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Conferenza Partito radicale
Bizzarri Silvia - 12 settembre 1993
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PRESSE DU BURKINA FASO

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SIDWAYA DU 2 SEPTEMBRE 1993

FETE NATIONALE DE LA LIBYE

Message du Président du Faso

A Son Excellence

Le Colonel MUAMMAR AL KADHAFI

guide de la Djamahirya Arabe Libyenne,

T R I P O L I

Excellence monsieur le président et cher frère,

la commémoration le 1er septembre de la fête nationale de votre grand et beau pays, m'offre l'agréable occasion d'adresser à Votre Excellence et au peuple frère libyen, les vives et chaleureuses félicitations du Burkina Faso tout entier.

En cette heureuse circonstance, qu'il me soit également permis de vous adresser mes voeux les meilleurs de bonheur, de santé et de présenter à votre peuple mes souhaits les plus vifs de paix, de prospérité et de bien-être.

En vous réitérant ma confiance et ma profonde détermination à oeuvrer avec vous au renforcement et à la consolidation des relations d'amitié et de coopération qui existent si heureusement entre nos pays, je vous prie d'agréer, Excellence, les assurance de ma très haute et fraternelle considération.

BLAISE COMPAORE - PRESIDENT DU FASO

PRESIDENT DU CONSEIL DE MINISTRE

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SIDWAYA DU 3 SEPTEMBRE 1993

LE PRESIDENT DU FASO A L'AGENCE FRANCE PRESSE

"QUE LE PROCESSUS DEMOCRATIQUE TOGOLAIS SE POURSUIVE"

Grand ordonnateur de l'accord inter-togolais du 11 juillet qui avait permis d'enclencher le processus de normalisation politique au Togo, le chef de l'Etat burkinabè Blaise Compaoré, a souhaité que ce processus se poursuive au-delà de la polémique ravivée par l'élection présidentielle du mercredi 25 août dans ce pays.

"Malgré les limites et les difficultés de la mise en oeuvre de l'accord de Ouagadougou , nous pensons que cet Accord constitue un pas important en direction de la paix sociale. Et nous souhaitons que, au-delà de l'élection présidentielle, toutes les forces politiques de ce pays s'engagent dans une démarche consensuelle nouvelle pour consolider les acquis", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'opposition togolaise a boycotté la consultation après avoir dénoncé des irrégularités dans sa préparation, laissant ainsi le champ libre a une réélection du général Gnassingbé Eyadéma Certains de ses dirigeants ont laissé entendre qu'ils pourraient également boycotter les législatives prévues officieusement en novembre.

Elu lui-même en décembre lors d'un scrutin boycotté par ses opposants et auquel 25% des électeurs inscrits avaient pris parts, le président Compaoré a estimé que, après ce "début difficile", le processus démocratique s'était "bien enclenché" au Burkina.

"Il y a eu des élections législatives, avec la large participation de la classe politique, toutes tendances confondues. Nous avons su préserver les libertés essentielles et le respect des droits de l'Homme, le processus démocratique fonctionne normalement" a-t-il indiqué.

Il a insisté sur les "difficultés", les "limites historiques", qui peuvent entraver la démocratisation dans les pays africains. Il a estimé qu'il faudrait de la "patience", de la "tolérance" et de la "solidarité" internationale pour promouvoir "l'éducation politique" et acquérir "l'expérience pratique" susceptibles de permettre "aux peuples africains de se hisser à un niveau supérieur de démocratie".

Il a affirmé que, en dehors des libertés et des valeurs démocratiques reconnues "dans tous les siècles et sous tous les cieux", chaque pays ou peuple se devait de "prendre nécessairement en compte ses valeurs culturelles et de civilisation".

Prenant l'exemple de la communauté européenne, il a noté que, sur les douze pays qui la composent, la moitié ont des chefs d'Etat qui sont "des monarques, des rois, et reines".

"Je dis qu'il nous faut aussi, en Afrique des formes qui nous permettent de nous appuyer sur ce que nous avons comme valeurs, de les intégrer à celle de la démocratie, si nous voulons la stabilité et l'harmonie de la société", a-t-il ajouté.

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L'OBSERVATEUR PAALGA DU 31 AOUT 1993

FEMININ PLURIEL: LA QUESTION DE LA CONFIANCE EN SOI

La confiance en soi, voilà ce qui manque généralement aux femmes. Il y a deux composantes dans la question de la confiance en soi: le savoir, et l'audace. Ces deux éléments ne sont pourtant pas toujours liés. L'un ne conditionne pas l'autre.

- Le premier c'est à dire le savoir, n'est même pas toujours nécessaire car quelquefois, ces qui ont confiance en soi, eux qui osent s'exprimer et donner leur point de vue à tout propos ne savent pas forcément. Ne dit-on pas que les tonneaux vides sont ceux qui font le plus de bruit?

- L'audace seule est donc suffisante, et c'est ce qui manque cruellement à la majorité des femmes et pour cause! Tout est mise en oeuvre pour les en préserver: une femme est courageuse, pas audacieuse!

Mère courage se sacrifiant pour ses enfants, épouse vestale entravée par son amour oblatif....oui! Mais une femme sure d'elle, décidée, ambitieuse devient vite suspecte.

Les valeurs socio - culturelles reconnues comme féminines font peu de place à la femme elle-même. Par ailleurs, tout dans l'organisation socio - économique indique à la petite fille et à la femme sa seconde place. De la scolarisation sélective à la dévalorisation du travail féminin, rien est fait pour valoriser l'image de la femme. Or la confiance en soi est d'abord et avant tout une estime de soi.

"Je ne suis que une femme! qu' est ce que un femme connaît? " répètent bien souvent des femmes qui pourtant sont les conseillères les plus écoutées de leurs maris.

Résultat: dans une assemblée d'hommes et de femmes, ces dernières auront tendance à taire ce qu'elles savent ou veulent, et écouteront religieusement les hommes, même ceux qui débitent avec aplomb des fadaises.

Si le savoir n'est pas indispensable pour avoir confiance en soi, il est néanmoins fort utile. Lorsqu'on sait, lorsqu'on maîtrise certaines connaissances, on acquiert de l'assurance et on évolue avec plus d'aisance. L'instruction des filles, l'alphabétisation des femmes, leur formation dans différents domaines contribueront à leur donner plus d'assurance, plus de hardiesse pour entreprendre, et s'exprimer plus librement.

En matière syndicale par exemple, il faut saluer l'initiative de la CEQ (Centrale de l'enseignement du Québec) qui organise avec le SNEAB et le SNESS un cycle de séminaires de formation syndicale des cadres féminins.

S'inspirant de sa propre expérience, la CEQ est persuadée que seule la formation syndicale des femmes pourra les attirer dans l'action syndicale. Selon la formatrice de la CEQ venue pour la seconde phase du séminaire, la CEQ a elle même souffert de la sous représentation des femmes particulièrement dans ses instances dirigeantes, jousqu'à ce qu'elle prenne conscience du phénomène. Depuis une dizaine d'année, de nombreux séminaires de formation ont été initiés par la centrale qui aujourd'hui compte 70% de femmes dans ses rangs et est dirigée par une femme.

Cet exemple prouve que bien formées et informées, conscientes de leurs possibilités, les femmes sont prêtes à s'engager dans des soutiens neufs pour elles, et à faire leurs preuves.

Comprendre les rouages d'une bonne négociation salariale, ce n'est pas plus sorcier que d'organiser la vie familiale au quotidien.

Osez femmes! Osez donc! MONIQUE ILBOUDO

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L'OBSERVATEUR PAALGA du 7 septembre 1993

FEMININ PLURIEL: LA CONFIANCE EN SOI. VOILA CE QUI MANQUE GENERALEMENT AUX FEMMES. OSEZ FEMMES! OSEZ DONC!

Nous avons souvent déploré l'absence de réaction écrite des autres femmes aux opinions exprimées dans Féminin Pluriel.

Aujourd'hui, nous avons le plaisir de recevoir la contribution de Suzanne N Y que nous remercions.

Ces deux phrases qui, respectivement, commencent et terminent l'article Féminin pluriel de Monique Ilboudo en date du 31 août 1993, nous interpellent, nous Femmes du Burkina.

Tout d'abord, je voudrais rendre hommage à notre soeur Monique Ilboudo qui, pour sa part, OSE... En effet, comme elle l'avait déjà dit dans un de ses articles, notre développement dépend de nous-mêmes d'abord les femmes.

Merci Monique pour être de celles qui osent contribuer à l'éveil des consciences de la femme africaine en général et de la femme burkinabè en particulier.

Parlant du sujet proprement dit, j'abonde pleinement dans le même sens que Monique pour dire que ce qui nous manque très souvent, c'est la confiance en nous-mêmes.

...Je ne suis qu'une femme, a-t-on coutume de dire... et pour cela, l'on se tait dans les réunions; l'on a peur de s'exprimer pour être mal vue, et pourtant... pourtant, Dieu sait combien de fois notre intervention, sinon nos interventions auraient pu faire avancer les choses, auraient contribué à enrichir les débats!

... Mère-courage se sacrifiant pour ses enfants, épouse-vestale entravée par son amour oblatif... Oui! Mais une femme sure d'elle, décidée, ambitieuse, devient vite suspecte...

Je dirai comme Monique, cette femme devient vite un élément dont on fouille dans la vie, on remonte à ses origines pour lui trouver des poux dans la tête. C'est une femme intelligente, mais...cette femme-dynamique, mais cette femme ministre es-t bien mais...etc. Tout est mis en oeuvre pour décourager cette dernière afin qu'elle se range, afin qu'elle se confine dans sa peau de Femme, afin qu'elle n'utilise pas pleinement ses potentialités morales ou intellectuelles.

Pourtant, tout en gardant notre dignité d'épouses, de mères, en somme notre dignité de femme, et si l'on y ajoute une pincée d'audace et deux pincées d'ambition, il est indéniable que nous pouvons changer positivement quelque chose dans notre pays!

Alors n'ayons pas peur de nous exprimer; ne craignons point de nous faire entendre quand nous avons l'occasion. C'est à ce prix et à ce prix seul que nous pouvons prétendre à notre développement, à notre émancipation... Ce dernier mot, contrairement à ce que pensent beaucoup de personnes, n'est pas dépassé; c'est une lutte quotidienne...Malheureusement, beaucoup de femmes ont tendance à mal comprendre le mot émancipation qui veut que la femme émancipée soit celle qui n'a plus de respect ni pour les hommes, ni pour elle-même; qui confond émancipation et libertinage; naturellement dans ce cas, nous ne pouvons que déranger, et à juste titre!

L'émancipation doit, à mon humble avis, être un vécu quotidien pour renforcer nos foyers, pour respecter nos époux, pour amener nos époux à respecter notre personnalité, et finalement, pour participer sans complexe aucun, au développement socio-économique de notre société.

Alors, chères soeurs, OSONS..., OSONS DONC...

La lutte est encore âpre pour changer les mentalités, ce serait utopique de penser que c'est pour demain. N'empêché, mais nous devons commencer sinon continuer à OSER pour nos enfants.

Alors, n'ayons pas peur de nous sacrifier; de nous rendre suspectes pour le bonheur de nos enfants, partant, pour le bonheur de tous les enfants du Burkina.

SUZANNE NIGNAN épouse YAMEOGO

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L'OBSERVATEUR PAALGA du 31 août 1993

C.I.C.R.- ENFIN UNE COUR PENALE INTERNATIONALE ?

Il se tien présentement à Genève en Suisse, une conférence internationale pour la protection des victimes de guerre. Nous dirons pour la protection du Droit International Humanitaire (DIH) lui qui n'intervient essentiellement qu'en cas de conflit armé.

En marge des préparatifs de cette grande rencontre des Etats du monde, la Croix Rouge burkinabè et le Comité International de la Croix Rouge (CICR) ont donné jeudi dernier une conférence de presse à la maison de la presse Mohamed Maiga. C'était en présence d'un délégué du CICR, monsieur Wemer Cholémie, la présidente de la Croix Rouge burkinabè, madame Odandaogo Bana, et son secrétaire général, monsieur Jean Michel Zouwélégré.

En rencontrant la presse, la Croix Rouge a tenu à montrer encore une fois la nécessité de considérer comme des hommes (et non des bêtes), ces nombreuses victimes qui, chaque jour qui passe, croupissent dans la misère entretenue par les guerres en cette fin de siècle. Les conflits armés en effet, se multiplient ces dernières années, tous avec des conséquences aussi effroyables que l'on puisse imaginer: massacres de civils, exécutions sommaires, tortures, famines, pillage de diverses natures, etc. Ce sont des millions d'êtres humains qui, quotidiennement, sont victimes de traitement inhumain et dégradant.

Ajoutés aux différentes difficultés qui se posent à l'homme en temps de paix, l'on peut se poser la question de savoir comment est-on arrivé là? Les constantes violations des acquis universels que sont les instruments juridiques de protection des droit de l'Homme nous instruisent sur la question.

C'est en 1949 qu'est intervenue l'adoption à Genève de quatre convention, dites le Conventions de Genève, aujourd'hui signées par 181 Etats. Ces conventions seront complétées par des protocoles additionnels en 1977. Il s'agit de précieux traités à la disposition de nos Etats et qui annoncent dans leurs lignes, l'obligation de les enseigner et de les diffuser.

....... Les conventions de Genève ont pour base le respect de l'être humain et de sa dignité. Elles commandent que les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités et celles qui sont mises hors de combat par maladie, blessure, captivité ou autre cause, soient respectées, qu'elles soient protégées contre les effets de la guerre et que celles qui souffrent soient secourues et soignées sans distinction......

Le Comité Internationale de la Croix Rouge (CICR) qui, depuis sa création a fait du DIH son cheval de bataille, est en passe de comprendre la méconnaissance et le mépris des normes humanitaires lors des conflits armés. Nombreux sont ses témoignages qui, oujourd'hui, révoltent la conscience universelle. Les entraves aux actions humanitaires sur le théâtre des opérations militaires sont presque systématiques et le CICR y laisse souvent sa peau pour non-respect de son emblème.

En proposant à la Confédération Suisse de tenir un sommet humanitaire ces jour-ci, l'objectif principal sera d'obtenir des Etats, une réaction vigoureuse aux violations massives du DIH et l'engagement sans faille de tout mettre en oeuvre pour assurer la protection des victimes de guerre.

Le représentants de plus de 170 Etats a Genève se devront donc de refuser l'inacceptable en procédant à un examen digne de cette démarche des mesures à prendre pour sauver le DIH des différentes entorses. Il devront se rappeler du caractère universel de cet instrument, tout en prévoyant des moyens efficaces pour réprimer les crimes de guerre et réparer les dommages causés.

Seront au centre des débats, les questions de la COMMISSION INTERNATIONALE d'ETABLISSEMENT DES FAIT et celle d'une COUR PENALE INTERNATIONALE.

La première, constituée en juin 1991, à pour mandat, d'enquêter sur les allégations des violations des conventions de Genève.

Elle aujourd'hui acceptée par une trentaine d'Etats. Il s'agira donc de la renforcer en la faisant accepter par tous.

La seconde, la cour pénale internationale, n'est pas une idée nouvelle. Le traité de Versailles (1919), prévoyait la création d'une cour internationale dans le but de juger les criminels de guerre. De même en 1948, la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide insistait sur la création d'une juridiction pénale internationale. L'idée a encore été reprise par les ONG participantes à la conférence mondiale des droits de l'Homme en juin dernier à Vienne. Elle reste toujours touffue. Et pourtant, l'existence d'un tribunal international permanent est opportune et essentielle. Les Etats du monde à ce sommet de Genève y réussiront-ils enfin? Eux qui ont le regard - plus que tout autre- violateur des droits fondamentaux de la personne humaine.

Pour sa part, la Croix-Rouge burkinabè pense qu'un front uni d'une majorité de Burkinabè comprenant les autorités, les médias, la société civile, acquis à cette idée et prêts à exiger en tout temps le respect des normes humanitaires les plus élémentaires, constituera le moyen le plus sur d'assurer pour le futur une société et un monde plus acceptable...

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LE PAYS du 3 septembre 1993

CULTURE: L'ANALPHABETISME, UN PHENOMENE MONDIAL.

Depuis le 30 août dernier, l'Institut national de l'alphabétisation organise une semaine de l'alphabétisation. Plusieurs manifestations sont au menu de cette initiative.

Dans ce cadre, nous publions cet appel qui invite chacun à se sentir concerné par les problèmes de l'analphabétisme.

Analphabétisme et pauvreté étant liés, on avait toujours considéré l'analphabétisme comme étant une caractéristique des pays en voie de développement. Mais des statistiques ont montré que même dans les pays développés, il y a des analphabètes. La seule différence est que tout le monde n'est pas atteint au même degré. En effet, selon l'UNESCO, ce taux varie entre 44 et 20 % en Italie, au Royaume Uni, au USA et au Canada, tandis que dans les pays en voie de développement, ce taux oscille entre 60 et 90 % de la population et peut même atteindre 100 % quelque fois pour les filles.

Ainsi, l'analphabétisme est devenue un phénomène mondial. C'est d'ailleurs pour cela que le 8 septembre a été retenu comme journée internationale de l'alphabétisation depuis septembre 1965 à Téhéran ou' le congrès des ministres de l'Education sur l'élimination de l'analphabétisme s'est tenu.

Depuis la prise de conscience de l'importance dans l'obligation de lui faire face, c'est surtout en Afrique et en Asie, continent à plus forts taux d'analphabètes, que le combat connaît des ampleurs plus au moins considérable, car leur développement en dépend plus au moins. La Tanzanie, l'Algérie, le Mali, Madagascar, le Burkina Faso,.....sont des exemples de pays ou' beaucoup d'expériences ont déjà connu des fortunes diverses.

Au Burkina Faso, la lutte contre l'analphabétisme est en ce moment très engagée. En effet, en plus de l'école, de nombreuses campagnes d'alphabétisation sont entreprises aussi bien par l'Etat que par les particuliers en vue d'enrayer le mal. En témoignent les nombreux centres de formation de jeunes et de moins jeunes dans les villes et les campagnes.

Nous ne saurons terminer sans remercier particulièrement tous ces organismes non gouvernementaux qui oeuvrent pour l'élimination de l'analphabétisme.

A tous, nous lançons un appel pour que chacun se sente concerné par le problème de l'analphabétisme.

SALIMATA DRABO - UNIVERSITE OUAGA

DEPARTEMENT DE LINGUISTIQUE

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SIDWAYA 9 SEPTEMBRE 1993

CULTURE ET SOCIETE: SEMAINE NATIONALE DE L'ALPHABETISATION

L'ALPHABETISATION AU BURKINA, UN BEL EXEMPLE

Le 8 septembre 1989 le Burkina par l'entremise de l'Institut national d'alphabétisation (INA) recevait à Paris des mains des autorités de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) la mention d'honneur du prix Nadejda K. Kroupskaia pour l'action par laquelle:

1) il fait progresser l'alphabétisation dans tout le pays en menant des programmes d'alphabétisation, en guidant, supervisant et en coordonnant les services gouvernementaux d'alphabétisation, en effectuant des recherches méthodologiques et linguistiques sur le langues nationales ainsi qu'en élaborant et produisant des matériels d'alphabétisation et de postalphabétisation;

2) il favorise l'autogestion communautaire et encourage l'acquisition de nouvelles connaissances dans des domaines tels que l'agriculture, la santé, ecc;

3) il contribue à la création et à la gestion de centres d'alphabétisation dans tout le pays, et assure la formation initiale du personnel d'alphabétisation.

Cette distinction honorifique se renouvelle cette année parce que notre pays a, entre 1989 et 1993, fourni beaucoup d'effort pour améliorer sa stratégie d'alphabétisation et la recherche méthodologique.

En ce qui concerne l'amélioration de la stratégie d'alphabétisation, les campagnes de grande envergure trop onéreuses et peu fonctionnelles ont été délaissées au profit de la stratégie des Centres permanent d'alphabétisation et de formation (CPAF) qui rapproche davantage les centres des formés et responsabilise mieux ceux-ci dans le traitement des besoins en formation liée au développement.

Concernant la recherche méthodologique deux innovations ont été opérées et elles portent sur la formation après l'alphabétisation.

Aussi l'INA a-t-il conçu des modules de formation complémentaires de base en langues nationales mooré, jula et fulfuldé et portant sur la santé, l'agriculture, l'élevage, l'environnement, l'histoire, la géographie, le civisme, les mathématique, la langue.

Une équipe de quatre chercheurs met au point une méthode d'apprentissage du français à partir des acquis en langue nationale. Comportant deux niveaux d'apprentissage, cette méthode dont l'expérimentation entreprise par l'INA donne des résultats satisfaisants sera sous peu la passerelle qui reliera le monde des lettres en langues nationales à celui des scolarisés en français

Renforçon la confiance placée en nous par l'UNESCO en nous mobilisant tous en faveur de la lutte contre l'analphabétisme.

YACOUBA T. ZOUNGRANA en service à l'INA

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SIDWAYA 6 SEPTEMBRE 1993

DONNER UNE BONNE IMAGE AUX LANGUES NATIONALES

Il existe au Burkina Faso une soixantaine de nationalités. Chaque nationalité a une langue qui lui est propre et dont elle se sert pour communiquer, pour affirmer son origine. A l'échelle nationale, l'utilisation de toutes ces langues créerait certainement plus de problèmes qu'elle ne voudrait résoudre. C'est pourquoi, furent choisies et adoptées comme langues nationales à enseigner les langues de trois groupes ethniques: le dioula, le mooré et le fulfudé.

Ces trois langues, rencontrent cependant d'énormes difficultés. C'est par exemple la concurrence qui existe sur le terrain entre le français, langue du colonisateur, et les langues nationales. Or tout le monde sait que le rapport est inégal entre le français et les langues nationales.

Les langues nationales qui sont censées être les premières langues de communication ont cédé leur place au français qui ce réjouit d'ailleurs de cet état de fait.

Conséquence, les masses rurales sont très peu informées. Comme le pourraient - elles quand tout se fait en français ? Pourtant, c'est en zone rurale qu'on trouve la majorité de la population et qu'on trouve les véritable acteur du développement. C'est là également que la manque est crucial.

L' Association presse rurale en langues nationales (APRLMN) crée en janvier 1992 et qui compte 14 membres entend donner aux langues nationales leurs lettres de noblesse. Elle s'est ainsi fixé un certain nombre d'objectif qui sont la promotion des journaux en langues nationales, l'encouragement de tous ceux qui produisent les journaux en direction du monde rurale, la formation des producteurs de journaux ...

Jusque-là le contenu des journaux en langues nationales est tributaire des désirs des généreux donateur. Ainsi, le contenu de la presse rurale ne peut que prendre la coloration de son 'bailleur de fonds'. Les rubriques les plus courantes sont celles relatives à l'environnement et l'agriculture. Jamais la culture ou la politique.

L'Association presse rurale en langues nationales compte intégrer dans les journaux des éléments culturels, politiques et autres. Elle bénéficie déjà de l'appui de certaines structures telles que l'INA (Institut national d'alphabétisation), les ONG, etc.

M. Millogo Honoré, président de l'association, estime que la presse rurale aura dans les jours à venir son mot à dire. Soulignons qu'il existe à ce jour 14 publications en langues nationales.

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