LUTTE CONTRE LE PALUDISME
DEMAIN, LE VACCIN?
Depuis hier se tient au Centre de lutte contre le paludisme à Ouagadougou, un atelier international sur la méthodologie de recherche sur le terrain.
Pendant 12 jours les chercheurs du Bénin, du Burkina Faso, de la Guinée et du NIger s'emploieront à élaborer de nouvelles stratégies de lutte contre cette maladies qui cause plus de tort au continent africain qu'on ne le crot...
Le SIDA! Comme une trainée de poudre, ce qu'il est convenu d'appeler à présent "le mal du siècle" est venu, depuis quelques années, monopoliser toutes les attentions scientifiques du monde. Au point d'éclipser les recherches sur d'autres fléaux non moins... dramatiques comme le paludisme.
Et pourtant, aujourd'hui encore, le paludisme reste, sans conteste, la cause de décès la plus importante du continent africain. Au Burkina Faso, le Centre national de lutte contre le paludisme (CNLP) a estimé récemment à 15 000, le nombre d'enfants qui perdront la vie cette année à cause du paludisme.
Il s'agit-là d-un chiffre énorme qui sous-entend que 200 villages du pays resteront sans enfants. Les autres pays, on s'en doute, ne sont guère logés à une meilleure enseigne.
L'Afrique a-t-elle les moyens de s'en sortir dans un monde où la recherche engloutit des fonds énormes et est sujette à un lobby de plus en plus grand pour le SIDA par exemple?
Mais, devrait-on, pour autant, baisser les bras et abandonner les recherches sur les meilleures stratégies de lutte contre le paludisme? Certainement pas. Et cela, beaucoup de chercheurs africains et autres l'ont compris. C'est donc à juste titre que le programme spécial de recherche et de formation sur les maladies tropicales (TDR) de l'Organisation mondial de la santé (OMS) a initié, en collaboration avec la coopération italienne, un atelier international de méthodologie de recherche sur le paludisme. Cet important atelier qui regroupe une vingtaine de chercheurs venant du Bénin, du Burkina Faso, de Guinée et du Niger s'est ouvert hier au CNLP à .
Il s'agit pour les participants, non pas d'écouter et apprendre des notions théoriques, mais de présenter leurs propres projets, leurs protocoles de recherche susceptibles d'être financés pour apporter un plus à la lutte.
Placée sous la présidence du Secrétaire général du ministère de la santé, de l'action sociale et de la famille (MSASF), la cérémonie d'ouverture officielle de cet atelier a d'abord enregistré l'intervention du docteur thomas Nchinda, responsable du programme spécial de recherche et de formation des maladies tropicales à l'OMS.
Stratégie innovatrice
Ce dernier, après avoir relevé "la chimio-résistance au plasmodium flaciparum, agent responsable du paludisme", a énuméré la brochette de constations qui ont amené à la mise sur pied de l'atelier. Il a également prévenu que les 12 jours de travaux seront "durs avec un emploi du temps très serré et minuté". Car, "chaque paire devra quitter avec, en tête, la connaissance de la méthodologie de recherche et en poche, un protocole presqu'entièrement rédigé et prêt à être financé".
Et c'est en cela, ainsi que l'a souligné Monsieur Aleksander Zaremba de la Coopération italienne, que "cet atelier représente le premier essai d'une stratégie innovatrice qui, on l'espère, aboutira à des résultats plus solides et plus durables". Le Secrétaire général du MSASF, Monsieur Léonard Tapsoba, n'en pense et n'en espère pas moins.
Dans son allocution d'ouverture, il s'est livré à u véritable état des lieux.
Savez-vous que chaque année, au Burkina Faso, comme dans la plupart des pays tropicaux, on note plus de 650 000 cas simples et 18 000 accès pernicieux de paludisme par an?
Et que les décès attribués à cette maladies représentent 20% de l'ensemble des décès enregistrés par le système de santé?
Face à ce constat, la Burkina a élaboré en février dernier, un programme national de lutte anti-paludisme qui s'articule autour du diagnostic précoce et le traitement approprié des cas, la chimio-prophylaxie des femmes enceintes, la réduction du contact homme-vecteur et l'éducation pour la santé et la participation communautaire.
Monsieur Tapsoba n'a pas occulté le fait que dans nos pays, la recherche opérationnelle a besoin de appuis technique et scientifique (pour la formation du personnel), financier et matériel (pour mener les activités de recherches) et institutionnel pour la définition des grandes orientations en matière de recherche en santé.
Déjà, en octobre 1992, plus de 100 gouvernements avaient adopté, à Amsterdam (Pays-Bas), la déclaration mondiale sur la lutte contre le paludisme.
Le présent atelier épouse du reste les objectifs essentiels définis dans cette déclaration à savoir: mettre au point des méthodes permettant de diagnostiquer et de traiter le paludisme en temps rapide, lutter de façon sélective et durable contre les moustiques, détecter et maîtriser rapidement ou empêcher les épidémies et réévaluer régulièrement la situation du paludisme dans chaque pays.
La science parviendra-t-elle à bout de ce fléau? Vivement la découverte du... vaccin salvateur.
Serge Mathias Tomondji
===============================================================SIDWAYA DU 9 JUIN 1993
TOXICOMANIE: BIENTOT UN COMITE NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA DROGUE
Le conseil des ministres s'est réuni en séance ordinaire le mercredi 9 juin 1993 à partir de 9 heures, sous la présidence de Monsieur Youssouf OUEDRAOGO, Premier ministre, chef du gouvernement.
Le conseil a examiné les dossiers inscrits à son ordre du jour et entendu plusieurs communications orales.
AU TITRE DU PREMIER MINISTERE
Le conseil a approuvé un projet de décret portant création d'un Comité national de lutte contre la drogue.
La création de cette structure se justifie au regard de l'expansion observée, ces derniers années, du trafic des drogues en Afrique et singulièrement dans notre pays. Placé sous l'autorité du Premier ministère, ce comité constitue un véritable organe de consultation et d'application de la politique gouvernementale en matière de lutte contre la drogue. De part sa composition, cette structure sera à même d'initier une approche pluridisciplinaire permettant de mobiliser les énergies disponibles pour vaincre ce fléau que représente la drogue.
Parmi les missions dévolues à ce comité, l'on retiendra qu'il est chargé entre autres:
-d'appliquer et d'animer la politique définie par le gouvernement en matière de lutte contre la drogue
-de veiller à l'application des traités internationaux auxquels le Burkina Faso est partie prenant en matière de stupéfiants et de substances psychotropes,
-de proposer au gouvernement des plans d'action ainsi que des mesures efficaces visant à protéger notre pays contre ce fléau de la toxicomanie,
-de présenter chaque année au gouvernement un rapport d'ensemble exposant la situation nationale, son évolution en tous ses aspects.
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L'OBSERVATEUR DU 14 JUIN 1993
EN BREF...EN BREF...EN BREF...
ITALIE
Madame Maria Terese Cortellessa Dell'Orco, 51 ans, a été nommée chef adjoint de la police italienne, et devient la première femme à occuper un poste aussi élevé dans la hiérarchie policière de la péninsule, a-t-on appris samedi auprès du ministère de l'intérieur.
Madame Cortellessa Dell'Orco a été désignée vice-directeur général de la sécurité politique, aux cotés du chef de police Vincenzo Parisi, par le ministre de l'intérieur Nicola Mancino. Elle était devenue il y a deux ans et demi la première femme préfet italienne.
Dans les instances dirigeantes chargées de l'ordre public et de la lutte contre la criminalité, une autre femme occupe déjà un poste important: madame Liliana Ferraro, nommée à la direction des affaires pénales du ministère de la justice en remplacement du juge anti-mafia Giovanni Falcone, assassiné en mai 1992.
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L'OBSERVATEUR PAALGA DU 18 AU 20 JUIN 1993
SANTE
SIDA ET JEUNESSE
Le sida est la première cause de décès, avant le cancer et les accidents de route, chez les jeunes adultes de 64 villes américaines, selon une étude du centre de contrôle des maladies publiée mercredi dernier par le journal de l'association médicale américaine, dont le siège est à Chicago.
Au niveau national, la Sida est la deuxième cause de décès pour les jeunes hommes, après les blessures accidentelles. Il vient en 6ème position chez les jeunes femmes, après le cancer, les blessures accidentelles, les maladies cardiaques, le suicide et le meurtre. Une analyse des chiffres de 1990, les derniers disponibles, place le sida en première position dans les causes de décès des hommes de 25 à 44 ans dans 64 villes, ainsi que dans Etats de Californie, Foride, Massachusetts, New-Jersey et Etat de New-York.
A San Francisco ou fort lauder ( Floride), le sida est la cause du décès de plus de la moitié des hommes de cette tranche d'age, selon ces chiffres.
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SIDWAYA DU MARDI 24 AOUT 1993 N·2335
LUTTE CONTRE LES MALADIES DIARRHEIQUES EN AFRIQUE
Comment gérer les programmes?
La lutte contre les maladies diarrhéiques constitue de nos jours une très grande préoccupation pour les pays africains. Et beaucoup de nos pays ont élaboré des programmes dans ce sens.
Juste préoccupation quand on sait que (800 000) huit cent mille enfants environ, de 0 à 5 ans, meurent chaque année de diarrhée. L'importance du fléau est si évidente que les pays africains ont initié des actions concertées pour renforcer la lutte contre cette endémie. L'exemple de cette unité d'action, c'est le présent cours interpays de formation en gestion des programmes de lutte contre les maladies diarrhéiques, réunissant les pays d'Afrique francophone. Il se tient depuis hier matin au Centre national de lutte contre le paludisme.
La rencontre de OUAGA fait suite à celle de Nairobi au Kenya en avril dernier et qui avait été organisée pour les pays d'Afrique anglophone. Elle regroupe cette fois-ci les pays francophones. Le cours regroupe 23 participants venus de 9 pays qui sont le Bénin, le Burkina Faso, les Comores, la Cote d'Ivoire, le Congo, la Mauritanie, le Niger, Sénégal et le Rwanda. Il bénéficie de présence de 6 facilitateurs de l'UNICEF et de PRITECH.
En Afrique il y a 44 pays disposant d'un programme de lutte contre les maladies diarrhéiques. Mais la question est de savoir comment accroître l'efficacité de ces programmes pour accélérer la maîtrise de ces maladies afin de réduire de façon significative et à une échéance aussi brève que possible, la morbidité et la mortalité liées à ces affections.
Présidant d'ouverture du cours Monsieur Potin Poda, conseiller technique du ministère de la santé, de l'Action sociale et de la famille, a dit que au Burkina Faso les maladies diarrhéiques représentent la deuxième cause de morbidité et mortalité des enfants de 0 à 5 ans. Aussi, le gouvernement a-t-il mis sur pied un programme de lutte contre les maladies depuis 1986.
Ledit programme a été réécrit en juin 1993 pour la période 1994-1998. Ce nouveau programme a axé sa stratégie sur la vulgarisation de la thérapie de réhydratation par voie orale. De même qu'une politique nationale de lutte contre les maladies diarrhéiques a été également formulée en juin 1993. C'est pourquoi Monsieur Potin Poda a affirmé que ce cours interpays qui prend fin samedi prochain vient à point nommé.
Edouard Ben BAGYRA
(Stagiaire)