Dans un entretien avec l'agence danoise Ritzau à l'occasion d'un colloque sur le Tibet organisé le 13 mai au Parlement danois, le Dalaï-Lama a déclaré qu'il "soutenait pleinement le dialogue critique des pays de l'Union europénne à l'égard de la Chine", la nonviolence "demeurant la seule voie praticable pour trouver une solution pacifique au Tibet" et a rappelé qu'il "n'a jamais exigé l'indépendance du Tibet" mais une autonomie, en laissant Pékin en charge des affaires étrangères et de défense.
Il s'est déclaré optimiste "non à court terme" mais à long terme, car "il s'est passé beaucoup de changements en Chine".
Le Dalaï-Lama estime cependant que "la situation au Tibet a empiré. Je ne sais pas si délibéré ou non, mais il y a une espèce de génocide culturel qui a lieu dans mon pays, et l'environnement est très endommagé, en raison de l'accroissement de la population chinoise", a-t-il dit. "On a limité par ailleurs l'accès aux études tibétaines traditionnelles à Lhassa. La situation est très difficile", a-t-il ajouté. Ce colloque a soulevé de vives protestations de Pékin accusant le Danemark "d'ingérence dans les affaires intérieures de la Chine". (Source: AFP) (TIBET INFO 20 MAI 1996)