Informations parues dans Tibet Info du 20 mai au 1er juin 96
La Chine a été accusée le 6 mai par le Comité contre la torture de l'ONU de pratiquer a torture à grande échelle. Formé de dix experts internationaux indépendants, le Comité contre la torture et les traitements inhumains ou dégradants rendait compte de son examen, début mai à Genève, d'un rapport soumis par la Chine sur son application de la Convention internationale contre la torture auquel Pékin a adhéré en 1988.
"Le Comité est préoccupé par le fait que, selon des informations fournies par les ONG (organisations non gouvernementales), la torture peut être pratiquée sur une grande échelle en Chine", a dit le Canadien Peter Thomas Burns. Parmi les autres critiques, il a cité des informations d'ONG selon lesquelles des tortures pratiquées dans les postes de police et les prisons le sont souvent en toute impunité. Les condamnés à mort sont parfois victimes de traitements dégradants, une référence à certaines pratiques où les condamnés sont promenés enchainés dans les rues avant d'être exécutés. S'appuyant encore sur les informations fournies par les ONG, il a également été cité des mauvais traitements au Tibet qui peuvent aller jusqu'à entrainer la mort de détenus et prisonniers.
Le nombre "préoccupant" de décès en prison, le manque d'accès rapide à un avocat, l'absence de définition de la torture dans le système juridique chinois, le manque d'autonomie et d'indépendance de la justice chinoise ont également été critiqués.
Le Comité a recommandé à la Chine de procéder à des réformes sur ces différents points et de créer un centre de réhabilitation des victimes de la torture.
Il a enfin souhaité que la Chine autorise des experts du Comité à se rendre sur place pour enquêter. La Chine a répondu au Comité en se posant en victime des organisations de défense des droits de l'homme.
La plus grande partie des accusations soulevées par le Comité sont fondés sur des informations fournies par les ONG, "dont certaines sont partiales", a déclaré l'ambassadeur Wu Jianmin qui conduisait la délégation chinoise.
Il avait nommément accusé Amnesty International d'être une organisation aux motivations politiques, tirant ses informations d'une poignée de dissidents mécontents du gouvernement sur une masse de 1,2 milliard de Chinois.
Amnesty avait publié avant la réunion un rapport affirmant que la torture restait systématique en Chine.
(Source: AFP) (Tibet Info 1 juin 96)