SOMMAIRE: Le texte de la lettre par laquelle les dirigeants du Parti Radical demandent au Premier ministre italien (*) d'intervenir pour que soient suspendues les exécutions de condamnations à mort actuellement en suspens en Ukraine.
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Au Président Du Conseil des Ministres
Du Gouvernement Italien
GIULIO ANDREOTTI
Monsieur le Président,
en 1990, 208 sentences de mort ont été exécutées en Union Soviétique, notamment en Russie et en Ukraine. Alors que le président de Russie Boris Eltsine a commué, le 14 septembre dernier, 21 condamnations à mort, des informations qui nous parviennent ces jours-ci, nous avons raison d'être inquiets de la reprise des exécutions légales en Ukraine, après qu'elles avaient été suspendues pendant plusieurs mois. Nous sommes à connaissance de plus de 20 personnes en attente d'exécution dans le Donetz et 60 dans la région de Kiev, toujours en Ukraine.
Notamment, nous voulons vous signaler le cas de Makoveckij Oleg Nikolajevich, que nous avons appris directement de sa mère qui nous a écrit une lettre que nous Vous joignons.
Condamné à mort en première instance pour avoir tué durant un hold-up une femme de 60 ans et un enfant de 6, à l'époque des faits, Oleg Makoveckij avait 18 ans depuis deux mois. Le 12 mars la Cour Suprême a confirmé la condamnation de façon définitive. A ce point, seul le Président de la République Ukrainienne peut lui sauver la vie.
Nous nous adressons à Vous, Monsieur le Président, en tant que parlementaires élus en Italie et militants du Parti Radical, pour Vous demander d'intervenir, de la façon que vous jugerez la plus opportune, auprès du Président Leonid Kravchuk, pour que la sentence de mort contre Makoveckij Oleg Nikolajevich ne soit pas exécutée et qu'elle soit commuée en une peine de détention, et pour que soient également suspendues les exécutions de condamnations à mort actuellement en suspens en Ukraine.
En outre, nous Vous demandons, Monsieur le Président, de vouloir illustrer au Président d'Ukraine le sens de la Résolution du P.E. du 12 mars 1982, notamment là où elle s'adresse aux Etats membres du Conseil d'Europe et de la CSCE qui contemplent encore la peine de mort pour en souhaiter l'abolition et là où elle demande aux institutions de la Communauté Européenne et aux états membres de considérer l'abolition de la peine de mort comme une condition fondamentale dont tenir compte dans leur propre politique étrangère et d'accords et de coopération économique.
En attente d'une intervention de votre part, que nous espérons immédiate et que nous nous engageons dès à présent à communiquer à tous les membres parlementaires et de gouvernement qui sont inscrits au Parti Radical, outre qu'au condamné à mort en Ukraine et à sa famille, nous Vous adressons, Monsieur le Président, nos meilleures salutations.
Sergio Stanzani Emma Bonino Paolo Vigevano
MP, Premier Secrétaire MP, Président Trésorier
du Parti Radical du Parti Radical du Parti Radical
Marco Pannella Sergio D'Elia
Parlementaire Européen, Conseiller Fédéral
Président du Conseil Fédéral du P.R. du Parti Radical
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N.d.T
(*) ANDREOTTI GIULIO. (Rome 1919). Représentant de la Démocratie Chrétienne. Secrétaire de A. De Gasperi, il commença très tôt, comme Sous-secrétaire à la Présidence du Conseil, une carrière ministérielle ininterrompue: Intérieur (1954), Finances (1955-58), Trésor (1958-59), Défense (1959-66), Industrie (1966-68), Budget (1974-76). Premier ministre de 1972 à 1973, puis de 1976 à 979, et de 1990 à 1992. Il a été nommé sénateur à vie.