Le Parlement Européen a constaté des carences d'information en matière scientifique et technologique. Il lui est apparu urgent de remédier à cette situation alors qu'il se voit précisément doté, de par le Traité d'union Européenne, de pouvoirs refoncés dans le domaine de la Recherche, notamment par l'attribution d'un pouvoir de co-décision dans l'adoption des programmes-cadres. Le Parlement européen ne pourra en effet véritablement remplir sa fonction de co-législation et de contrôle de l'exécutif que s'il remédie au préalable, à son déficit d'information. Il ne s'agit pas d'ailleurs pas tant d'un déficit informationnel en terme quantitatif - l'information disponible en matière scientifique est plutôt abondante - le problème est plutôt de faire fonctionner en inter-relations, en réseaux interconnectés, les différentes sources d'informations existantes. Il s'agit aussi de faire en sorte que le Parlement Européen puisse accéder à une information suffisamment diversifiée et pluraliste - condition sine qua non p
our exercer l'indépendance de jugement - et puisse traiter de manière "intelligente" l'information disponible pour qu'elle soit utilisable dans la prise de décision de chacun d'entre nous. Au delà de ses fonctions législatives "classiques" le Parlement Européen pourrait également jouer le rôle d'une "interface" entre la Science et la Société, et susciter un "espace public" de discussions sur les conséquences des progrès scientifiques et technologiques. Les enjeux scientifiques sont trop importants pour le devenir de nos sociétés pour être laissés à la seule appréciation des Experts, des technostructures ou des Grandes Entreprises. Ces enjeux doivent être "mis en discussion", mis en débat. Le Parlement Européen propose ainsi d'organiser régulièrement des "forum parlementaires de la Science et de la Technologie" au cours desquels les problèmes scientifiques ayant un grand impact sociétal seraient discutés avec des représentants de la Communauté Scientifique Européenne. Face à l'émergence d'une "techno-science"
de plus en plus autonome, il est essentiel de développer des mécanismes de contrôle démocratiques au niveau européen.
Michel Hervé, MEP