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* RADIO FRANCE INTERNATIONALE (h.12 GMT)
Pour la premiere fois et donc depuis sa constitution en fevrier 1993 le Tribunal Penal International sur les crimes dans l'Ex-Yougoslavie a tenu ce matin une audience publique a la Haye: Une seance tres courte dont l'objet etait une requete de transfert d'un prisonnier serbo-bosniaque detenu en Allemagne et qui est accuse d'atrocites en Bosnie-Herzegovinie. Ce Tribunal, qui est le premier du genre depuis celui de Nuremberg, a lance un mandat d'arret contre un autre serbo-bosniaque, directeur lui d'un camp de prisonniers musulmans. Mais aucun des deux hommes n'est present a la Haye pour etre juge.
Le TPI, abreviation pour Tribunal Penal International, a ete cree d'apres l'article 7 de la Charte des Nations Unies et sur l'exemple des tribunaux de Nuremberg et Tokio. Il se veut aussi independent que possible et pour l'instant a un mandat provisoire pour les crimes commis sur le territoire de l'ex-Yougoslavie depuis le 1-er janvier 1991. Aujourd'hui devrait cependant se decider a Geneve si ses competences peuvent etre etendues au Rwanda. Le tribunal de la Haye jugera les violations du droit international humanitaire actuellement en vigueur et contraindra tous les pays a cooperer a cette mission, y compris normalment a extrader ses propres ressortissants, ce qui n'est en l'occurence pas le cas pour la Serbie. Contrairement au cours de l' apres guerre, la peine capitale ne pourra etre requise, et sinon c'est la legislation penale de l'Etat interesse qui est prise en compte. La competence du TPI primera sur les instances juridiques locales et ses decisions pourront se surajouter a celles-ci. Cette Cour qui
n'ouvrira pas de proces veritables avant le printemps est composee de deux chambres de premiere instance et d'une chambre d'appel, en tout 11 magistrats elus par le Grand Conseil des Nations Unies, tout comme le procureur, le sudafricain Richard Goldstone.
Et justement, l'un des atouts majeurs de ce Tribunal semble etre la personnalite de ce procureur, le sudafricain Richard Goldstone, s'est forge une reputation de juste.
A 56 ans Richard Goldstone a gagne sa reputation de juge sans peur e sans reproche dans son pays natal en Afrique du Sud. Il y a 3 ans le president De Klerk lui confiait une commission d'enquete sur la violence. Tres vite ses investigations le menent au coeur de l'armee - bastion blanc de l'apartheid. Des officiers sont limoges. Le juge Goldstone, petit homme tout en grandeur vivait alors sous haute surveillance. Dans sa ville du Cap des hommes charges de le proteger pratiquaient la fouille-au-corp avant de laisser tout visiteur penetrer dans le grand appartement clair ouvert sur l'Atlantique. Richard Goldstone n'a pas hesite une seconde lorsqu'en juillet dernier l'ONU lui proposait d'etre le procureur du tribunal de la Haye charge d'enqueter sur les crimes commis en ex-Yougoslavie. Son premier contact avec la Bosnie remonte au mois dernier, Richard Goldstone en est revenu bouleverse: "J'ai ete profondement choque parce que j'ai vu les immeubles troues par les obus, les visages impregnes par la peur", racont
e-t-il. Le juge Goldstone est conscient de l'immensite et de l'urgence de la tache, conscient aussi de ses limites, mais l'essentiel, dit-il, est d'aider a empecher que l' histoire ne se repete.