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Il Partito Nuovo - 30 marzo 1992
Le "bon" droit

SOMMAIRE: En répondant à l'appel lancé par le Parti radical pour l'abolition de la peine de mort, le Français Henri Laborit, l'un des plus grands biologistes qui soit, a voulu écrire pour ce journal un article que nous publions bien volontiers.

(LE PARTI NOUVEAU - N. 6 - MARS 1992)

Avez-vous remarqué que les personnes favorables au rétablissement de la peine de mort sont très souvent adversaires de l'avortement? "Laissez-les vivre!". Pendant ce temps, à travers toute la planète on tue des milliers d'hommes, non pas "potentiels" mais en pleine maturité, on les enterre vivants aux bulldozers, alors que la mort d'un condamné par la justice des hommes comme il en existe encore dans certains pays n'intéresse personne car il n'a que ce qu'il "mérite".

En effet, le criminel ou le délinquant doivent être punis. Personnellement je ne pense pas que nous puissions être suffisamment sûrs de ce qu'est le "bon" droit et la responsabilité pour pouvoir décider qu'un homme doit être puni. Je sais que les prisonniers eux-mêmes sont emprisonnés dans la notion culturelle de la punition, dont la biologie comportementale peut expliquer le mécanisme aussi bien chez l'emprisonnant que chez l'emprisonné. D'ailleurs, le "droit" consiste en un règlement de manoeuvre établi par les hommes dans un espace géo-climatique et à une époque donnés variant avec les espaces et les époques. Mais alors on ne peut considérer l'emprisonnement comme une punition. Une société a le "droit" de se protéger des individus qui ne veulent pas se soumettre à ses interdits et à ses lois. Ce droit n'est d'ailleurs que celui des plus nombreux et des plus forts. Il y a plus de gens conformes aux règles sociales que de non conformes. Le plus grand nombre ayant décidé de ce qu'est le conformisme peut trè

s bien décider d'écarter du groupe ceux qui ne veulent pas s'y conformer. Il ne s'agit plus d'un châtiment mais d'une mise à l'écart.

Rien n'empêche d'imaginer qu'une société d'un endroit et d'une époque puisse reléguer sur une île déserte (s'il en existe encore) les individus dont elle veut se débarasser et les laisser créer là une nouvelle société. Il ne s'agirait pas de les punir car il faudrait être bien inconscient et trivial pour croire que l'on détient la vérité concernant les mécanismes des comportements humains.

Il n'y a pas encore très longtemps que l'on a séparé les prisons des hôpitaux psychiatriques, des léproseries et des clochards.

Jusque là, les mêmes établissements recueillaient les grands miséreux, les lépreux, les fous et les assassins parce que le groupe social ne pouvait plus les supporter. Restent donc pour peupler les prisons, les délinquants et les criminels, isolés pour la protection d'une société qui considère qu'ils ne sont pas conformes.

Au lieu de discuter avec des arguments d'une pauvreté désespérante, des facteurs en faveur ou contre la peine de mort, il serait peut-être préférable d'expliquer les mécanismes qui conduisent dans un cerveau humain à émettre un jugement favorable ou défavorable à cette mesure. On s'apercevrait alors que le discours couvre toujours d'une logique qui n'est pas celle de la biochimie cérébrale, de la neurophysiologie, de la mémoire et de l'apprentissage, des comportements et des jugements, souvent prétentieux, toujours affectifs et sans autre valeur que celle que notre histoire personnelle, inconsciente, a inscrite dans notre système nerveux. La Bible nous donne ce conseil avisé: "Tu ne tueras point". Pourtant ce Christ fut un condamné à mort dont son exécution a fait quelques remous dans l'Histoire. Vous me direz que les criminels ne sont pas tous des petits saints. Mais qu'en savez-vous?

Si on lit un peu partout que les statistiques montrent que la peine de mort n'a jamais fait diminuer les crimes de sang, encore faudrait-il, en dehors des statistiques et des mots, expliquer pourquoi. Les criminels ne sont pas toujours ceux que l'on croit: " Et Semblançay fut si noble vieillard, que l'on cuidait pour vrai qu'il menast pendre à Monfaucon le lieutenant Maillard" (François Villon)

Henri Laborit

 
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