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Bocev Pierre, Rinsche Günter, Le Figaro - 30 settembre 1994
Günther Rinsche sur le document CDU-CSU.

INTERVIEW DE GÜNTHER RINSCHE

par Pierre Bocev

SOMMAIRE: Günther Rinsche, l'un des auteurs des "Réflexions sur la politique européenne" de la CDU-CSU, explique que le parti du chancelier Kohl et sa composante bavaroise attendent de la France pour aller de l'avant sur le chemin européen.

( Le Figaro, 30-9-94)

LE FIGARO - Dans votre document de réflexion, le concept de » noyau dur a fait couler beaucoup d'encre.

Günter RINSCHE. - Le terme est, sans doute malheureux. Certains, surtout ceux évidemment qui ne figurent pas dans le noyau, se sont sentis pour ainsi dire diminués. Il faut dire que beaucoup ne sont pas allés au-delà, et n'ont pas vu que ce noyau est ouvert à tous ceux qui peuvent et qui veulent.

- Votre texte a été compris surtout comme un appel à la France, Invitée à » présenter sa position clairement . Où sont les ambiguïtés ?

- Notre premier but est de résister à la tentation, née au lendemain de la réunification allemande, chez certains de se dire "Nous sommes désormais 80 millions, nous avons une responsabilité pour l'Europe orientale et pour l'Europe, du Sud-Est, en conséquence il est temps de savoir si nous ne devons pas réviser notre conception européenne".

Notre tâche est donc de faire comprendre que la politique allemande à l'égard de l'Europe reste sans ambiguïté. C'est directement toucher du doigt, la relation germeno-française. La fidélité aux idées de Jean Monnet et Robert Schumann doit être en France aussi claire que chez nous quand il s'agit d'Adenauer ou de Kohl.

- Concrètement, qu'attendez-vous ?

- Une nouvelle génération grandit pour laquelle la relation germano-française n'a plus rien d'exceptionnel. Mais cette normalité ne doit pas se transformer en indifférence. Nos bonnes relations doivent être entretenues et périodiquement stimulées. Et pas seulement sur le plan symbolique, comme le défilé de l'Eurocorps sur les Champs-Élysées.

- La conférence de 1996 sur la révision du traité de Maastricht approche. Qu'attendez-vous de la France à ce titre ?

- La question essentielle est de savoir si la politique intergouvernementale suffit pour faire face aux défis de demain. Une situation comme en ex-Yougolavie peut se répéter ailleurs, des migrations massives de populations ne sont pas à exclur æ 3 v2 < 8ntexte, l'efficacité de l'Union européenne est-elle

suffisante ? Non. Il faut de nouveaux instruments de décision et d'action. Nous-pouvons le faire avec la France. Sans elle, c'est impossible.

- Vous tirez la sonnette d'alarme et vous demandez à la France de prendre parti. Que devient le rôle de leader que la France revendique dans le processus d'intégration. Ce rôle existe-t-Il à vos yeux ?

- Je crois que oui. Il ne faut pas surestimer la puissance économique à laquelle l'Allemagne est en général associée. Il ne faut pas non plus tout réduire à l'économie, la culture est un élément fondamental, et le rôle de la France est incontesté dans ce domaine.

- Et dans celui de la défense ?

- Il est certain que l'avance de la France en termes de prestige, dû à son statut nucléaire, va se réduire dans un monde où l'arme atomique n'est plus de nature à répondre aux dangers sécuritaires nouveaux. Mais songez à la Brigade franco-allemande, la France pourra, je crois, continuer à donner le » la dans ce domaine. J'ai parfois l'impression que les Français ne jugent plus à leur juste valeur les atouts dont ils disposent.

- Après un mois de discussions acharnées, qu'est-ce que vous modifieriez dans la rédactlon de votre texte ?

- Je n'identifierai plus nommément les pays du » noyau dur et je procéderais à quelques changements sémantiques.

- Mais vous proclamez toujours la mort de l'État-nation ?

- Le problème essentiel est celui de la capacité d'action de l'Union. En prévision des problèmes auxquels nous pouvons être confrontés demain, il faut dire les choses clairement.

- Et vous persistez dans votre analyse sur la nécessité d'abolir le droit de veto des États sur la construction européenne ?

- Oui.

Propos recueillis à Strasbourg par Pierre BOCEV

 
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