La politique de la recherche représente un des éléments fondamentaux de l'action communautaire pour renforcer la compétitivité de l'industrie européenne et pour permettre à la Communauté de jouer un rôle central au niveau international, notamment dans le cadre de la coopération avec les pays de l'Europe centrale et le Tiers Monde. C'est ainsi à juste titre que la Commission a placé le financement de la politique de la recherche parmi les priorités du Paquet Delors-II et qu'elle considère cette partie de ses propositions comme le développement inéluctable de l'action communautaire, indépendamment de la ratification du traité de Maastricht. Tout le monde sait que les gouvernements nationaux ont réagi aux propositions de la Commission comme "douze ladres comtesses", que le renvoi des décisions financières en 1993 (pour le budget 1994) risque d'annuler les engagements souscrits pour réaliser la solidarité interne et externe et que le Parlement européen s'apprêterait à rejeter le projet de budget pour l'exercice
1993 si le Conseil refuse d'y insérer les conséquences financières du Paquet Delors-II. Dans les pages qui suivent, vous pouvez trouver un panorama exhaustive de la situation européenne en matière de recherche. Nous nous limitons ici à tirer la sonnette d'alarme sur le fait que la présidence britannique, soutenue par d'autres gouvernements, a d'abord noyé le Paquet Delors-II sous une montagne de questions et que cette montagne pourrait ensuite accoucher d'une souris, si le Conseil européen d'Edimbourg accepte le projet de conclusions établi par la présidence du Conseil, notamment là où on a éliminé toute référence à la compétitivité de l'industrie européenne et à la nouvelle approche du 4ème programme-cadre de recherche. Il n y a plus aucun doute que le "British flavour" ne convient pas au développement de la construction européenne.