1. Le "Groupe Ardennes", constitué de citoyens européens qui travaillent dans les institutions de l'Union, s'oppose fermement à la lettre et à la philosophie de la résolution du Conseil Justice/Affaires Intérieures du 20 juin sur la limitation de l'admission à des fins d'emploi de ressortissants de pays tiers dans les Etats membres de l'Union.
2. Le Groupe dénonce la notion de "préférence communautaire à l'emploi", qui ne peut qu'avoir des retombées extrêmement négatives sur la situation des travailleurs immigrés résidant légalement dans les Etats membres, en les mettant dans la situation de citoyens de catégorie B. Cette notion est complètement étrangère à toute vocation de solidarité, qui devrait constituer un des piliers de la construction européenne.
3. S'il est vrai que dans la situation économique présente des Etats membres - et notamment en ce qui concerne le chômage - un contrôle des flux d'immigration s'impose, sont inacceptables les critères que le Conseil voudrait que les Etats membres suivent dans leurs politiques en matière d'immigration.
4. Le principe selon lequel "les Etats membres refusent l'entrée sur leur territoire des ressortissants des pays tiers à des fins d'emploi" est destiné à renforcer les tendances fascistes et racistes qui montent en Europe et à provoquer des graves tensions entre communautés différentes.
5. Les dispositions indiquées notamment en matière de travail saisonnier risquent d'instaurer une sorte de traite d'esclaves.
6. Le Conseil, toujours réticent quand il s'agit d'appliquer des mesures d'harmonisation communautaire, n'hésite pas à intimer aux Etats membres de renégocier leurs accords avec les pays tiers afin de se désolidariser avec ces derniers en matière d'immigration.
7. De plus, le Conseil a fait preuve de la plus grande hypocrisie en "décidant" de ne pas s'occuper du problème de la libre circulation des ressortissants des pays tiers dans le territoire de l'Union, du regroupement familial, des droits des immigrés légalement résidant dans les pays de l'Union, des droits à reconnaître également aux immigrés clandestins.
8. Pour "restrictive" qu'elle soit, une politique communautaire de l'immigration ne peut qu'être une politique globale, fondée en premier lieu sur les principes de la solidarité, de la pleine reconnaissance et garantie des droits de tous ceux qui vivent et travaillent dans le territoire de l'Union - y compris le droit de vote dans les élections locales - de l'ouverture de l'Union, de la responsabilité à l'égard des pays du Sud du Monde.
9. Le Groupe partage entièrement les réactions critiques vis-à-vis de la résolution du Conseil exprimées par certains gouvernements, hommes politiques, associations et par le Vatican.
10. Le Groupe réaffirme son engagement à contribuer à la construction d'une politique européenne de solidarité, d'ouverture et de contribution au développement des pays du Sud.