En avril 1992, les députés conservateurs britanniques et danois, qui avaient créé entre eux le Groupe des Démocrates Européens (ED), ont rejoint leurs collègues du Parti Populaire Européen (PPE), pour former le deuxième plus grand groupe au sein du Parlement européen. La démocratie chrétienne (qui est la tradition dominante au sein du PPE) et le conservatisme sont les philosophies politiques non-collectivistes de l'Europe moderne qui ont eu le plus de succès. Déjà leur nouvelle alliance dans le Parlement Européen a démontré leur succès politique et administratif. Le Traité de Maastricht souligne justement le rôle des partis politiques européens dans la future Union européenne. Le Groupe élargi du Parti Populaire Européen au sein du Parlement Européen donne une expression pratique à cette aspiration. Le Chancelier Kohl et le premier ministre Major ont donné ensemble, pendant les derniers dix-huit mois, leur soutien personnel à la consolidation de la coopération qui existait déjà à Bruxelles et à Strasbourg
entre les conservateurs et les démocrates-chrétiens. Puisque les pouvoirs du Parlement Européen vont augmenter dans la prochaine décennie, les gouvernements nationaux chercheront beaucoup plus de soutien et de cohésion parmi leurs alliés politiques au sein du Parlement Européen. En premier lieu, le nouvel accord entre le PPE et les conservateurs existe seulement au niveau du Parlement Européen. J'espère que la date d'adhésion des partis conservateurs britanniques et danois au PPE, comme observateurs et éventuellement comme membres à part entière, ne sera pas trop lointaine. Six mois d'étroite collaboration ont renforcé mon point de vue que très peu de choses séparent le conservatisme britannique et la démocratie-chrétienne: l'importance centrale de la responsabilité individuelle et sociale et le libre marché sont des valeurs essentielles que les conservateurs et les chrétiens-démocrates partagent depuis longtemps. Nos traditions rhétoriques sont sans aucun doute distinctes, mais aussi dans ce domaine le pr
ocessus de convergence est en place: la subsidiarité est aujourd'hui un principe accepté à Londrès comme à Bonn et Rome. Je crois que l'alliance des conservateurs et du PPE à Strasbourg est un élément important de l'évolution politique du Parlement Européen. Le Parlement aura des avantages en termes de solidité et d'efficacité par cette concentration de forces. Son habilité à refléter les débats politiques et les différences en Europe sera augmentée. Cette augmentation n'est pas incompatible avec une ouverture vers le compromis; bien sûr, le compromis peut être atteint plus facilement parmi un petit nombre de négociateurs. En parlant avec une seule voix, les conservateurs et les chrétiens-démocrates au sein du Parlement européen atteindront plus de résultats que s'ils parlaient séparément - un principe, qui a été aux racines de tout ce que la Communauté européenne a atteint pendant les derniers trente-cinq ans!
Sir Christopher Prout QC