L'action de la Communauté en matière de recherche et de développement technologique ne se limite pas aux 12 Etats-membres. La coopération avec d'autres régions du monde en constitue une dimension obligée, chaque jour plus importante. Les premiers pays concernés sont les voisins immédiats de la Communauté. Avec l'entrée en vigueur, au 1er janvier 1993, de l'accord créant l'Espace Economique Européen, les entreprises et laboratoires des pays de l'AELE pourront participer à la quasi-totalité des programmes communautaires exactement aux mêmes conditions que ceux de la Communauté. Depuis plusieurs années, ces pays sont déjà associés à l'effort communautaire de recherche. La plupart d'entre eux étaient formellement impliqués dans certains programmes du 2ème programme-cadre; en attendant le 1er janvier 1993, des organismes de tous peuvent participer selon la formule "projet par projet" aux programmes du 3ème programme-cadre. D'importantes parties de plusieurs programmes sont par ailleurs ouvertes aux pays de
la COST (COopération Scientifique et Technique européenne), récemment étendue à la Pologne, la Tchécoslovaquie et la Hongrie. Avec les pays d'Europe Centrale et Orientale, la coopération scientifique et technologique de la Communauté est d'ailleurs en plein développement. En 1992, 55 millions d'Écus lui ont été consacrés. 40 millions sont destinés à financer des bourses de mobilité des pays de l'Est de l'Europe vers ceux de l'Ouest et vice versa, le développement de réseaux scientifiques paneuropéens, l'exécution de projets conjoints de recherche et l'organisation en commun de conférences et séminaires. 10 millions permettront d'aider la participation d'organismes de ces pays à 5 programmes du programme-cadre (1990-1994) qui leur sont ouverts (Environnement, Recherche médicale, Energie non nucléaire, Sûreté de la fission nucléaire, Capital humain et mobilité), et 5 millions à la participation à des actions COST. Ouverte actuellement, en plus des 3 pays cités ci-dessus, à l'Albanie, la Bulgarie, l'Eston
ie, la Lettonie, la Lituanie et la Roumanie, cette action couvre l'ensemble des sciences exactes naturelles, sciences économiques et de gestion, sciences sociales et humaines. La coopération scientifique et technologique avec les Etats indépendants de l'ancienne Union Soviétique est également en plein essor. Avec la Russie, la Belarus et l'Ukraine, la Communauté met en oeuvre un programme de recherche sur les conséquences de l'accident nucléaire de Tchernobyl. Conjointement avec la Russie, les Etats-Unis et le Japon, elle s'emploie à mettre en place à Moscou un Centre International de Sciences et de Technologies; il est destiné à permettre aux scientifiques et aux ingénieurs russes jusqu'ici engagés dans des activités à caractère militaire de réorienter leurs travaux vers le domaine civil. En complément à cette initiative, afin d'éviter un départ massif de chercheurs de la CEI vers d'autres régions du monde et d'assurer le maintien sur place d'un tissu de recherche de qualité, la Communauté a décidé de c
réer une Association internationale pour la promotion de la coopération avec les scientifiques de la CEI. Associée, depuis sa création en 1985, à l'initiative multilatérale EUREKA, la Commission contribue à la fois à la gestion et au financement des projets menés dans ce cadre. Elle participe aujourd'hui d'une manière ou d'une autre à 68 projets, et en finance plus particulièrement 21 : directement (les projets JESSI, par exemple, en micro-électronique, ou le projet HDTV); indirectement par l'intermédiaire des activités du Centre Commun de Recherche (plusieurs grands projets dans le domaine de l'environnement - EUROTRAC, EUROENVIRON - ou de la sécurité industrielle - FORMENTOR). Pour explorer les possibilités de coopération scientifique et technologique entre la Communauté et les pays méditerranéens, une action pilote, le programme AVICENNE, a été lancée en 1992. Ouvert à la totalité des pays de la Méditerranée Sud, le programme couvre les deux grands domaines de l'environnement et de la santé. Avec les
pays du Tiers-Monde, la Communauté coopère par l'intermédiaire du programme "Science et Technologie au service du développement". Se concentrant sur les problèmes d'agriculture, de santé et de nutrition, ce programme a notamment pour objectif le développement des coopérations scientifiques entre les différents pays du Sud. En complément à cette initiative, un certain nombre d'actions spécifiques de coopération avec une série de pays d'Amérique Latine, d'Asie et de Méditerranée sont menées. Conduites jusqu'ici en dehors des programmes-cadres, elles seront intégrées dans le prochain. La Communauté coopère aussi avec des pays-tiers industrialisés, dans des domaines d'intérêt mutuel. C'est le cas plus particulièrement avec les Etats-Unis. Un groupe consultatif conjoint Communauté/Etats-Unis sur la science et la technologie a été créé en 1990. Dans le cadre de ses activités, une Task Force dans le domaine de la biotechnologie a été mise sur pied. Des travaux conjoints en matière de modélisation des intera
ctions énergie/environnement/économie ont également été entrepris. Des pourparlers pour la mise sur pied d'un forum Communauté/Japon sont engagés. Au niveau mondial, la Communauté est associée avec les Etats-Unis, le Japon et la Russie dans le projet ITER de réacteur expérimental thermonucléaire. Elle est également partie prenante aux projets internationaux d'origine japonaise IMS (Intelligent Manufacturing System) et Human Frontier, dans le domaine de la biologie avancée. Certaines parties des programmes communautaires de recherche dans les domaines de la médecine (recherche sur le SIDA) et de l'environnement (étude des problèmes liés au "Global Change") sont par ailleurs ouvertes aux organismes de l'ensemble des pays du monde. Dans ces domaines, un aspect essentiel de la politique de recherche de la Communauté est de fédérer la participation des laboratoires européens aux grands programmes internationaux.