Ils demandent à Willy Claes d'appuyer un moratoire des exécutions(La Libre Belgique, 7-7-94)
Des parlementaires appartenant à tous les groupes politiques de la Chambre, à l'exception de l'extrême droite et de la VU, ont écrit au ministre des Affaires étrangères afin de lui soumettre une motion sur Le moratoire des exécutions capitales pour le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale des Nations Unies . Les députés estiment que la peine de mort est incompatible avec les droits de l'homme et demandent au gouvernement de s'engager à appuyer leur motion auprès de l'Onu.
La démarche des partis démocratiques belges leur est inspirée par des constatations navrantes, la moindre n'étant pas que 132 Etats sur 181 prévoient toujours la peine de mort dans leurs systèmes judiciaires, dont 116 pour des crimes ordinaires . Plus grave encore, la peine capitale est toujours appliquée dans 96 pays et un Etat démocratique - les Etats-Unis - va même jusqu'à procéder à des exécutions de mineurs ou de malades mentaux.
Cependant, la motion des députés vise surtout les menaces que font actuellement peser sur la communuaté internationale les violations du droit humanitaire international comme les crimes de guerre, les agressions territoriales, le terrorisme, le génocide, les crimes contre l'humanité. Un des pires exemples de ces violations des droits élémentaires est l' épuration ethnique commise sur le territoire de l'ex-Yougoslavie.
Les élus belges pensent qu'"un instrument international de sanction pénale est nécessaire pour punir les responsables de ces atrocités . Pour eux, tout être humain a le droit fondamental et inviolable de ne pas être tué à la suite d'une sentence ou d'une mesure judiciaire . Ceci a d'ailleurs fait l'objet d'une résolution du Parlement européen en mars 1992. Si l'on y ajoute la création du tribunal international ad hoc pour les crimes commis en ex-Yougoslavie instituée par le Conseil de sécurité excluant les exécutions quelle que soit la gravité des crimes et la campagne internationale Ne touchez pas à Caïn , le gouvernement doit faire, disent les députés, tous ses efforts pour aider à la disparition de la peine de mort d'ici l'an 2000.