B3-0285/94
Résolution sur le meurtre d'enfants en Colombie
Le Parlement européen,
-vu sa résolution du 12 mars 1992 sur le sort des enfants abandonnés en Colombie,
A.consterné par les méthodes d'"épuration sociale" pratiquées à Bogota et dans d'autres régions de la Colombie où des escadrons de la mort et des tueurs à gages assassinent des personnes dénommées "los desechables" ("le rebut de la société"),
B.consterné d'apprendre, selon Amnesty International, qu'une quarantaine d'enfants sont, chaque mois, parmi les victimes de cette "épuration sociale",
C.consterné d'apprendre que, selon des observateurs colombiens compétents, ces crimes abominables sont en rapide expansion,
D.consterné de constater qu'à l'évidence des membres de la police nationale colombienne font partie des escadrons de la mort,
E.consterné par les menaces de mort dont font l'objet M. Jaime Jaramillo et d'autres Colombiens qui, par l'intermédiaire de la Fondation "Niños de los Andes" et d'autres organisations bénévoles tentent de protéger les enfants des rues,
F.sachant que le Président de Colombie a reconnu l'existence de cette "épuration sociale", mais qu'il estime qu'il s'agit là d'un phénomène moins grave que la violence largement répandue des trafiquants de drogue et des guérilleros;
1.déclare sa solidarité à l'égard des Colombiens courageux qui s'efforcent de sauver les enfants des rues;
2.lance un appel au gouvernement colombien pour qu'il intensifie ses efforts en vue de mettre un terme à l'"épuration sociale";
3.insiste sur le fait que, pour garantir le succès de l'entreprise, il convient de mettre un terme à l'impunité dont bénéficient apparemment les officiers de police impliqués dans ces crimes;
4.souligne la nécessité de prendre des mesures pour intégrer dans la société les enfants abandonnés, dont le nombre ne cesse de croître, et estime que cela devrait constituer une priorité à l'octroi de l'aide communautaire à la Colombie;
5.invite instamment l'Union européenne et ses Etats membres à faire comprendre aux autorités colombiennes qu'ils sont gravement préoccupés par le sort des enfants des rues;
6.demande à la Commission de lui faire rapport sur ce qu'elle a entrepris pour aider les organisations qui s'efforcent de protéger les enfants des rues, conformément à sa résolution précitée du 12 mars 1992;
7.charge sa délégation des relations avec l'Amérique du Sud de saisir les parlementaires colombiens de la question;
8.charge son Président de transmettre la présente résolution à la Commission, au Conseil, à l'Organisation des Etats américains, au Président du Parlement d'Amérique latine, au Président de la République de Colombie, aux Présidents du Sénat et de la Chambre des Représentants de Colombie et à M. Jaime Jaramillo.