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R.E.D.A. A - 22 settembre 1993
PRESSE DU BURKINA FASO

LE PAYS DU 21 SEPTEMBRE 1993

MME MARIE MECHTILDE ILBOUDO "IL FAUT ATTRIBUER LA

2è CHAMBRE AUX FEMMES"

La semaine dernière, "FEMINISSIMO" a rencontré pour vous Mme Marie Mechtilde Ilboudo qui a souligné, dans la première partie de l'entretien que nous avons eu avec elle, la place de la femme burkinabè dans un Etat de droit. Elle a également parlé de la représentativité féminine dans le gouvernement et de ses travaux (Cf "le pays" N·485 du 14 SEPTEMBRE 1993).

Dans cette seconde et dernière partie de l'interview, notre reporter a abordé avec "la reine des femmes", des questions ayant trait aux associations féminines, à la prostitution et à l'excision.

Mais avant, MmeIlboudo apprécie la situation de paix qui caractérise actuellement le Burkina.

LE PAYS: Le mot "paix" semble être votre leitmotiv au cours du débat.

M M I :Fort heureusement, ici nous sommes en paix. Si je préconise une place de la femme dans les institutions, cela veut dire que nous avons la chance dans ce pays. Toutes les ethnies sont soudées par la parenté à plaisanterie et cela favorise la paix au sein de la population.

Parfois la femme intervient à travers la parenté à plaisanterie pour clamer certaines situations.

Mais malheureusement, au niveau politique, il n'y a pas cette place homologuée de la femme. Et les hommes politiques ne possédant pas les mêmes point de vue sont parfois en conflit. Cette instabilité politique se propage alors dans masse par le biais de l'idéologie qui se transforme, le plus souvent, en ethnocentrisme comme on le constate en Yougoslavie. Il est donc souhaitable de concrétiser dans notre pays le rôle de la femme, afin d'assister une démocratie authentique. Peut-être contribuerons-nous un jour à la paix du monde?

LE PAYS: Quels genres d'association féminines pourraient, selon vous, contribuer réellement au développement de notre pays?

M M I : L'association des femmes de confessions religieuses serait souhaitable. Cependant je proposerais que l'on attribue la deuxième chambre aux femmes. Ce que l'on pourrait y mettre, ce sont les structure professionnelles représentées par les deux sexes. Les hommes seront présents techniquement. Même les prêtres, parce qu'ils sont aussi compétents.

L'exemple d'Henri Sebgo est palpitant (auteur de l'ouvrage, "Mon livret de SIDA"). Celui-ci pourrait avoir sa place dans la deuxième chambre en tant que médecin. Des garçons et des filles naissent de la femme et par conséquent la deuxième chambre sera la mère qui, porte en grossesse les structures professionnelles où il y a des femmes et des hommes.

LE PAYS: Quel est votre point de vue sur la prostitution et l'excision?

M M I : La prostitution est due au fait que la femme n'a pas sa place dans les institutions. Les jeunes filles à la recherche du travail sont sexuellement harcelées, de même que les femmes travaillant dans les organismes. La prostitution n'est pas seulement le fait de s'asseoir sur un tabouret dans l'attente d'une rencontre masculine. D'ailleurs, la prostitution est un commerce depuis la nuit des temps et je ne pense pas qu'on puisse l'enrayer complètement.

Pour résoudre ce mal, il faudrait d'abord s'attaquer au harcèlement dans les services en protégeant la femme dans son travail.

En outre, la deuxième chambre serait appelée à résoudre les problèmes de ces jeunes filles qui semblent être ignorés par certains.

Il y a également la prostitution par le biais des sectes qui est la plus dangereuse. L'existence de maisons où l'on pratique la pornographie favorise par conséquent une montée vertigineuse de la prostitution. Le fléau jette la femme dans un nihilisme total et de ce fait, le secteur informel se trouve être menacé.

Quant à l'excision, elle a perdu son caractère culturel pour n'être que de la pure mutilation. Jadis, il y avait des femmes spécialisées dans l'excision; et le clitoris n'était pas coupé jusqu'à la racine. Pourtant, les femmes possédaient leur sensibilité clitoridienne.

La pratique de l'excision est une question sociologique et psychologique.

Dans la campagne, il arrive que les hommes refusent d'épouser une fille non excisée et, en revanche, les femmes n'acceptaient pas non plus les hommes incirconcis. Le phénomène de l'excision est un problème extrêmement délicat et je pense qu'il ne faut pas mener une bataille de front et en faire un cheval de bataille.

La suppression de l'excision nécessite une révision des structures sociales afin de trouver des enseignements compensatoires pour la jeune fille lorsqu'elle se retrouvera dans le foyer conjugal pour le bonheur et la stabilité du couple.

LE PAYS: Votre dernier mot...

M M I : Je vous remercie d'être venue m'écouter.

Ce fut une occasion pour moi de dire certaines choses que les femmes n'osent pas dévoiler parce qu'elles ont peur de ne pas être comprises. J'ai rencontré personnellement beaucoup d'incompréhensions avec les hommes et surtout avec les femmes intellectuelles que j'ai abordés.

Je souhaiterais qu'avec ce processus de démocratisation, les femmes sachent qu'il y a un rendez-vous de l'histoire à ne pas manquer.

Je voudrais que les hommes aient confiance réelle envers les femmes. Cela éviterait bien des désagréments dans la société car il faut qu'ils composent avec les femmes.

Propos recueillis par

Glwadys A.Foro

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