PRESSE DU BURKINALE PAYS DU 22 SEPTEMBRE 1993
ZONE FRANC: Du rififi monétaire?
"La dévaluation du franc CFA n'est pas a l'ordre du jour". Dixit Michel Roussin, ministre français de la Coopération lors de la réunion, hier, des ministres des finances de la zone franc. Voilà qui rassure. Mais quelles assurances peut-on avoir dans un domaine aussi sensible, où la spéculation et l'instabilité des devises monétaires sont les seuls indicateur de la bourse?
Même si, aujourd'hui, le calme semble être revenu après la décision de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC) de suspendre le rachat de ses billets hors de sa zone d'émission, il n'est pas moins clair que les pendules des deux banque centrales de la zone franc (BCEAO et BEAC) ne sont plus à la Même heure.
Pourtant, il apparait que malgré la violente irritation de M. Konan Banny, gouverneur de la BCEAO suite à cette décision, on a décidé, du coté de Paris, de "minimiser les conséquences de cette décision".
L'espoir de M. Roussin de voir les deux parties trouver 'un accord' suffit-il à écarter une éventuelle bataille du CFA entre les deux banques qui, déjà, le 2 août dernier, s'étaient entendues pour ne plus racheter leur monnaie hors de la zone franc?
Ne risque-t-on pas de voir la BCEAO se braquer et décider aussi du non rachat de ses billets hors de sa zone d'émission? Si cette éventualité devrait être réelle, qu'en sera-t-il alors de la zone franc? Et des accords de coopération avec la France?
Le rififi monétaire qui semble s'instaure au sein d'une zone jusq'alors unie (apparence trompeuse?) ne laisse rien présager de bon. Et nos bourses s'inquiètent quotidiennement du sort qu'on réservera, finalement, a notre CFA.
A moins que, dans un souci de charité et d'apaisement, au-delà de ces affirmations conventionnelles, on démontre aux profanes comme nous, que nous nous sommes simplement hâtés d'avoir une frousse inutile. LE PAYS.
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