=========================L'OBSERVATEUR PAALGA DU 28 JUIN 1993
Rubrique: SOCIETE
Santé: LE PALUDISME TUE PLUS QUE LE SIDA
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Le paludisme est une maladie qui continue de faire beaucoup de victimes dans nos pays tropicaux. Il tue plus que le Sida. C'est dans le but de doter les chercheurs d'outils adéquats à la lutte contre cette maladie que s'est tenu, une dizaine de jours durant, un séminaire-atelier sur la recherche opérationnelle dans la lutte contre le paludisme. Ce sont les locaux du Centre national de lutte contre le paludisme qui ont abrité la cérémonie de clôture.
C'était samedi dernier à 9 heures sous la présidence du docteur Hien Sié Roger représentant le secrétaire général du ministère de santé et de l'action sociale et de la famille.
Plusieurs jours durant, 18 participants venus du Bénin, de la Guinée, du Niger et du Burkina Faso ont travaillé sur des thèmes de recherches très variés portant sur divers aspects du paludisme et de lutte antipaludique. De l'avis des encadreurs de ce séminaire-atelier, les jours passés à OUAGA n'ont pas été une promenade touristique pour ces jeunes chercheurs. Ils ont suivi avec beaucoup d'intérêt les présentations et les conseils pratiques des facilitateurs. Ils se sont en outre appliqués, avec beaucoup de rigueur et de discipline, à développer leurs protocoles qui, finalisés, sont prêts à être soumis à des Organismes de financement. Quant au représentant de la coopération italienne, monsieur Fulvio Esposito, il a exprimé toute sa joie quant aux résultats obtenus.
Il y a 2 semaines dira-t-il, je ne m'attendais nullement à un pareil résultat. Actuellement, c'est chose faite. C'est pour cela, poursuit-il, que j'adresse mes remerciements sincères et profonds aux participants pour leur dévouement, leur soif d'apprendre et aux encadreurs pour avoir abandonné leur tache quotidienne afin de dispenser des cours en dépit de difficultés multiples. Le mot de clôture est revenu au docteur Hien Sié Roger qui n'a pas manqué de renouveler ses remerciements à tous les participants et aux partenaires que sont l'OMS à travers son programme de recherche et de formation des maladies tropicales et la coopération italienne, maîtres d'oeuvre du dit atelier. Pour le docteur Hien Sié Roger les objectifs de l'atelier qui étaient:
- d'améliorer les connaissances des participants sur le grand principe de la préparation des protocoles de recherches sur le terrain;
- d'élaborer par équipe, des protocoles de recherches sur le paludisme afin de pouvoir appliquer les résultats à la lutte anti-paludisme, sont atteints.
Il a enfin émis le vibrant souhait que tous les projets élaborés au cours de cet atelier puissent être financés et que les participants une fois de retour au bercail se mettent résolument au travail.
Synthèse de Boureima Diallo.
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SIDWAYA DU VENDREDI 16 JUILLET 1993 N·2316
SCIENCE SANS CONSCIENCE...
Informatique, bureautique, robotique, télématique, domotique,...tique, le siècle qui s'annonce est surement celui des "tiques". Véritable tics de notre société "moderne" à l'épreuve du progrès (qu'on n'arrete pas) ils entendent tous donner une autre dimension (meilleure, disent-ils) à notre existence d'homme.
Mais le hic (car il y a un hic), c'est que dans cette course aux "tiques" toute chose est désormais soumise à l'ordre aliénant et souvent inhumain de la rationalité, de l'efficacité, de la performance, du bénéfice, de la rentabilité. Ce qui, noue le pensons et le croyons, conduit presque inéluctablement à une société d'injustices et d'inégalités. Où 10 % des populations détiennent 90 % des richesses avec comme Devise "tout ce qui est à moi est à moi et ce qui est à vous est à moi". Où une minorité jouit (à l'énervement) des richesse pendant que la multitude, noyée, à cause du progrès technique (toujours) sous une masse d'information est réduite à jouir du spectacle de la puissance et des plaisirs de cette minorité (Cf: le feuilleton Dynastie).
Il faut donc un supplément d'humanisme (non pas à la démocratie) mais à la science, au progrès qu'on arrête et qui n'arête pas de prendre des allures fort scientistes. Car le petit pas d'homme de Neil Armstrong (en foulant le sol lunaire) a certes été un grand bond pour l'humanité mais ce grand bond n'a toujours pas permis à l'humanité de combler le fossé qui chaque jour se creuse entre ses composantes. Ainsi les sociétés industrialisées, capables des prouesses technologiques les plus spectaculaires, capables de réussir les missions intersidérales les plus périlleuses se révèlent incapables, sur terre, d'assurer l'eau et le pain quotidiens à tous leurs membres dont une tranche (chaque jour un peu plus importante) est obligée de dormir sous les ponts et faire les poubelles pour chasser sa faim. Paradoxal? ! Ivan Illich, (essayiste américain) en contemplant la clochardisation de ses concitoyens affirmait avec justesse que: "l'industrialisation n'élimine pas la pauvreté mais la modernise". Une "modernisation" q
ui devrait amener les pays en voie de développement (modernisation?) comme les nôtres à s'interroger, à faire le tour du "contre" de la question avant de s'engager dans le "pour" s'il le faut.
Nos sociétés qui ont encore la chance de garder un sens aux mots comme solidarité, partage, communauté, sont-elles réellement en retard d'une révolution? Fut-elle celle de l'industrialisation ou de l'informatique? Peut être. Mais le doute sans être cartésien demeure. Car, à observer les sociétés "modernisés", on note qu'au lieu du bien-être pour tous et de la disponibilité auxquels devraient conduire leurs performances technologiques, on assiste plutôt à un nombre grandissant de victimes qui tombent sur routes du progrès qu'on n'arête pas; parce que trop faibles pour supporter l'isolement, la solitude, en un mot le Quart monde de qui semble être le revers de la médaille que sont tous ces "tiques".
Science sans conscience, n'est que ruine de...l'homme."
NEMO
===============================================================SIDWAYA DU 28 JUILLET 1993 N· 2318
NIGER : L'EAU DU FLEUVE NIGER FAIT DES VICTIMES
Sept personnes sont mortes, au début de cette semaine, à Tillabery (à 100 km au Nord-Ouest de Niamey) après avoir consommé l'eau contaminée du fleuve Niger. IL n'en fallait pas plus pour que le maire de cette ville de 20 000 habitants lancé un véritable cri d'alarme. La situation est d'autant plus préoccupante qu'il n'y a pas d'eau potable.
L'eau sort du robinet comme si vous le puisiez du fleuve, dit le maire de Tillabery qui soutient que le pire est à craindre.
Pour les services de santé, la pollution du fleuve Niger est due essentiellement au rejet massif dans ses eaux d'ordures ménagères et de déchets humains organiques.
Le bilan est assez lourd: pour le seul trimestre de l'année en cours, 2500 cas de personnes souffrant de maladies ou d'affections cutanées ont été enregistrés. Le nombre de décès est certainement plus élevé qui celui publié.
La région de Tillabery n'est pas couverte de puits. Le fleuve "Niger" demeure le point de jonction des populations. A partir de juin c'est la pollution.
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