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Spinelli Altiero - 1 aprile 1989
LES MOTS VIDES DU NATIONALISME
Altiero Spinelli

SOMMAIRE: "Il n'y a pas, dis-je, de problème important qui puisse être affronté sérieusement avec les critères et les instruments nationaux". Par ces mots, Altiero Spinelli, le père du fédéralisme européen, du Manifeste de Ventotene en 1942 au projet du Traité de l'Union européenne, laissait au Parti radical son testament politique. Peu de mois après son intervention au Congrès du Pr, Altiero Spinelli mourait.

("Numéro unique" pour le 35· Congres du Parti Radical - Budapest 22-26 avril 1989 - éditions en anglais, en hongrois et en serbo-croate)

(...)

Je ne veux pas ici répéter les raisons politiques, économiques, historiques, culturelles qui militent en faveur de l'Union européenne. On en parle tant et depuis tant de temps que je les suppose connues de tous. Permettez-moi seulement d'en ajouter une seule qui a un grand poids mais qui est ordinairement ignorée avec soin: on dit souvent que l'unification européenne ne devrait pas réussir - et il est évident qu'il y a de gros obstacles et que parfois on est presque porté à croire qu'elle ne pourra se faire - le retour à un nationalisme renouvelé serait inévitable; et même, que ce nationalisme émerge déjà dans tous les pays.

Les tendances à la morgue nationale, au protectionnisme, à la xénophobie, au racisme et à d'autres "vertus" semblables générées par la mythologie de l'Etat national souverain se font sentir dans différents états de même que chez nous.

Mais cette renaissance nationaliste n'est, en réalité, faite que de mots vides que beaucoup d'hommes politiques agitent dans leurs discours politiques car les idées et les critères, pour juger la réalité dans laquelle ils vivent, leur font défaut.

Car il n'existe plus, aujourd'hui, aucun grand problème concernant l'économie, la monnaie, la jonction solidaire de notre développement avec celui des pays les plus pauvres du monde, la défense, l'écologie, le développement scientifique et technologique, l'universalité de la culture - il n'existe plus, dis-je, de grand problème qui puisse encore être abordé sérieusement à l'aide de critères et d'instruments nationaux.

Ce pourquoi, après les restaurations nationales, qui ont été réalisées après la guerre, au-delà des sursauts nationalistes auxquels nous assistons - et surtout de paroles nationalistes que nous entendons - nous voyons qu'en Europe, presque tous ces problèmes sont déjà traités de fait sur des plans qui dépassent le plan national. Il y a, essentiellement, deux méthodes qui opèrent en même temps: il y a la tentative qui tourne autour de la Communauté, de ses succès et insuccès, tentative d'une Europe faite par les Européens en somme. Et il y a, au même moment, la tentative d'une Europe faite par les Américains. Et je désirerais que l'on ne s'indigne pas inutilement, et au fond pas sérieusement, de cette seconde branche de l'alternative.

L'unité impériale sous l'égide américaine est certes encore assez humiliante pour nos peuples mais elle vaut mieux que le nationalisme parce qu'elle contient une réponse aux problèmes des démocraties européennes, alors que le retour au culte de la souveraineté nationale n'est pas une réponse. L'unité faite par les Européens est, en réalité, la seule, la véritable alternative à l'unité impériale. Le reste c'est l'écume de l'histoire, mais ce n'est pas l'histoire. (...)

 
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