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Partito Radicale Centro Radicale - 8 novembre 1994
Tribunal ad hoc sur l'ex-Yougoslavie.

DUSAN TADIC, DU FANATISME A LA TORTURE

par Hélène Despic-Popovic

SOMMAIRE: Dans les camps serbes, Dusan Tadic s'est rendu coupable d'atrocités sur les prisonniers musulmans. Reconnu par plusieurs de ses anciennes victimes, alors qu'il travaillait à Munich dans un café tenu par son frère, il a été arrêté en janvier. Il est toujours aux mains de la justice allemande.

(Libération, 8-11-1994)

Dusan Tadic, Dusko ou Dule pour ses familiers, est l'archétype du milicien serbe. Fort en gueule, violent à l'occasion, cet ancien patron de café de 38 ans, instructeur de karaté, vivait en bonne intelligence avec ses voisins musulmans de la région de Prijedor, dans l'ouest de la Bosnie. La création, début 1990, du Parti démocratique serbe (SDS) dirigé par Radovan Karadzic, devait consacrer la division des communautés. Dusko Tadic, comme son père Ostoja, y adhère de toute son âme. Sa première mesure est de bannir les musulmans de son café.

Adepte des arts martiaux, policier de réserve, tout le prédestinait à prendre l'uniforme. Ses anciens voisins le décrivent comme un "militant fanatique de la cause serbe". On voit notamment le père et le fils s'engager à fond dans l'organisation du référendum lancé en novembre 1991 par Radovan Karadzic pour manifester l'attachement des Serbes de Bosnie à Belgrade. Des témoins se souviennent que les deux hommes font du porte-à-porte pour recenser les Serbes et s'assurer qu'ils voteront comme on le leur demande. La division intercommunautaire s'accentuant, on voit même Dusan Tadic dresser des listes noires des Musulmans de Kozarac.

Ce n'est donc pas un hasard s'il fait partie, en mai 1992, des hommes qui donnent l'assaut à ce bourg musulman de 15.000 âmes, qui sera complètement détruit, et dont les habitants seront tués ou regroupés dans des camps à Omarska ou Trnopolje. Là, le cogneur bascule en un véritable psychopate. "Chaque jour, dans la salle d'interrogatoire, nous lavions le sang à terre quand Dusko Tadic en avait fini avec les hommes", a raconté à la justice allemande, qui détient Tadic, une réfugiée bosniaque internée à Omarska, où elle a été plusieurs fois violée. D'autres ont décrit les scènes de torture quotidiennes, les coups de couteau, de matraque ou de barre de fer, les bains d'huile... Rien ne dépasse en horreur le récit d'un survivant, contraint d'arracher avec ses dents les testicules de trois de ses codétenus, qui devaient tous périr dans d'atroces souffrances.

Une fois les camps démantelés sous la pression de l'opinion internationale, qui les découvre début août 1992, Dusan Tadic prend le chemin de l'Allemagne, où son frère tient lui aussi un café. Reconnu par ses anciennes victimes, il est arrêté à Munich par la police allemande en janvier dernier.

Pour le juge chargé du dossier de la région de Prijedor, qui comptait avant la guerre 200.000 habitants, pour moitié des musulmans, et dont il ne reste pratiquement plus trace aujourd'hui, Dusan Tadic est plus qu'un simple exécutant. On le retrouve d'un camp à l'autre. Il trie les prisonniers, conduit des interrogatoires, est obéi des gardiens.

Au moins 3.500 Musulmans sont passés par le camp d'Omarska, le pire de tous, où ont été étés éliminés d'une manière systématique les élites locales musulmanes, dont le maire de Prijedor. Quand le Comité international de la Croix-Rouge a été autorisé à pénétrer dans le camp, il ne restait plus qu'une centaine de détenus, la majeure partie ayant disparu ou ayant été transférée.

Hélène DESPIC-POPOVIC

 
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