par Isabelle Marchais (Bruxelles)
(Libération, 4-7-94)
Ils en avaient rêvé, ils l'ont fait: les 13 députés français de la liste tapiste Energie radicale, fraîchement élus au Parlement européen, ont constitué, à Bruxelles, un nouveau groupe politique »ancré à gauche appelé l'Alliance radicale européenne. Une initiative réalisée grâce à l'appui de trois autonomistes et régionalistes écossais et flamands et de deux réformateurs italiens.
»L'atmosphère est bonne, nous nous entendons bien et nous voulons innover, a expliqué le président du MRG, Jean-François Hory. Il faut réaffirmer la primauté du politique sur le technique. L'objectif? Lutter contre l'idéologie »sociale-démocrate-chrétienne et la dictature des deux poids lourds du Parlement européen: les socialistes et les démocrates-chrétiens du PPE (Parti populaire européen).
Au programme de l'Alliance figurent ainsi le fédéralisme, l'écologie, la monnaie unique, une Constitution et un impôt européens. Les amateurs peuvent postuler. Le groupe qui rassemble déjà une socialiste, deux écologistes, un syndicaliste et une féministe, reste ouvert aux » libéraux de gauche et aux »progressistes . Mais il peut déjà s'enorgueillir de compter un supporteur de Silvio Berlusconi (le radical italien Marco Pannella) et un Flamand indépendantiste (le Belge Jaak Wandemeulebroucke).
Quant à Bernard Tapie »trop fatigué pour être là selon Jean-François Hory, il était, hier, aux abonnés absents. » Bernard Tapie fait l'objet de nombreuses querelles politiques en rapport avec les succès de la liste Energie radicale. Il dérange, on veut l'éliminer, on n'y arrive pas , s'est exclamé le président du MRG.
Isabelle MARCHAIS (Bruxelles)