ESCAUT VIVANT
Le Vif/L'Express, Bruxelles, le 21 janvier 1994
Les associations réussiront-elles là où, jusqu'à présent, les autorités politiques ont failli ? Réunis la semaine dernière à Lille, les responsables de diverses associations françaises, néerlandaises et belges de protection de l'environnement, ont décidé de créer un groupement européen d'intérêt économique (GIE) dont le nom "Escaut vivant", exprime bien son objet: assainir les eaux du bassin de l'Escaut. Non pas chacun dans son coin mais, précisément, en coopérant au sein d'une structure commune dont l'objectif est d'aboutir à l'élaboration - et à la mise en oeuvre... - d'un contrat de fleuve international. L'initiative qui avait été préparée par une croisière sur le fleuve en février 1993, a d'ores et déjà reçu le soutien du Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais présidé (sans doute faut-il y voir plus qu'une simple coincidence) par une écologiste. Est-elle promise à plus de succès que toutes celles qui l'ont précédée ? Plusieurs circonstances favorables semblent jouer en sa faveur: la nécessité de conclure
enfin les fameux traités Escaut-Meuse, les obligations nouvelles émanant des directives européennes et de la convention d'Helsinki, le fait aussi que les Hainaut belge et français émargent désormais à l'Objectif 1 et peuvent ainsi espérer obtenir des subsides conséquents pour remédier à la pollution de leurs eaux de surface.