RESOLUTION B3-0532, 0576, 0597 et 0612/93
Le Parlement européen,
-rappelant ses résolutions sur le Soudan des 18 janvier 1990, 5 avril 1990, 4 juin 1990, 22 novembre 1990, 16 mai 1991, 13 juin 1991, 9 avril 1992, 29 octobre 1992, 19 novembre 1992 et 11 février 1993 et en particulier celle adoptée par l'Assemblée paritaire ACP-CEE en mars 1993,
A.préoccupé par les nouvelles alarmantes émanant de l'ONU et d'autres organisations internationales selon lesquelles 2,8 millions de personnes sont menacées de famine au Sud du Soudan,
B.conscient que les conflits qui ont ravagé le Soudan au cours des dix dernières années, avec leur cortège de famines et d'épidémies, ont déjà fait environ un demi-million de morts et plus de 2,5 millions de réfugiés,
C.préoccupé par les rapports alarmants émanant d'organisations internationales des droits de l'homme et d'autres organisations à caractère humanitaire opérant dans le pays, rapports qui font état de violations des droits de l'homme aux allures de génocide, en particulier dans les zones où la guerre civile fait rage, notamment le sud du Soudan, le sud du Kordofan, le sud de Darfour et la région du Nil bleu, des secteurs où les forces de sécurité, l'armée et la milice des Forces de défense populaire (FDP) ne semblent avoir aucun scrupule à fouler aux pieds les principes inhérents à la dignité humaine et au respect de la population civile,
D.alarmé par la vaste campagne systématique de déplacement forcé dont est victime le groupe ethnique nouba, campagne dont l'objectif semble être de détruire l'identité des Noubas, qui sont ainsi chassés sans ménagements de leurs terres ancestrales et répartis dans de petits camps dispersés dans le nord du Kardofan, où ils souffrent de la faim et de la maladie, une opération qui s'accompagne de nombreuses violations des droits de l'homme, d'arrestations, de réduction en esclavage systématique, de meurtres et d'exécutions extrajudiciaires affectant la population masculine,
E.reconnaissant que la principale cause de ces désastres est à chercher dans les tentatives faites par les gouvernements qui se sont succédé à Khartoum pour imposer un régime dictatorial et la loi islamique aux populations animistes et chrétiennes du sud du pays, mais que les chefs rebelles du sud ont également contribué à ces désastres, en particulier par leurs rivalités intestines,
F.regrettant que les initiatives du gouvernement soudanais aient abouti à la rupture du récent cessez-le-feu initialement proposé par le SPLA;
1.demande aux autorités soudanaises de mettre fin à ces violations systématiques des droits de l'homme, qui doivent être qualifiées de stratégie de guerre et de purification ethnique, de respecter les droits des minorités et les libertés de la population sans distinction de race, de religion ou de langue;
2.demande à la Communauté et aux Etats membres d'organiser une aide massive à la population soudanaise et de redoubler leurs efforts afin que cette aide parvienne, à travers les ONG, réellement à la population;
3.souligne qu'il est extrêmement urgent de fournir aux populations concernées un approvisionnement suffisant en denrées alimentaires, en eau, en médicaments, ainsi qu'un abri avant le début de la saison des pluies, qui rendra inutilisables les pistes d'atterrissage utilisées pour le débarquement de l'aide;
4.déplore la rupture du cessez-le-feu entre le gouvernement et le SPLA, qui aura pour effet de prolonger les souffrances de la population civile, notamment des personnes déplacées;
5.souhaite que les négociations de paix qui vont s'engager au Nigeria entre le gouvernement soudanais et le mouvement rebelle de Garang ainsi que celles devant se dérouler à Nairobi entre le gouvernement et les trois factions rebelles dissidentes de l'armée populaire conduites par Rieck Mackar puissent parvenir à un cessez-le-feu immédiat et un retour à la paix au Soudan;
6.invite le Conseil à examiner tous les moyens de pression en tenant compte des obligations prévues à l'article 5 de la quatrième Convention de Lomé;
7.charge son Président de transmettre la présente résolution à la Commission, au Conseil, à la CPE, aux coprésidents de l'Assemblée paritaire ACP-CEE, au Secrétaire général de la Ligue arabe, à la Conférence islamique, aux Nations unies ainsi qu'au gouvernement soudanais.