================================LE SIDWAYA DU 27 SEPTEMBRE 1993
ASSEMBLE DES DEPUTES DU PEUPLE: défendre les couleurs du Faso sur l'échiquier international.
Le président de l'Assemblée des députés du peuple, le docteur Bongnessan Arsène Yé est rentré mercredi dernier d'une mission qui l'a conduit en France, à Cuba, et en Australie. A la tête d'une importante délégation, M. Yé a effectué du 30 au 4 septembre une visite privée à Paris avant de répondre à l'invitation du président de l'Assemblée nationale du pouvoir populaire du Cuba. Enfin, le docteur Yé a participé du 13 au 18 septembre 1993 à la 90 e conférence interparlementaire qui s'est tenue à Canberra en Australie. C'est pour faire le point sur ce long voyage que le docteur Bongnessan Arsène Yé a rencontré la presse le jeudi 23 septembre à l'Assemblée des députés du peuple.
D'entrée de jeu, M. Bongnessan Arsène Yé a déclaré que l'étape parisienne de son voyage revêtait surtout un caractère privé puisqu'il y a répondu à l'invitation des écrivains de langue française pour prendre part au colloque sur la négritude.
L'aspect officiel du déplacement du président de l'ADP commence véritablement à partir du 5 septembre avec la visite d'amitié et de travail effectuée à la Havane jusqu'au 10 septembre. Pour M. Yé, ce voyage à Cuba lui a permis de "se rendre compte d'un certain nombre de réalités socio-économiques qui prévalent actuellement dans ce pays", surtout "qu'il existe depuis des années des blocus économique sur Cuba aggravé ces dernier temps par la loi Torricelli du nom d'un sénateur américain". De nos jours, a poursuivi M. Yé "avec la disparition du communisme, Cuba se retrouve face à des difficultés que nous avons pu constater".
D'autre part, le président Yé a dit que la délégation de parlementaires burkinabè a été émerveillée par ce
"peuple cubain, vraiment déterminé à sortir de sa situation difficile en comptant d'abord sur lui-même". Elle a également pu constater que Cuba a revissé ses positions sur certains points. Ainsi, il n'est pas rare de voir le dollar US circuler dans le pays; ce qui n'était pas le cas il y a quelques années. La visite à Cuba a été mise à profit par les députés burkinbè pour louer l'effort et la combativité du peuple cubain. En exemple, M. Yé a cité le grand bond fait par ce pays dans le domaine de la scolarisation et de la santé. Cuba a un médecin pour 145 habitants dans la province la plus favorisée et pour 1600 habitants pour celle qui est défavorisée. Ce qui est un exploit par rapport à certains pays. L'organisation de l'Assemblée nationale a permis de créer en son sein un conseil d'Etat élu par les députés. Il est l'organe de l'Assemblée entre deux sessions. Son président est en même temps le chef de l'Etat.
Au cours de son voyage, le président de l'Assemblée des députés du peuple a pu constater que l'idéologie n'est plus à l'ordre du jour, la grande préoccupation aujourd'hui est la survie économique. Le docteur Bongnessan Arsène Y' a mis à profit sa visite officielle à la Havane pour s'entretenir avec les ressortissants burkinabè à Cuba notamment les étudiants. A ce propos, M. Yé a déclaré que certains de nos compatriotes avaient des difficultés sérieuses "dans la mesure où, avec les difficultés économique que connaissent les Cubains, le pays n'est plus en mesure de subvenir aux besoins de tous les stagiaires comme il le faisait par le passé". Il a ajouté qu'avec l'ambassadeur burkinabè à la Havane, ils avaient essayé de voir dans quelles mesures ces cas sociaux pouvaient être traités.
L'étape australienne a été consacrée à la 90e conférence interparlementaire. Celui-ci, organisée par l'union interparlementaires, réunit les parlements des Etats souverains. Avec la présence de 107 délégations, il ne fait pas de doute, a dit Bongnessan Arsène Yé, que c'est une occasion idéale de rencontre et de prise de contact et surtout d'échange d'expérience entre les parlementaires de tous les pays. Ceci est d'autant plus nécessaire qu'aujourd'hui, les représentants du peuple sont des agents par excellence de la défense des droits de l'homme. La délégation burkinabè a donc saisi cette opportunité pour se faire connaître à l'extérieur et de s'enrichir au contact des expériences des autres peuples. Le président Yé a conclu que ce séjour a été très profitable. Du reste l'ordre du jour portait sur une question d'actualité: le respect du droit international humanitaire, l'appui à l'action humanitaire dans les conflits armés, la santé et le bien-être des personnes âgées entre autres.
Le Burkina a naturellement pris la parole pour donner sa position sur la situation du monde. Ainsi pour le docteur Yé, les Etats gagneraient de nos jours à taire leurs querelles intestines pour s'atteler aux taches de développement économique. Il a également insister sur les effets négatifs de l'éclatement des Etats car ajoutera-t-il, l'heure est aux regroupements en grands ensembles. Cette Conférence de l'union interparlementaire se singularise par le fait qu'elle exige la présence de femmes députés pour les assemblées qui en possèdent.
En marge des réunions de la conférence, ces femmes parlementaires se retrouvent pour discuter des problèmes de leur représentativité dans les institutions démocratiques.
Le Burkina a eu la lourde responsabilité d'organiser en 1994 une réunion des femmes parlementaires africaines. C'est la preuve, s'il en était encore besoin, que notre pays jouit d'une bonne réputation sur la scène internationale.
Qu'est ce qui fait courir le président de l'Assemblée est-on tenté de se demander. Le docteur Yé a lui même dit que le déplacement qu'il effectuait étaient indispensable pour une réintégration du Faso dans le concert des nations démocratique. C'est pourquoi, il ne faut pas s'attendre à ce que les parlementaires reviennent avec des mallettes d'argent. "Il y a des données qui ne sont pas quantifiables" a ajouté M. Yé.
Pour consolider cette image de notre jeune démocratie, le président de l'ADP entreprendra dans la semaine des tournées qui le conduiront cette fois-ci à Tunis pour participer ) la 16e Conférence de l'Union des parlements africains et à Bruxelles pour la 17e session de l'Assemblée paritaire ACP/CEE. Une fois de plus, la délégation burkinabè mettra au profit ce séjour pour nouer des contacts fructueux pour notre peuple. N'est pas là la mission première de tout parlementaire?
PRESSE ADP.
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