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Kouchner Bernard - 14 settembre 1994
MEP*MPE - Kouchner (PSE).

- Madame le Président, chers collègues, je suis satisfait que Lord Plumb ait parlé avant nous. Il a su trouver les mots qui traduisent l'émotion que toute la délégation, c'est-à-dire Sir Henry Plumb, M. Bertens, Mme van Bladel, M. Stasi et moi-même, a ressentie. La première chose que je voudrais vous dire, c'est que cette délégation était composite, les personnes y étaient différentes, de provenances politiques différentes, humainement différents, et ce que nous avons vu, nous l'avons vu ensemble et nous partageons toutes les conclusions qui viennent de vous être rapportées.

Oui, il fallait faire vite, car il y avait urgence. Nous avons fait vite. Je note qu'il était déjà trop tard pour des centaines de milliers, voire des millions de personnes, et si nous avons réagi, c'est peut-être devant le spectacle du choléra et pas devant celui du génocide. Nous avons fait vite, mais il était bien tard.

Je demande pardon si, dans les procédures que nous avons adoptées, nous avons pu froisser quelques personnes ou si nous sommes peut-être allés un peu trop rapidement. Il n'y avait, là, pas de mauvaise intention, mais la nécessité de l'urgence. Je remercie, comme l'a fait Lord Plumb, le président du Parlement, M. Bertens, Mme Green, qui nous ont permis d'aller extrêmement vite.

Du 27 au 31, nous avons vu beaucoup de choses. Lord Plumb vient de vous en parler. Mais nous avons surtout vu des hommes et des situations qui réclamaient notre présence, qui réclamaient plus d'Europe, plus d'engagement. L'engagement financier était exceptionnel - 350 millions d'écus - mais les décisions qu'ils réclamaient, vous devez maintenant les prendre. Ils nous attendent encore. L'urgence n'est pas terminée.

Je rappelle les points importants que la troïka a également soulignés dans la visite qu'elle vient d'effectuer. Ce sont les suivants: recommandation, que vous trouverez dans le projet de résolution qui vous est soumis de la reconnaissance du nouveau gouvernement, création ou coordination des relais humanitaires dont on vient de vous parler. Tout le monde est d'accord pour les mettre en place, mais ce n'est pas encore fait. Autrement dit, sur le chemin du retour à partir des camps - qui regroupent encore plus de deux millions de personnes, car il y en a bien peu qui sont revenues - devraient se disposer les organisations non gouvernementales et les agences des Nations unies qui l'accepteraient, afin de rétablir la confiance, dans un pays complètement déchiré où les drames humains sont encore quotidiens et d'offrir le secours de la médecine, la nourriture, mais surtout une prise en charge.

C'est pourquoi, pour ces relais humanitaires sur le chemin du retour, nous avons besoin des observateurs des droits de l'homme, des techniciens de l'Union européenne que nous appelons de nos voeux dans cette résolution, en vue de rétablir un minimum d'organisation. Il en faudrait au moins deux par préfecture, c'est-à-dire environ 150. L'Union européenne l'a déjà fait ailleurs avec beaucoup de succès, aux côtés des Nations unies, aux côtés de l'Organisation de l'unité africaine, certes. On vous l'a dit: pas de machines à écrire. On demande aux visiteurs, actuellement, d'apporter des crayons. Pas d'électricité: les ministres ne peuvent se parler que par messages transmis par coursiers. Il faut absolument que, par le biais de cette résolution, et c'est une prière que nous faisons instamment au Conseil, ces techniciens de l'Europe, ces observateurs de drois de l'homme, si nécessaires, puissent être envoyés sur place.

Le second point, c'est le soutien au nécessaire tribunal international pour juger les criminels.

Enfin, il faut faire pression pour que les milices ne se reforment pas dans les camps, car, en ce moment, la communauté internationale ne conforte pas que des victimes, aux portes du Rwanda, elle conforte aussi des assassins. Et ces assassins se regroupent pour empêcher les familles des victimes de retourner dans le pays. Là aussi, je pense qu'il y a urgence et que nous pouvons avoir un rôle à jouer.

Comment faire? Cette résolution est devant vous. Malgré la rapidité des événements, malgré cette bousculade dont, encore une fois, au nom de ceux qui ont travaillé à la résolution, nous vous prions de nous excuser, des points importants, des amendements ont été acceptés, des clarifications ont été faites. Le Parlement doit réagir. Il ne serait pas possible d'accepter que cette mission ait pu partir si vite, puis celle de la troïka, et que rien ne se fasse, en dehors de l'aide financière, qui existe toujours. Nous sommes en plein accord avec M. Repnik, à qui nous avons parlé il y a deux jours, et qui souhaite aller dans le même sens au nom du Conseil.

Avec l'ONU, avec l'OUA, dans les camps du Rwanda, nous devons agir à l'intérieur de ce pays, pour qu'il retrouve un semblant de paix. Cette urgence doit être maintenue, sans quoi, par exemple, comme il n'y a pas de juges, de police, ce sera la création de tribunaux populaires, dont on parle déjà, ce sera la montée du désir de revanche. La presse se fait déjà l'écho de rumeurs et de faits qui sont très inquiétants. Ce sera un peu de notre faute si nous ne faisons rien. Nous parlerons un jour de ce système nécessaire qu'est la prévention, j'en suis tout à fait convaincu, et nous nous réjouissons d'avoir, avec tous nos collègues, à en débattre bientôt. Mais pour le moment, comme nous étions partis dans l'urgence, nous avons accompli cette mission avec le plus de pugnacité et d'efficacité possibles. C'est à vous maintenant, mes chers collègues, de faire vôtre la résolution, amendée certes, pour que, de ce Parlement, vienne le soutien que chaque homme et femme au Rwanda attend et nous a demandé de pouvoir lui

envoyer.

(Applaudissements)

 
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