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Conferenza Partito radicale
Partito Radicale Paolo - 23 settembre 1995
Interview de Samdong Rimpotche par Radio Radicale (ITALIA)

PP: Vous avez une grande expérience de rencontres à haut niveau des parlementaires ou des autoritès gouvernementales, partout dans le monde. Comment cela se passe_t_il lorsque vous avez de telles rencontres, comme cela a étè le cas en Italie?

SR: ...En général, lorsque je rencontre des gens de haut niveau, ils sont très prudents, très diplomates, pas très ouverts, pas très amicaux. Chaque mot qu'ils prononcent est scrupuleusemt examiné, évalué. A la diffèrence des amis italiens que j'ai rencontrès lors de ce sèjour, qui se sont montrès ouverts et qui semblaient très sincères. J'ai par consèquent un grand espoir que nous puissions avoir une initiative très efficace au niveau du parlement italien et auprès du public italien. Ils m'ont abirdè d'une façon sincère, avec un esprit ouvert, et non d'une façon diplomatique... C'est un grand encouragement pour moi.

PP: Durant votre confèrence de presse, j'ai ètè très impressionnè par vos paroles dont le sens ètait à peu près;"notre cause ne suscite pas assez d'attention de la part de l'opinion publique mondiale, parce que nous nous tenons fermement du cotè de la non-violence..." Nous devrionsinscrire ces paroles prononcèes par vous en lettres capitales; et les faire connaìtre... Nous touchons là à l'un des problèmes du monde actuel. Comment pourrions-nous donc aider à donner plus de force à votre non-violence, afin qu'elle puisse l'emporter?

SR: Aujourd'hui, partout dans le monde, le problème, c'est le combat entre violence et non-violence. La plupart des problèmes mondiaux sont actuellement crèes par des actions directement ou indirectement violentes;.et la violence crèe la violence. Aucun problème ne peut touver de solution durable de cette manière. Nous devons donc rèaliser que la seule mèthode approprièe, la seule mèthode qui puisse apporter une solution stable et permanente à toutes les sortes de problèmes, est la mèthode non-violente. Ce que j'ai dit lors de la Confèrence de presse, c'est qu'il va nous falloir être encore un peu patient. La mèthode non-violente n'est pas une mèthode qui suscite immèdiatement l'attention du publique, cela se fait lentement, mais cette attention sera très authentique, pleine de sympathie et durable. Parceque nous, les gens qui sommes attachès à la non-violence, nous sommes, d'une certaine manière, inoffencifs et n'offrons aucun profit immèdiat aux autres. Tout les gens ne remarquent pas immèdiatement, mais q

uand ils le font, ils le font d'une façon efficace. Nous devons donc leur dire que se taire face à la violence revient à donner son soutien aux agresseurs et aux personnes violentes. Nous devons nous opposer à ces gens-là, animès par un sentiment d'amour, non de haine. Avec ce sentiment d'amour responsable, nous devrons nous opposer très fermement et fortement aux actins de violence. C'est de cette manière que nous consoliderons progressivement la force de la non-violence.

PP: Vous avez proposè une grande action au peuple tibètain : le Satyagraha. Pouvez-vous dire ce que cela signifie?

SR: Satya est l'equivalent sanskrits de vèritè, et Agraha signifie l'insistence sur celle-ci. Les gens souffrent parce qu'ils ne sont pas avec la vèritè, et que même s'ils le sont, ils n'insistent pas sur elle. Et cela cause beaucoup d'èvènements nègatifs ou de changements. Par exemple, les Tibètains sont des gens fondamentalement religieux, non-violents, mais durant les 100 dernières annèes, cet engagement envres la vèritè et la non-violence s'est dètèriorè de nombreuses manières et nous n'avons pu nous tenir à la hauteur de ce qui pouvait être attendu de nous, ce qui est nècessaire pour une nation, ou pour un groupe ethnique. C'est la cause de l'occupation chinoise, et la Chine a pu occuper le Thibet très facilement, et les Tibetains ont souffert d'une façonconsidèrable durant ces 45 dernières annèes. Et maintenant, nous devons rèaliser ce qu'est la vèritè et insister sur elle, quelle que soit la difficultè qui se prèsentera à nous. Et par cette seule insistence sur le vèritè nous pouvons recouvrer ce qui

a ètè perdu. C'est ma convictin. Et je dis aux Tibètains que nous devons maintenant rèaliser ce qu'est la vèritè et nous consacrer de nouveau à cette vèritè. Et, quoi qu'il arrive, nous devrons nous y maintenir et insister dessus. De cette façon seule, nous pouvons recouvrer notre libertè perdue, notre hèritage perdu et notre paix perdue. Tout cela peut nous être rendu de cette manière. J'en ai la ferme certitude et je la partage avec mes concitoyens du Tibet.

PP: Que pouvons-nous faire hors du Tibet, qu'est-ce qui peut être fait par des gens vivant en dehors du Tibet, y compris les Tibètains?

SR: Les gens vivant hors du Tibet peuvent faire une grande chose et de nombreuses choses. D'abord, vous pouvez parler aux autres de la situation du Tibet. Et puis, vous pouvez dire aux Chinois ou aux autoritès chinoises le mal qu'ils font au Tibet; et qu'ils n'ont aucun droit d'anèantir, de faire un gènocide, à la fois culturel et physique. Vous pouvez donc èduquer les Chinois, les autoritès chinoises, vous pouvez leur dire, leur rappeler. En tant qu'individu, en tant que partis, en tant que communautès, en tant que nation, en tant que parlement, partout vous pouvez lever la voix contre l'occupation chinoise, contre ce que la Chine fait au Tibet. Et vous pouvez aussi èduquer la communautè internationale sur ce qui est en train de ce passer, dire ce qui est juste et ce qui ne l'est pas. Et vous pouvez envoyer une grande part de votre ènergie mentale à ceux qui souffrent au Tibet. Vous pouvez envoyer beaucoup d'amour à ceux qui souffrent, ainsi qu'aux autoritès chinoises, il faut qu'ils rèalisent, qu'ils aient

la sagesse de jugerleur actions et ce qu'ils sont en train de faire. Ils doivent le rèaliser. Et puis vous pouvez leur ècrire. Vous pouvez montrer votre solidaritè envers le peuple tibètain. Vous pouvez participer à dèvelopper une prise de conscience collective, vous pouvez ècrire des articles, diffuser des informations dans les diffèrents media. Et au moins, vous pouvez être en dèsaccord, en tant qu'individus, avec ce que fait la Chine aujourd'hui. Ce dèsaccord signifie quelque chose pour la Chine, ainsi que pour le Tibet.

Et puis vous pouvez prier, vous pouvez envoyer mentalement de l'amour et de la sympathie. Vous pouvez faire toutes ces choses-là. Même si votre soutien, votre solidaritè et votre sympatie ne sont pas transmises dans une action spectaculaire, cela a quand même un effet, et cela a sa propre valeur.

PP: Du point de vue d'un Europèen regardant le Tibet, le problème principal, c'est que 1.200.000 personnes vivent en Chine et qu'ilreprèsentent un marchè potentielènorme pour les produits occidentaux.

SR: C'estun problème que l'on rencontre partour maintenant. Mais ce que je veux dire c'est que en fin de compte, la dignitè humaine ne peut être èvaluèe avec des valeurs commerciales, financières ou monètaires. Pour obtenir un marchè, une nation ou un individu peuvent-ils oublier toutes leurs obligations et leurs rèsponsabilitès morales? Si votre rèponce est oui, je n'ai rien à dire. Si vous doutez un tant soit peu dans votre esprit que, malgrè tout les enjeux financiers,moi, en tant qu'être humain, nous, en tant que communautè humaine, avons un peu de ce que l'on appelle la morale, la justice - qui ont une valeur aujourd'hui - alors vous rèflèchirez bien avant de choisir entre le marchè èconomique et les valeurs humaines. Si vous choisissez les valeurs èconomiques seules, alors je n'ai rien à dire qui puisse vous interpeller: vous irez vers votre chemin et j'irai vers le mien. Mais à ceux qui ont un système de valeur non financier, une sorte de morale et d'èthique, je fais appel, je m'addresse à leur point

de vue, à leur esprit: si le prix d'un marchè est la violation des droits de l'homme, la liquidation de personnes, le meurtre et le gènocide, votre marchè est très pauvre, il ne vaut rien. De plus, en utiisant ce marchè et en en retirant du profit, vous participez à cette injustice, vous participez au gènocide physique et culturel. Vous pouvez dire que vous-même êtes innocent car directement ou indirectement vous le soutenez.

Par exemple, vous dites que les droits de l'homme et les relations èconomiques devraient être sèparèes. Mais même si vous les sèparez vous aurez des problèmes matèriels. Quand les problèmes de copyrights apparaissent vous ne pouvez faire de compromission. On peut faire des compromission sur les droits de l'homme, quand on fait des affaires, mais pas sur les copyrights. Je disais donc à un ami americain, rècemment que, pour...., les copyrights ont plus de valeur que les droits de l'homme car les droits de l'homme sont nègociables alors que les copyrights ne le sont pas.

PP: Professeur SR, en tant qu'organime transnational, le Parti Radical, un organisme reconnu comme ONG par l'ONU avec un statut de catègorie I, un parti politique ayant dècidè de ne prendre part à aucune èlction, je me permets de vous demander conseil. Que devrait faire le Parti Radical, que devraient faire ses membres pour la cause tibètaine, qui est la cause de la dèmocratie en Chine et dans le monde?

SR: Je n'ai pas de nouvelles idèes ou conseil. Le travail que vous faites est fantastique et vous devriez le continuer. L'engagement en faveur de la justice et celui en faveur de la non-violence sont extrêmement importants aujourd'hui. Et ces deux engagements doivent être rèaffirmès par chacun de vos membres. En eèaffirmant, je crois que nous remplissons entièrement nos obligations.

PP: Professeur SR, votre visite en Italie a aussi ètè l'occassion de crèer un groupement inter-parti au parlement. Je voudrais vous demander un nouveau conseil: ces parlementaires qui reprèsentent un outil politique dans les diffèrents pays où ils existent, que devraient-ils faire?

SR: Dans tous les pays diplomatique, ce genre de groupememt est trèe puissant. La grande majoritè des pays sont dèmocratique ou sont en train de le devenir. Un groupement parlementaire est par consèquent quelque chose de plus en plus important et de plus en plus puissant, un groupement ou parlent les reprèsentants du peuple. Les groupements parlementaires devraient par consèquent exprimer leurs opinions, fermement et clairement,et sans peur. C'est très important. Quand les parlementaires expriment leurs opinions,librement et sans aucun prèjudice, cela a un effet immèdiat et un effet à long terme, il est certain que cela a un grand effet. Dans les groupements parlementaires interpartis sont soulevèes des questions qui dèpassent les intèrêts des partis, des questions qui concernent l'humanitè toute entière et la communautè internationale. Indèpendamment de toute allience entre partis, les parlementaires devraient se rèunir pour dèbattre de ces questions et exprimer leurs opinions pour le plus grand bènèfice de

la communautè mondiale dans sa totalitè.

PP: Comment envisagez-vous les relations entre le Tibet et la Chine pour les annèes à venir?

SR: Je n'ai pas l'espoir qu'il puisse y avoir de relation

fructueuse, qu'une vèritable relation puisse s'ètablir dans un futur proche, c'est à dire l'annèe prochaine ou les deux prochaines annèes. Bien que Sa Saintetè le Dalai-Lama et tous les tibètains en exil soient très ouverts à l'idèe de rètablir un dialogue direct avec les autoritès chinoises, sans aucune prè-condition,et que les autoritès chinoises disent toujours qu'elles sont prêtes à parler avac Sa Saintetè le Delai-Lama, elles n'ont jamais fait de propositions prècises. Elles mettent des conditions prèalables qui rendent impossible un dialogue fructueux. Mais nous avons toujours l'espoir que la Chine puisse rèaliser la rèalitè des faits, qu'elle puisse s'assoir à la table des nègociations et que nous puissions arriver à une solutionacceptable pour les Tibètains et les Chinois. C'est notre espoir; mais si j'utilise la logique et la raison, il ne m'est pas possible d'envisager de bonnes et vèritables relations dans un futur proche.

PP: Que va-t-il donc sepasser?

SR: Nous nous trouvons maintenant en face d'une situation très particulière, car le temps nous est comptè. Je sais que les nations se sont battues pour leur indèpendance pendant des siècles avant d'y parvenir. L'Inde a ètè occupè par des puissences ètrangères pendant plus de 200 ans, et elle a continuè son combat jusqu'à finalement obtenir l'indèpendance. Mais le cas du Tibet est diffèrent.

Le Tibet est occupè par - je n'aime pas employer ce mot mais c'est un fait - une force non-civilisèe qui est dèterminèe à dètruire complètement et jusqu'à la racine l'existence du Tibet. Si la libertè du Tibet n'est pas obtenue dans une pèriode de temps raisonnablement courte, alors il ne restera plus rien du Tibet. Le plateau tibètain tout entier est transformè en territoire chinois ou en zone de population chinoise. Alors, même si le Tibet obtient son indèpendance, ce ne sera qu'une entitè politique, et rien d'autre. Cela pourrait s'appeler le Tibet, mais ce ne sera pas le Tibet tel qu'il ètait.

Nous sommes par consèquent en train de lancer un Satyaragha à l'intèrieur du Tibet, et tous les Tibètains qualifiès pour le Satyagraha devraient retourner au Tibet: nous devrions mourir à l'intèrieur du Tibet. Parce que le Tibet va disparaitre... De nombreuses personnes pensent que, en face de l'occupation chinoise, le Satyagraha reviendrait à un pur suicide. Mais même si ce doit être un suicide, de toute manière nous allons 6tre complètement anèantis; il est donc prèfèrable de mourir lors d'un mouvement pour le Satyagraha. Telle est notre idèe. Nous ne pouvons avoir aucune idèe de ce bque cela va donner. La seule chose que nous ne jugeons pas les rèsultats. Quelle que soit l'action que nous projetions d'entreprendre, nous ne devons pas l'èvoluer en terme de rèsultat possible.La seule èvolution se fait en fonction de ce qui est notre devoir. Et nous devons remplir notre devoir. Une fois que nous l'aurons fait, peut-être aurons-nous des rèsultats etpeut-être n'en aurons-nous pas: le rèsultat ne nous concerne

pas. Si vous juger nos actions en fonctions des possibilitès d'atteindre des rèsultats, il n'y a aucune action qui puisse être entreprise dans un futur immèdiat.

PP: Après ce que vous venez de dire, vous ne pouvez nous demander que de la solidaritè, vous devez nous demander plus.

SR: En fait, je ne peux rien demander à personne. Nous devons chacun individuellement faire tout ce qui est possible. Maintenant, il ne revient qu'à vous, les gens du monde animè par l'amour, d'entamer une rèflexion puis d'entreprendre les actions approprièes, quelle que soit la chose qui vous semble approprièe dans vos esprits. Car que puis-je demander? De notre pointde vue, si vous nous aidez, vous êtes les bienvenus. Si vous restez indiffèrents, nous ne pouvons rèclamer que vous nous aidiez. Même si vous vous opposez à nous, nous devons entreprendre les actions que nous avons fixèes, malgrè votre opposition. Par consèquent, si vous nous aidez, nous vous sommes reconnaissants. Si vous rester indiffèrents, nous ne vous demandons rien. Même si vous vous opposez à nous, je dirai:" Nous sommes dèsolès mais malgrè votre opposition, nous devons faire ce qui nous semble juste et ce qui nous semble être notre devoir." Telle est notre attitude, notre position. DE plus, même si vous êtes solidaires avec nous, nous n

'avons rien à offrir, ni pour aujourd'hui ni pour demain. Ni de bènèfices politiques, ni de bènèfices èconomiques pour aucun individu, aucune sociètè, aucune nation. Nous ne pouvons vous donner aucun espoir d'un grand marchè, de grande relations èconomiques, et nous ne pouvons vous donner aucun espoir d'alignement politique. Ceux qui aident le Tibet aujourd'hui, ce ne sont que des gens aiments, et ils apportent leur aide d'une façon tout à tait dèsintèressèes. Et nous leur sommes très reconnaissants. Et ceux qui ne pensent qu'en terme de revenus et de profits, bien sur ils ne viendront pas à notre secours, car ils n'auront rien en retour et ils le savent bien, tout le monde le sait. Je ne peux donc rien demander à personne. Je ne peux qu'expliquer la position du Tibet. Si une civilisation et l'hèritage d'une nation doit complètement disparaitre, sans que personne n'y fasse rien, ce serait une sorte de tache noire dans l'histoire de l'humanitè. Mais s'il doit en être ainsi, nous n'y pouvons rien.

PP: Professeur SR, je vous remercie et permettez-moi de vous dire que, dans la mèmoire des auditeurs de Radio Radical, qui est l'une des radio les plus importantes d'Italie, votre voix, vos paroles resteront, je crois, parmi les paroles les plus impressionnantes et les plus mobilisantes qu'ils aient jamais entendues.

Traduit par le comitè de Sauvegarde du Peuple Tibètain et de sa Culture. (Audouin SOUALLE)

 
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