RESOLUTION A3-58/92
sur les jeux olympiques d'hiver
Le Parlement européen,
- vu la proposition de résolution sur les jeux olympiques
d'hiver, déposée par les députés Puerta, Gutiérrez Diaz,
Domingo Segarra et Perez Royo (B3-0853/91),
- vu sa résolution du 12 juin 1991 sur les atteintes aux
habitats naturels et semi-naturels dans les Alpes (Communauté
européenne et pays membres de l'AELE) en relation avec
l'expansion du tourisme estival et hivernal dans les régions
alpines,
- vu la directive no 85/337/CEE concernant l'évaluation des
incidences de certains projets publics et privés sur
l'environnement,
- vu la convention des Alpes signée à Salzbourg le 7.11.1991,
- vu le rapport de la commission de l'environnement, de la santé
publique et de la protection des consommateurs ainsi que
l'avis de la commission de la jeunesse, de la culture, de
l'éducation, des médias et des sports (A3-0058/92)
A. considérant que les jeux olympiques se déroulaient à l'origine
en un seul et même lieu,
B. considérant qu'aussi bien à Val Gardena (Dolomites/Italie) que
dans les Grisons (Suisse), la population s'est prononcée,
résolument et avec succès, contre la tenue de grands
événements sportifs,
C. considérant que l'aménagement dans les zones de montagne en
Europe se heurte aux frontières écologiques de ces zones,
D. considérant que les mesures décidées pour les Alpes sont aussi
applicables à d'autres régions montagneuses en Europe, comme
les Pyrénées par exemple,
1. a le regret de constater que les préparatifs des jeux
olympiques d'hiver 1992 à Alberville/France, ne font aucun cas
de la directive 85/337/CEE (2) et contreviennent à sa
résolution précitée du 12 juin 1991 adoptée à l'unanimité, en
ce qui suit:
a) les préparatifs des jeux olympiques d'hiver en 1992 portent
des atteintes intolérables à l'environnement, au milieu ainsi
qu'au patrimoine social et culturel;
b) les essartages pratiqués sur les pentes pour permettre la
création de nouvelles pistes de ski ont considérablement accru
les risques d'avalanche et de glissements de terrain;
c) l'aménagement des pistes a conduit à la destruction de
toute la végétation ce qui provoque une accélération brutale
des phénomènes d'érosion.
d) la mise en place de nombreuses installations d'enneigement
artificiel en altitude s'est faite sans évaluation des
incidences sur l'environnement et le fonctionnement de ces
installations aura, le cas échéant, des conséquences négatives
à long terme sur le régime des eaux dans cette région et
accroîtra le risque d'érosion;
e) la construction ou l'aménagement de routes à plusieurs
voies va entraîner des pollutions et des nuisances
considérables dans les vallées concernées;
f) bien que l'aménagement des Alpes soit considéré comme
suffisant, 300.000 m2 supplémentaires ont été déclarés
constructibles, l'exemple d'Innsbruck en Autriche montre que
dans certaines circonstances il est difficile d'entretenir de
telles installations après le déroulement des jeux olympiques
en raison de leur rentablilité plus que douteuse;
2. demande qu'à l'occasion des futurs jeux olympiques d'hiver
soient définies et respectées les limites d'action permettant
une préservation de la nature et du patrirmoine culturel;
3. propose que, lors de la désignation de la ville d'accueil des
jeux olympiques d'hiver, le choix se porte, conformément à la
tradition olympique, sur un lieu déjà doté des
insfrastructures nécessaires (par exemple Albertville/France)
de façon à éviter le risque de destruction de l'environnement
d'éventuels lieux d'accueil de futurs jeux olympiques d'hiver
(Berchtesgaden/Allemagne), Aoste/Italie, Jaca/Espagne etc..);
considère que, pour des raisons analogues, il convient
d'examiner également l'éventualité des jeux olympiques (d'été)
en un lieu désormais fixe;
4. recommande aux bailleurs de fonds des futurs jeux olympiques
de réclamer, avant de soutenir des projets de grands travaux,
une étude d'impact sur l'environnement ou de l'effectuer eux-
mêmes car, sinon, les atteintes durables qui pourraient être
portées à l'environnement à la suite de ces travaux nuiraient
à leur prestige;
5. charge son président de transmettre la présente résolution à
la Commission, au Conseil ainsi qu'aux gouvernements et aux
parlements des Etats membres de la Communauté européenne et
de l'AELE.