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Partito Radicale Centro Radicale - 7 settembre 1994
COMMENT JUGER LES AUTEURS DU GENOCIDE ?
par Marie-France CROS

(La Libre Belgique, 7-9-94)

Le ministre rwandais de la Justice a du pain sur la planche, à l'heure de poursuivre les responsables du génocide anti-tutsi qui a fait de 500.000 à un million de morts cette année. Pourtant, l'essentiel de son temps, ces jours-ci, passait à... chercher de la nourriture pour les 1.500 suspects arrêtés.

En peu de mots, Allison DesForges, de retour de mission d'enquête au Rwanda pour l'organisation humanitaire américaine Human Rights Watch, a décrit la situation inextricable des nouvelles autorités, qui n'ont pas les moyens matériels d'entamer les poursuites judiciaires - même pas des véhicules pour enquêter. Or, l'absence de poursuites encourage les représailles contre de présumés coupables.

» Des centaines - peut-être des milliers de personnes accusées et arrêtées par des soldats du Front patriotique rwandais (FPR), ont disparu. On a les preuves qu'un certain nombre d'entre elles ont été tuées , explique Mme DesForges. Celle-ci a vu des fosses communes dans une région, Kivumu (sud), où les soldats du FPR avaient arrêté des centaines de personnes pour les »interroger sur leur rôle dans le génocide. Dans un autre cas, des centaines de personnes ont été amenées à Butare (sud) et les femmes séparées des hommes; ceux-ci ont, pratiquement tous disparus, après avoir été amenés à l'école vétérinaire, dont des soldats du FPR barrent encore aujourd'hui l'accès, même à un enquêteur de l'Onu. Des bruits de tueries ont été entendus dans la forêt proche de cette école.

SYSTEMATIQUE ?

Dans plusieurs régions, des habitants ont signalé à Mme DesForges des disparitions depuis l'arrivée du FPR. Il s'agit généralement de personnes » accusées d'avoir pris part aux massacres . Généralement, indique-t-elle, ce sont des civils qui ont demandé aux soldats de les venger.

A côté de ces violations des droits de l'homme survenues après le cessez-le-feu, il y a également eu des massacres » indiscriminés, y compris de Tutsis pendant la guerre, comme à Bukingi (sud de Gitarama) où plus de cent personnes ont ainsi été abattues.

Peut-on parler de politique systématique? » Mon impression est que ces violations auraient pu être mieux réprimées. L'armée du FPR est très disciplinée; comment expliquer alors que les efforts pour réprimer les représailles n'aient pas été plus efficaces ? . Cependant 64 militaires (dont un major), ont été arrêtés pour de tels faits.

LA FRANCE

Human Rights Watch insiste sur la mise en route du système judiciaire, notamment avec l'aide de juristes étrangers fournis au titre de l'aide. En attendant des procès devant une juridiction internationale qui sera encore longue à mettre sur pied, l'organisation invite les gouvernements étrangers » à prendre leurs responsabilités en arrêtant les présumés coupables qui se trouvent sur leur propre territoire .

Mme DesForges souligne que » la Belgique et la France sont parmi les seuls pays à avoir adapté leur code pénal au droit international en ce domaine, afin qu'il leur permette d'arrêter et juger les présumés coupables de génocide. » Il est donc particulièrement étonnant que les Français aient quitté la Zone humanitaire qu'ils avaient établie lors de l'opération

» Turquoise » sans arrêter aucun des grands suspects qui s'y trouvaient .

Marie-France CROS

 
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