=======================SIDWAYA DU 23 SEPTEMBRE 1993
PARTI RADICAL TRANSNATIONAL ET TRANSPARTITE
Décembre 1993: procès contre les criminels de guerre.
Le Parti radical Transnational et transpartite lance un appel international..........................................................................................
(voir le même texte du communique de presse publié par le
'OBSERVATEUR PAALGA' du 22 septembre 1993)
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LE PAYS DU 23 SEPTEMBRE 1993
PLURALISME RADIOPHONIQUE: DEFI POUR NOUVEAUX DEMOCRATES
Du 14 au 18 septembre s'est tenu à Bamako (Mali) un colloque sur le "pluralisme radiophonique en Afrique de l'Ouest".
A l'arrivée, une déclaration dite "déclaration de Bamako".
André Eugène Ilboudo nous livre son analyse sur la question.
Qui a dit que "la radio doit cesser d'être une forge de l'acculturation, un studio de monologue une antenne de subversion"? Premier indice.
Il a été président d'une coopérative de presse et de la Société des éditeurs de presse de son pays. Second indice : il est actuellement président d'un Etat de la CEDEAO.
Cette petite phrase dite par Alpha Omar Karaté, président du Mali, lors de l'inauguration du colloque organisé par l'Union des journalistes de l'Afrique de l'Ouest et de l'Institut Panos à Bamako du 14 au 18 septembre 1993 traduit bien les enjeux actuels qui ont regroupé les promoteurs sur le "pluralisme radiophonique en Afrique de l'ouest".
La soixantaine de participants venus de la plupart des Etats de la CEDEAO (les illustres absents étaient le Libéria et le Togo) et des institutions étrangères ont à travers ateliers et plénières convenu que le pluralisme radiophonique est un enjeu pour une société démocratique. "Monsieur le président, dites-moi combien de radios privées émettent librement chez vous et je vous indiquerai votre quota de démocrate".
Sur ce point les Burkinabè ont bombé le torse légitimement. Le Burkina fait partie du trio parmi les 16 pays de la CEDEAO (Mali, Burkina, Gambie) qui a assigné des fréquences à ses nationaux. Et il y a, bien sur, le reste qui forme le peloton de queue car les uns ne les assignent qu'à des radios étrangères pendant que les autres pays, par artifices politico-juridiques, hatent lentement la libéralisation des ondes. Certains dirigeants continuent de juger leurs peuples comme de petits enfants dont il faut protéger le jugement.
La déclaration qui en est sortie, dite "déclaration de Bamako" dont les principales recommandations sont adressées aussi bien aux Etats africains qu'aux promoteurs du pluralisme radiophonique résume bien à elle seule ce que les communicateurs entendent et veulent faire.
Tout d'abord, le constat est que la pluralité des radios n'est pas synonyme de pluralisme radiophonique. Celui-ci exige une pluralité de cibles pour consacrer l'égale accès à l'information, afin que nul ne prétende exprimer la vérité mais que chacun en exprime une parcelle pour permettre la reconstitution de ce puzzle. Ainsi, les radios nationales, bien connues pour leurs langues de bois, doivent devenir de véritables services publics ce qui se traduit par une indépendance éditoriale et de programmation. Ces radios nécrologiques sont priées de se départir de ne citer que les décrets et ordonnances parce que animés par des communicateurs invertébrés, colorés, odorants mais sans saveur, donc non potable.
PORNOGRAPHIE DE LA LIBERTE
Pour faire mentir la phrase du président Konaré, les communicateurs, connus, tout comme les avocats, comme dernier rempart de la liberté, doivent travailler en respectant uniquement leur code déontologique.
Mais pour cela, il faut que les Etats commencent par lâcher leurs propres citoyens en levant le monopole de la presse en général et celle de la radio en particulier. La radio doit cesser d'être "un attribut de la souveraineté" pour devenir un moyen privilégié de communication social pour l'expression plurielle des idées et des opinions sur les ondes. Cette expression plurielle permet de bâtir une société solidaire et riche de ses différences.
C'est ainsi que l'existence d'un éventail de radios essentiellement promues par les nationaux rendant compte des points de vues divers pour la formation et l'information de l'opinion, demeure l'étalon de mesures, parce que radio de proximité d'une population dont l'analphabétisme est maintenu. Il faut donc terrasser les nouveaux "murs de Berlin" d'Afrique.
Le maintien du monopole radiophonique est vu comme une suprême insulte faite aux populations et contraire à la déclaration universelle des droits de l'homme qui dit que "tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen que ce soit".
Cette libre circulation et interactive des idées ne vise pas uniquement les professionnels des médias mais aussi celle du citoyen ordinaire qui s'exerce ou qu'il revendique.
La radio privée, interface privilégiée pour le dialogue social et la cohésion nationale est un instrument idéal pour la participation populaire à la gestion des affaires de la cité.
C'est pourquoi, les ondes plurielles retrouvées ne doivent point, après les libertés confisquées, devenir une véritable pornographie de la liberté, s'accentuant devant les difficultés de la politique partisane.
La radio parce que médium véritablement populaire ne doit pas être tentée de jouer le rôle des autres institutions.
Et cette qualité de garantie du pluralisme radiophonique ne saurait être efficace sans l'active vigilance de l'ensemble des citoyens, et des multiples groupes de pression formés par la société civile car quand la liberté d'un citoyen est confisquée c'est celle de l'ensemble des citoyens qui est menancée.
Programmes nouveau pour nouveaux démocrates donc.
André Eugène Ilboudo
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