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Jannuzzi Lino, Capecelatro Ennio, Roccella Franco, Vecellio Valter - 1 marzo 1981
LA PEAU DE D'URSO: (48) Chronologie

SOMMAIRE: L'action du Parti radical pour obtenir la libération du juge Giovanni D'Urso enlevé par les "Brigades Rouges" le 12 décembre 1980, et pour contraster ce groupe de pouvoir politique et journalistique qui veut sa mort pour justifier l'imposition en Italie d'un gouvernement "d'urgence" formé de "techniciens". Le 15 janvier 1981, le juge D'Urso est libéré: "le parti de la fermeté était en train d'organiser et est en train de tenter un vrai coup d'état, c'est pour cela, comme le fascisme de 1921, qu'il a besoin de cadavres; mais cette fois, au contraire de ce qui s'est passé avec Moro, il a été battu provisoirement; pour une fois les BR n'ont pas servi. La campagne de "Radio Radicale" qui réussit à rompre le "black-out" d'information de la presse.

("LA PEAU DE D'URSO", A qui servait-elle, qui l'a vendue, comment elle fut sauvée - par Lino Jannuzzi, Ennio Capelcelatro, Franco Roccella, Valter Vecellio - Supplément à Nouvelles Radicales n. 3 - mars 1981)

Chronologie

12 décembre: Il est à peu près 8h du soir. Les Brigades rouges (1) enlèvent près de son habitation le juge Giovanni D'Urso, conseiller de Cassation, chef du troisième bureau de la Direction générale des Instituts de prévention et de peine du Ministère de la Justice.

13 décembre: Les BR font trouver dans une poubelle, à l'EUR (2), le communiqué n. 1, accompagné d'une photo sur laquelle on voit le magistrat et à l'arrière-plan un écriteau avec les slogans des terroristes et le drapeau des BR, avec l'étoile à cinq pointes. Le communiqué annonce le procès imminent de D'Urso, défini "responsable en ce qui concerne le traitement infligé aux prolétaires prisonniers". On y demande le démantèlement du "circuit de différenciation" et "la fermeture de l'Asinara (3)".

14 décembre: Premiers appels pour la "fermeté"; en tête Valiani (PRI) (4) et Pecchioli (PCI) (5) contre tout fléchissement et toute négociation. Madame D'Urso lance un appel dans lequel elle dit être "prête à faire tout ce qui est en son pouvoir" pour sauver son mari.

15 décembre: Les BR font trouver le communiqué n. 2. "D'Urso - dit le tract des BR - va bien. Il collabore. Le rôle qu'il a eu dans les prisons ne laisse aucun doute: tous les prolétaires prisonniers le connaissent comme un geôlier et un bourreau".

16 décembre: Le Ministre de l'Intérieur Rognoni, répondant à la chambre aux nombreuses interpellations et interrogations sur le cas D'Urso, présentées par tous les groupes, mais principalement par les parlementaires radicaux, conclut son intervention par cet engagement précis: "Le gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir, dans les limites du possible, pour atteindre l'objectif, aujourd'hui de la plus haute importance, de la restitution du juge D'Urso à sa famille... Dans cette perspective, le Gouvernement pratiquera toutes les voies et ne négligera aucune opportunité qui puisse amener à une conclusion positive de cette histoire, qui participe objectivement des valeurs les plus profondes du "privé". Les radicaux De Cataldo, Boato, Crivellini, Teodori, Cicciomessere, Melega et Aglietta interviennent dans le débat. Boato demande la fermeture immédiate de la section spéciale de la prison de l'Asinara.

18 décembre: les BR font trouver le communiqué n. 3. On ne parle plus de "procès", mais on demande la fermeture immédiate et définitive de la prison de l'Asinara. Une assemblée très agitée des juges a lieu: on dénonce les inaccomplissements considérables du Gouvernement sur les problèmes plus graves et urgents de l'administration de la Justice.

19 décembre: De nombreux exposants politiques et de nombreux journaux se montrent contraires à la fermeture de l'Asinara, parce que la mesure, même si juste par elle-même et décidée depuis un certain temps, pourrait être interprétée comme un "fléchissement" devant les BR.

Une manifestation organisée par le PR du Latium pour la fermeture immédiate de la prison de l'Asinara a lieu sous le Ministère de la Justice, pour ôter tout alibi aux terroristes

On trouve un faux message, écrit à la main: il sollicite un débat sur les prisons spéciales et la participation active et directe du Parti Radical dans cette histoire. C'est aussi le jour où l'on apprend la capture, à Paris, de Marco Donat Cattin (6), recherché depuis longtemps.

20 décembre: Les groupes parlementaires radicaux de la Chambre et du Sénat se réunissent trois jours de suite dans un hôtel romain. A la fin de la réunion ils demandent la convocation immédiate de la Commission Judiciaire de la Chambre, la fermeture immédiate de la section de haute sécurité de la prison de l'Asinara, et l'urgent débat au Parlement sur les problèmes de la politique des prisons et sur la réforme des gardiens de prison.

23 décembre: Les filles de Giovanni D'Urso, Lorena et Giada, envoient une lettre sans adresse à leur père: "Cher Père, ce saint Noël est triste sans toi, mais nous sommes quand même très proches de toi. Nous croyons fermement que notre amour, nos prières, te donnent la force de résister. Nous sommes en train de faire tout le possible pour te sauver".

Les BR font trouver le communiqué n. 4. On affirme que le prisonnier "parle", et que "la justice prolétaire suivra son cours rapidement".

Marco Pannella écrit sur "Lotta Continua" une longue intervention articulée, dans laquelle il affirme entre autre que les radicaux et les non-violents sont contraires à instaurer, avec les violents, une quelconque négociation, mais qu'ils sont disponibles à un dialogue avec les "camarades assassins". "Considérez-nous - dit Pannella - à votre disposition non pas pour collaborer, mais pour dialoguer loyalement".

25 décembre: Diffusion du communiqué de la direction du PSI (7) par lequel on demande la fermeture immédiate de la section spéciale de la prison de l'Asinara. Dans le communiqué on précise aussi que si la décision de la fermeture "dans les circonstances actuelles peut apparaître une concession faite au chantage terroriste en échange de la libération du juge D'Urso", en fait "elle coïncide avec un accomplissement absolument justifié et demandé et sollicité par beaucoup, y compris par des milieux gouvernementaux et administratifs"; donc la décision "n'entraîne aucun affaiblissement et aucune renonciation", et le PSI est convaincu qu'il soit "nécessaire d'offrir tout de suite aux ravisseurs du juge D'Urso l'occasion d'éviter un énième crime barbare".

26 décembre: Le jour de Saint Stéphane, sur une décision ministérielle, le Gouvernement annonce la fermeture de la prison de l'Asinara. La mesure, qui avait déjà été prise depuis un certain temps, est définie "grave" par le PCI, qui y voit un signal de fléchissement.

28 décembre: Les BR font trouver leur communiqué n. 5: "nous n'avons pas confiance dans les promesses de l'Etat impérialiste", écrivent-ils entre autre. Elles sollicitent le démantèlement de l'Asinara, en fait déjà réalisé. Le juge D'Urso écrit une lettre à son supérieur, Sisti: avec un langage intentionnellement bureaucratique, il sollicite lui-aussi la fermeture de l'Asinara.

Le jour même une révolte éclate dans la superprison de Trani, provoquée par des terroristes détenus. Mimmo Pinto se rend immédiatement dans la prison en révolte.

29 décembre: Par un coup de main foudroyant, des unités spéciales des carabiniers (8) réussissent à mater la révolte de Trani sans répandre de sang.

31 décembre: Les BR tuent à Rome le général des carabiniers Enrico Galvaligi.

Le jour même on arrête à Ortisei, le journaliste de "L'Espresso" Mario Scialoja. Avec son collègue Bultrini (qui sera arrêté lui-aussi, quelques heures plus tard) il avait eu des contacts avec un brigadiste qui lui avait remis le compte rendu de l'interrogatoire de D'Urso et un document-interview dans lequel les BR répondent à de nombreuses questions qu'en fait elles se sont posées elles-mêmes.

1 janvier: Les BR, par le communiqué n. 7, revendiquent l'assassinat du général Galvaligi, en disant qu'il s'agit de la réponse au "blitz" (9) de Trani. Elles admettent que "le pouvoir a porté des coups durs au mouvement de classe", mais elles promettent qu'elles "frapperont dix fois plus fort et de façon encore plus terrifiante".

4janvier: Fil-direct non-stop de Radio Radicale sur la dénonciation des violences accomplies sur les détenus de Trani par des carabiniers ou des gardiens de la prison, ou par les deux - il faudra le vérifier - au cours du blitz pour mettre fin à la révolte, ou peut-être après. C'est Daniela qui téléphone, au nom du comité des membres des familles des détenus de Trani elle raconte les cas de passages à tabac dont elle est à connaissance.

Pendant que l'émission est en cours, dans laquelle, outre Franco Roccella, qui est en studio, interviennent Marco Pannella et Giovanni Negri, arrive le communiqué n. 8 des BR, par lequel on annonce que le juge D'Urso a été condamné à mort, une condamnation qui, toutefois, pourrait être "suspendue" si les comités de lutte des superprisons de Trani et de Palmi en reconnaissaient "l'inopportunité politique". La volonté et le jugement des détenus de Trani et de Palmi devraient pourtant être rendus publics par tous les organes de presse et par les journaux radiotélévisés. Immédiatement, toujours au moyen du fil direct, tous les parlementaires radicaux sont convoqués au siège de Radio Radicale pour décider avec la plus grande urgence les modalités et les contenus de la visite d'une délégation parlementaire radicale dans les superprisons de Trani et de Palmi.

5 janvier: Tandis que les parlementaires radicaux annoncent le départ d'une de leur délégation pour Trani et Palmi afin d'effectuer une inspection conformément aux dispositions de l'art. 67 de la loi 26 juillet 1975 n. 354, les journaux décident le "black-out". Le premier à annoncer une telle décision est le directeur du "Tempo" de Rome, Gianni Letta, suivi de près par Gustavo Selva, directeur du radio-journal de la seconde chaîne. Les quotidiens de la chaîne Rizzoli (10) s'associent de suite, avec en tête le "Corriere della Sera", puis le "Giornale Nuovo" de Montanelli (11), "Il Giorno" et les journaux radiotélévisés de la RAI-TV (12). Entre-temps au Sénat se déroule une réunion conjointe des Commissions Justice et Intérieur, et c'est ici que Sarti annonce de vouloir exhumer le vieux projet de loi pour la censure des organes d'information. Le sénateur Leo Valiani prononce à cette occasion le discours le plus réactionnaire de sa carrière parlementaire et d'information.

6 janvier: Madame d'Urso adresse une lettre à son mari: "Je m'emploierai à faire tout ce que tu me demandes malgré les difficultés objectives" écrit-elle entre autre.

A Trani, les parlementaires radicaux rencontrent les promoteurs de la révolte.

La polémique sur le "black-out" s'étend désormais.

7 janvier: Le comité de lutte de Palmi remet un document dans lequel il est écrit entre autre que "le juge D'Urso peut être libéré".

Au cours d'une conférence de presse les radicaux communiquent que le sens du message de Palmi, tel qu'il a été annoncé et tel qu'on lui a fait de la publicité, est malheureusement faussé. Les radicaux se demandent qui ait eu intérêt à une opération de ce genre. On annonce que le texte du communiqué de Palmi sera diffusé le lendemain. Les radicaux soutiennent, entre autre, que la dignité et la force de la loi sont confiées à la vie de D'Urso et dénoncent l'infamie de ceux qui confondent la force avec l'abdication.

Forlani prononce un discours "de coup d'Etat" lors d'une visite à une caserne des carabiniers. Ce qui est absurde c'est que, pendant que Forlani se déguise en carabinier, le général des carabiniers Cappuzzo prononce un discours "politique" en insistant sur la nécessité de réformes. Le terrorisme, affirme Cappuzzo, ne peut pas être battu qu'avec la répression.

8 janvier: La délégation parlementaire radicale, formée par Massimo Teodori, Domenico Pinto, Franco De Cataldo, Gianfranco Spadaccia et Massimo Stanzani, rentre à Rome après la visite d'inspection effectuée dans la superprison de Trani. Dans une conférence de presse elle communique les documents reçus par les détenus, dans lesquels on subordonne la suspension de la condamnation à mort de D'Urso à la publication des deux communiqués de Trani et de Palmi sur les quotidiens les plus importants. La délégation radicale communique aussi que de son enquête à Trani il ressort que les détenus ont effectivement été rossés pendant trois heures à partir de 5h de l'après-midi, en coïncidence avec la conclusion du

blitz du 29 décembre. Il y a 41 blessés, et la plupart ont subi des fractures aux mains, aux poignets ou au crâne. Puis, pendant toute la nuit du 29 au 30, on les a gardé dehors, malgré la température rigide.

9 janvier: Le débat sur le terrorisme reprend à la Chambre. Le Ministre de la Justice Sarti justifie la décision de fermeture de l'Asinara, en tant que mise à exécution de mesures prises au préalable, mais censure la magistrature pour la concession de la liberté provisoire au professeur Gianfranco Faina, atteint d'une tumeur pulmonaire aggravée par des métastases très diffuses. Les radicaux Aglietta, Boato, Cicciomessere, De Cataldo, Melenga, Roccella, Teodori et Tessari, interviennent dans le débat. Tandis que celui-ci est en cours, arrive la nouvelle que "L'Avanti" a décidé de publier les documents des détenus de Trani et de Palmi, et ceci soulève un tollé. Ce sont surtout les communistes qui se déchaînent violemment contre les radicaux d'abord et ensuite contre les socialistes. Des incidents graves ont lieu entre radicaux et communistes et ces derniers ont recours à la violence physique en agressant et malmenant Roberto Cicciomessere. En particulier Pajetta qui jette un verre de bière contre Cicciomessere

, tandis que sa camarade de parti, Maria Ciai Trivelli, le gifle.

10 janvier: Les BR font trouver leur communiqué n. 9. D'Urso - disent-ils - sera tué si dans les 48 heures les plus grands quotidiens persisteront dans leur black-out. Jusqu'à présent les communiqués ont été publiés par les quotidiens "Lotta Continua", "Manifesto", "Lavoro" (une décision qui provoquera le licenciement du directeur, Zincone, parce que le journal enfreint l'ordre de la propriété, la Rizzoli); les Journaux; en outre les Radio Radicales sont en train d'organiser un circuit alternatif d'informations; mais il semble que ce n'est pas suffisant pour les BR.

On identifie le présumé intermédiaire entre les BR et l'"Espresso": il s'agit de Giovanni Senzani, criminologue.

Leonardo Sciascia (13) promeut un appel afin que les documents des détenus de Trani et de Palmi soient publiés. En quelques heures l'appel est signé par Eleonora Moro (14), Stella Tobagi, Andrea Casalegno (15), des dizaines de journalistes, des hommes de culture, des hommes politiques.

Dans tous les quotidiens, des journalistes qui n'acceptent pas le black-out organisent des assemblées et des réunions. Le directeur de "La Nazione" Piazzesi, qui voudrait publier, est bloqué par la propriété. "Il Messaggero" et le "Secolo XIX" publieront, dès qu'ils auront la certitude que d'Urso sera libéré. "Il Giorno" publiera après la libération.

11 janvier: La magistrature romaine signe 79 mandats d'arrêt pour autant de détenus de Trani et de Palmi, considérés coupables de "concours en enlèvement".

12 janvier: Leonardo Sciascia diffuse un second appel aux journaux, aux directeurs, aux journalistes, aux propriétaires, aux lecteurs, afin que les documents de Trani et de Palmi soient publiés: "être soumis au chantage - dit Sciascia - est beaucoup plus noble et beaucoup plus profitable en ce moment que s'y refuser"

Nouvel appel de Franca D'Urso aux directeurs des journaux et aux citoyens pour qu'ils manifestent de toutes les façons et sous toutes les formes possibles leur dissentiment sur l'absurde position que ceux-ci ont assumé.

Lorena D'Urso se présente à une tribune flash de la TV mise à la disposition de la famille par le parti radical, et adresse un appel aux directeurs des journaux et aux brigadistes pour qu'ils sauvent la vie de son père. Aux directeurs des journaux elle demande en un mot la publication des documents des détenus, car ceci devrait amener les BR à ne pas donner exécution à la sentence de mort. Lorena lit aussi un extrait d'un communiqué des brigadistes de Palmi dans lequel on traite son père de "bourreau".

Les quotidiens "Unità", "Paese Sera", "Repubblica", "Corriere della Sera" accusent les radicaux d'avoir obligé Lorena à intervenir à la télévision. Scalfari en appelle au Président de la République, Pertini (16), pour qu'il intervienne, en forçant aussi les limites imposées par la Constitution.

13 janvier: Lorena D'Urso déclare à l'"ANSA" (17) que personne ne l'a obligée à lire à la TV le communiqué de Palmi, et de l'avoir fait volontairement dans le seul but de sauver son père.

A Via di Pietra on trouve une lettre dans laquelle Giovanni d'Urso s'adresse au directeur de l'"Avanti", Intini, le remerciant pour la position assumée par son journal, qui a décidé de publier les documents de Trani et de Palmi. D'Urso confirme que sa vie est liée à la publication de ces documents sur les quotidiens les plus importants. Ceci amène le directeur du "Messaggero" Emiliani, et du "Secolo XIX", Tito, à publier.

14 janvier: Marco Pannella accuse le parti de la potence et de la débâcle, des jacobins et des bourbons unifiés, d'essayer de compromettre aussi le Président de la République, avec des appels indécents, dans de louches manoeuvres.

Troisième appel de Leonardo Sciascia, adressé cette fois aux brigades rouges, qui sont mises face à leur cohérence idéologique même.

"Vous avez repoussé avec indignation - leur dit-on -d'être "instrument aveugle des manoeuvres circonspectes d'autrui". Mais en tuant à ce point le juge D'Urso, le doute, au moins le doute de l'être, ne vous effleure-t-il pas? Regardez autour de vous, regardez parmi vous, réfléchissez, si vous en êtes capables. La cause qui est la vôtre, la cause pour laquelle vous dîtes de vous battre, est déjà perdue depuis longtemps; ce serait une farce tragique si vous vous rendiez compte demain d'avoir agit mortellement pour des intérêts par lesquels vous serez les premiers à être anéantis". Tandis qu'à la Chambre le débat sur le terrorisme et sur l'enlèvement du magistrat se poursuit véhément, on diffuse le communiqué n. 10 des BR, par lequel on annonce la décision de libérer D'Urso. Avec une désinvolture symptomatique d'un culot sans pareil, les représentants du parti de la "fermeté" s'attribuent le mérite de la libération, se déclarent heureux que D'Urso s'en soit tiré, mais encore plus satisfaits pour avoir tenu "du

r", car ceci aurait obligé les BR à capituler, oubliant, naturellement, que quand leur "fermeté" n'a pas été contrebalancée de façon adéquate par une action qui privilège les valeurs de la vie et repousse la logique du "négociationnisme" obsédé, l'otage a été régulièrement tué. (Voir Moro). Quelques heures après l'arrivée du communiqué n. 10, les agences de presse informent que D'Urso a été retrouvé et est hospitalisé au Gemelli. Les premiers contrôles sanitaires confirmeraient qu'il va bien. Si ce n'est que plus tard elles informent qu'il s'est agi d'un équivoque, et qu'en effet D'Urso n'a pas été retrouvé, et qu'on n'a pas idée de l'endroit où il pourrait être ou s'il ait vraiment été libéré ou pas. Le suspense pour le sort de D'Urso recommence...

15 janvier: A 8 h du matin, le juge D'Urso, vivant, est retrouvé enchaîné dans une Fiat 127 à "Portico d'Ottavia", dans les environs du Ministère de la Justice.

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N.d.T:

(1) Brigades Rouges: (BR) Organisation terroriste clandestine d'extrême gauche née en Italie à partir de 1969. Responsable de nombreux enlèvements, d'avoir blessé et tué des juges, des policiers, des journalistes, des dirigeants politiques et industriels, en 1978 a enlevé et assassiné le leader démochrétien Aldo Moro.

(2) EUR: quartier situé à l'Ouest de la ville de Rome.

(3) Asinara: prison comprenant des sections de haute sécurité située sur une île de la Sardaigne nord-occidentale.

(4) PRI: Parti républicain italien.

(5) PCI: Parti communiste italien.

(6) Marco Donat Cattin: Fils de l'ex-ministre démo-chrétien Carlo Donat Cattin. Fondateur et exposant de l'organisation d'extrême gauche "Prima Linea" (Première Ligne) , frappé de nombreux mandats d'arrêt pour cinq homicides.

(7) PSI: Parti socialiste italien.

(8) Carabiniers: corps de l'armée italienne qui a des fonctions de police militaire, de sécurité publique et de police judiciaire.

(9) "blitz": nom donné à une intervention de la police italienne ou des carabiniers pour caractériser sa rapidité.

(10) Rizzoli: famille d'éditeurs propriétaire de nombreux quotidiens et hebdomadaires.

(11) Indro Montanelli: (1909) journaliste et écrivain italien, directeur depuis 1974 du quotidien "Il Giornale Nuovo".

(12) RAI-TV: Radio-Télévision italienne.

(13) Leonardo Sciascia: (1921) Ecrivain italien. A dénoncé dans ses livres les plaies de la société sicilienne et italienne.

(14) femme de Aldo Moro: (1916-1978), homme politique italien. Secrétaire de la DC, la Démocratie chrétienne italienne (1959-1965), plusieurs fois ministre, fut l'auteur de la politique de centre-gauche. Ministre des Affaires étrangères (69-74), chef du gouvernement (74-76), président de la DC depuis 76, favorisa l'approche du Parti Communiste au gouvernement. Enlevé par les Brigades Rouges le 16 mars 1978, il fut retrouvé mort le 9 mai de la même année.

(15) Stella Tobagi, Andrea Casalegno: respectivement la femme et le frère de deux autres victimes des BR.

(16) Sandro Pertini: (1898-1989) homme politique italien. Socialiste, emprisonné à plusieurs reprises pendant le fascisme, membre de la Résistance (43-54). Député de la Constituante, président de la Chambre des députés (68-76), élu président de la République en 1978.

(17) ANSA: agence de presse italienne.

 
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