertibilité, les billets émis par BCEAO s'exportent librement et sont repris par les banques étrangères ces billets sont ensuite rachetés, sans conditions par la banque de France qui à son tour les revoie à la BCEAO. Celle-ci procède à la couverture des reprises de ses billets en puisant dans ses réserves de change.

Il peut arriver également que les banques étrangères envoient directement à leurs correspondants dans l'UMOA, les billets BCEAO repris à leur clientèle. Dans ce cas également, la couverture se fait par utilisation de nos réserves de change.

Il faut préciser que nos billets sont également exportés, notamment vers l'Europe, par des ressortissants de pays non-membres de l'UMOA.

La décision que viennent de prendre les autorités de l'UMOA consiste à suspendre les reprises, par la BCEAO ou par les banques, des billets de notre émission exportés hors du territoire des pays africains membres de la zone frac. Ceci étant, les détenteurs de billets CFA qui se présenteraient au guichet d'une banque hors de la zone de rachat, devront s'attendre à se voir refuser le change de leurs voir.

Qu'est ce qui a motivé cette prise de décision? Pourquoi intervient-elle maintenant? Y-a-t-il un lien avec les tensions actuelles au sein du SME et les attaques contre le franc français?

Cette décision a été motivée par l'importance des rachats de billets BCEAO auprès de la Banque France qui ont atteint en 1992, 231milliards contre 154 milliards en 1991. Pour les six premiers mois de l'année en cours, ces rachats se sont élevés à 168 milliards. A ce rythme, ils avoisineront 340 milliards au 31 décembre 1993, soit en moyenne 1milliard de rachat par jour, exerçant de ce fait une ponction importante sur les réserves de change de l'Union.

En raison de l'ampleur prise ces derniers temps par ce phénomène, il fallait pour donner plus de chance de succès aux efforts d'ajustement de nos Etats, enrayer cette hémorragie financière.

Vous vous souvenez qu'il y a un an, les chefs d'Etat et de gouvernement ont réaffirmé le maintien de la parité actuelle du franc CFA par rapport au franc français et se sont engagés à reformer les mesures d'ajustement interne de nos économies. A la suite de cette décision, des efforts ont été accomplis par les Etats de l'Union, notamment dans les domaines des finances publiques et de la politique monétaire. La décision de suspension des rachats de billets s'inscrit dans ce cadre.

Cette décision a été prise après analyse de la situation interne des Etats et n'est en aucun cas liée aux monétaires que connaît actuellement le SME. Il reste que de tels remous laissent pas indifférents compte tenu des liens entre notre monnaie et le franc français.

Monsieur le gouvernement y a il des événements nouveaux qui expliquent cette décision des autorités de l'UMOA?

La décision de suspension des rachats de billets BCEAO exportés hors territoire des pays africains de la zone franc, prise par le conseil des ministres vise à soutenir les actions et les efforts d'ajustement entrepris par tats membres, conformément à la volonté des chefs des pays africains de la zone franc de renforcer les mesures d'ajustement interne en vue de redresser la situation économique et financière des Etats membres.

Monsieur le gouverneur, dans quelle proportion l'évasion des capitaux a, ces dernières années, beaucoup perturbé les équilibres monétaires et financiers de l'UMOA?

L'ampleur des sorties de billets BCEAO a atteint ces dernières années des propositions inquiétantes qui ont des conséquences défavorables sur la situation économique, financière et monétaire des Etats membres.

Au plan économique, l'évasion des capitaux prive les Etats de ressources susceptibles d'être consacrées à des investissements pour soutenir la croissance, ce qui, en cette période d'insuffisance marquée de ressources, est préjudiciable à nos économies. Ce phénomène est accentué par l'existence de frontières communes avec des pays à monnaie inconvertible. En effet, des billets BCEAO exportés hors de la zone, servent en partie au financement et à l'extension du commerce non contrôle et de la fraude, dont le développement contribue à la déstructuration du tissu industriel de nos Etats.

Au plan financier, le développement du commerce non contrôle et de la fraude s'est traduit par d'importants manques à gagner en matière de recettes fiscales pour les finances publiques.

Enfin au plan monétaire, les rachats de billets se traduisent par des ponctions importantes sur nos resserves de change qui sont ainsi passées de 270,7 milliards entre mars 1992 et mars 1993. Ces ponctions opérées sur les réserves de change qui constituent la garantie de valeur de notre monnaie, exercent des contraintes considérables sur la politique monétaire menée par la BCEAO, qui se manifestent notamment par le maintien de taux d'intérêt élevés.

La mesure prise devrait par ailleurs avoir un impact favorable sur la liquidité bancaire et accroître les possibilités d'octroi de crédit par les banques, dans le cadre de la relance de la croissance dans les pays de l'Union.

Cette décision n'a t elle pas des implications sur les relations de coopération monétaire avec la France?

Les relations de coopération monétaire entre la France et les pays africain de la Zone Franc sont régies par des accords garantissant notamment:

- la parité du Franc CFA par rapport au Franc français;

- et la libre convertibilité de la monnaie, assurée par le biais de la convention de Compte d'opérations.

La mesure de suspension de rachats de billets BCEAO, prise par les Autorités de l'Union monétaire Ouest africaine, n'a aucune incidence sur ces relations de coopération.

Cette décision, qui a du reste, été discutée avec les Autorités françaises, ne porte atteinte ni au principe de la liberté de transfert au sein de la Zone Franc, ni à celui de la convertibilité de notre monnaie.

Elle s'applique au seul transport manuel de billets et n'introduit aucune restriction aux transactions internationales dont les règlements doivent comme par le passé, être assurés par les intermédiaires agréés, c'est à dire les banques conformément aux dispositions réglementaires en vigueur et avec les instruments appropriés, notamment les transferts, les lettres de crédits, les chèques de voyages, etc...

Y a-t-il un lien entre cette décision et les perspectives de l'Europe de Maastricht?

Il n'existe aucun lien entre la décision de suspension des rachats de billets exportés hors des pays africains de la Zone Franc et las perspectives de l'Europe de Maastricht.

Je dois d'ailleurs vous préciser que la construction de l'Union économique et monétaire européenne ne remet pas en cause les Accords monétaires pouvant exister entre un pays membre de la CEE et des pays tiers.

Par ailleurs, si l'avènement de la monnaie unique en Europe, entrainera à terme, et de l'autonomie des Banques centrales nationales, il n'en sera pas de même des trésor nationaux et notamment du Trésor Français à travers lequel la France accorde sa garantie au Franc CFA, par le biais du compte d'opérations.

La décision prise par les Autorités ne va-t-elle pas accentuer les pressions sur le Franc CFA? N'est-ce pas le prélude à une dévaluation du Franc CFA?

Il convient de rappeler que les rumeurs qui ont eu cours depuis environ un an, sur une dévaluation éventuelle du franc CFA et qui ont été alimentées par les déclarations de certaines personnalités, ont conduit à de fortes pressions qui se sont traduites par l'accélération des sorties de billets.

Si la décision de suspension des rachats de billets, permets d'atténuer ou de mettre fin au phénomène de sorties qui affecte nos réserves de change, elle permettra aussi de consolider la valeur de notre monnaie. Pour nous, ce n'est donc pas le prélude à une éventuelle dévaluation, mesure écartée par les chefs d'Etats.

Ce qui me parait essentiel dans l'appréciation de la valeur d'une monnaie, ce sont les actions entreprises pour en assure la solidité. Il est donc primordial que l'attention soit plus portée sur les efforts actuels des Autorités de l'Union visant la restructuration des économies nationales, l'amélioration de la compétitivité de la zone et le rétablissement de la croissance ainsi que la consolidation de l'intermédiation financière, qui seuls sont de nature à assurer la solidité de notre monnaie commune. La décision prise par les chefs d'Etats de l'Union s'inscrit dans cette perspective.

Cette décision est-elle spécifique à la zone UMOA ou commune aux deux zones UMOA et BEAC?

Le communiqué porte à la connaissance du public une décision qui est celle du conseil des ministres de l'Union et ne concerne par conséquent que la Zone UMOA.

Une concertation a cependant eu lieu entre les Autorités de l'Union et celles de la BEAC, qui ont parallèlement pris une mesure similaire pour les billets de leur émission. Mais il s'agit bien de deux décisions prises séparément.

Pourquoi les billets exportés dans les pays de la BEAC ne sont-ils pas concernés par cette décision? Qu'en sera-t-il des relations avec la BEAC?

La zone BEAC est confrontée au même phénomène de sortie massive de billets et les deux zones partagent du reste les mêmes préoccupations. En outre, il faut avoir à l'esprit que même s'il s'agit de monnaies émises par deux différentes institutions, dans l'esprit des habitants de notre zone il s'agit de même monnaie. Cette décision va donc dans le sens d'un renforcement nécessaire des liens de coopération entre ces deux zones.

Disposez-vous de Francs Français ou d'instruments de paiements tels que les chèques de voyage pour faire face aux besoins de la clientèle?

Les transferts au sein de la Zone Franc restent libres conformément aux dispositions en vigueur. Ces opérations pourront en conséquence continuer de se faire librement par les opérateurs économiques comme par le passé, à travers les intermédiaires agréés, c'est-à-dire les banques. Ceux-ci seront par ailleurs suffisamment approvisionnés en billets et chèques de voyage en francs français pour faire face à la demande de la clientèle.

Certains opérateurs économiques de la zone signaient des difficultés de transferts, la décision de suspension prise par les Autorités ne va-t-elle pas accentuer cette situation?

D'une manière générale, les opérateurs de transferts au sein de la Zone franc sont totalement libres. Elles doivent cependant répondre à des motifs licites.

S'agissant des transferts hors de la Zone Franc, ils sont exécutés normalement s'ils sont conformés aux dispositions de la réglementation des changes en vigueur.

La Banque Centrale suit de très près la situation et je puis assurer les opérateurs économiques que les opérateurs de transferts dans le cadre de leurs activités seront exécutées avec la diligence requise.

Les nouvelles Autorités françaises soutiennent-elles la décision de suspension des rachats et surtout celle du maintien de la parité du Franc CFA à son niveau actuel?

La mesure prise par les Autorités de l', est guidée par des considérations internes et vise l'intérêt de nos économies, car il est de notre entière responsabilité d'assurer la protection de celles-ci.

Les Autorités Françaises ont compris le bien fondé de la mesure et nous apportent soutien précieux et efficace dans sa mise en oeuvre.

Concernant le maintien de la parité actuelle du Franc CFA, la décision de juillet 1992 de nos chefs d'Etat, a été, rappelez-vous fortement appuyée par notre partenaire français.

Plus récemment encore, le nouveau gouvernement français a confirmé son soutien à cette décision des Autorités de l'Union Monétaire Ouest Africaine.

 
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