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Conferenza Partito radicale
Partito Radicale Centro Radicale - 7 settembre 1994
LES ENQUETENT PIETINENT AU RWANDA
DES SOLDATS DU FPR COMMETTENT DES EXACTIONS

par C.B.

(Le Soir, 7-7-94)

A mesure que tarde la mise en place des tribunaux chargés de juger les responsables du génocide, que les pays où certains d'entre eux sont réfugiés refusent de les mettre à la disposition d'une justice internationale, que toutes les enquêtes sont au point mort, les tentations de vengeance individuelle se multiplient au Rwanda.

Allyson Desforges, qui a enquêté au Rwanda pour l'organisation américaine Human Rights Watch, est rentrée préoccupée, tant par la situation du point de vue des droits de l'homme que par le manque de moyens du gouvernement de faire appliquer sa volonté de pratiquer une justice transparente.

Sur le terrain en effet, la commission d'enquête a constaté de nombreux débordements : des gens disparaissent, des familles sont assassinées, les corps ligotés de six personnes ont été découverts près de l'évêché de Kapgayi. Il s'agit généralement d'actes commis par des soldats, parfois sur dénonciation de civils qui voulaient se venger, ou qui agissaient par jalousie pour se débarrasser de rivaux économiques. La guerre non plus n'a pas été propre : des réfugiés ont relaté le cas de gens tués par le FPR dans une mosquée du Bugesera, un grand nombre de civils ont été tués lorsqu'ils sont arrivés à Kayove dans le nord-ouest du Rwanda. Dans un endroit appelé Mukingi, dans le secteur de Rugogwe, des témoins ont accusé les soldats du FPR d'avoir dès leur arrivée rassemblé les gens qui se trouvaient dans un camp, d'avoir tiré sur une foule de plusieurs centaines de personnes. Les corps furent ensuite jetés dans trois fosses communes que la délégation d'African Watch fut autorisée à visiter.

Les nouvelles autorités rwandaises n'ont pas nié que des soldats aient pu tuer ainsi des civils, et le ministre de la Justice a souligné que 64 soldats sont actuellement en instance de passer en cour militaire pour manquements graves à la discipline. Le général Kagame a déclaré avec fermeté qu'il entendait bien faire cesser de tels excès.

Le général Kagame précisa cependant que le major Bigabiro, considéré comme responsable du massacre de Mukingi était détenu à la prison de Kibungo et que d'autres soldats reconnus coupables d'exactions avaient déjà été exécutés.

Cette situation est certainement préoccupante, mais au cours de la conférence de presse il fut également fait état de tueries perpétrées par des Interhamwe demeurés au Rwanda et qui se sont faits passer pour des soldats du FPR afin d'alimenter la campagne de peur et d'intoxication.

MANQUE DE MOYENS

De toutes manières le gouvernement manque dramatiquement de moyens: le Premier ministre Twagiramungu est dans l'impossibilité de payer militaires et fonctionnaires car l'ancien régime est parti en vidant les caisses de l'Etat et le gouvernement envisage de créer une nouvelle monnaie afin de rendre impossibles les trafics sur la frontière zaïroise.

Human Rights Watch souligne aussi la nécessité d'envoyer des observateurs des droits de l'homme au Rwanda afin de rétablir la confiance, mais est consciente du paradoxe qu'il y a à multiplier aujourd'hui les missions d'observation au Rwanda alors que la communauté internationale s'est avérée incapable d'empêcher le génocide et qu'aujourd'hui encore les Nations unies sont d'une inefficacité, sinon d'une absence de volonté totale. Ainsi, une seule enquêtrice se trouve-t-elle chargée à Kigali d'enquêter sur la mort de plus d'un demi-million de personnes, sans véhicule pour sortir de la ville, sans même les 120 dollars nécessaires pour recopier les cassettes de la Radio des mille collines. Quant à la commission de trois experts d'Afrique francophone chargée par le secrétaire général de l'ONU de préparer le dossier qui sera soumis au Conseil de Sécurité, elle a refusé, après une semaine sur place, de se prononcer sur l'opportunité ou non de créer un tribunal international chargé de juger les coupables et dans le

meilleur des cas son rapport ne sortira pas avant la fin septembre. Madame Desforges, charitablement, met en cause la bureaucratie onusienne, les rivalités entre les diverses agences. L'explication est valabke, mais de telles carences ressemblent aussi à une volonté délibérée de ne pas faire toute la lumière sur le génocide...

Sur le terrain, 150 soldats du FPR ont commencé à se déployer dans l'ancienne zone Turquoise en accord avec la Minuar responsable de ce qui est devenu le secteur 4, qui passera sous le contrôle complet du gouvernement d'ici deux à quatre semaines. Outre la sécurité des personnalités politiques, les soldats de l'ONU sont chargés de la surveillance d'installations sensibles comme les relais radio. Leur mise en place se fait délicatement, pour ne pas provoquer de nouvel exode des populations. Le représentant spécial de l'ONU M. Khan, a indiqué aussi que la Minuar avait entrepris le désarmement des "forces de gendarmerie" mises en place par les Français et qui sont en fait d'anciens militaires qui rançonnaient la population... Quant aux exilés, ils rentrent au pays au rythme de 10.000 par jour.

C. B.

 
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