S'exprimant le 23 octobre devant le Parlement Européen, le Dalaï Lama a indiqué que Le peuple tibétain "soumis aux répressions du gouvernement chinois, réclame l'intensification de la lutte" pour son indépendance et "risque de passer aux actes".
"Aucun progrès n'a été accompli en ce qui concerne le respect des droits de l'homme au Tibet. La répression et les persécutions politiques ont récemment atteint de nouveaux sommets", a-t-il ajouté. Aujourd'hui "le Tibet est un Etat occupé sous domination coloniale" et "la lutte pour la liberté menée par le peuple tibétain est arrivée à un point critique. Il est clair que tout seul, nos efforts ne suffiront pas et il est urgent d'avancer vers l'instauration d'un processus de paix au Tibet. Si l'on ne progresse pas vers une solution au problème politique, le danger que n'éclatent au Tibet de violents conflits ira s'intensifiant".
Le Dalaï Lama a toutefois affirmé qu'il entendait "résister au recours à la violence qui n'est que l'expression du désespoir ressenti par de nombreux Tibétains". Il s'est opposé à un isolement de Pékin qui "serait moralement incorrect et politiquement peu réaliste" insistant sur "la nécessité d'amener la Chine au sein de la démocratie mondiale".
Le prix Nobel de la paix 1989 s'est déclaré persuadé que les premières élections présidentielles directes qui ont eu lieu à Taïwan, auront un effet politique et psychologique immense sur les aspirations du peuple chinois.
"Une Chine démocratique est dans l'intérêt de la communauté internationale en général et de l'Asie en particulier", a-t-il souligné, mais cette "liberté et démocratie ne pourront être instaurées en Chine que par les Chinois eux-mêmes". (Source: AFP 23 oct 96) (Tibet Info - 3 novembre 96)