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Pannella Marco - 21 febbraio 1992
JE VOUS RAPPELLE QUE JE SUIS EN ACTION
par Marco Pannella

SOMMAIRE: Dans l'article publié par le quotidien L'INDIPENDENTE, Marco Pannella affirme que:

1) les italiens considèrent, probablement, que le Pannella dont ils entendent (ou n'entendent pas) parler ces jours-ci est un homonyme. En effet, dans les disputes référendaires (dans lesquelles Giannini a tout à fait raison) celui qui depuis vingt ans a pratiqué et imposé les référendums, contre vents et marées, celui qui a contribué à assurer la récolte de signatures sur neuf référendums, de façon déterminante, semble ne pas exister et ne pas avoir le droit de dire un seul mot. Mais la réalité est que, pour l'instant, les seuls référendums qui auront certainement lieu sont les deux référendums les plus "radicaux, refusés par le Comité Segni, et adoptés en partie seulement et acceptés par Giannini, sur le financement public des partis et sur la drogue.

2) En plus des candidats prévus, beaucoup de malades du SIDA et de séropositifs, des associations de parents d'homosexuels (vivants ou morts), des victimes de la "dialyse à l'italienne", sont en train de s'ajouter à la Liste Pannella, un peu partout en Italie.

3) "L'Indipendente" est le premier et le seul journal italien pour l'instant - y compris les quotidiens, les hebdomadaires et les mensuels - qui permet que ses lecteurs soient informés sur ce que Pannella fait, propose, sur tous les plans, politique, électoral, humain, en tant que radical, ou en tant qu'antiprohibitionniste, ou en tant que "titulaire" de l'idée de la "Liste Marco Pannella".

4) ayant peu de place pour dire deux mots sur la Ligue du Nord, il a choisi de la remercier pour l'initiative qu'elle a assumé de publier et de diffuser une anthologie fédéraliste.

(L'INDIPENDENTE du 21 février 1992)

Cher Directeur,

c'est vraiment incroyable: le premier et, pour l'instant, le seul directeur d'un quotidien italien qui me demande - comme à tout autre - d'informer ses lecteurs sur ce que je fais et sur ce que je pense et propose, est le directeur de "L'Indipendente" qui avait affiché jusqu'ici le plus grand ostracisme pour l'information sur les radicaux et sur ma personne, quoi que nous fassions. Si bien qu'à force de tout snober et de nous snober, on snobait en premier lieu "L'Indipendente" et le journalisme.

Or l'embarras du choix, de ce qu'il faut récupérer à l'information - qui est le premier fondement de la démocratie ("connaître pour pouvoir choisir et délibérer" disait Luigi Einaudi) - me "buridanise" (1); ou me "bêtifie", si tu préfères: expliquer la raison de la novation d'une liste "anglo-saxonne", qui ne propose plus des emblèmes ou des partis ou des ligues (comme celle du divorce et la ligue lombarde) mais le nom et l'histoire de la personne à laquelle reviendra pendant une législature la responsabilité de gouverner ce qu'il pourra et ce que voudront les électeurs: le gouvernement, l'opposition, la réforme, l'alternative, une espérance difficile et raisonnable. Ou la raison pour laquelle j'ai disparu des disputes référendaires, si bien que les italiens se demanderont si le Pannella qui circule aujourd'hui n'est pas un homonyme de celui qu'ils connaissent et qui depuis vingt ans au moins, avec ses camarades, a fait pratiquer ces référendums, jusqu'à obtenir en dernier lieu, avec le Comité "radicaux pour

neuf référendums", neuf, et pas six, pas trois, demandes de référendums si bien que pour l'instant seuls auront surement lieu les référendums que les autres ont ignoré et combattu: celui sur le financement public des partis et pour la liberté des simples consommateurs de drogues et de non-drogues interdites. Ou alors parce que j'ajoute du scandale au scandale et, pouvant dire grâce à Funari dans l'émission "Mezzogiorno Italiano" deux mots sur la Ligue de Bossi (2), j'ai choisi de la remercier pour avoir préparé une anthologie fédéraliste qui fera connaître, j'imagine, les (nos) raisons historiques; celles d'Hamilton ou de Kant, en passant par Cattaneo (3), jusqu'au Manifeste de Ventotene d'Ernesto Rossi (4), Altiero Spinelli (5), Eugenio Colorni, justement supprimés de fait de la culture officielle de régime, outre que de sa politique.

Ou profiter, pour finir, de la loyauté journalistique et d'information et de la passion civile que tu affiches, ne fut-ce que pour expliquer à tes lecteurs le mystère de ce "transparti transnational" qu'est devenu l'ancien Parti Radical: dans son Conseil Fédéral - que j'ai l'honneur de présider - siègent des parlementaires appartenant à 54 partis nationaux, en général (mais pas uniquement) des deux Europe, et parmi eux on compte des chefs de gouvernement et leurs adversaires les plus acharnés, des gens de Baku, de Vladivostok ou de Ouagadougou, outre qu'une trentaine de parlementaires italiens de sept formations politiques différentes, de Tonioli à Giacomo Mancini, de Raffaelli à Borgoglio, de Del Bue à Nonne, de Columbu à Caveri, de Bordon à Nardone, outre que Rutelli et Gianni Mattioli, Lanzinger et, bien entendu, tous les autres "habituels". Voilà. La preuve est faite que je n'ai pas su choisir, et j'ai utilisé cet espace pour presque tout, c'est-à-dire presque rien. De ce "presque" fait même partie le ri

sque calculé de ne pas atteindre le quotient si ceux qui jusqu'ici ont été tentés ou contraints à l'absence ou à la réserve n'accourront pas tout de suite pour profiter de l'occasion de la "Liste Pannella". Ou le récit de la mobilisation, ces dernières heures, qui est en train de me parvenir, de malades du Sida et de séropositifs, de condamnés à la dialyse à l'italienne, de parents d'homosexuels, vivants et/ou morts, de victimes de l'injustice à la Tortora (6), alors qu'aucune liste - je pense - n'a à la fois un caractère de "tendance politique" aussi dure, aussi pleine, aussi pénible et téméraire, complexe et difficile, aussi "idéale" et aussi "pratique". Ou la dénonciation nécessaire de la dernière décision des pharisiens de l'hégémonie des partis chargés de détruire, dans une Commission parlementaire, le droit-devoir d'information qui reste à la radio-télévision, en fermant les espaces au moment où ils pourraient être ouverts au nouveau, contrairement à l'ordinaire. Mes voeux intéressés et médités vont à

"L'Indipendente": je ne les avais pas présentés dans le passé, par prudence et non par paresse ou par impolitesse.

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N.d.T

1 - Cf "L'âne de Buridan". Fable faussement attribuée à Buridan, affirmant qu'un âne, également assoiffé et affamé, se laisserait mourir plutôt que de choisir entre un seau d'eau et un picotin d'avoine.

2 - BOSSI UMBERTO. Premier secrétaire de la "Lega Lombarda" (Ligue Lombarde), à caractère nationaliste, séparatiste, populiste et raciste. Son objectif est l'instauration du fédéralisme en Italie.

3 - CATTANEO CARLO. (Milan 1801 - 1869). Historien, essayiste, homme politique italien. Rédacteur des "annales universelles de statistique", il fonda la revue "Il Politecnico" (1839-1844), pour la divulgation du savoir scientifique et technique en fonction du progrès civil et social, mettant en valeur le rôle de la bourgeoisie et du capitalisme moderne. Exilé en Suisse en 1848, après l'échec de la première guerre d'Indépendance contre l'Autriche-Hongrie, il fut partisan de la solution fédéraliste-républicaine de l'unité italienne.

4 - ROSSI ERNESTO. (Caserta 1897 - Rome 1967). Homme politique et journaliste italien. Leader du mouvement "Justice et Liberté", arrêté et condamné en 1930 par le fascisme, il resta en prison ou en exil jusqu'à la fin de la guerre. Il écrivit avec A. Spinelli le "Manifeste de Ventotene" et fut à la tête du Mouvement Fédéraliste Européen et de la campagne pour l'Europe unie. Parmi les fondateurs du Parti radical. Essayiste et journaliste, il lança des colonnes du "Mondo" des campagnes très vives contre les ingérences cléricales dans la vie politique, contre les grands états économiques, contre le protectionnisme industriel et agraire, les concentrations de pouvoir privées et publiques, etc. Ses articles furent rassemblés dans des livres célèbres ("Les maîtres de la vapeur", etc). Après la dissolution du Parti radical en 1962, et la rupture conséquente avec le directeur du "Mondo" M. Pannunzio, il fonda "L'Astrolabe" des colonnes duquel il continua ses polémiques. Dans ses dernières années, il se rapprocha et

s'inscrivit au "nouveau" Parti radical avec lequel il lança, en 1967, l'"Année Anticléricale".

5 - SPINELLI ALTIERO. (Rome 1907 - 1986). Pendant le fascisme, de 1929 à 1942, il fut mis en prison comme leader des jeunesse communistes. En 1942, il rédigea avec Ernesto Rossi le "Manifeste de Ventotene", dans lequel on affirme que seule une Europe fédérale pourra éviter le retour des guerres fratricides sur le continent européen et lui rendre un rôle mondial. A la fin de la guerre, il fonda avec Rossi, Eugenio Colorni et d'autres, le Mouvement Fédéraliste Européen. Après la crise de la Communauté Européenne de Défense (1956), il devint membre de la Commission Europe, suivant de ce poste d'observation et critiquant l'évolution des structures communautaires. En 1979, il fut élu au Parlement Européen dans les listes du Parti Communiste italien (PCI), devenant l'esprit directif dans la réalisation du projet de traité adopté par ce Parlement en 1984 et connu précisément comme le "Projet Spinelli".

6 - TORTORA ENZO. (Gênes 1928 - Milan 1988). Journaliste et célèbre présentateur de la télévision, arrêté et accusé de trafic de drogue. Elu au Parlement européen (1984) dans les listes radicales, il subit un procès dans lequel il fut condamné pour être ensuite acquitté en appel. Occasion et symbole de la principale campagne radicale pour la réforme de la justice.

 
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