- Alors que les premières audiences pourraient se tenir cet été.(Le Monde Mardi 15 février 1994 - CHRISTIAN CHARTIER)
(LA HAYE de notre correspondant:)
Rompant le silence qu'il observait depuis son installation officielle, le 17 novembre dernier à La Haye, le tribunal international créé par les Nations unies pour juger les crimes humanitaires commis dans l'ex Yougoslavie depuis 1991 a fait savoir, vendredi 11 janvier, qu'il achevait de se mettre en place, mais qu'il n'avait pas encore »les moyens d'exercer pleinement son mandat .
Un communiqué publié à l'issue de la seconde session de travail des juges précise que la »question du budget reste d'une grande importance et souhaite une décision »urgente des instances onusiennes. Hébergé dans les locaux d'une compagnie d'assurances, le tribunal vit actuellement sur une enveloppe de 5,6 millions de dollars, ouverteen décembre par l'Assemblée générale de l'ONU et censée couvrir ses besoins jusqu'au 30 juin. Mais son budget definitif, évalué à 33 millions de dollars pour cette année, est toujours au centre d'intenses discussions à New York. Selon nos informations, le président italien du tribunal, Antonio Cassese, a demandé aux chefs des missions diplomatiques aux Pays-Bas, qu'il a reçus vendredi, d'inviter leurs capitales à s'entendre au plus vite. Le tribunal a, en effet, besoin de fonds pour se doter de personnel, notamment au service du procureur, véritable cheville ouvrière de l'institution, et des èquipements, tels une salle d'audience et une prison (dont la construction a commence g
race à une avance du gouvernemen néerlandais), nécessaires a son fonctionnement.
D'autant que les onze juges ont, pour ce qui les concerne, avancé à grands pas depuis leur installation, rédigeantki et par la commission Bassiouni (sur les crimes de guerre dans l'ex Yougoslavie), M. Blewitt pourrait ouvrir assez vite les premiéres instructions pénales. Le greffier du tribunal, le Néerlandais Theo van Boven, nous confiait récemment que les premieres audiences pourraient setenir dés cet été.