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Bizzarri Silvia - 9 settembre 1993
SIDWAIA DE Jeudi 2 septembre 1993. BURKINA FASO

INTERVIEW DE M.ALBERT OSEI REPRESENTANT RESIDENT DE LA

BANQUE MONDIALE AU BURKINA

LA BANQUE MONDIALE EN QUESTION

Sidwaya: Comment présenteriez-vous votre institution si l'on demandait simplement:

"qu'est-ce que la Banque Mondiale"?

Pour en venir à votre question, je vous répondrais tout simplement que la Banque Mondiale est une agence de développement qui participe à coté d'autres agences d'aide, au financement du développement de ses pays-membres. En réalité, la dénomination "Banque Mondiale" indique un groupe de quatre entités indépendantes les unes des autres mais ayant des domaines d'intervention complémentaires et liés. Il s'agit tout d'abord de la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BARD) créée en 1945 et qui accorde des prêts aux Etats qui sont à un stade de développement assez avancé comme la Cote d'Ivoire; le Maroc, le Brésil; c'est-à-dire les pays à revenu intermédiaire. La seconde institution du groupe est l'Association internationale pour Développement (IDA) qui a été créée en 1960 pour accorder des crédits sans intérêt aux pays à revenu modeste, tel le Burkina. La Société financière Internationale (créée en 1956) est la troisième institution du groupe et elle est spécialisée dans le soutien a

u secteur privé dont elle peut financier les investissements et même participer au capital pour aider à attirer des partenaire étrangers si nécessaire. La derrière née du groupe Multilatérale de Garantie des Investissements (MAGIE) qui a été créée seulement en 1985 et n'est devenue fonctionnelle qu'en 1988, dans le butd'apporter aux investisseurs étrangers des assurances contre les risques non commerciaux auxquels ils peuvent être exposés dans les pays en développement. Je disais tout à l'heure que ces entités étaient indépendantes. En fait, il y a une nuance à apporter à cette affirmation: le staff des deux entités BARD et IDA est composé des mêmes personnes. Un expert agit au nom de l'une ou de l'autre suivant le niveau de revenu du pays concerné. Il en ressort de ce fait que la rieur d'analyse des projets bénéficiant du concours financier de la Banque Mondiale n'est pas fonction des conditions d'octroi du financement envisagé. Attirerai tout particulièrement votre attention le fait que ces institutions so

nt créées sous la forme de sociétés à capitaux dont les actionnaires sont les Etats. Non seulement les Etats qui veulent être membres doivent en faire la demande, mais ils doivent également libérer les parts de capital qui leur sont attribuées.

S. Depuis quand la Banque Mondiale existe-t-elle et qui a eu l'idée de fonder une telle institution?

A.O.: Comme indique plus haut, la Banque Mondiale existe depuis 1945, c'est à dire depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Son objet initial était d'aider au redressement des économies des pays d'Europe occidentale qui avaient été ravagés par la guerre. Lorsque les besoins en financement de ce premier groupe a été satisfait, il est apparu aux initiateurs de la BARD que d'autres pays, les pays en développement, se trouvaient dans des situations similaires et que la Banque pouvait intervenir pour le financement de leurs projets de développement. Les autre filiales de la Banque ont été créées au fur et à mesure pour répondre à de nouveaux besoins pour lesquels les financements de la BARD étaient jugés mal adaptés. A titre exemple, l'IDA a été créée parce que le niveau de revenu des pays nouvellement indépendants dans les années soixante ne leur permettait pas de faire face aux conditions financières de la BARD. Il leur fallait un instrument financier mieux adapté à leur situation financière.

S. Quelle sont les activités que mène la Banque, comment et pourquoi ?

A.O.: L'activité principale de la Banque est le financement du développement dans ses pays membres. Mais généralement, la décision de financement n'intervient qu'après un long processus de préparation et de maturation au cours duquel, la Banque et l'emprunteur se mettent d'accord sur les politiques sectorielles, l'environnement macro-économiques dans lesquels le projet va évaluer. Les deux parties décident des meilleures conditions à mettre en place en vue du succès des projets en discussion. C'est à cette occasion que la Banque joue le rôle de conseillère en matière de gestion économique auprès de ses emprunteurs. En tant qu'institution de financement, la Banque doit elle même emprunter sur le marché financier international afin de disposer des ressources à mettre à la disposition de ses emprunteurs. Etant donné la bonne réputation dont la Banque jouit sur les places financières, elle arrive à emprunter à des conditions très avantageuses que ses emprunteurs n'auraient pas pu obtenir en se présentant eux-mem

es sur ces places. Pourquoi?

Eh bien, parce que la communauté internationale a jugé bon d'oeuvrer ensemble afin de diminuer les disparités des conditions économiques dans les pays divers.

S. Comment est structurée la BM et comment fonctionne-t-elle?

A.O.: La structuration de la Banque est faite sur la base du pays. Les services sont organisés pour répondre le mieux possible et de façon rapide aux besoins et demandes des pays.C'est le Département qui est la structure de contact entre la Banque et ses clients. Le directeur de département a comme mission de mener le dialogue avec le groupe de pays sous sa responsabilité; et se sont les divisions techniques (Agricole, Ressources Humaines, Infrastructures, Industrie/Energie, et Macro-économie) au sein du département qui dirige le dialogue au jour le jour avec les services techniques des états. Les département sont regroupés en Régions opérationnelle. La Banque est subdivisée en cinq Régions opérationnelles: l'Amérique Latine et les Caraïbes, l'Afrique l'Asie du Sud, l'Europe et Asie Centrale, le Moyen Orient et l'Afrique du Nord. La région est divisé par un Vice-Président régional. En plus des Vice-Présidents de régions il existe huit autres Vice-Présidences qui apportent des appuis spécialisés aux services

de la Banque:

personnel, trésorier, contrôleur, secrétariat général, etc...Quoique les services soient localisés au niveau du siège à Washington, les niveaux de décision sont très décentralisés afin de permettre une grande flexibilité et une réponse rapide aux sollicitations des clients.

S. On parle institutions de Bretton Woods, pourquoi cette dénomination? Et quelles sont les autres institutions avec lesquelles travaille la Banque Mondiale?

A.O.: On appelle institutions de Breton Woods les deux institutions financières internationales dont les statuts ont été adoptés dans le petit village qui porte ce nom. Je ne peux pas vous donner une liste exhaustive des institutions avec lesquelles la Banque Mondiale travaille pour la simple raison qu'en tant qu'institution de financement du développement la Banque se positionne toujours en tant que financier de dernier, c'est a dire celui qui intervient seulement pour aider à complète le plan de financement d'un projet ou d'un programme. A ce titre, la Banque se retrouve aussi bien aux cotés des banques commerciales que d'institutions bilatérale ou multilatérale de développement à travers le monde entier. Comme illustration, au Burkina Faso , je peux vous le dire que pour le financement du grand programme d'ajustement et d'investissement du secteur des transports, la Banque intervient aux cotés de dix autres partenaire au développement du Bukina Faso qui sont entre autres, la Coopération francaise, la CCE,

les fonds Arabes, le Canada, etc...

S. Quel est le rôle que joue la représentation de la Banque Mondiale au Burkina?

A.O.: La mission résident au Burkina a été établie en 1974 pour aider à créer et maintenir de bonnes relations de travail entre la Banque et le pays et ensuite pour faciliter l'exécution des opérations que la Banque finance dans le pays. A ce titre, la mission assiste les responsables nationaux dans l'application des directives de la Banque en ce qui concerne la mise en oeuvre de ses financements. De plus et surtout, les missions résidentes sont les portes-paroles de l'institution auprès de tous ses partenaires dans les pays. Par partenaire j'entends par exemple en premier lieu l'Administration burkinabè qui est la première raison d'existence de la mission, les cofinanciers qui sont présents ici ou qui visitent le pays, les fournisseurs et les entreprises qui s'intéressent aux projets que nous financons dans le pays dans le but de participer à leur exécution, les étudiants et chercheurs à la recherche d'information produite par la Banque, etc...

S. Le nom Banque Mondiale se confond dans l'esprit des gens avec l'ajustement structurel en Afrique. Pourquoi une telle implication de votre Banque?

A.O.: Je dois dire que si dans l'esprit des gens le nom Banque Mondiale ne rappelle que l'ajustement structurel, cela est dû à un grave déficit d'information. La première raison pour laquelle je fais cette affirmation est que la Banque n'a été impliquée dans les programmes d'ajustement qu'à partir du début des années 80; alors que les opérations de la Banque en Afrique datent du début des indépendances, c'est-à-dire vingt ans avant les programmes d'ajustement. Pour ne prendre que le cas du Burkina, la première opération de la Banque dans le pays (le premier projet de télécommunications) a été approuvée par notre Conseil d'administration en février 1969, alors que le premier programme d'ajustement a été approuvé en juin 1991. La seconde raison pour laquelle je dirais que associer la Banque Mondiale uniquement aux programmes d'ajustement structurel est exagéré est la place relative des concours à l'ajustement dans le portefeuille de prêts de la Banque. Cette part reste inférieur à 15% des prêts. Néanmoins, il

ne faut pas se voiler la face car les hommes ne retiennent que ce qui les touchent personnellement et cela avec d'autant plus de rigueur quand leurs intérêts immédiats sont touchés. En effet qui dit ajustement structurel dit effort pour redresser une situation compromise ou sur le point de l'être. Et dans ces conditions, les modifications apportées aux politiques économiques dans le cadre des programmes d'ajustement seront d'autant plus difficiles à supporter que distorsions à redresser sont importantes et les répercussions sur certaines couches sociales, notamment celles à qui bénéficiaient les distorsions qui appellent la mise en application de ces programmes de redressement, seront plus dures. Quant à l'implication de la Banque, elle provient du fait que les statuts de l'institutions lui font obligation de s'assurer que les prêts et redits qu'elle accorde sont effectivement utilisés dans les conditions et pour les objets qui ont été convenus, entre l'institution et l'emprunteur; c'est cela la différence d

e fond entre une Banque commerciale qui ne s'intéressé qu'au remboursement de ce qui lui est dû et une agence comme la Banque Mondiale qui doit veiller à ce que les objectifs de développement soient atteints.

S. Que faites-vous pour que votre rôle dans les réformes économiques soit vraiment bien compris tant par les Etats que par le public?

A.O.: Je dois vous avouer que vis-à-vis du grand public nos moyens action sont limités. Cependant, pour les intellectuels qui sont intéressés et/ou qui veulent comprendre dans quel cadre se situent nos interventions, le fondement de conseil en matière de gestion économique et financière, l'expérience accumulée à travers le monde entier en matière de mise en oeuvre de programmes et projets, il existe une grande variété d'études de cas aussi bien par pays que par thèmes qui donnent toutes informations utiles. Et la bibliothèque de la mission résident referme un grand nombre d'ouvrages que personnellement je trouve sous-exploités par le public burkinabè. Je profite donc de votre quotidien pour inviter tous ceux qui veulent s'informer à venir se documenter ou discuter avec les collaborateurs et moi-même. Nous serions très heureux de leur fournir toute l'information en notre possession. Pour ce qui est des Etats, les programmes que la Banque soutient sont les leurs. La Banque ne fait que s'engager à leur coté pou

r les aider dans leur mise en oeuvre. Bien sur il arrive que les mesures que le gouvernement décide d'appliquer ne recouvrent pas l'assentiment et le soutien de certains groupes sociaux qui peuvent amener le gouvernement à revoir plus ou moins en profondeur les réformes qu'il se proposait de mettre en oeuvre.

S. Généralement la Banque pose des conditions jugées draconiennes pour financer les programmes; pourquoi?

A.O.: Cette question appelle deux remarques: D'abord,il n'y a pas imposition par la Banque de quelconque condition que ce soit. Il y a plutôt un accord entre la Banque et le pays sur les mesures qui s'imposent au vu du degré de dégradation de l'économie; la sévérité de la maladie, pour ainsi dire. Je dirais aussi que dans ce domaine également: il y a un déficit d'information: le cas du Burkina est intéressant à cet égard. La condition principale du programme de réformes économiques peut se résumer de la manière suivante: pour réussir le défi du développement, les ressources humaines dans ce pays, et à mon avis ce sont les burkinabè qui constituent la richesse du pays, il faudra y affecter le maximum de ressources budgétaires, donc davantage de crédit budgétaire pour l'éducation surtout dans le primaire et pour les formations sanitaires primaires (CSPS etc) Dire que cela constitue une condition draconienne ne me semble pas tout à fait juste. Or, l'augmentations des ressources allouées à ces fins implique une

diminution des dépenses de l'Etat dans d'autres secteurs, par exemple, les subventions que dévorent certains établissements qui, à leur création, donnaient l'espoir de réserver des bénéfices à l'Etat.

S. A part le Ghana ou la Tunisie, relativement très peu de pays africains ont réussi leurs réformes économiques. Croyez-vous vraiment à une issue heureuse pour bientôt?

A.O.: Je réponds par l'affirmative sans ambiguïté. D'abord parce que je ne saurai pas continuer à remplir mes fonctions actuelles si je croyais que c'était un travail de Sisyphe, que nos pays étaient condamnés à une croissance économique inéluctablement médiocre. L'afro-pessimisme ne me séduit pas, d'autant plus que je me considère amateur de l'histoire. En effet, vu de la perspective de l'histoire économique, la situation que vit l'Afrique en ce moment n'est pas très différente des épisodes de l'histoire économique du continent européen et ailleurs. J'y crois aussi parce que l'expérience africaine elle-même a montré, comme indiquée dans votre façon de poser la question, que avec persévérance et conviction, des progrès conséquents sont à la portée des pays qui mènent de tels programmes. J'insiste beaucoup sur cette notion de persévérance. Le dommage c'est que, je ne fais qu'un constat, dans le cas d'un bon nombre de pays qui ont commencé des programmes de réformes. La volonté de se tenir est sapée très vite

par la faiblesse du soubassement politique. C'est pour cette raison qu'il me semble indispensable qu'il y ait le plus large consensus possible au niveau national pour ces programmes de réforme économique.

S. Depuis 1991, le Burkina s'est engagé dans le PAS. Les tendances économiques vous semblent-elle bonnes?

A.O.: En effet, le Document cadre de politique économique à moyen terme, pièce centrale du programme d'ajustement structurel du Burkina Faso a été signé ne mars 1991. Cela a permis au fonds monétaire international de mettre en oeuvre son mécanisme de soutien financier au programme burkinabè à savoir: la facilité d'ajustement structurel, dans le courant du même mois. Quant à la Banque Mondiale, son support financier, à savoir: le Crédit d'ajustement structurel, n'a été signé qu'en juin 1991 pour entre en vigueur trois mois près c'est-à-dire en septembre . Depuis la mise en branle de ce processus, qu'elles sont les tendances?

Pour dégager ces tendances, il convient de rappeler d'abord succinctement quelques indicateurs économiques clés pris à la fin de l'année 1990, ensuite, de faire un survol des objectifs principaux visés par le programme, avant de dégager les tendances de l'économie après trois ans d'ajustement.

En ce qui concerne les principaux indicateurs économiques en 199O: la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel a été de 3,5% en moyenne par an de 1982 0 1990 et la croissance démographique pour la même période était estimée à 3,3% par an pour la même période. Quant à l'épargne intérieur, elle est demeurée très faible avec un taux de 5,2% du PIB en 1990.

Toutefois, l'épargne nationale, bénéficiant des transferts des travailleurs émigrés, a atteint le taux moyen de 9,4% du PIB de 1990. Le taux d'inflation mesuré par rapport à l'indice des prix à la consommation, s'est situé légèrement au dessus de 4%. C'est surtout au niveau des finances publiques que la situation était particulièrement tendue. En effet, le déficit global (hors dons et subventions extérieures) des finances publiques, après des mesures nouvelle en recettes et en dépenses, s'est établi à 7,6% du PIB. Sur le plan extérieur, le déficit du compte courant de ce balance des paiements (hors transferts publics), s'est établi à 14,5% du PIB en 1990 .

Pour la même année, la balance des paiements elle-même a enregistré un déficit estimé à 7% du PIB. En conséquence, les réserves internationales brutes ne représentaient en 1990 qu'un taux de couverture des importations estimé à moins de 5 mois.

Ces quelques indicateurs auxquels je me suis volontairement limité, donnent une idée des tendances de l'économies burkinabè juste avant que le pays ne se dote d'un programme.

Pour ce qui concerne les objectifs du programme:

Ils visaient avant tout à redresser dans le bon sens des indicateurs de la croissance économique, à savoir augmenter le revenu par habitant; réduire les équilibres financiers, rétablir la viabilité de la position extérieure à moyen-terme. Pour ce faire, il fallait: élargir l'assiette fiscale; rationaliser les dépenses publiques, créer un environnement incitatif pour le secteur privé et assurer à la population les services essentiels dans les domaines de la santé et de l'éducation de base.

Après trois ans d'exécution, le constat global de la situation économique se résume comme suit:

- la plupart des mesures du programme ont été mises en oeuvre par le gouvernement. Les résultats de 1991 ont été assez satisfaisants. En effet, la croissance réelle du PIB a atteint 6%, se situant ainsi au-dessus des 4% programmés; l'inflation a été également maîtrise autour de 3% au lieu des 4% de cible prévue; le déficit global consolidé des finances publiques s'est situé légèrement au-dessus de 7% du PIB. Sur le plan extérieur, le compte courant extérieur n'a enregistré aucune amélioration par rapport à 1990. Son déficit 14% a été supérieur à l'objectif de 13,2%.

Cependant, grâce au décaissement de l'aide extérieure, la balance des paiements a enregistré un excédent de 11milliards de f CFA.

- Les résultats de 1992 ont été moins concluants. Cette mauvaise performance est justifiés en partie par les priorités qui ont été accordées au processus de transition politique. Il faut tout de même souligner que l'activité économique réduite résultant d'une mauvaise pluviométrie jointe à une nouvelle chute des prix mondiaux du coton, ont atténue l'impact des mesures du programme en 1992. Ainsi, à la fin de l'année, les tendances économiques étaient mauvaises. Le PIB réel enregistrait une croissance nettement inférieure aux 4% prévus dans le programme; le compte courant de la balance des paiements s'est détérioré pour atteindre un déficit de près de 16% du PIB; et la situation des finances publiques s'est dégradée pour atteindre 8% du PIB.

- En 1993, ces tendances semblent persister malgré les efforts du gouvernement de les contrer par les réformes fiscales essentiellement et par des mesures en vue de maîtriser les dépenses courantes. Selon constations de notre dernière mission de supervision de fin juin début juillet 1993, si le rythme des recouvrements de recettes se maintient, le déficit des finances publiques avoisinerait FCFA 30 milliards en fin 1993.

- Pour sortir de l'ornière, à mon avis, le gouvernement doit intensifier l'ajustement de l'économie qui avait été relâché au cours de l'année précédente. Il doit se déterminer à poursuivre son programme d'ajustement macro-économique et à approfondir les reformes structurelles en cours tout en tenant compte des problèmes de la filière coton, des difficultés de démarrage des exportations de la nouvelle mine de zinc, de l'alourdissement des charges de l'Etat dû à la mise en place des nouvelles institutions démocratiques et enfin, en tenant compte du coût de la restructuration du système bancaire. Voici brossé à grands traits quelques tendances de l'évolution de l'économie burkinabè et quelques actions correctives à prendre.

La plupart de ces suggestions sont d'ailleurs contenues dans le deuxième cadre de politique économique à moyen-terme de mars 1993.

S. Pouvez-vous nous indiquer, pour finir, l'enveloppe financière et secteurs pour lesquels la Banque mondiale intervient au Burkina Faso? Une société privée peut-elle compter sur vous?

A.O.: Je répondrais d'abord à la partie de votre question relative à l'enveloppe financière, ensuite à celle ayant trait à l'intérêt de la Banque mondiale pour le secteur privé.

Depuis l'adhésion du Burkina Faso à la Banque mondiale en 1963, elle a financé 38 projets et programmes pour une enveloppe financière globale de 614 millions de dollars US soit environ FCFA 184,2 milliards. Sur ce montant, environ 43,7 millions de dollars US (FCFA 13 milliards environ) ont été annulés et 343,5 millions de dollars US (FCFA 103 milliards de dollars US environ) ont été décaissés au 30 juin 1993 (cours moyen du dollar américain: 300 FCFA). Il faut souligner que la coopération financière Bukina-Banque mondiale s'est sensiblement redynamisée depuis les années 1988. En effet, entre 1988 et 1993, les engagements de la Banque ont pratiquement triplé (passant de 200 millions de dollars US à 614 millions).

Une société privée peut compter sur la Banque mondiale. En effet, dans ma réponse de votre première question, j'ai dit que la Banque mondiale était un institution composite comprenant 4 entités relativement autonomes. Une de ces quatre entités est particulièrement compétente dans le financement du secteur privé: c'est la société financière internationale (SFI) qui intervient non seulement de façon directe, mais également avec son entremise, celle du PNUD et de la Banque africaine de développement (BAD), des initiatives ont vu le jour dans le dessein de promouvoir le secteur privé en Afrique. Ces initiatives sont: la facilité pour le développement des projets en Afrique (APDF); le fonds pour l'entreprise en Afrique (AEF) enfin, la société d'assistance au management en Afrique (AMSCO), plus connus sous leurs acronymes anglais entre parenthèses.

Tous ces organismes plus ou moins affiliés à la Banque mondiale, s'intéressent aux privés en les assistants directement dans la préparation des projets, en les finançant, ou en leur fournissant de l'assistance technique au management.

 
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