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Bocev Pierre, Le Figaro - 25 novembre 1994
UE: la question de l'élargissement à l'Est.

AU SOMMET D'ESSEN: L'EUROPE DE L'EST SERA ABSENTE.

par Pierre Bocev

SOMMAIRE: Malgré des promesses informelles, l'Allemagne a décidé de ne pas inviter à la grand-messe européenne les pays de l'Est candidats à une adhésion à l'Union.

(Le Figaro, 25-11-1994)

La présidence allemande de l'Union européenne s'en est sortie avec une pirouette : les pays d'Europe centrale et orientale (Peco) n'ayant jamais officiellement été invités au "sommet" européen d'Essen le mois prochain, il n'ont pas non plus été "désinvités".

La pirouette n'en relève pas moins de la volte-face. Il y a trois semaines encore, les candidats à l'UE issus du Pacte de Varsovie se disaient à peu près certains de pouvoir participer à la grand-messe européenne. "Nous n'avons pas reçu encore d'invitation officielle, déclarait ainsi le ministre hongrois des Affaires étrangères le 31 octobre à Luxembourg, mais il existe une entente sur le fait que nos premiers ministres y seront."

Réticences

Au même moment, le chef de la diplomatie allemande Klaus Kinkel affirmait "partir du principe" que le sommet d'Essen aurait lieu en présence des dirigeants polonais, tchèque, slovaque, hongrois, roumain et bulgare. L'Allemagne entendait alors faire entériner un calendrier précis de rencontres ministérielles par secteurs - finance, environnement, agriculture, etc - auxquels les responsables des Peco seraient invités au titre du "dialogue structuré".

Ce concept de "stratégie de préadhésion" a vu le jour. La liste non. Les ministres des Peco continuent à assister, au coup par coup, aux réunions de leurs homologues de l'Union, mais les réserves françaises devant une institutionnalisation du système l'ont emporté.

Paris est loin d'être isolé sur ce point. Plusieurs autres pays européens se montrent réticents sur le rythme auquel l'Allemagne entend rattacher les pays de l'Est à l'UE, en attendant leur adhésion en bonne et due forme. Leurs arguments sont souvent différents. La Belgique, par exemple, estime que l'Europe n'a pas les moyens financiers requis pour s'ouvrir en bloc à ces économies. "L'application aux nouveaux candidats des politiques actuelles de la Communauté, déclarait ainsi le premier ministre Jean-Lue Dehaene, augmenterait la charge budgétaire de 80 milliards d'écus par an." De quoi doubler la budget.

D'autres craignent un déplacement du centre de gravité politique de l'Europe le jour où elle s'ouvrira à l'Est. D'autant plus que les adhésions de la Suède et de la Finlande ont déjà modifié les équilibres traditionnels. Les pays du Sud se retrouvent en général dans ce camp, et ce n'est pas pour rien que la Commission a présenté le mois dernier une longue étude sur les moyens d'intensifier la coopération entre l'UE et les Etats riverains de la Méditerranée.

Au lendemain de la décision de Bonn de ne pas inviter les candidats à une future adhésion à Essen, les milieux communautaires à Bruxelles bruissent de rumeurs sur des pressions françaises en ce sens. Côté français, le démenti est sans appel. Et parmi les fonctionnaires ou les diplomates qui affirment "fort bien pouvoir s'imaginer une discrète influence de Paris sur le chancelier Kohl, aucun n'en détient la preuve.

Le chef du gouvernement allemand s'est pourtant trouvé dans une situation peu enviable. Mercredi, le jour même où était connue sa décision de rester "en famille" à Essen, M. Kohl soulignait, dans sa déclaration gouvernementale devant le Bundestag, son intention de faire en sorte que "la frontière occidentale de la Pologne ne demeure pas la frontière orientale de l'Union européenne"...

Les problèmes à surmonter d'ici là sont énormes. La Commission a été chargée de présenter un Livre blanc sur l'harmonisation des législations, un véritable casse-tête au vu des inadéquations entre l'Europe de Bruxelles et celle de l'ex-glacis soviétique.

La France demande en outre à la Commission de faire une "étude d'impact" de l'adhésion sur la politique agricole commune (PAC) qui engloutit la moitié du budget communautaire. L'Union de l'Europe occidentale (UEO) sera de son côté chargée d'évaluer les aspects sécuritaires du futur élargissement.

Tout cela, les intéressés le savent et s'en accommodent. Mais ils auraient aimés être présents à Essen, les 9 et 10 décembre. "La présidence allemande a mis sur les rails la préparation de notre adhésion", se console l'ambassadeur de Pologne auprès de l'UE, Jan Kulakowski.

Le futur rendez-vous au sommet est maintenant envisagé pour les 26 et 27 juin à Cannes, sous présidence française. Si tout va bien.

Pierre BOCEV

 
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