Bruxelles: Un malaise européenVingt-cinq sièges du nouveau Parlement Européen seront occupés par des parlementaires belges.
La fièvre électorale était telle que les élections n'ont été précédées d'aucune action ou discours politique inoubliables. La Belgique n'échappe pas à la crise frappant sévèrement l'idéal européen. A l'instar de tous les autres Etats membres de l'Union, les problèmes nationaux ont dominé la campagne. La crise s'est aussi manifestée par le ton triste et peu enthousiaste de la campagne. L'électeur n'a malheureusement pu faire son choix à partir des meilleures informations disponibles. Déplorable situation pour un des pays fondateurs de la Communauté traditionnellement fédéraliste et de plus accueillant plusieurses institutions européennes sur son territoire.
Dans les circonstances actuelles ce n'est qu'à travers le résultat du vote et non le nombre de bulletins que l'on peut mesurer la crise actuelle. Si les élections européennes n'étaient pas obligatoires, le pourcentage de votes attiendrait-il le 90.2% ou serait-il tombé en-dessous de l'actuel pourcentage? Difficile à dire. Il est plus que probable que les électeurs auraient montré encore moins d'intérêt pour les affaires européennes. La Belgique aurait ainsi été plus clairement victime de la vague persistante d'europessimisme.
L'avancée de l'extrême droite est la surprise majeure des élections. Le nombre de sièges occupés par l'extrême droite s'élève à présent à trois dont un pour la Wallonie et Bruxelles. La population et la presse ont été très choquées par cette avancée. Il est certain qu'elle exprime un malaise durable. Avant ces élections, l'extrême droite était essentiellement présente en Flandres. A présent Bruxelles et la Wallonie ont aussi leur représentant.
Parmi les partis traditionnels, le parti libéral est sorti grand vainqueur du scrutin. Il gagne un siège (trois sièges au total). Les socialistes sont les perdants. Il perd deux sièges et en garde deux. Ecolo est le deuxième perdant, il perd un siège et se retrouve donc avec un seul représentant. Leur défaite peut être expliquée par leur soutien au dossier éco-taxe. En ce qui concerne le parti Gauches Unies, avec 1,6% il ne semble pas représenter une alternative pour la gauche. Quant au parti social chrétien, il garde ses deux sièges malgré un petit recul.
Il y a eu donc peu de mouvement au sein de la traditionnelle opposition gauche-droite. Les sièges perdus par la gauche ont bel et bien été récupérés par la droite. Le fédéralisme européen perd pied et il est urgent de trouver une réponse à cette dangereuse crise.