ROME 30 AVRIL - 3 MAI 1992
Index:
1.1. Trois années séparent ce Congrès de celui de Budapest
1.2. La Motion approuvée du Congrès de Budapest
1.3. Un appel aux forces de démocratie et de tolérance.
1.4. Chaque énergie, chaque sou, pour la construction du
"nouveau".
1.5. Les "pleins-pouvoirs du Congrès".
1.6. Le temps écoulé pour passer de la condition de "normalité" à
la condition de "légalité extraordinaire".
1.7. La prise en charge des "pleins-pouvoirs du Congrès".
1.8. La réunion du Conseil fédéral de Janvier 1990.
Les Cinquante-mille inscrits: une "inversion de tendance".
1.9. La suspension des activités.
1.10. La loi "ad hoc" pour Radio Radicale.
1.11. La résolution de la crise économique et financière.
La disponibilité de nouvelles capacités opérationnelles et
les ressources financières.
1.12. La dimension de ce résultat.
1.13. Le "Parti Nouveau"
La "Guerre du Golf".
2.1. Le projet politique 1991.
2.2. Un "moment de l'édition", le journal "Le Parti Nouveau" et
"Lettre Radicale".
2.3. L'action dans les Pays du Centre et de l'Est européen.
2.4. La campagne pour l'abolition de la peine de mort avant
l'An 2000.
2.5. Deux sessions du CF: à Rome et Zagreb, tandis que la Croatie
subit l'agression serbe.
2.6. L'action pour la reconnaissance de la Croatie. L'initiative
nonviolente sur le front de guerre.
2.7. Antiprohibitionnisme sur la drogue: l'enjeu est la
démocratie et les libertés.
2.8. L'unité politique de l'Europe après les décisions de
Maastricht.
2.9. Le problème de la communication internationale et le droit
de chacun à sa propre langue.
2.10. L'illusion de la solution militaire pour la sécurité.
La campagne du Parti Radical pour une technologie de Paix
dans le Sud du Monde.
3.1. La situation actuelle du Parti.
3.2. L'examen de certains paramètres.
Les inscriptions.
3.3. La composition du Conseil Fédéral.
3.4. Les réponses au "projet politique" et au journal.
3.5. L'action du Parti dans le Centre et l'Est européen.
3.6. Quelle évaluation pouvons-nous donner sur le "projet
politique"?
3.7. Notre action directe à l'égard de l'Est européen, pour
la construction de l'Europe politique.
3.8. Les transformations dans le monde et la réalité du "Parti
Nouveau"
3.9. La réponse à la proposition radicale des démocraties post-
communistes.
3.10. Les responsabilités des européens occidentaux, des Etats de
la Communauté européenne, des forces démocratiques, des
fédéralistes européens.
4.1. Le rapport du Parti avec la "situation italienne".
4.2. Les "Congrès italiens".
4.3. L'initiative à l'égard du Parti Communiste Italien,
maintenant Parti Démocratique de la Gauche.
4.4. La campagne référendaire en Italie.
4.5. La "dimension transpartite".
5.1. La vérification de la praticabilité du "projet",
actuellement, n'est pas terminée.
5.2. Les ressources investies dans le "projet politique".
5.3. Nous n'avons pas réussi à utiliser les réponses, les
inscriptions qui nous sont parvenues, qui nous parviennent
encore.
5.4. La nécessité de nouvelles règles.
5.5. Objectifs possibles d'action politique.
L'importance du travail des Commissions et du débat du
Congrès.
5.6. La disponibilité économique actuelle, un milliard de Lires,
correspondant au temps nécessaire pour la liquidation du
Parti en assurant la conservation de son patrimoine.
La situation n'impose pas la fermeture du Parti.
Nous pourrions, sinon, décider de liquider le patrimoine et
poursuivre l'action politique jusqu'à épuisement des
ressourses.
5.7. Le Congrès est appelé à exprimer une orientation.
5.8. Le choix transnational, juste et nécessaire, est aujourd'hui
possible.
SOMMAIRE: De la Serbie à la Croatie, de la Bosnie Herzégovine à la Macédoine, du Kossovo à toutes les Républiques de la Communauté des Etats Indépendants et à la Georgie, des Pays Baltes au Pérou, à l'Argentine, au Venezuela, d'Afrique et d'Israël à la Suisse et au Royaume-Uni, du Parlement européen à l'Espagne, de la Roumanie à la Bulgarie, de la Hongrie à la Tchécoslovaquie et à la Pologne, d'Italie: plus de 200 parlementaires et membres de gouvernement, exposants de près de 80 partis nationaux, sont inscrits à l'internationale non violente et fédéraliste du Parti Radical.
C'est un premier résultat du Parti Nouveau, transnational et transparti, qui a pour objectif la création d'une organisation politique, qui - surmontant les frontières, les nationalismes, les démons, de la guerre aussi, de ce siècle, qui semblent revenir - soit capable d'affirmer le droit à la vie et la vie du droit ici, aujourd'hui, partout où ils soient outragés ou menacés.
Ces adhésions sont le fruit, d'une part, de la diffusion de projets d'action qui a eu lieu grâce au lancement d'un instrument de communication - le journal "Le Parti Nouveau", qui en est à son sixième exemplaire - écrit en italien et traduit en 14 langues, envoyé, à partir du mois de juin 1991, à 40.000 parlementaires et à 300.000 destinataires à presque 300 adresses de distribution de quatre continents. De l'autre, de l'action militante - commencée dans certains cas il y a plusieurs années - dans les Pays du Centre et de l'Est européens, de ces réalités sorties depuis peu du "socialisme réel", dont le besoin de démocratie et de liberté ne trouve pas encore, malheureusement, une réponse politique adéquate en Occident, trop occupé à défendre ses avoirs, ses marchés, peu ou pas du tout enclin à assumer ses responsabilités.
C'est le premier fait, le premier résultat, rappelé dans la relation que le Premier Secrétaire du Parti Radical - au nom des "4" responsables du Parti, investis des pleins pouvoirs du congrès" par le précédent Congrès de Budapest - a écrit pour le XXXVI Congrès ordinaire.
A ce résultat - extraordinaire, par le nombre et la qualité des adhérents à ce "projet" - s'associent deux autres faits.
Avant tout le nombre des inscriptions de personnes habitant dans des Pays autres que l'Italie: il s'agit de trois mille citoyens, presque le double des inscrits italiens. Un résultat important, en extension évidente dans certaines régions du monde - de façon particulière, dans l'immense territoire de l'ex-URSS - auquel s'oppose l'insuffisance de la réponse politique en Occident, pour des raisons à caractère politique, et culturel aussi, qui sont évoquées dans la relation et auxquelles on essaye de fournir une explication.
La donnée des inscriptions - de l'"attention" pour le projet du "Parti Nouveau" - est d'autre part une donnée encore en attente de vérifications temporelles: à ce jour il y a eu 2.500 réponses aux six numéros du journal et l'on attend encore les réponses des deux derniers numéros, envoyés au total à 600.000 personnes, sûrement en ce qui concerne les destinataires de l'ex-URSS.
L'autre fait est le caractère non concurrentiel de l'organisation politique "Parti Radical" dans n'importe quel type d'élection dans le cadre national.
La décision du Congrès de Bologne - du mois de janvier 1988 - confirmée par le Congrès de Budapest - du mois d'avril 1989 - a été suivie de la non-présentation de listes du Parti Radical aux élections européennes de 89, aux élections administratives qui ont suivi en 1990, aux récentes élections politiques. Le Premier Secrétaire du Parti a renoncé à se porter candidat dans des listes organisées ou auxquelles ont participé d'autres exposants radicaux influents, justement pour "marquer" ce caractère non concurrentiel et avec l'espoir de faire mûrir, dans les autres forces politiques italiennes et dans leurs groupes dirigeants, la conscience de la nécessité - pour la vie du PR et pour son autonomie, financière aussi, de la présence institutionnelle italienne - de la dimension transpartique comme prémisse essentielle pour le transnational.
Dans la relation on pose un interrogatif au Congrès, qui a été depuis toujours pour le PR indication d'une méthode: avec quelles ressources, humaines et financières, le PR peut-il vivre, pour quoi faire.
A Budapest - il y a trois ans de cela - la situation économique et financière du Parti imposait aux organes du Parti la discussion et donc de se poser le problème, pas uniquement formel, de la fermeture, pour éviter la banqueroute, même frauduleuse.
De là la décision du Congrès de déléguer ses pouvoirs à quatre personnes, le Premier Secrétaire, le Trésorier, les Présidents du Parti et du Conseil Fédéral, solidaires en collégialité - chacun conservant intacte sa responsabilité - sur la vie et le patrimoine du Parti.
Le "parcours" de ces trois années a été marqué par une première période - qui a duré près de six mois - dans laquelle les responsables du Parti se sont interrogés sur "ce qu'il y avait à faire", conscients, d'une part, de la gravité de la situation dans laquelle se trouvait le Parti, de l'autre de la nécessité de comprendre le sens et la valeur politique des "pleins pouvoirs", qui auraient sûrement décrété, si assumés, une situation "exceptionnelle", statutaire aussi, pour le Parti et du Parti.
A la fin du mois de décembre 1989, quand l'histoire du monde aussi, ces semaines-là - avec la chute du mur de Berlin et l'évolution explosive des "printemps" dans les Pays ex-communistes - semblait confirmer, avec ses trames et ses scénarios, l'action du Pr des années précédentes et semblait donner un espoir à son projet politique, les "pleins pouvoirs" sont considérés comme étant la seule voie qui puisse être parcourue.
L'assomption des "pleins pouvoirs" est sanctionnée de façon formelle dans le Conseil Fédéral du mois de janvier 1990, qui vit la présence de Achille Occhetto, secrétaire du Parti Communiste d'alors, engagé ces semaines-là dans une oeuvre de refondation qui semblait disposé à saisir l'opportunité offerte par le PR à ses dirigeants de fonder, ensemble, une nouvelle perspective pour l'Europe et pour l'Italie.
La seconde période "couvre" toute l'année 1990 et les premiers mois de l'année 1991.
Les responsables du Parti - suspendant de fait toute activité, sauf celles dans les Pays de l'Est et du Centre de l'Europe et réduisant de 40 à 6 les collaborateurs du Parti - accomplissent une oeuvre d'assainissement économique et financier, qui, avec le succès de l'initiative promue au Parlement pour obtenir une loi qui reconnaisse "Radio Radicale" comme étant "un service d'intérêt général", permet au Parti de vivre, au début de l'année 1991, une contingence "que l'on ne peut répéter" et la disponibilité de près de 5 millions de dollars à investir dans l'initiative politique.
L'année 1991, qui s'ouvre alors que le monde vit la crise la plus grave des dernières années, la "guerre dans le Golfe" - est l'année du "projet politique", du journal "Le Parti Nouveau", organisé dans les cinq premiers mois de l'année, réalisé, dans son premier numéro, entre le mois de mai et le mois de juin.
Que faire, donc, à présent?
A la fin du Congrès le Parti disposera d'un million de dollars, pour sa structure et pour ses initiatives.
Il dispose d'un patrimoine, le siège, et peut compter sur le patrimoine des sujets autonomes ("Radio Radicale", les télévisions, "Agorà", le "Centre d'Ecoute pour l'Information Radio-Télévisée").
Quelle est l'orientation de ce Congrès?
Devons-nous nous donner un délai de temps pour essayer, par exemple, d'organiser une des propositions du Parti Nouveau, la constitution d'une "ligue parlementaire mondiale pour l'abolition de la peine de mort avant l'an 2000", ou pour tenter de donner de la solidité à la proposition anti-prohibitionniste en matière de drogue, à travers aussi l'adhésion de particuliers ou de partis nationaux ou d'associations, qui à l'exemple de la Ligue Internationale Anti-prohibitionniste, se fédèrent à l'organisation Parti Radical pour opérer ensemble au niveau international? Ou, encore, pour placer au centre de l'action politique le problème de la communication, linguistique aussi, qui passe à travers la construction des "Etats-Unis d'Europe", de l'Europe politique? Ou, enfin, pour faire converger les parlementaires de l'Est et de l'Ouest dans une capitale de l'ex "Empire du Mal", pour affronter les problèmes de la démocratie et de la liberté dans un contexte qui est sur le point d'exploser dans les milles ruisseaux,
même tribaux, du nationalisme, des ethnies, suffoqué par la faim dans beaucoup de ses régions et par les spectres menaçants des guerres?
La relation demande que ce soit le Congrès qui réponde à ces questions. C'est aux démocrates, aux européens occidentaux, aux italiens, en particulier - dans un moment de grave crise politique institutionnelle de la "démocratie réelle" italienne - de donner une réponse, sur ce qu'il y à faire, comment le faire, dans quels délais.
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Très chers amis et amies, très chers camarades,
Nous sommes ici réunis aujourd'hui, au 36ème Congrès ordinaire du Parti Radical, de notre Parti.
A vous tous, je souhaite la bienvenue; à vous tous, j'adresse mes voeux pour un travail serein, engagé et profitable.
1.1. TROIS ANNEES SEPARENT CE CONGRES DE CELUI DE BUDAPEST.
Il me semble significatif de commencer cette relation par une constatation, évidente et connue de nous tous, mais qui n'est pas cependant dénuée d'importance: trois années et trois jours se sont écoulés depuis la conclusion des travaux du précédent Congrès ordinaire, le 35ème, convoqué à Budapest du 22 au 26 Avril 1989.
Trois années, d'un Congrès ordinaire à l'autre sont pour nous un intervalle de temps énorme, anomal, unique, sans précédent dans l'histoire du Parti Radical.
Une histoire marquée par la rigueur avec laquelle nous avons observé les règles que nous nous sommes fixées - peu nombreuses mais essentielles - déterminées dans et par notre statut. Parmi celles-ci, il en est une, toujours suivie et respectée, qui établit pour la convocation du Congrès ordinaire, une échéance annuelle, à une date préétablie.
Pendant des années, depuis 1967, nos Congrès ordinaires se sont tenus au début du mois de Novembre, puis récemment - aux tous premiers jours du mois de Janvier. Ce n'est qu'à Budapest qu'il y a eu un retard d'un peu plus de trois mois, dû aux obstacles créés cette année-là par les autorités de l'ex-République Yougoslave à l'encontre d'une convocation - prévue en Janvier - du Congrès à Zagreb, hors d'Italie, comme l'avait établi, à Bologne, le précédent Congrès.
Les trois années qui séparent ce Congrès de celui de Budapest ne constituent donc pas un évènement banal, une prise d'acte formelle d'un "simple retard habituel et prévisible", comme c'est le cas, ou cela pourrait l'être, pour de nombreux autres partis, où l'indétermination et la défaillance conduisent à fixer la convocation du Congrès en dehors de toute règle, refusant ainsi toute garantie du maintien d'un rapport correct entre les inscrits et ceux auquels la conduite et la gestion du Parti ont été confiées.
On assiste, dans ces cas, à l'utilisation sans scrupules du moment du congrès, non plus sujet de la confrontation démocratique entre et parmi les inscrits, mais objet de choix instrumentaires de la part des organes dirigeants pour la conservation de leur propre pouvoir ou pour résoudre, selon des schémas et avec des opérations préconstituées, des contrastes et des oppositions produites en leur sein.
En Italie, on doit à l'imposition et à la consolidation de ces méthodes, de ces habitudes, le développement de ce processus qui a produit le "régime particratique", un système politique figé et ankylosé, incapable de se développer et de se renouveler, et qui empêche, dans les faits, la praticabilité démocratique; système qui est l'expression concrète de cette régression qui s'est crée, non seulement en Italie, mais aussi dans d'autres Pays d'Europe Occidentale et que nous-autres, radicaux, nous avons dénoncée depuis longtemps, la désignant comme "démocratie réelle", et la comparant au "socialisme réel", qui a longtemps prospéré dans les Pays à régime communiste du Centre et de l'Est européen.
C'est précisément à cette régression, qui a accablé et qui accable l'Italie et l'Europe - les premiers symptomes en sont déjà perçus également dans certains Pays de "récente démocratie" - et aux graves conditionnements exercés par ce système politique sur notre activité, sur notre capacité d'initiative, sur la vitalité de notre façon d'être une force politique, que nous devons, en très grande partie, les trois années qui nous séparent de Budapest. Nous ne les devons certainement pas - et nous le savons - à des motifs de conservation du "pouvoir" ou à la prévarication et violence des uns sur les autres.
Du reste, l'origine de ce long intervalle de temps, sans convocation du Congrès, fait partie justement de cette situation "d'exceptionnel extraordinaire" que nous avons dénoncée et illustrée dans la relation présentée à Budapest, discutée et évaluée par le Congrès, ainsi que dans les conclusions de ce dernier.
1.2. LA MOTION APPROUVEE PAR LE CONGRES DE BUDAPEST.
C'est par le Congrès de Budapest - sans nul doute l'un des évènements les plus significatifs et importants de notre histoire, produit et manifesté avec et dans un scénario inoubliable - que le Parti Radical, en réalité, exprime et affirme pour la première fois, au-delà des contrastes et des ambiguïtés, sa propre volonté de se constituer en sujet politique transnational. En effet, la motion, contrairement à celle qui avait été approuvée l'année précédente à Bologne, obtient la majorité des 2/3, qui - unique, selon nos règles - comporte, à tous les effets, un mandat qui oblige et qui est péremptoire pour les organes exécutifs du Parti.
La décision de Budapest est prise - il faut le rappeler - dans un moment où le Parti subit une crise économique et financière dramatique, qui risque d'annuler, "sauf évènements extraordinaires", aussi bien sa propre existence que son patrimoine.
1.3. UN APPEL AUX FORCES DE DEMOCRATIE ET DE TOLERANCE DE TOUS PAYS.
Dans cette situation, cependant, le "Parti Nouveau", transnational et transpartite, "rompt" - consciemment - avec les structures, l'organisation, les conditions opérationnelles et directionnelles préexistantes, devenues inadéquates et improductives par rapport aux nouvelles exigences et aux nouvelles perspectives.
Pour éviter la fermeture du Parti - qui ne peut être déterminée que par la "violence exercée par le pouvoir"- on fait appel aux "forces de démocratie et de tolérance de tous les Pays" et, en particulier, aux "classes dirigeantes et à leurs représentants les plus libres" et les plus responsables.
1.4. CHAQUE ENERGIE, CHAQUE SOU, POUR LA CONSTRUCTION DU "NOUVEAU"
Voici, textuellement, ce que dit la motion qui se poursuit en imposant aux organes du Parti de destiner toutes les énergies et ressources disponibles, à la réalisation des »objectifs qui sont les nôtres , non réalisés jusqu'ici et contenus dans les décisions du Congrès et des Conseils Fédéraux précédents: »pas une seule énergie humaine ou financière ne devra être détournée de cette lutte, pour d'hypothétiques procédures de liquidation consensuelle et démocratique du Parti .
1.5. LES "PLEINS POUVOIRS DU CONGRES".
L'extraordinaire du moment et les difficiles, dramatiques conditions à travers lesquelles doit "passer" la construction du "nouveau", sont soulignées avec grande force par le Congrès.
La motion prévoit en effet, et en sanctionne la légitimité, que:
Le Premier Secrétaire, le Trésorier et les Présidents du Parti et du Conseil Fédéral peuvent y faire face, en dépassant les limites fixées par le Statut et chacun d'eux dans l'exercice de leurs responsabilités directes et spécifiques, avec la prise en charge des pleins pouvoirs du Congrès »pour toutes les décisions relatives à la vie et au patrimoine du Parti Radical .
Prise en charge de pouvoirs qui - une fois déclarée - indique, d'une part, plusieurs conditions de "légalité extraordinaire" pour la conduite et la gestion du Parti et, de l'autre, »met un terme à un segment de théorie de la praxis qui a fait son chemin pendant plus de vingt années d'initiatives et de luttes enthousiasmantes et d'incroyables succès, exprimant ainsi la précise prise de conscience de la nécessité - que l'on ne peut plus différer - d'ouvrir et de donner cours à une nouvelle et différente expérience, pour pouvoir assurer l'existence du Parti, l'affirmation de ses valeurs, la continuité de son histoire.
1.6. LE TEMPS ECOULE POUR PASSER DE LA "NORMALITE" A DES CONDITIONS DE "LEGALITE EXTRAORDINAIRE".
Le "Séminaire" des organes exécutifs du Parti et les groupes parlementaires, la réunion du Conseil Fédéral, qui ont eu lieu à Rome - le premier, au mois d'Août et la seconde, au mois de Septembre 1989 - ont été deux occasions importantes et fécondes d'échange de points de vues, sur le parcours à suivre pour adapter l'action du Parti aux délibérations du Congrès.
La question de fond qui a été soulevée a été la question relative à la nécessité et à l'évaluation de l'urgence du recours aux "pouvoirs extraordinaire", à l'interprétation de la valeur et de la portée de ces pouvoirs, à leurs effectives conséquences sur le Parti et aux modalités à suivre pour donner cours à leur prise en charge.
Il s'ensuivit diverses alternatives, proposées et discutées, grévées par une situation économique et financière ultérieurement alourdie, et par l'approche de l'échéance du Congrès - inamovible dans un "régime statutaire" ordinaire - et par l'éventualité d'élections anticipées en Italie. Je rappelle qu'entre-temps les élections pour le Parlement européen avaient eu lieu et que le "Mur de Berlin" n'avait pas encore été "abattu".
L'action nonviolente à l'égard des régimes communistes et le "Congrès de Moscou", pouvaient alors constituer des objectifs et des hypothèses de travail tels qu'ils suscitaient des expectatives et des intérêts.
Ce sont des composantes qui déterminent des moments d'incertitude et qui contribuent à repousser la décision sur la prise en charge des "pouvoirs extraordinaires", qui révèlent - au fur et à mesure - dans une condition du Parti, sur laquelle le lien avec la situation italienne exerce une influence encore prédominante, une valeur de choix porté à la limite du possible.
La motion approuvée par le Conseil Fédéral en Septembre met en évidence la "fonction de service" exercée par le Parti, avec la décision de ne pas se présenter avec ses propres listes aux élections du Parlement européen, et sa participation dans le succès des listes promues par des inscrits radicaux ou dans celles dans lesquelles leur présence est significative et importante.
La motion confirme également à tous les inscrits, que l'objectif confié à chacun est celui de se "mobiliser en toute liberté et responsabilités, surtout individuelles" pour assurer "la naissance et l'affirmation d'un grand, nouveau transparti transnational".
L'engagement du Parti doit, au contraire, privilégier la lutte dans les Pays de l'Est européen "pour autant que possible et compatible avec les liens italiens, source presque exclusive de ressources, pour le moment encore".
La motion conclut par la constatation du fait que la prise en charge des "pleins pouvoirs du congrès" n'a pas encore eu lieu, bien que les conditions prévues à Budapest pour la réaliser existent déjà.
1.7. LA PRISE EN CHARGE DES "PLEINS POUVOIRS DU CONGRES".
Le Premier Secrétaire, le Trésorier, la Présidente du Parti (Bruno Zevi, démissionnaire, est remplacé - entre-temps - par Emma Bonino, élue par le Conseil Fédéral en Septembre, et devient Président d'honneur) et le Président du Conseil Fédéral décident de prendre "les pleins pouvoirs du congrès" au mois de Décembre 1989.
La chute du Mur de Berlin, les espoirs et le bouleversement soudain de la situation dans les Pays du Centre et de l'Est européen imposaient, dans une tentative extrême, de résoudre avant tout la crise économique et financière, puis de faire face aux carences structurelles et d'organisation du Parti, pour pouvoir vérifier la répercussion des potentialités acquises par les choix extraordinaires effectués par rapport au caractère exceptionnel de l'engagement à affronter.
1.8. LA REUNION DU CONSEIL FEDERAL DE JANVIER 1990. LES CINQUANTE MILLE INSCRITS: UNE "INVERSION DE TENDANCE".
Immédiate et directe conséquence de cette décision: la réunion du Conseil Fédéral qui se réunit, toujours à Rome, en Janvier 1990.
Il y a quelque espoir pour que la chute de l'"Empire soviétique" et des régimes communistes, l'explosion des évènements dans ces Pays - avec les fondements de l'opposition idéologique et politique sur laquelle s'appuyait l'équilibre mondial qui chancellent dans la plupart d'entre-eux - ouvrent, même en Occident et à partir de l'Italie, de nouvelles possibilités d'initiative politique pour lancer, avec d'autres fondements et des conditions différentes, un processus de "refondation démocratique", qui trouve, dans une nouvelle force transnationale et transpartite, une référence immédiate et directe.
Avec cet espoir, la motion qui conclut les travaux du Conseil Fédéral précise que: la quantité de dizaines de milliers d'inscrits semble être "la condition technique" nécessaire et indispensable pour »assurer la vie d'une extraordinaire réalité anomale, vie qu'il semble toujours plus probable que l'on puisse sauver, mais qui exige la nécessité d'une intervention et d'une assistance immédiate .
L'objectif des 50.000 inscrits n'est pas fixé - dans la motion - comme un objectif et comme une obligation pour le Parti, mais il exprime l'exigence d'une inversion de tendance qui propose - davantage et avant même qu'aux radicaux - aux autres forces politiques, à leurs représentants et groupes dirigeants, l'actualité du projet radical, l'opportunité et l'avantage de le soutenir et l'extrême gravité et l'urgence de leur intervention.
1.9. LA SUSPENSION DES ACTIVITES.
L'espoir d'une prompte réponse de la part des forces politiques en Italie n'ayant pas abouti, la prise en charge des "pleins pouvoirs du congrès" a conduit - par nécessité - le Parti à donner la priorité absolue à la tentative de résoudre sa propre crise économique et financière.
Début 1990, le déficit était de trois milliards de lires, avec une dette financière considérablement supérieure, sans aucune possibilité de la limiter, ni, évidemment, d'obtenir d'autres avances.
La décision, drastique et immédiate, conduit à la suspension des activités jusqu'à la fin de l'exercice.
Les collaborations rétribuées, à n'importe quel titre et sous n'importe quelle forme, se réduisent: d'un peu moins de quarante personnes, à six seulement, indispensables pour garantir les tâches administratives et l'activité du bureau des inscriptions. Plusieurs camarades décident de continuer quand-même à donner leur apport au Parti, sans rétribution.
La suspension des activités comporte une seule exception, relative aux Pays du Centre et de l'Est européen, voulue dans le respect des indications exprimées par le Conseil Fédéral.
La présence et l'activité du Parti dans ces Pays se poursuivent en Hongrie et en Tchécoslovaquie, et se renforcent, avec des interventions plus consistantes et précisent, en Union Soviétique, Roumanie et Yougoslavie.
Le Parti n'ignore pas, du reste, même durant cette période, son rapport essentiel avec la situation italienne, tenant son engagement de fonction de "service démocratique" à l'occasion des élections administratives.
Tout en respectant l'obligation de ne pas participer aux élections par de propres listes, le Parti assure des services essentiels aux inscrits qui promeuvent ou qui font partie des listes "civique", "laïque", "verte" et "antiprohibitionniste". Le coût des services est couvert, avec des marges positives, par les remboursements obtenus par les listes, suite aux résultats obtenus.
1.10. LA LOI "AD HOC" POUR "RADIO RADICALE".
"Radio Radicale", dans l'ensemble des activités qui se rattachent - directement ou indirectement - au Parti, a exercé sa propre fonction particulière et extraordinaire en pleine autonomie, bénificiant, dès le début, du financement public que la loi italienne établit pour les partis et les groupes politiques au Parlement, et qui lui était intégralement reversé.
Après les élections politiques de 1987, le financement public a été, par contre, utilisé directement par le Parti et les charges de "Radio Radicale" ont pesé, essentiellement, sur ce bilan, avec une double conséquence: d'un côté, les activités de la "Radio" ont souffert de la crise financière du Parti, qui a eu une influence négative surtout sur les investissements, empêchant son développement, de l'autre, les coûts soutenus par le Parti pour assurer la survie de la "Radio", ont inévitablement pesé sur la situation économique et financière du Parti, aggravant ainsi la crise.
Un cercle vicieux dont il était impossible de sortir sans interventions extraordinaires.
"Radio Radicale" est unique dans le système de l'information en Italie et en Europe. Elle constitue un patrimoine, une richesse que les radicaux ont toujours mis à la disposition de tous, institutions, citoyens, forces politiques. Elle a joué et joue encore sa propre fonction, sans avoir jamais compté sur des ressources autres que celles qui lui étaient affectées par le Parti et du fait d'être "organe du Parti", sauf pour ce qui concerne les contributions personnelles de citoyens et les entrées dues à la publicité, très limitées.
Fort de ces prémisses, au cours de l'année 1990, le Parti promeut au Parlement, une action adressée directement aux sénateurs et aux députés de tous les groupes politiques, pour la présentation d'une proposition de loi "ad hoc" qui alloue "une contribution exceptionnelle" de 20 milliards de lires, à "Radio Radicale", en tant qu'"entreprise qui mène des activités d'intérêt public". L'initiative est couronnée de succès: d'abord, un nombre de parlementaires supérieur à la majorité absolue, à la Chambre et au Sénat, adhèrent à cette proposition, puis au début du mois d'Août, la loi est finalement approuvée.
1.11. LA RESOLUTION DE LA CRISE ECONOMIQUE ET FINANCIERE.
LA DISPONIBILITE DE NOUVELLES CAPACITES OPERATIONNELLES ET RESSOURCES FINANCIERES.
La suspension - mais il serait peut-être plus exact de parler de limitation drastique - des activités, la contribution par la loi à "Radio Radicale" et l'apport des entrées dues aux accords avec de tierces-personnes qui opèrent dans le domaine commercial du secteur télévisé privé et local, sont les facteurs qui ont permis au Parti de résoudre, au cours de l'année 1990, le drame de la crise économique et financière.
Un résultat sans nul doute de très grande importance, sous de multiples aspects extrêmement improbable, inattendu - pour le moins par rapport aux temps dans lesquels il a été obtenu - toujours alimenté et soutenu, toutefois, par l'espoir et la détermination avec laquelle il a été recherché. Résultat important pour les implications et les répercussions politiques - intérieures et extérieures au Parti - et auquel ont contribué, non seulement les quelques personnes qui y ont directement et assidûment travaillé, mais aussi tous les radicaux, inscrits et membres de soutien, par leur apport donné avec et en conscience du coût politique à supporter, afin que l'espoir de surmonter la crise se concrétise.
Quelques chiffres suffisent à indiquer la dimension de ce résultat.
1.12. LA DIMENSION DE CE RESULTAT.
Les dépenses totales du Parti pour l'année 1990 ont été réduites de 35% (plus de 1.600 millions de lires - 1.300.000 $) par rapport à l'année précédente, et les entrées - uniquement celles du Parti - ont été augmentées de plus de 25% (plus de 1.300 millions de lires - 1.050.000 $); le bilan, au 31 Décembre, a été clos en équilibre.
Outre le déficit de l'année précédente, approximativement de trois milliards de lires, l'équilibre du bilan tient compte des coûts soutenus pour la restructuration du nouveau siège de Via di Torre Argentina 76 (1.300 millions de lires - 1.050.000 $), acheté par le Parti en 1988 (après une longue négociation commencée en 1987), et de la dépense pour la mise en place du système télématique "Agorà".
Il s'est agi de l'acquisition d'espaces, d'équipements, de moyens de travail et de communication (Agorà permet le "dialogue" en cinq langues différentes avec un très vaste réseau international), qui ont mis le Parti en condition de disposer pour sa propre activité, d'une nouvelle capacité opérationnelle, non seulement quantitativement, mais qualitativement plus adéquate et efficace.
1991 commence ainsi avec une disponibilité pour le Parti qui est relative non seulement à la capacité opérationnelle, mais aussi à une situation économique assainie et à une prévision de ressources financières supérieure à cinq milliards de lires, sans tenir compte de l'autofinancement par les inscriptions et les contributions, ainsi que - naturellement - par l'autonomie financière de "Radio Radicale".
1.13. LE "PARTI NOUVEAU"
LA "GUERRE DU GOLFE"
L'exigence du projet politique, se présente donc, pressante, et elle doit permettre de vérifier - sur des bases nouvelles - si la capacité, les énergies et les ressources disponibles sont en mesure d'assurer des conditions d'initiative et de lutte, de vie politique, adaptée au choix et à l'engagement de Budapest: devoir et vouloir être la première force politique transnationale. Deux longues, tourmentées et difficiles années se sont écoulées depuis.
L'état du Parti, au début de 1991, dans ses aspects essentiels et économiques, financiers, politiques et d'organisation, a été illustré avec une ponctualité peut-être excessive, dans la relation présentée au IIIè Congrès Italien - réuni à Rome, en Février 1991 - et publiée dans un numéro spécial de "Notizie Radicali", en même temps que l'illustration du projet politique pour 1991.
Il faut rappeler ici, que le Congrès, cette occasion de rencontre avec les radicaux italiens, a lieu à un moment des plus dramatiques de l'histoire des dernières années: "la Guerre du Golfe".
Les radicaux élus aux Parlements italien et européen, avaient pris, en Août 1990 déjà - avant la dégradation de la situation - une position nette, dans laquelle ils demandaient au Conseil de Sécurité de l'ONU et à la Communauté européenne, à ce que l'on décidât, en conformité aux pouvoirs conférés par la résolution 678, de créer et mettre en acte une stratégie d'action nonviolente par une grande campagne pour informer l'opinion arabe et internationale, en défense du droit et de la paix, des raisons qui avaient conduit l'ONU aux déterminations pour la sauvegarde de l'indépendance du Kowaït, en dénonçant avant tout les crimes perpétrés par le régime de Bagdad sur le peuple iraquien.
Cette requête tendait à provoquer des réactions, au sein du régime iraquien, pour l'affaiblir et le destabiliser, jusqu'à empêcher son agression. Les radicaux proposaient en outre, une Conférence sur les droits de la personne, ainsi qu'un accord international pour le contrôle du commerce des armes et pour la préparation d'un registre international sur le transfèrement des systèmes d'armes importants.
L'initiative radicale, toutefois, n'apporte pas les résultats souhaités, qui auraient pu provoquer une conclusion pacifique de la situation.
Lorsqu'au Parlement italien, début 1991, l'on discute la participation du contingent militaire dans la "Guerre du Golfe", les parlementaires inscrits au Parti prennent des positions différentes, toutes reconnues légitimes dans l'intervention prononcée par le Secrétaire du Parti en cette circonstance: chacun représentait lui-même et était libre, naturellement, d'exprimer sa propre opinion et son vote.
Certains s'expriment en termes favorables à l'intervention militaire, pour l'affirmation du droit contre les abus et la barbarie de l'agression, exercée en outre, par un dictateur et par un régime sur leur propre Pays. D'autres radicaux - même si avec des arguments différents de ladite "gauche d'opposition" et de certaines associations catholiques - sont contre l'intervention, convaincus de la possibilité de faire prévaloir le droit par une solution "pacifique" du conflit.
Le Parti a cru devoir cependant, dans cette situation, faire remarquer l'opportunisme et l'aspect instrumentaire de ceux qui, des décennies durant, raillant la nonviolence et l'antimilitarisme, au nom d'un "pacifisme de parti-pris", armés de violence, découvraient ces valeurs justement dans cette occasion, ignorant que la "nonviolence" est une force et non pas une faiblesse, à laquelle on peut et l'on doit recourir, contre les abus et la violence avant le conflit, pour en éliminer les causes et que, avec la "Guerre du Golfe", la "nonviolence" - contrairement à ce que l'on appréhende - ne pouvait en sortir battue, car elle n'avait jamais été utilisée.
2.1. LE PROJET POLITIQUE POUR 1991
Dans ce contexte, au IIIè Congrès italien, le Parti annonce et expose le projet politique pour 1991.
Le mandat attribué à Budapest par le Congrès, avait pour moment central la tentative d'engager dans la proposition, dans l'action politique du parti transnational et transpartite, et avant tout, les groupes dirigeants, les représentants, les parlementaires des autres Pays, à partir des Pays européens, afin d'établir un rapport capable d'affirmer dans les institutions, puis, chez les citoyens, un sujet politique "nouveau", en mesure d'éviter le divorce, toujours plus net, entre science et pouvoir, entre connaissance et capacité d'agir et d'opérer de la politique.
Comme toujours essentielle, dans les choix et dans les décisions du Parti, la proposition de la méthode, par laquelle poursuivre notre but, établir un rapport non seulement sur la proposition politique en général, mais aussi sur les initiatives communes.
Une fois trouvés les interlocuteurs, le contact aurait dû, non seulement les associer au Parti, mais donner vie à de longues initiatives transnationales communes, capables de promouvoir des adhésions et des présences militantes dans les différents pays et lancer ainsi un processus de "révolution démocratique", libérale, socialiste, fédéraliste, environnementaliste, nonviolente.
Le choix du moyen ne pouvait donc que tomber sur la communication écrite: un journal écrit en italien, traduit et imprimé en plusieurs langues, à envoyer tout d'abord aux Parlementaires européens, de l'Est comme de l'Ouest.
2.2. UN "MOMENT DE L'EDITION", LE JOURNAL "LE PARTI NOUVEAU" ET "LETTRE RADICALE".
Le projet se présente donc comme un "moment", comme une "entreprise d'édition". Pour établir et organiser cette entreprise, pour en acquérir les moyens et disposer d'instruments adéquats, il a fallu du temps.
Il a fallu avant tout trouver des équipements spécifiques pour l'écriture-video (en cyrillique par exemple); trouver l'imprimerie capable d'imprimer en quinze langues; rendre compatibles les temps de la réalisation graphique et typographique avec ceux de l'expédition et de la réception du message; effectuer une enquête précise dans les Parlements et dans les autres sièges de destination pour trouver et vérifier les moyens les plus adaptés à l'expédition et au transport; trouver les noms et les adresses des destinataires, les insérer dans les ordinateurs, préparer les modalités pour leur mise à jour; puis sélectionner les thèmes et les sujets, les propositions pour les actions à entreprendre et à réaliser - simultanément - dans le plus grand nombre possible de Pays; former la rédaction; choisir le projet graphique; préparer le contrôle du système de distribution; organiser la structure et la gestion technique et politique des réponses.
Le premier numéro du journal "Le Parti Nouveau" paraît entre Mai et Juin. Il est écrit en italien et traduit en quatorze autres langues, expédié à quarante mille parlementaires et à 250.000 autres destinataires, dans plus de 40 Pays.
L'exigence de devoir respecter une programmation "rigoureuse" du processus de production s'est révélée écrasante à cause des difficultés de rendre compatibles les temps techniques avec les temps qui ont été imposés par les exigences de l'actualité politique.
Après le premier numéro, cinq autres ont suivi: le second au mois de Juillet, le troisième entre Août et Septembre, le quatrième entre Octobre et Novembre, le cinquième (24 pages) - précédé d'une lettre adressée personnellement à tous les parlementaires - fin-Janvier 1992, dans lequel on annonçait ce Congrès. Le sixième numéro a été envoyé dans plus de 70 Pays fin-Mars et, compte-tenu des temps de routage, nous pouvons dire qu'il est tout-à-fait récent (1).
En vue de ce Congrès, nous avons également préparé et envoyé à plus de 70.000 destinataires, 3 numéros de "Lettre Radicale", traduits en 11 langues, qui se sont ajoutés aux 10 numéros ordinaires déjà expédiés en 1991, traduits en 9 langues et envoyés à 25.000 personnes.
L'engagement pour le journal "Le Parti Nouveau" - selon les choix qui ont été faits - a été certainement, pour le Parti, l'engagement prééminent et prédominant durant l'année 1991 et début-1992: un tiers des énergies engagées à temps complet dans le travail du Parti (13 personnes) a été absorbé par la rédaction et par l'organisation; plus d'un tiers l'a été pour plus de la moitié du temps disponible. La dépense totale soutenue par le Parti pour les six numéros du journal produits jusqu'ici, se monte à 2,8 milliards (2.250.000 $) de coûts directs (de structure et pour la fourniture extérieure), soit 50% des entrées de l'année.
L'engagement du Parti sur le Projet politique pour 1991 ne s'est pas toutefois arrêté à l'activité exercée pour le fonctionnement du journal.
2.3. L'ACTION DANS LES PAYS DU CENTRE ET DE L'EST EUROPEEN.
Une autre composante essentielle est donnée par la consolidation et le renforcement de l'action directe menée dans les Pays du Centre et de l'Est européen, avec l'apport des camarades qui, en 1991, ont poursuivi et intensifié - par leur présence - l'activité dans ces Pays, l'étendant de Moscou également et directement aux autres Républiques de l'ex-Union Soviétique, à la Roumanie et à la Bulgarie, en plus de la continuer en Hongrie et en Tchécoslovaquie et - avec une importante et significative reprise - en Croatie et dans d'autres Républiques de l'ex-Yougoslavie.
La corrélation entre ces deux composantes, est du reste évidente, comme sont évidents l'influence réciproque et son reflet sur les résultats.
Le projet pour 1991 s'est ensuite enrichi d'autres initiatives relatives à des sujets et thèmes qui font depuis longtemps l'objet de l'attention et de l'action du Parti ou qui se sont développées à la suite d'évènements et de circonstances indépendantes du projet, mais qui ont eu dans le projet et par le projet, l'opportunité d'un relancement et d'un support.
2.4. LA CAMPAGNE POUR L'ABOLITION DE LA PEINE DE MORT
AVANT L'AN 2000.
La première opportunité s'est présentée à l'occasion de la tentative de "putsch" en Union Soviétique.
La "campagne pour l'abolition de la peine de mort avant l'An 2000, partout dans le monde" a commencé en effet en Août 1991, après l'échec du putsch dans ce Pays qui s'appelait encore Union Soviétique et a immédiatement revêtu deux aspects: l'aspect "parlementaire" et l'aspect "mondial".
Plus de 620 parlementaires et hommes de Gouvernement du monde entier ont souscrit, en même temps que des centaines de personnalités de la culture et des Prix Nobel, à l'Appel adressé par le Parti Radical aux autorités soviétiques, afin d'offrir, en ce moment très particulier et sur le destin des putschistes, un exemple de tolérance et de civilité juridique, adressé également à l'Occident, à ces Pays de démocratie politique qui maintiennent encore la peine capitale (2).
La démission de Gorbatchev, la dissolution de l'Urss, la naissance, pleine d'inconnues, de la Communauté des Etats Indépendants, ont nécessairement modifié l'"itinéraire" de la "campagne" qui prévoyait: en Février, à Moscou, la remise des signatures du Manifeste-Appel; en Avril, à Rome, le premier Congrès parlementaire mondial avec la constitution de la "Ligue pour l'abolition de la peine de mort".
Suite à tout cela, nous avons adressé à Eltsin la requête d'une rencontre pour la remise des signatures du Manifeste-Appel.
Par ailleurs, les aspects de ce que nous avons défini "Campagne parlementaire mondiale pour l'abolition de la peine de mort avant l'An 2.000" n'ont pas changé, comme n'a pas changé l'objectif final: un amendement de la Charte des Droits de l'Homme ou, mieux encore, une Déclaration ad hoc des Nations-Unies qui affirme le droit de chaque personne à ne pas être tuée par force de loi ou décision de n'importe quelle autorité publique, ou pour quelque raison que ce soit.
Plusieurs indications ont émergé récemment du travail fourni: actions parlementaires (motions, discussions de politique étrangère, etc...) pour convaincre les Gouvernements à ratifier les traités internationaux abolitionnistes, afin de promouvoir une coutume internationale contre la peine de mort; études de stratégies pour retirer progressivement à la juridiction des tribunaux nationaux, certains tenants et aboutissants de comportements ou de certaines catégories d'individus (par exemple: coups d'Etat, trafic international de drogue ou d'armes, graves délits contre l'environnement, contre les mineurs), pour en attribuer la compétence à des organes juridictionnels internationaux; la possibilité que ce soit la Commission des droits de l'homme de l'ONU qui s'occupe des condamnations à des peines capitales prononcées par les tribunaux nationaux; la promotion d'accords régionaux en Afrique, où il n'existe aucune Convention contre la peine de mort, qui pourrait être lancée à partir des Pays qui ont aboli la p
eine capitale ou qui ne la pratiquent plus depuis de nombreuses années.
Une campagne adressée aux Pays de l'ex-Union Soviétique et des Etats-Unis paraît décisive, pour le rôle qu'ils jouent et le poids qu'ils exercent dans la Communauté internationale.
C'est pourquoi au cours des dernières semaines, nous avons conduit une Campagne pour l'abolition de la peine de mort en Ukraine, à partir du cas d'Oleg Makoveckij, un condamné à mort, dont la mère nous a écrit pour nous demander d'intercéder en sa faveur.
L'abolition de la peine de mort, dans un Pays considéré, récemment encore, comme "l'Empire du Mal", constituerait un exemple de tolérance et de civilité juridique, avec lequel il serait impossible de ne pas se confronter, surtout les Etats-Unis, envers lesquels, notre action doit être d'autant plus ferme, que leur reconnaissance des fondements de liberté, d'état de droit et de démocratie politique, est plus convaincue.
Si nous sommes contre et si nous nous battons dans n'importe quel cas contre la peine de mort, nous ne pouvons, encore moins, tolérer l'exécution aux USA, de mineurs, de malades mentaux, de femmes enceintes, interdite, du reste, dans la grande majorité de ces mêmes Etats qui maintiennent la peine de mort.
Une résolution pour l'abolition de la peine de mort dans les Pays qui la prévoient, a été approuvée par le Parlement européen, le 12 Mars dernier, sur la base d'une relation d'Adelaide Aglietta, présidente du Groupe Vert et membre de notre Conseil Fédéral.
Il s'agit d'un document important pour trois motifs au moins:
il affirme le principe selon lequel aucun Etat ne peut disposer de la vie de ses propres citoyens ou d'autres personnes qui vivent sur son territoire, en appliquant la peine de mort à la suite de délits, même très graves; il demande aux organismes et aux Etats de la CEE d'opérer au siège de l'ONU pour obtenir une délibération de cessation généralisée des exécutions capitales, et d'établir leur propre politique étrangère ainsi que la politique d'accords et de coopération économique, en considérant l'abolition de la peine de mort comme condition fondamentale.
La proposition de l'ordre des travaux pour ce Congrès prévoit une Commission ayant pour tâche de trouver et de discuter les objectifs ponctuels pour la continuation de cette campagne et de définir le passage vers la constitution et l'organisation d'une "Ligue parlementaire mondiale" consacrée à cette bataille importante.
2.5. DEUX SESSIONS DU CF: A ROME ET A ZAGREB, TANDIS QUE LA CROATIE EST SOUMISE A L'AGRESSION SERBE.
L'exigence d'une première vérification des résultats obtenus dans et par le Parti avec la reprise des activités et avec le lancement du "projet politique" sollicite la convocation du Conseil Fédéral, qui ne s'est pas réuni depuis Janvier 1990, juste après la prise en charge des "pouvoirs statutaires".
Même s'il est dénué de pouvoirs de décision effectifs, en conséquence de cet évènement, c'est de toutes façons, le siège le plus opportun et efficace pour effectuer cette vérification.
Entre-temps, la crise en ex-Yougoslavie s'est aggravée: la question slovène ayant été résolue positivement, c'est ensuite la Croatie qui fait l'objet d'une agression. Si bien que le Conseil Fédéral se tient en deux sessions, la première à Rome au mois de Septembre, la seconde en Croatie justement, à Zagreb, fin-Octobre.
La première session manifeste les reflets positifs de l'envoi du journal. En particulier, les membres du CF, résidents dans d'autres Pays, offrent d'efficaces contributions sur le contenu, la structure et l'organisation du journal, mais ils expriment également, pour la première fois, par leur intense participation aux travaux et par leurs indications, leur propre conscience d'appartenir au Parti, d'en faire partie, contribuant de manière significative à établir une première dimension effective, même si embryonnaire, de la tentative en cours d'être une force transnationale et transpartite.
2.6. L'ACTION POUR LA RECONNAISSANCE DE LA CROATIE.
L'INITIATIVE NONVIOLENTE SUR LE FRONT DE GUERRE.
C'est toujours à cette occasion qu'est annoncée l'initiative nonviolente de Marco Pannella pour la reconnaissance de l'indépendance de la République croate et des autres Républiques et régions autonomes de l'ex-Yougoslavie (entre-autres du Kossovo), demandée en faisant recours à des procédés démocratiques et sanctionnée par les résultats obtenus. L'initiative est destinée également à assurer et garantir sur tout le territoire, et par conséquent à la population serbe, des conditions de démocratie effective capables d'assurer le respect des droits des citoyens et des minorités.
C'est ainsi que commence, pendant le CF, une action qui enrichit son activité et qui fournit davantage de force et de consistance au projet politique, avec la participation de représentants croates (dont: Zdravko Tomac, Vice-président du Gouvernement), et slovènes (dont: Shelzen Maligi, Président du Parti Socialdémocrate), déjà inscrits ou qui s'inscrivent au Parti en cette occasion.
On doit également à cette action les positions - sur la base de la motion approuvée par le Conseil Fédéral - prises dans le cadre du Parlement Européen et des Parlements nationaux de certains Pays du Centre et de l'Est européen, par des parlementaires inscrits au Parti.
L'initiative est destinée, d'un côté, à secouer l'indifférence et le cynisme des gouvernements des Pays occidentaux - L'Italie en premier - et en solliciter l'attention sur l'urgence de la reconnaissance de l'indépendance de la Croatie et à en susciter l'engagement sur la nécessité de mettre un terme à l'agression de l'armée putschiste de Milosevitch. De l'autre, elle préfigure des formes d'intervention non-armée, pour engager - dans une confrontation démocratique et de tolérance - les agresseurs et les agressés.
Les moments les plus importants de cette initiative se situent dans la seconde session du CF, à Zagreb et ensuite, à la fin de l'année, sur le front, à Osijek.
A Zagreb, les travaux du CF se déroulent en présence et avec l'intervention de nombreux membres de Gouvernement, dont une grande partie s'inscrit au Parti (le Président du Conseil, Franjo Greguric) et avec la participation du Commissaire de la CEE, Carlo Ripa Di Meana, du Prix Nobel pour la Paix, Maired Maguire Corrigan (eux-aussi inscrits au Parti) et de 40 Parlementaires inscrits, provenant de 10 Pays différents.
Le soutien pour l'indépendance de la Croatie et des autres Républiques et régions ex-Yougoslaves, est réalisé - comme nous le disions - à travers plusieurs initiatives nonviolentes. A plusieurs reprises, Marco Pannella et plusieurs autres députés et militants inscrits au Parti Radical jeûnent pendant des dizaines de jours.
En Décembre, après les manifestations de Maastricht à l'occasion du sommet de la CEE, Pannella annonce son intention de transformer l'initiative nonviolente de jeûne en action directe nonviolente sur le front croate d'Osijek, la ville assiégée depuis des mois, et qui a subi le choc de 3.500 blessés et 650 morts, dont la moitié étaient des civils. Il s'y rend à la fin de l'année, avec des députés (Cicciomessere, Strik Lievers, Tessari) et des Militants radicaux (Berté, Dupuis, Fiorelli, Ottoni, Pinezic), revêtus de l'uniforme de l'armée croate, l'uniforme des agressés, des victimes, pour prêter un service non-armé en défense du droit et de la démocratie. En tant que nonviolents gandhiens, parce que contre une agression flagrante, le nonviolent ne peut, contrairement au pacifiste, rester neutre entre l'agresseur et l'agressé, mais il choisit le camp de celui qui opère pour la cessation de la violence, pour la sauvegarde du droit, dans l'esprit du dialogue - dans ce cas - avec les militaires serbes obligés
d'assassiner et d'être assassinés.
Il faut enfin rappeler que le Conseil Fédéral a fourni également l'opportunité d'annoncer, à Rome, et illustrer à Zagreb, la décision du Parti de prendre part directement, en Italie, à la "Campagne pour les neuf referendum contre le système particratique" et pour la réforme du système électoral.
La décision émerge de la prise de conscience de la nécessité de consolider et d'accroître, en Italie, l'apport au projet politique et à l'effort, pour tenter la constitution du "Parti Nouveau".
2.7. ANTIPROHIBITIONNISME SUR LA DROGUE: L'ENJEU DE LA DEMOCRATIE
ET DES LIBERTES
Entre-temps, au mois de Novembre, la Commission d'Enquête du Parlement Européen sur la propagation du crime organisé, lié au trafic de drogue dans les Pays membres de la CEE, a approuvé une résolution qui établit les prémisses pour une réforme profonde de la politique sur la drogue jusqu'ici unanimement poursuivie et soutenue par les Parlements nationaux de la Communauté.
Résultat obtenu grâce à l'action menée par le Vice-président de la Commission Marco Taradash, qui, avec l'apport des représentants du Groupe Vert, du Groupe Socialiste et du PDS, a réussi à mettre en minorité leur rapporteur, le démocrate chrétien irlandais Cooney.
Selon cette résolution, il faut procéder à une vérification des coûts et des bénéfices de la politique poursuivie jusqu'ici par les Parlements nationaux de la Communauté, sur la base d'indicateurs qui vont de la propagation de la délinquance à l'engorgement des tribunaux, de la propagation du Sida et des risques d'overdose chez les toxicomanes, à la corruption dans la politique et dans l'économie.
Il en dérive qu'il faut prévoir l'élaboration d'une nouvelle politique, sur la base de ces critères: "la possession de stupéfiants pour usage personnel ne devrait pas être considérée comme un délit pénal" et "l'assistance aux toxicomanes ne doit plus être entravée par des lois pénales". On recommande l'administration contrôlée des substances stupéfiantes, la distribution gratuite de seringues jetables, l'utilisation de médicaments de remplacement, comme le métadone ou le temgesic. La Commission demande également, pour trancher net le recyclage de l'argent de la drogue, d'étudier les moyens aptes à empêcher l'accumulation de ces profits à travers la règlementation du commerce des substances aujourd'hui interdites.
Il s'agit d'un pas décisif vers une nouvelle et différente politique dans ce domaine, qui voit, depuis longtemps, le Parti Radical engagé en Italie et dans les autres Pays, par tous les moyens possibles, culturels, scientifiques, d'information et, surtout, par l'action politique, comme on l'a vu, en Italie, avec la proposition de referendum sur la "drogue" et, à l'occasion des élections politiques, avec la proposition antiprohibitionniste soutenue avec tant de vigueur par les radicaux de la "Liste Pannella".
Ce sont les radicaux, c'est le Parti Radical - unique au monde - à avoir compris, encore une fois avec plusieurs longueurs d'avance, que - la politique sur la drogue est devenue l'un des terrains d'affrontement décisif entre les différentes conceptions de l'Etat. Celles qui privilégient la laïcité ou le moralisme, les droits de l'individu ou la bureaucratie, les libertés civiles ou - de facto - l'émergence criminelle, le droit et la légalité ou les abus et l'autoritarisme, un rapport paritaire entre les Etats ou formes différentes de colonialisme. Par conséquent, puisque l'enjeu est la démocratie, le PR ne renonce pas à demander la collaboration de femmes et d'hommes de partis nationaux et d'organismes internationaux, de personnalités des sciences et de la culture, pour créer et développer une grande campagne de vérité, de libération et de tolérance.
Nous saluons avec joie et satisfaction, la requête de la Ligue Internationale Antiprohibitionniste, la LIA - dont Marie-Andrée Bertrand, criminologiste canadienne, inscrite au Parti et dont chacun connaît l'engagement et le prestige - de se fédérer au Parti.
Sur ce thème aussi, la proposition d'ordre des travaux du Congrès prévoyait la constitution d'une Commission.
2.8. L'UNITE POLITIQUE DE L'EUROPE APRES LES DECISIONS DE MAASTRICHT
Depuis le Congrès de Budapest, l'Europe communautaire aussi a changé, et il ne pouvait en être autrement. Le fameux, et sous certains aspects, mythique, "objectif 1992", la réalisation du marché interne, s'est révélé pour ce qu'il était, un "Roi-Nu", bien peu de choses devant les défis qui attendaient l'Europe.
Il aurait fallu: d'un côté, adapter les institutions, les structures et les modalités de fonctionnement de la Communauté, aux exigences de fédéralisme, de démocratie, d'aide, de "politique" et de "faire de la politique", que l'on ne peut plus désormais ajourner, comme du reste l'avait démontré, par exemple, la réponse unanime des électeurs italiens à la question référendaire promue par le PR et par les fédéralistes - en Juin 1989, à l'occasion des élections européennes - pour doter le Parlement européen de pouvoirs constituants; de l'autre, fournir des réponses adéquates à ceux qui s'adressaient à l'"Europe des douze" pour une adhésion avant tout politique, liée à la reconquête démocratique des Pays du Centre et de l'Est.
L'incapacité, aujourd'hui, de répondre à cette dernière exigence, a conditionné lourdement la réponse à donner à la précédente.
C'est dans ce cadre qu'ont été négociés et conclus les "accords de Maastricht" en Décembre dernier. Nous-autres radicaux, étions là-bas, plus de deux-cents, pour manifester notre "NON" à ce qui se préparait, contre le grand projet d'Altiero Spinelli, des fédéralistes, de nous-autres radicaux et contre ce minimum demandé par le Parlement européen: une structure unique de l'appareil communautaire et par conséquent une politique étrangère et de sécurité commune réglée par la normale dynamique inter-institutionnelle; une légitimité démocratique, avec des pouvoirs de co-décision, entre Conseil des Ministres et Parlement européen; une démocratisation de la manière de fonctionner de la Communauté; un exécutif responsable devant le Parlement; un rôle plus important des régions et l'adoption générale du principe d'aide; une extension des politiques communes, et avant tout celles pour la protection de l'environnement et pour la nationalité communautaire; une politique vers l'Est comme pour le Sud de l'Europe.
"Maastricht" n'a pas donné une seule réponse positive, au-delà de quelque "méprise", comme l'adoption de ce principe transnational élémentaire qu'est le droit d'être candidat et de voter dans tous les Pays de la CEE pour tous les citoyens aux élections communales et pour le PE: une bataille radicale, devenue, en 1989, loi italienne.
La logique intergouvernementale a prévalu sur la logique fédérale; les intérêts nationaux sur ceux d'une réélle intégration; la permanence et l'aggravation du déficit démocratique actuel; le renvoi, du reste encore non-définitif, à 1996 de l'éventuel rééquilibre des pouvoirs au sein des organes de cette nouvelle "chose" que l'on a appelé "Union Européenne".
Contre le vent d'optimisme, soulevé par la presque totalité des Gouvernements et des médias, nous dénonçons le monstre juridique et politique accouché à Maastricht. Alors que les demandes d'adhésion à la Communauté arrivent de nombreux Pays et que l'on se trouve être le pôle de référence pour la future architecture européenne, on ne peut pas ne pas donner tout de suite une structure institutionnelle adéquate.
Cependant, face à un scénario qui est en évolution continue, il n'est pas facile d'indiquer quelles sont les actions politiques les plus opportunes: nous espérons que le Congrès et la Commission spécifique puissent donner des indications utiles, tant sur le plan politique général que sur les initiatives concrètes à entreprendre.
Nous croyons toutefois qu'une double action simultanée est nécessaire, et qu'il faut la mener aussi bien à l'intérieur de la Communauté européenne qu'à l'extérieur, dans les Pays du Centre et de l'Est de l'Europe comme dans les Pays Balkans.
En ce qui concerne la Communauté, le débat déjà ouvert dans plusieurs Pays sur la ratification du Traité de Maastricht - bien que celui-ci ne représente pas grand'chose - continue de démontrer l'absence complète de volonté politique nécessaire pour faire progresser le processus d'unité de l'Europe, en en accentuant ainsi également son déclin économique.
C'est pourquoi, malgré la grande difficulté de la tâche, nous pensons qu'il faut relancer immédiatement l'Europe politique à travers une grande campagne fédéraliste.
Cette campagne, basée aussi bien sur l'action au Parlement européen et dans les Parlements nationaux, que sur l'action populaire, doit-être destinée à obtenir que les douze Gouvernements, ou une partie de ces derniers, se mettent d'accord pour confier au préalable au Parlement européen, qui sera élu en 1994, la tâche de rédiger un projet de Constitution fédérale européenne, dans l'année qui suit son élection au plus tard, et qu'ils s'engagent à soumettre directement ce projet à la ratification des Parlements nationaux (ou à un referendum, selon les exigences constitutionnelles de chacun), sans passer par une Conférence diplomatique.
L'entreprise, certes, n'est pas aisée, mais aujourd'hui nous pourrions, nous, exploiter un élément positif: le Gouvernement Allemand et le Chancelier Kohl - même si ce n'est pas avec la force nécessaire souhaitée - ont réclamé à Maastricht, à ce que l'on joigne à l'Union monétaire, une Union politique supranationale. Nous devrions essayer de pousser - en nous servant de cette position - la majorité des Douze à suivre cette ligne politique.
Quant à l'action extérieure à la Communauté, dans les Pays d'Europe Centrale, de l'ex-Union Soviétique et de l'ex-Yougoslavie, il faut tout de suite organiser un sujet politique européen nouveau, un mouvement fédéraliste, transpartite, transnational, démocratique qui dirige les nouvelles réalités nationales vers des formes d'association qui, en tenant compte de chaque réalité intérieure, puissent constituer l'embryon pour la réalisation de l'Union paneuropéenne.
Le Parti Radical réussira-t-il à devenir assez fort pour contribuer à transformer la Communauté en une Fédération démocratique et pour créer les conditions pour réaliser, dès que possible, la "Grande Europe"?
C'est-là, l'un des paris que nous devons engager, si nous voulons que l'Europe ne devienne pas une vaine espérance pour des millions et des millions de personnes qui se tournent vers elle après des décennies de "communisme réel".
2.9. LE PROBLEME DE LA COMMUNICATION INTERNATIONALE ET LE DROIT DE CHACUN A SA PROPRE LANGUE
Ce n'est pas un hasard si nous avons proposé d'unir, dans cette Commission, le grand thème de l'unité politique de l'Europe au thème de la Communication internationale et, en particulier, du "droit de chacun à sa propre langue" de ceux qui - se fixant l'objectif de l'unité politique - ne veulent certainement pas renoncer à leur propre autonomie culturelle, linguistique, ethnique. Cela, surtout, dans la perspective d'une unité européenne ouverte aux Pays du Centre et de l'Est européen, menacés par les risques désastreux que représentent les nationalismes et les ethnies.
De ces prémisses, naît l'intérêt du Parti pour l'espéranto.
Pendant des années, des inscrits, des passionnés de cette langue, ont essayé d'attirer l'attention et de porter l'intérêt sur ce sujet, dans nos Congrès, sans obtenir de résultat concret.
C'est le choix transnational qui a en déterminé les conditions objectives.
Pannella, déjà au Congrès de Budapest, en fait un premier rappel, mais c'est avec le projet politique, avec le journal, que des résultats positifs de l'activité, menée entre-temps par l'Association radicale espérantiste et par les camarades qui y consacrent, avec constance et continuité, tout leur engagement, sont mis en évidence.
Le Parti Radical, transnational et transpartite trouve ainsi des réponses toujours plus diffuses de la part des amateurs de cette langue, dans leurs sièges officiels comme chez les individus.
En Juillet 1991, a lieu, en Norvège, le Congrès Mondial Espérantiste, de l'UEA (Universala Esperanto Associo), avec plus de deux-mille délégués, auxquels on distribue le premier numéro du journal, et une rencontre officielle de nos inscrits avec les membres-directeurs de cette association a lieu.
C'est ainsi que commence un rapport profitable avec l'UEA qui diffuse dans ses périodiques, avec des articles et des interviews, la proposition radicale et le projet politique du Parti. Deux numéros du journal sont traduits et expédiés dans cette langue à une liste de 8.000 personnes environ: l'incidence des réponses est très significative, même en termes d'inscriptions.
C'est un aspect nouveau de l'activité du Parti, dont nous ne pouvons cacher l'importance politique.
D'autre part, il faut constater comment il a pu se faire que se soit constituée une Fédération de Pays, multiculturelle et plurilinguistique, privée d'une langue officielle. Une affirmation est convaincante, selon laquelle, si un choix tombait, pour l'Europe, sur l'anglais, cet idiome étoufferait - jusqu'à les détruire petit à petit - toutes les autres langues du continent, comme cela est arrivé, dans le passé, pour les langues en position politiquement dominatrice.
Une langue planifiée et neutre - seul l'espéranto disent les espérantistes, est prêt et adapté à cet évènement - pourrait mettre tout le monde "sur un plan d'égalité", éviterait l'hégémonie culturelle de l'Amérique sur l'Europe, en ne mettant pas en condition avantageuse, le monde parlant anglais; il semble en outre indiscutable que l'espéranto est facile à apprendre, qualité qui éviterait des inégalités entre classes riches et classes pauvres; enfin, puisque ce n'est la langue maternelle de personne, ni une langue porteuse d'une culture déterminée, celle-ci ne produirait pas la destruction systématique des langues parlées aujourd'hui et de leurs cultures .
La question se "solde" ainsi avec l'objectif de l'unité européenne puisque c'est un fait acquis, qu'aucun idiome n'a jamais réussi à s'affirmer comme langue internationale pour ses mérites linguistiques, mais qu'il s'est toujours imposé pour des raisons politiques, en situation de force. C'est pourquoi la "fédération européenne" - qui ne peut ne pas compter parmi ses propres raisons, celle d'être la défense des diversités culturelles et linguistiques des peuples qui en font ou qui en feront partie - est une condition politique essentielle pour pouvoir soutenir l'utilité de l'espéranto et en vérifier le caractère fonctionnel.
Le problème se pose de toutes façons et la question mérite attention et approfondissement.
2.10. L'ILLUSION D'UNE SOLUTION MILITAIRE POUR LA SECURITE.
LA CAMPAGNE DU PARTI RADICAL POUR UNE TECHNOLOGIE DE PAIX DANS
LE SUD DU MONDE.
Plus d'un an après la "Guerre du Golfe", les espoirs de mettre sous contrôle et réduire le commerce international d'armes semblent s'amenuiser. Deux sommets des membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU (Usa, Russie, France, Grande Bretagne et Chine), qui ont eu lieu en Juillet et en Octobre 1991, respectivement à Paris et à Londres, et consacrés à ce problème, n'ont pratiquement pas abouti.
Au cours de cette dernière année, la Chine a continué de résister aux pressions diplomatiques américaines destinées à limiter ses exportations d'armes et de technologie militaire: on a appris, qu'il y avait eu des transferts, non seulement d'armes conventionnelles chinoises, mais aussi de vecteurs de missiles et - ce qui est pire - de technologie nucléaire, vers des Pays comme l'Iran et l'algérie. Le régime chinois est allé même récemment jusqu'à défendre la dictature du Nord-Coréen Kim Li Sung dans la course à l'armement nucléaire de son Pays. Il ne résulte pas non plus que l'adhésion chinoise au Traité de Non-Prolifération Nucléaire soit imminente - adhésion qui avait pourtant été annoncée l'été dernier.
De son côté, la Russie a considérablement ralenti ses propres efforts de conversion industrielle dans les secteurs civils: elle vend à des prix sacrifiés sur le marché international, son surplus de matériel militaire (Parmi ses acheteurs, l'Iran encore une fois) et elle semble vouloir résoudre ses très graves problèmes financiers par la relance de la vente d'armes à l'étranger.
Dans la guerre civile de l'ex-Yougoslavie, où l'embargo des Nations-Unies a été tardif et inefficace, il s'est rapidement créé une sorte de course à l'approvisionnement des adversaires, de la part de tous ceux qui avaient des excédents d'armes à vendre (des libanais aux Pays de l'ex-Pacte de Varsovie).
L'illusion d'une solution militaire pour la sécurité est en somme longue à mourir, comme le prouve, entre-autres, le cas des ambitions ukrainiennes de se doter ex-novo d'une armée de plus de 400.000 hommes.
Ces tendances, si elles se confirment, risquent de faire échouer les efforts de coordination internationale destinés à contrôler l'offre: il suffit en effet d'un seul acteur qui ne respecte pas les règles du jeu pour faire sauter toute l'action collective et revenir au vieux dicton »si je n'exporte pas d'armes, c'est mon voisin qui le fera .
Nous avons essayé, au cours de l'année 1991, de conduire une action au niveau international sur ce thème, avec l'objectif d'affirmer un régime international de non-prolifération d'armes conventionnelles et de technologie militaire. Première signataire, notre Présidente du Parti, Emma Bonino; la Chambre italienne, en Mai 1991, a approuvé à une grande majorité, une motion qui engage le gouvernement à travailler pour la création justement, d'un »régime international ou, d'un cartel de Pays producteurs pour empêcher le transfert, vers des Pays en voie de développement, de systèmes importants d'armes conventionnelles et, en particulier, de moyens de destruction de masses, ainsi que de technologies et d'éléments nécessaires à leur fabrication .
Il serait sûrement nécessaire, en plus d'être politiquement indispensable, étant donnée la situation que vit actuellement la planète, de reprendre cette bataille avec force, vigueur, élan, dans le plus grand nombre de Parlements possibles: il n'y a aucun espoir pour que les Gouvernements réussissent à adapter la rapidité et la portée de leurs décisions à la gravité de la situation mondiale sans la stimulation des gens et des représentants élus.
Il s'agirait, autrement dit, de trouver de nouvelles formes de collaboration entre Nord et Sud du monde; collaboration où tous les transferts militaires seraient systématiquement remplacés par des transferts de technologie civile et des aides financières aux pays sous-développés.
Ce thème, et encore plus le thème de l'environnement, n'ont pas eu le développement souhaité et prévu par le projet politique 1991.
La première raison, essentielle, de cette carence, est à attribuer à l'insuffisance d'énergies disponibles pour donner suite à l'engagement que nous avions pris. Et certainement pas à l'absence de sujets ou de possibilités d'initiative et d'action politique. Ce sont en effet des thèmes qui constituent - en premier lieu - une partie de l'action produite par le Parti.
3.1. LA SITUATION ACTUELLE DU PARTI
Ce que je viens de vous lire jusqu'ici - très chers amies, amis et camarades, a pour but de "vous rendre compte" de trois années d'activités du Parti.
C'est une lourde tâche, longue et ennuyeuse, surtout pour ceux qui doivent l'écouter ou qui veulent le lire.
C'est une tâche, cependant, à laquelle je n'ai - nous n'avons - jamais voulu nous soustraire depuis quatre ans, bien qu'à maintes reprises et de toutes parts, on en ait souligné le caractère "administratif", quelques fois répétitif, effacé, avec trop de chiffres ou trop de détails, en définitive, expression "bureaucratique", peu ou prou "politique".
En ce qui me concerne, je pense qu'il est essentiel de relater ce qui a été fait ou pas fait, "en rendant compte" (c'est le terme exact), avec ponctualité, des moments et des passages significatifs de l'action entreprise et de l'activité menée. Faire connaître, de toute chose - autant que possible - les raisons, les modalités, le poids et la signification.
Un organisme - comme l'est un parti - son existence, ses valeurs, sa capacité d'analyse et d'évaluation, d'initiative et d'affirmation politique, ne peuvent pas faire abstraction et ne pas être proportionnées aux effectives énergies et aux ressources disponibles et disposées à opérer, au méthodes suivies, aux modalités adoptées pour les organiser et les gérer.
C'est dans ce "compte-rendu" que réside le respect formel et fondamental de l'"autre", de celui qui a le droit et le devoir de connaître pour évaluer, juger et décider.
Amies et amis très chers, c'est à vous que la responsabilité revient - puisque par notre propre choix, les nôtres font défaut - à vous qui avez été appelés et convoqués à ce Congrès - d'évaluer, choisir et décider dans des conditions qui sont de pleine "souveraineté" retrouvée.
Comment pourriez-vous répondre à cette responsabilité, comment pourriez-vous mettre en relation à la "politique", aux situations générales et spécifiques auxquelles vous devez - nous devons - faire face, notre situation, l'"état du Parti", sans disposer d'informations, de données, d'éléments, autant que possible exhaustifs?
Il ne s'agit pas par conséquent d'une "formalité bureaucratique" mais - à mon avis - d'aspects et de termes essentiels pour assurer et maintenir un rapport, non seulement correct, mais efficace dans le Parti, qui soit une garantie de confrontation et de vitalité démocratique, conditions celles-ci, qui sont nécessaires, indispensables et auxquelles nous ne devons, nous ne pouvons renoncer.
Aucune obligation ne nous imposait une échéance pour la convocation de ce Congrès.
Les échéances imposées par la motion de Budapest sont politiques et concernent la constitution du "Parti Nouveau", transnational et transpartite et la vérification de l'existence et de la praticabilité des fondements opérationnels, et d'initiative et action politique, requis pour réaliser cet objectif.
Il aurait été inacceptable, ayant, nous-autres, librement choisi de convoquer le Congrès pour répondre à des exigences et des évaluations de valence politique et non pas statutaires, que nous nous fussions soustraits à l'obligation de vous fournir le "compte-rendu" de ces trois dernières années.
3.2. L'EXAMEN DE CERTAINS PARAMETRES.
LES INSCRIPTIONS.
Il y a des paramètres qui peuvent aider à procéder à l'examen de la situation actuelle du Parti:
les inscriptions et la composition du Conseil Fédéral, plus généralement les réponses parvenues jusqu'ici au "projet politique" et, en particulier, au journal.
Nous en sommes aujourd'hui, après quatre mois de campagne d'inscription 1992 - cette année la campagne a démarré en Janvier, avec plus de deux mois de retard par rapport aux deux années précédentes - à un nombre supérieur à celui des inscriptions à la fin-1990 (4.267) et à la fin-1991 (4.293)
Résultat qui pourrait conduire à de confortables considérations, s'il n'était la conséquence d'un facteur indubitablement positif - les inscriptions dans les autres Pays - et de deux autres négatifs - les inscriptions en Italie et la dimension du résultat dans son ensemble qui est bien loin de celle des dizaines de milliers d'inscrits, ordre de grandeur qui constitue la "condition technique" indispensable pour assurer l'existence du Parti transnational et transpartite.
En Italie, les inscrits, aujourd'hui, n'arrivent pas à 2.000, 1.000 de moins que les inscrits fin-1991 et 1.300 de moins que les inscrits fin-1990. Environ 600 de moins que les inscrits des trois premiers mois de chacune de ces deux années, malgré l'apport du IVè Congrès italien et la Convocation du 36è Congrès Ordinaire. Il se peut qu'il y ait eu l'influence négative, cette année, du renvoi de la campagne d'inscription à après la période des fêtes de fin d'année - lorsqu'en Italie, on verse la 13ème mensualité - et de la campagne électorale, durant lesquelles on a toujours constaté un ralentissement du flux des inscriptions. Il s'agit de chiffres minimes, qui ne peuvent préoccuper, si l'objectif était d'atteindre et dépasser cette année, les 3.000 inscrits: mais nous savons tous que ce n'est certainement pas là le résultat dont nous avons besoin.
Pour l'Italie aussi, la dimension est différente, l'objectif à atteindre est différent, tous deux très éloignés des résultats actuels.
Les inscriptions dans les autres Pays, dans les Pays du Centre et de l'Est européen, font enregistrer au contraire des résultats importants, sûrement positifs: il s'agit de presque 3.000 inscrits, plus du double du total atteint fin-1990, env. le double du total de fin-1991. A Budapest, en 1989, les inscrits en Urss étaient au nombre de 10, alors que l'objectif fixé à Bologne, il y a plus de quatre ans, était de 3.000 inscrits "résidents dans des Pays autres que l'Italie".
Dans la seule République Russe, les inscriptions se montent à plus de 1.200 (plus de 200 à Moscou) et si nous les ajoutons à celles de toutes les autres Républiques de l'ex-Urss, nous arrivons à plus de 2.000. Les inscrits au Parti sont présents dans toutes les autres Républiques de l'ex-Urss: 500 en Ukraine, 160 en Azerbaïdjan, 50 en Bielorussie, 35 en Lettonie, 70 au Kazakistan et 40 en Uzbékistan.
Il y a deux "secteurs" principaux de provenance des inscrits ex-soviétiques au PR: celui des ouvriers et des travailleurs agricoles (317) et des étudiants (265), l'autre, celui des enseignants (172) et des "professions libérales" (409).
Au total, il y a 30 parlementaires résidents dans les Républiques de la Communauté des Etats Indépendants et en Géorgie, 8 dans les Pays Baltes.
C'est un résultat important sous plusieurs aspects, assez inattendu, même si souhaité.
Il y a 105 inscrits en Roumanie: dont 41 parlementaires qui sont le résultat qui peut même paraître paradoxal. En effet, leur inscription a été influencée positivement, initialement, par la campagne de désinformation et de dénigrement - conduite par les journaux nationalistes et par les journaux démocratiques, dont également "Roumanie Libre" - à l'encontre de l'action du Parti Radical et des attaques menées par ces mêmes journaux, contre les parlementaires qui se sont inscrits au fur et à mesure.
L'action conduite en Bulgarie, où se sont inscrits à ce jour 29 parlementaires et en Albanie, 9, est récente puisqu'elle remonte à ces deux derniers mois.
3.3. LA COMPOSITION DU CONSEIL FEDERAL
Comme chacun sait, à Budapest, dès 1989 - en relation à l'initiative politique qui conduisit au 35ème Congrès - il s'est constitué un point de référence qui a joué initialement des fonctions de coordination pour l'activité dans les Pays du Centre et de l'Est européen. Il y a 35 inscrits au Parti, pour l'année 1992, en Hongrie, dont un seul parlementaire.
En Tchécoslovaquie, la mobilisation des militants radicaux pour la reconnaissance de la Croatie et l'initiative pour l'abolition de la peine de mort - à laquelle ont adhéré des ministres, des parlementaires marquants, sans oublier l'adhésion du Président Havel - ont mis en évidence la crédibilité du Parti Radical dans ce Pays. En 1992, les inscrits sont au nombre de 75, dont un Vice-ministre et dix Parlementaires.
Dans les Républiques et dans les Régions de l'ex-Yougoslavie, il y a 247 inscrits au PR 1992. Outre le Premier Ministre croate, Franjo Greguric, son Vice-premier ministre, Zdravko Tomac, au dernier Président de la Yougoslavie, Stipe Mesic, il y a 43 parlementaires inscrits au Parti.
A ces résultats s'opposent les données relatives aux inscrits dans les Pays d'Europe Occidentale: en tout, il n'arrivent pas à 50 - Italie exclue - et parmi ceux-là, 2 parlementaires suisses, un membre de la Chambre des Lords et un Parlementaire européen élu en Espagne.
Nous nous arrêterons bientôt sur cet aspect, qui met, malheureusement, en évidence, à quel point, dans ces Pays, la culture et la politique ne sont pas en mesure de s'opposer de façon valable aux contraintes des centres de pouvoir des bureaucraties des Etats Nationaux.
Même en ce qui concerne les autres continents, il s'agit de chiffres plutôt modestes, à l'exclusion, en Afrique, du Burkina Faso - où opère depuis longtemps déjà, guidée par l'initiative de Basile Guissou, une Association radicale reconnue - et de la Côte d'Ivoire, où il y a 2 parlementaires inscrits.
La diffusion du journal et l'intérêt manifesté par les partisans de l'Espéranto, ont produit des résultats minimes mais significatifs dans plusieurs Pays asiatiques et en Amérique méridionale.
Comme vous le savez peut-être déjà, le Conseil Fédéral a maintenu ces dernières années, même après la prise en charge des pouvoirs statutaires, sa fonction primordiale en assurant une liaison et un siège de rencontres entre nous et des camarades parmi les plus qualifiés. Pour rendre plus profitable cette fonction, nous avons suivi le critère, fixé par le Congrès de Budapest, d'associer aux membres du Conseil Fédéral élus ou désignés par le Congrès, même tous les nouveaux inscrits qui font partie d'assemblées parlementaires dans différents Pays.
279 personnes font partie actuellement du Conseil Fédéral, dont 207 sont des parlementaires.
Des 72 non parlementaires: 35 sont les élus par le Congrès (17 italiens et 18 citoyens d'autres Pays); 32 (26 italiens et 6 d'autres Pays) sont membres de droit puisqu'ils font partie des organes exécutifs du Parti (secrétaires, trésoriers et membres du secrétariat ou de commissions exécutives); 5 sont désignés par les Associations radicales reconnues (Co.R.A. - Coordination Radicale Antiprohibitionniste; A.R.Co.D. - Association Radicale pour la Constituante Démocratique et pour la Réforme de la Politique; A.R.E.D.A. - Association Radicale pour l'Etat de Droit en Afrique, ayant son siège au Burkina Faso; E.R.A. - CO.D.I.C.E. - Espéranto Radikala Asocio-Coordinamento pour la Démocratique Intégration Culturelle Européenne; Groupe Satyagraha).
Des 207 parlementaires, 32 sont italiens et 175 proviennent de 29 autres Pays.
Un "groupe parlementaire" plus nombreux que celui dont disposait, en Italie, dans la législature précédente, le Parti Communiste, à la Chambre des Députés, et supérieur à celui dont dispose aujourd'hui la Démocratie Chrétienne.
Parmi les membres italiens du Conseil Fédéral, on compte: deux Ministres et huit parlementaires socialistes, deux parlementaires du Parti Démocratique de Gauche, cinq Verts, deux de l'Union Valdôtaine, un Socialdémocrate, un Républicain, cinq de la "Liste Pannella", cinq parlementaires et un commissaire de la Communauté Européenne.
Dans les autres Pays, parmi les inscrits à notre Parti il y a des représentants de presque 80 partis nationaux et en particulier: un Vice-ministre et dix parlementaires tchécoslovaques; deux parlementaires de la Bosnie Erzégovine; le Président du Gouvernement et 30 parlementaires croates; le Président du Parlement du Kossovo; deux parlementaires serbes; un Vice-ministre et un député slovène; sept Députés macédoniens; 41 Députés roumains; 29 Députés bulgares; 4 membres de l'ex-Soviet Suprême de l'ex-Urss; un Député arménien; un Député adzéri; 6 parlementaires estoniens; le Vice-ministre de l'Information de la Géorgie; un Député letton; un Député lituanien; un Député du Kazakistan; deux Parlementaires du Kirghizistan; deux Députés ukrainiens; 18 Parlementaires russes; un Député hongrois; un Député de Côte d'Ivoire; une Parlementaire israélienne; un Député suisse; un argentin; un Lord anglais; un Député péruvien; un polonais; un vénézuélien; un Parlementaire Européen de nationalité espagnole.
Parmi les personnalités inscrites à notre Parti, nous tenons à rappeler ici Maired Maguire Corrigan et George Wald, tous deux Prix Nobel, respectivement, pour la Paix en 1978 et pour la Médecine en 1967.
3.4. LES REPONSES AU "PROJET POLITIQUE" ET AU "JOURNAL"
Plus de 2.500 lettres nous sont parvenues en réponse au "Projet Politique" et au Journal: de manières différentes, elles expriment l'intérêt non seulement à l'égard de la publication, mais aussi de l'initiative politique, la proposition transnationale.
Il s'agit de réponses et de manifestations d'adhésion d'origines différentes, mais - si l'on considère la portée du "message" - elle font toutes partie d'un même ensemble, étant donné leur dénominateur commun, qui est l'intérêt politique, la sympathie, la curiosité, le souhait de mieux comprendre de quoi il s'agit. Elles s'exercent de la manière suivante: en partie, par l'inscription immédiate; en partie, par l'impossibilité de concrétiser l'adhésion - due, à l'importance de la somme à payer pour la cotisation d'inscription ou au prétendu obstacle de l'appartenance à d'autres groupes politiques; en partie, par la volonté de collaborer à la diffusion des idées du Parti Radical, de faire partie, de quelque manière, de cette "entreprise politique".
Un journal ayant des aires d'acheminement aussi vastes et diversifiées - d'une part, ayant en commun le fait d'avoir comme destinataires les représentants des institutions parlementaires, et d'autre part, le fait d'être informés, ces derniers, pour la première fois de l'existence du Parti Radical, et plus particulièrement de son projet politique - ne peut que fournir des éléments de réflexion et d'analyse, de ce que nous appelons des "retours", non-immédiatement homogènes.
Dans ce sens, il est évident, et prévisible, que les conditions économiques, sociales, de participation à la vie et à la communication, pas à proprement parler nationale ou même dans certains cas, régionale, pèsent considérablement sur le type de réactions et de réponses. On pouvait donc s'attendre, même si de notre point de vue cela peut ne pas être justifiable et satisfaisant, à ce que les Pays les moins riches donnent les réponses quantitativement les plus importantes. Si l'on pense par exemple aux Pays de l'ex-Urss, ou à ceux de l'Amérique Latine, dont chaque inscription qui arrive des sièges parlementaires en premier lieu, comme aussi chaque lettre, est source de joie, non seulement pour le fait en soi ou pour la sensation de rapprochement idéal qui s'établit avec l'interlocuteur inespéré, mais surtout parce que la soif de connaissance, d'information, la tentative d'établir un premier contact qui pourrait conduire à des initiatives politiques communes, sont des éléments d'importance non-négligeab
le.
L'"Eurocentrisme" apparent et possible d'une organisation transnationale, a trouvé ces derniers mois un démenti adéquat, sinon dans l'inscription massive provenant des Pays Extra-Européens, du moins dans les réponses fournies par d'autres Pays, qui constituent une première indication précise d'intérêt, qui laisse espérer si elle est alimentée et cultivée.
Il ne me semble pas "hors de propos", de reporter ici, quelques lignes écrites par le Député péruvien, Wilfredo Alvarez Valer, qui s'est inscrit au Parti Radical au mois de Novembre dernier après avoir reçu un exemplaire du journal "Le Parti Nouveau" au nom de son groupe politique:
»Dans un monde où la démocratie est l'unique instrument individuel et collectif pour garantir la Paix, la Liberté et la Justice, unir les forces pour former un grand mouvement pour la nonviolence, l'environnement, qui soit libertaire et socialiste, demande des efforts communs de la part des habitants de notre planète. L'agression constante contre la nature, la destruction de l'environnement, ainsi que la survie de nos enfants dans un monde inhospitalier et hostile, l'absence d'interrelations entre les peuples qui ne permet pas que le progrès scientifique et technologique se fasse au profit de l'humanité: ce sont-là les obstacles les plus importants contre une solution harmonique des problèmes mondiaux. Etant intéressés par une proposition politique radicale dans notre Pays, nous sommes proches de votre initiative et nous souhaitons avoir de plus amples renseignements pour pouvoir adhérer à ce choix, inédit, transnational .
La campagne pour l'abolition de la peine de mort en ex-Urss, la campagne politique publicitaire dans la presse locale, la diffusion d'informations à la classe parlementaire de la Confédération des Etats Indépendants - que la situation d'incertitude et d'instabilité institutionnelle ne rend certes pas facile - ont produit une réaction, en termes d'inscriptions et d'attention, de »retours", qui, probablement, si on l'analyse avec des méthodes plus rigoureuses, pourrait donner la dimension de la potentialité politique d'un Pays - dominé jusqu'ici par l'absence de libre communication - par la possibilité d'expression civile et politique.
Des chômeurs qui envoient 25 roubles pour l'inscription, aux ouvriers déjà inscrits au Parti Communiste, à ceux qui, jamais inscrits dans aucun type d'organisation politique, s'inscrivent pour la première fois au Parti Radical, aux ingénieurs, aux techniciens, aux représentants des professions libérales, aux journalistes qui offrent la possibilité de diffuser des nouvelles de l'activité du Parti transnational dans leurs propres journaux: c'est, en résumé, la représentation de l'"écoute" obtenue et des nouveaux protagonistes possibles de l'action politique radicale.
L'attention et les réponses ne manquent pas en provenance des Pays d'Europe Centrale, de Roumanie, de Pologne, de Bulgarie, de Tchécoslovaquie, où, en plus des adhésions à l'appel sur la campagne pour l'abolition de la peine de mort, on peut trouver la réponse de groupes actifs sur le thème des droits de l'Homme, de petits groupes anarchistes ou d'associations espérantistes.
Une grande partie des "retours" a été caractérisé par la campagne d'information et de débat dont le journal s'est fait promoteur, sur le fédéralisme linguistique et en particulier sur le thème espéranto. La spécificité du sujet, sa nette connotation non-nationale, la sélection faite sur le type de liste d'adresses (constitué d'espérantophiles ou espérantistes considérés individuellement ou au niveau collectif) a produit - comme on l'attendait - de nombreuses adhésions de plusieurs Pays du monde, qui se sont traduites cependant, seulement partiellement, en inscriptions au Parti Radical. L'adverbe "seulement" signifie la disproportion qui existe aujourd'hui entre la presque totale communion d'intentions de ces interlocuteurs qui s'inscrivent ou prennent contact avec nous et la proposition politique transnationale, fédéraliste du Parti Radical. En effet, il n'est pas simple d'affirmer l'exigence du Parti en tant qu'instrument d'initiative et lutte politique, auquel on contribue à donner corps et consistan
ce pour faire cheminer les idées dont on est l'auteur, et non en tant que valeur en soi absolue. Certes, le récipient d'initiative politique potentielle, dans ce sens, a été construit et, espérons-le, pas encore limité dans sa capacité de volume de propositions d'initiative législative et d'action politique. Les réactions des associations ou des membres individuels des organisations internationales espérantistes sont nombreuses: des organisations à tendance politique de gauche aux organisations non-politiques; du Président de l'Association Espérantiste Lettone aux Associations Bulgares, aux Associations françaises, nous pensons avoir donné, aux espérantistes de culture, une lueur d'initiative politique positive qui vaut peut-être la peine de ne pas laisser tomber.
Certes, les réponses négatives ne manquent pas, le désintéressement manifesté dans tous les cas n'est pas important en termes quantitatifs. Ce qui peut-être préoccupe le plus c'est ce qui "n'a pas été". A savoir l'insuffisante réponse des Pays occidentaux et des parlementaires du "monde démocratique riche". Une réponse certes, est arrivée des Parlementaires européens de l'Ouest sur la "Campagne Mondiale pour l'abolition de la Peine de Mort avant l'An 2000".
La "satiété" d'information, l'inattention à l'égard des formes de proposition politique inhabituelles, du moins dans les modes, à savoir, qui ne passent pas à travers les "bureaucraties des partis nationaux", peut avoir détourné l'attention de notre proposition politique, dans ces Pays-là.
Dans la dernière période considérée, d'après les analyses qui ont été faites sur les "retours" produits par le journal, on trouve une donnée importante, la croissance du nombre de réponses: on passe d'une croissance de 49,17% au mois de Novembre, à une croissance de 96,52% au mois de Février-première moitié de Mars (comme on peut le constater dans le tableau joint -3). Cette donnée fait abstraction naturellement, en termes de temps, de l'envoi global, à toutes les destinations du cinquième et du sixième numéro). Un élément non-négligeable d'estimation, même pour le futur, vient du pourcentage considérable de réponses provenant d'ex-Urss, dû à notre campagne publicitaire sur la "Komsomolskaya Pravda".
3.5. L'ACTION DU PARTI EN EUROPE CENTRALE ET EN EUROPE DE L'EST.
En ce qui concerne l'illustration des activités menées directement par le Parti dans les Pays du Centre et de l'Est européen, et qui ont accompagné et soutenu l'effort accompli par le journal pour faire connaître le "projet politique", contribuant ainsi à obtenir des résultats, des camarades interviendront, qui depuis longtemps, des années pour certains, y consacrent tout leur travail: Marino Busdachin, Antonio Stango et Andrea Tamburi à Moscou, Olivier Dupuis et Massimo Lenzi à Budapest, Paolo Pietrosanti à Prague et Sandro Ottoni à Zagreb.
3.6. QUELLE EVALUATION POUVONS-NOUS DONNER SUR LE "PROJET
POLITIQUE"?
A la lumière de ces paramètres, qui s'ajoutent à tout ce qui a été exposé précédemment, quelle évaluation pouvons-nous donner sur le "projet politique", sur l'engagement et les énergies auquels nous nous sommes consacrés, au second semestre de 1991 et dans les premiers mois de 1992, pour le réaliser?
Cela vaut la peine de rappeler avant tout, que ce projet s'adresse essentiellement aux forces politiques et à leurs représentants dans les assemblées législatives des Pays de toute l'Europe.
Nous avons dit qu'il y a 175 parlementaires inscrits au Parti, résidents dans des Pays autres que l'Italie. Ils sont présents, ici, pour la plupart, pour participer à nos travaux: nous leur souhaitons une chaleureuse et amicale bienvenue et nous leur adressons tous nos remerciements.
Il s'agit d'un premier indice, de grande importance, d'un premier succès qui, associé aux nombreuses et significatives réponses à l'envoi de notre journal et aux autres initiatives lancées au cours de cette période, constitue une confirmation selon laquelle en Europe, il existe des Pays où la répercussion et l'utilité du Parti transnational et transpartite, en tant que moyen, instrument d'action politique, capable d'intégrer, étendre, renforcer leur appartenance à leurs propres partis nationaux et ce que cette appartenance leur permet de produire dans les situations spécifiques à leurs propres Pays.
D'autre part, même les inscriptions d'autres citoyens sont là, avec leur nombre, pour indiquer une réponse qui est déjà plus ample et significative. Nous sommes tous conscients que cette réponse est encore très loin du but qui pourrait constituer le réel début d'un processus d'affirmation du Parti en tant que tel, fort de la conscience de sa propre fonction même dans le cadre de l'adhésion militante et d'une partie importante de l'opinion publique. Nous avons du reste plusieurs fois affirmé notre conviction selon laquelle, uniquement par la compréhension, l'apport et l'action des forces politiques et de leurs représentants, ce processus peut se constituer et se développer en Europe et ailleurs, dans les différents Pays.
C'est pourquoi nous tenons à souligner, encore une fois, la valeur de l'inscription des Parlementaires au Parti, de leur présence à ce Congrès et de leur contribution qu'ils voudront bien fournir à notre débat.
Il est aussi évident que l'intérêt suscité par le projet et par notre initiative, se concentre dans les Pays du Centre et de l'Est européen.
Les raisons me semblent évidentes et elles répondent, encore une fois, à la validité particulière de nos analyses politiques, aux positions que nous avons prises depuis des années, aux choix que nous avons faits, à l'emploi de nos énergies et de nos ressources.
Avec insistance, même si nous n'avons pas été écoutés, nous avons pendant longtemps dénoncé et soutenu avec force, la nécessité d'opposer à l'"Empire Soviétique", avec davantage et différente attention, une action capable, au nom des valeurs démocratiques et nonviolentes, d'en favoriser, en la prévoyant, la chute: il fallait - à notre avis - dépasser l'opposition idéologique, couverture d'intérêts réels opposés entre-eux, mais aussi - en définitive - expression de commodes et, pourquoi pas, confortables équilibres.
Les nôtres n'étaient pas des dénonciations soutenues uniquement par des paroles mais aussi - pour autant que possible - par notre initiative et notre action directe.
3.7. NOTRE ACTION DIRECTE DANS L'EST EUROPEEN POUR LA CONSTRUCTION DE L'EUROPE POLITIQUE
Nous avons été les seuls à nous faire arrêter il y a vingt-ans à Sofia, certains d'entre-nous explusés à vie de Prague, arrêtés en Turquie, à Moscou, à Varsovie, à Bucarest. Dans l'"Empire du mal", pendant vingt-ans, nous avons essayé d'informer, d'"exporter" le droit et la démocratie, nous avons essayé de défendre les droits des "refuznik", des minorités opprimées de l'Est.
Par notre action, au Parlement européen, en Yougoslavie, nous avions indiqué une voie à parcourir, pour éviter l'explosion des nationalismes, des guerres civiles. Déjà en 1978, Pannella soutînt que les conquêtes d'autonomie et même de démocratie, comme de coexistence de la pluralité vraiment extraordinaire de nationalités, ethnies, cultures, que la constitution yougoslave avait assurées à ses propres citoyens, se seraient à la longue révélées insuffisantes. Tandis que les Gouvernements occidentaux - la France, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie, par exemple - exaltaient les mythes de "non-alignement" et de l'"indépendance nationale" yougoslave, nous seuls - à Trieste et au Parlement italien, au Parlement européen - nous demandions à ce que le problème yougoslave fût considéré comme un problème de la Communauté européenne. Nous voulions la Yougoslavie en Europe, dans l'Europe politique. Nous savions - et c'est pour cela que nous avons agi - que le salut de l'Etat yougoslave, alors fédéral, n'aurait pu a
voir lieu dans le désintérêt de la Communauté européenne. Notre initiative politique de tenir à Zagreb le XXXVè Congrès du Parti - qui s'est déroulé finalement à Budapest - s'insérait dans ce contexte: dans la tentative, que nous avons poursuivie avec rigueur, de mettre le problème yougoslave, au centre de l'attention de la classe politique et de l'opinion publique européenne.
Les faits, la guerre civile encore en cours, nous ont donné raison. Et nous le disons avec profonde tristesse, avec grande amertume. Responsable, la myopie, le cynisme peut-être des gouvernants d'Europe, obligés par la bureaucratie de ne pas donner de réponses, à maintenir des situations privilégiées, d'être en quelque sorte des irresponsables par rapport aux situations de crise en acte. Mais responsable est aussi - si vous le permettez - l'absence de croissance en Occident de l'organisation transnationale et transpartite du Parti Radical: si nous avions eu la force, dans tout l'Occident, des dizaines de milliers d'inscrits, de parlementaires et de citoyens français ou belges, anglais ou italiens, nous aurions pu, avec une autorité et une capacité différentes, constituer et être "partie", active et opérante, dans un moment où dans le coeur de l'Europe se dressent les étendards de la haine et du désespoir.
Nous savions - nous l'avons dit à Budapest, en Avril 1989, lorsque le Parti ne s'était pas encore vraiment mesuré "sur le terrain" avec les exigences, les aspirations des peuples, des gens, lorsqu'il ne savait pas encore quelle réponse son action aurait eu en Roumanie, en ex-Union Soviétique, en Hongrie, en Tchécoslovaquie, dans les Républiques et dans les Régions yougoslaves - que la construction d'une Europe politique et démocratique, si elle était urgente pour les Pays occidentaux, était vitale pour les Pays de l'Est européen. Nous savions que pour l'Est il ne fallait qu'il y ait seulement une Europe économique riche et protectionniste, qui conçoive ses rapports avec les Pays les plus pauvres de l'Est en termes d'exploitation de leur main d'oeuvre et de conquêtes de leurs marchés prometteurs. Nous savions que seule une Europe intégrée politiquement, avec des institutions démocratiques supranationales, où les exigences sociales et économiques des secteurs et des régions les plus faibles peuvent se fai
re valoir au niveau parlementaire et législatifs, aurait pu garantir un futur dans lequel s'affirme la dialectique et la tolérance entre les différents intérêts opposés.
3.8. LES TRANSFORMATIONS DANS LE MONDE ET LA REALITE DU "PARTI
NOUVEAU"
A fortiori, à la lumière de ces dernières considérations, il faut tirer quelque bilan, évaluer le sens des transformations produites dans le monde, qui nous ont marqués profondément, nous aussi. Seulement dans ce contexte, évidemment, cela a un sens d'exprimer un jugement sur la réponse que le projet politique du parti transnational de la démocratie, du droit et de la nonviolence a rencontré jusqu'ici, et de définir les choix sur lesquels le Congrès est appelé à se prononcer.
Les trois années écoulées depuis le Congrès de Budapest - c'est tellement évident que l'on risque à tout moment de l'oublier - sont celles qui séparent deux époques radicalement différentes de l'histoire mondiale. Le Congrès avait été convoqué et il s'est réuni lorsque le Centre et l'Est européen constituaient encore un bloc de dictatures communistes, parcouru bien sûr de soubressauts et de tensions inimaginables quelques années auparavant, mais encore sur pieds et apparemment bien solide. Qu'il fût possible de proposer et obtenir effectivement de réunir dans l'une des capitales du socialisme réel un Congrès comme le Congrès Radical, était en soi considéré comme un signe de rupture révolutionnaire, de préfiguration et d'annonce d'une nouvelle histoire, que l'on n'osait toutefois même pas espérer.
Se constituant en sujet transnational, là précisément, dans la Budapest communiste, dans une salle décorée par le fils de Rajik, le Parti nonviolent des droits et des libertés se proposait en tant que lieu d'organisation politique de tous ceux qui entendaient engager, sur et à travers les frontières, et en particulier celles qui séparaient l'Est de l'Ouest, une bataille politique pour conquérir la démocratie, contre les dictatures, dans toute l'Europe, dans la perspective des Etats-Unis démocratiques d'Europe. Le Parti transnational, né et enraciné dans l'un des Pays occidentaux, représenté au Parlement européen, et qui suscitait l'intérêt parmi les groupes démocratiques clandestins de l'Est, voulait et pouvait être, peut-être, le lien à travers lequel les luttes nonviolentes, pour la démocratie contre les dictatures de l'Est, auraient tiré - à l'Ouest également - leur aliment politique, leur retentissement, leur prestige. Ce fut dans cette perspective, devant les premiers résultats des démocrates d
es Pays communistes, et avec l'idée de nourir, de manière spécifique et particulière de cette bataille, la constitution du nouveau Parti transnational, que mûrit, au Congrès de Budapest, l'idée de concentrer de façon prioritaire dans les Pays de l'Est et du Centre européen, l'engagement radical: avec l'intention de contribuer à placer, dans une dimension transnationale et de fédéralisme européen, la bataille pour conquérir la démocratie dans l'univers du socialisme réel. Mais que nous étions à la veille de la chute aussi soudaine de cet univers, personne n'aurait pu l'imaginer; pas même nous, naturellement, qui, encore une fois, avions anticipé emblématiquement cependant, de quelque manière, les développements qui se préparaient.
Dans un laps de temps très bref et tumultueux, chaque élément de la situation a changé radicalement. Les termes, les concepts- mêmes avec lesquels chacun de nous était habitué d'interpréter les réalités politiques, sont devenus, dans de nombreux cas, dénués de sens, ou bien ils ont acquis des significations nouvelles dont on a souvent du mal à se rendre compte. Il suffit d'évoquer seulement ce que comporte la fin de l'opposition Est-Ouest, démocratie-communisme, qui était les fondements, les prémisses inexprimées de tout équilibre, de tout raisonnement, des instincts et des réflexes politiques les plus enracinés. Pas seulement, attention, dans le cadre de la politique étrangère et internationale.
La signification-même de la bataille fédéraliste européenne est devenue tout-à-coup autre chose, qui pendant des décennies était restée, par la force des choses, une proposition d'articulation de l'Occident dans sa confrontation avec le bloc soviétique. Ou bien, s'est dissoute l'hégémonie culturelle, sur un plan complètement différent, sur une grande partie des forces de gauche dans le monde de ces composantes - avec lesquelles notre rapport a toujours été si dur et difficile - qui refusaient et raillaient la suprématie des idées de droit de la personne et de démocratie politique.
Je ne puis évidemment pas développer un discours qui nous conduirait trop loin, et que je dois me limiter à esquisser. Je ferais seulement observer qu'en ce qui concerne la difficile tâche que nous nous apprêtions à aborder, la construction du Parti transnational, la grande transformation, impliquait de profonds changements.
D'une part, on peut bien le dire, les développements que le monde connaissait étaient là pour nous donner raison: sur ce que depuis toujours nous avions dit et fait à propos de la culture, de l'expérience et de la politique communiste; sur la valeur, même dans les Pays du Tiers-Monde, et par rapport aux luttes de libération et aux révolutions plus ou moins progressistes, des valeurs de démocratie politique et de nonviolence; sur la proposition fédéraliste et de politique supranationale (je reviendrai là-dessus bientôt); et ainsi de suite.
Mais jusqu'à quel point étions-nous en condition de faire valoir ce fait d'avoir eu raison, pour en faire une donnée de croissance politique effective? Evidemment, par l'effet de la chute des régimes communistes, les hypothèses que l'on avait pu avancer relativement au rôle possible du PR transnational entre Est et Ouest et dans le cadre de la lutte démocratique contre la dictature, devaient résulter bien vite dépassées par la réalité. Il ne s'agissait plus d'ajouter une composante de souffle et de représentation transnationale, avant tout à la Tribune du Parlement européen, aux luttes clandestines ou illégales d'opposition anti-totalitaire; ce que les forces parlementaires des radicaux, à Bruxelles et à Rome, auraient été déjà vraissemblablement en mesure de faire avec un degré d'efficacité pour le moins adéquat pour donner de l'évidence, de la crédibilité à la tentative de créer la nouvelle formation politique transnationale. Or, il fallait participer à guider et gouverner, dans la dimension transnat
ionale et européenne nécessaire, la transition démocratique; puisque - et cela nous est paru tout de suite évident - pour éviter les terribles dangers qu'apportait avec lui un processus de libération chaotique dans des Pays dévastés dans tous les sens par des années d'oppression et de mauvaise direction communiste, il était indispensable que l'Europe occidentale retrouvât elle-même, son propre sens de responsabilité politique collective, et comprît qu'un intérêt vital commun imposait de trouver les voies pour gouverner ensemble, démocraties de l'Ouest et de l'Est, dans une perspective fédéraliste, en tant que question européenne générale, la transformation démocratique du monde ex-communiste. Mais, afin que nous pussions jouer un rôle significatif dans ce sens, il aurait été nécessaire d'avoir une présence et une crédibilité bien supérieure à celle, initiale, qui était la nôtre, dans les Pays de nouvelle démocratie; mais surtout - et les deux aspects, évidemment, étaient étroitement liés - il aurait fallu q
ue notre capacité d'évoluer sur les lieux du pouvoir en Occident fût plus grande de ce qu'elle n'était en réalité, à savoir, assez grande pour nous permettre de pousser les forces politiques dirigeantes de l'Europe communautaire à assumer leurs responsabilités historiques que la transformation en cours à l'Est plaçaient devant eux.
Si l'on ajoute à cela la circonstance rappelée plus haut - à savoir, que pour assainir la situation financière du Parti, il a fallu traverser une longue période de suspension presque totale des activités - on comprendra bien les limites dans lesquelles notre action politique a pu se développer. Dans ces conditions, en effet, il n'était probablement pas possible de faire autre chose que ce que nous avons choisi de faire: utiliser les énergies dont nous pouvions disposer pour faire connaître notre appel pour nous unir dans la tentative de donner corps au Parti transnational, pour construire les conditions minimales pour faire de celui-ci un sujet de lutte politique effectif; tandis que, là et quand cela était possible, nous essayions de prendre des initiatives qui du moins, auraient préfiguré, auraient fait entendre quel rôle peut jouer un Parti radical transnational.
De ces limites il faut du reste sortir désormais; en évaluant les termes, le sens et les potentialités des réponses que nous avons obtenues, d'une part, et de l'autre en tenant compte des défis politiques par rapport auxquels le projet du Parti transnational est appelé à donner la mesure de sa propre validité.
3.9. LA REPONSE A LA PROPOSITION RADICALE DES DEMOCRATIES
POST-COMMUNISTES.
La donnée de départ pour nous, de ce point de vue-là, est que - comme je le disais auparavant - le Parti Radical est vraiment devenu une réalité transnationale; une réalité qui, en tant que telle, toutefois, hors d'Italie, s'est développée de manière significative - dans certains cas très significative, si l'on considère la qualité et le prestige des adhésions que nous avons eues - dans les Pays à peine sortis de la dictature, et non pas dans les Pays de l'Occident plus avancé.
Les explications les plus immédiates et les plus évidentes de cette différence résident tout d'abord dans la plus grande "soif" d'idées et de propositions nouvelles qui animent les Pays ex-communistes par rapport aux Pays relativement équilibrés et tranquilles de l'Occident; puis dans le fait que c'est surtout dans les Pays du Centre et de l'Est européen que s'est développée l'initiative pour promouvoir les inscriptions.
Mais on ne peut pas s'arrêter à ces premières considérations élémentaires. Sous certains aspects, en effet, la diversité des réponses à l'appel radical peut être considérée comme un miroir de l'actuelle période de l'histoire d'Europe.
En Europe du Centre et de l'Est, la proposition radicale de construire, sur une base transnationale et supranationale, une politique et des institutions pour la sauvegarde des droits de la personne, retentit comme un défi direct d'espoir sur le terrain- même du terrible chaos de problèmes laissé en héritage par la chute du communisme. Cela signifie en effet vouloir se mesurer au grand fait nouveau - qui, dans certains cas semble ressusciter l'ancien - constitué par l'irruption au premier plan, jusqu'à dominer à nouveau la scène, du facteur national et ethnique; le fait qui en soi résume les termes de la tragédie communiste. Il n'y a pas de doute: la forte tension sur la revendication du droit à l'identité nationale constitue une réponse de libération d'un système d'oppression impérial-colonialiste brutale, et en grande partie également d'oppression nationale; c'est de là que vient sa necessité et légitimité morale et politique. Par contre, la façon-même avec laquelle se développe cet apparent retour au
passé, aux Etats nationaux et à la suprématie des valeurs nationales, montre bien que les temps ont irrévocablement changé. Les terribles conflits qui investissent ou qui menacent les peuples du monde ex-communiste, l'impossibilité de les résoudre sans recourir à des éléments d'un "ordre" supérieur supranational, la nécessité d'un grand engagement international pour gouverner de quelque manière la crise économique du bloc ex-communiste, ou pour empêcher la prolifération des dangers de par le monde (voir la question de la dissémination atomique): ces éléments et d'autres encore, démontrent plus que jamais, la dramatique inadéquation de la dimension de l'Etat national par rapport aux problèmes de notre temps. Mais la malédiction de l'héritage de l'"internationalisme prolétaire" communiste et soviétique pèse sur ce scénario: bien que la dénégation des valeurs et des idéaux internationalistes et fédéralistes fût évidente, le système de pouvoir communiste se légitimait lui-même justement en faisant appel à ces p
rincipes, en Urss, dans les Pays du Pacte de Varsovie et en Yougoslavie. Cela va de soi, on ne peut proposer n'importe quelle reproposition des motifs de souveraineté et fédéralisme qui ne tienne pas compte des exigences de libération nationale que l'on ne peut supprimer et qui ne soit pas en nette rupture avec le passé.
C'est sur cet arrière-plan que prend toute sa valeur la réponse à la proposition radicale qui arrive des nouvelles démocraties post-communistes, et en particulier des secteurs tellement significatifs de leurs groupes politiques dirigeants. C'est le signe de combien on y ressent le besoin de construire un nouvel ordre en évitant les dangers d'un retour brutal aux anciennes frontières des Etats et des oppositions nationales, avec les risques de conflits ethniques, de régressions autoritaires, nationalistes, voire même racistes, avec les sombres périls de guerre qu'un tel retour peut comporter, et qui menacent en effet le présent et l'avenir. La disponibilité à l'égard de l'hypothèse radicale dans ces Pays-là semble naître de la conscience de la nécessité et possibilité d'une réponse aux problèmes de la transformation qui soit aussi supranationale et transnationale, sans d'aucune manière reparcourir les routes du passé. Et l'idée-force à laquelle s'inspirer, dans ce sens, ne peut ne pas être celle de la c
réation de lois et d'institutions au niveau supranational et européen qui protègent les droits de la personne au-delà de chaque souveraineté et institution nationale; dans l'optique d'un fédéralisme européen, entendu comme élément pour la création d'un ordre démocratique et de droit supranational, dans le cadre duquel pourrait aussi ainsi s'exercer pleinement le droit de chacun à l'identité nationale.
Il est évident de voir comment une perspective de ce type n'est pas et ne peut être entendue comme une hypothèse relative uniquement aux Pays de l'ex-Urss ou du seul monde ex-communiste: elle a un sens - et en cela aussi elle présente des garanties sûres de non-retour aux hégémonies du passé - en tant que proposition adressée également aux Pays de l'Occident, en particulier à ceux de l'Occident européens. Elle engage, en tant que telle, les responsabilités des européens occidentaux: des Etats, de la Communauté européenne, des forces démocratiques, de ceux qui se disent fédéralistes européens. C'est en quelque sorte une provocation à leur adresse; provocation pour qu'ils prennent conscience des responsabilités qui pèsent sur eux et dont le fait de les ignorer ne les dispense pas pour autant. Ce qui est d'ailleurs l'aspect sous lequel il est nécessaire à ce moment-là de considérer la question de la présence du Parti Radical en Occident.
3.10. LES RESPONSABILITES DES EUROPEENS OCCIDENTAUX, DES ETATS,
DE LA COMMUNAUTE EUROPEENNE, DES FORCES DEMOCRATIQUES, DES
FEDERALISTES EUROPEENS.
Vraiment, dans ce sens, l'attention pour le PR dans le monde ex-communiste est le signe et le miroir du grand défi en cours: celui de ne pas se laisser enfermer dans l'alternative désespérée entre la vieille "prison des peuples" soviétique et un retour incontesté à la suprématie du facteur national et de l'Etat national, à savoir, au triomphe du tribalisme au niveau politique. Défi qui, cependant - pour les raisons citées plus haut - ne sont pas seulement un fait "propre" à ces Pays. Il engage, en tant que tel, les responsabilités des européens occidentaux: des Etats, de la Communauté européenne, des forces démocratiques, de tous ceux qui se disent fédéralistes européens. Il leur demande un engagement; comme, dans un autre sens, l'effort pour éviter que la crise économique à l'Est ne bouleverse à la fois l'espérance démocratique et l'espérance d'assurer la gouvernabilité du monde, demande aussi un engagement de l'Occident économiquement avancé.
De quelque manière, à ce compte-là, la présense au PR de citoyens du monde ex-communiste, constitue une "provocation" à l'égard des européens occidentaux: provocation pour faire prendre conscience des responsabilités qui pèsent sur eux, et dont le fait de les ignorer ne les dispense pas pour autant. Par contre, le nombre de réponses que l'appel radical a obtenu en Europe occidentale, en dehors du cas particulier de l'Italie, est significatif des attitudes avec lesquelles cette partie du monde vit la période cruciale de transformation que nous sommes en train de traverser.
Ce qui dans l'ensemble caractérise le plus l'attitude de l'Europe occidentale, en effet, c'est la fuite des responsabilités. Ce n'est pas nouveau, bien sûr; c'est même la confirmation de l'une des données de fond de la vie européenne des cinquantes dernières années. Obligé ou pas, conscient ou pas, avait été le choix, en effet, de l'Europe à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, à savoir, après que les deux guerres européennes de 1914-18 et de 1939-45 avaient détruit son ancienne domination sur le monde: déléguer aux super-puissances, aux Usa, en ce qui concernait l'Europe occidentale, toute responsabilité politique de gouvernement du monde, en acceptant pour soi une condition de permanente minorité politique. Par la suite, L'Europe, des décennies durant, s'en est toujours tenue à ce choix. Le déroulement et les développements de cette grande option trouvent leur synthèse emblématique et leurs moments décisifs dans l'histoire de la construction européenne: depuis sa chute, avec l'échec de la CED, de l
a tentative de créer une Europe politique qui aurait été nécessairement co-protagoniste de la politique mondiale, jusqu'à l'option de réaliser une Europe uniquement économico-commerciale, sans valences politiques.
Le bouleversement général déterminé par la chute du communisme et par la disparition de la puissance soviétique, a non seulement créé les conditions pour laquelle cet état de chose pouvait changer, mais a surtout indiqué la nécessité d'un tel changement. C'est dans l'équilibre bi-polaire que le renoncement de l'Europe à la politique avait un sens. La fin de cet équilibre a comporté également la fin des "règles", des certitudes, des garanties de sécurité qu' à sa manière il assurait. Les Usa, unique super-puissance, ne peuvent suffire, tous seuls, à exercer une fonction de "gouvernement du monde" (abstraction faite des contenus de leur politique). Les périls, les occasions et les tentations de guerre, se multiplient. Il est évident de voir quelle nécessité il y aurait aujourd'hui d'une Europe politique, qui soit en conditions et qui ait la volonté de concourir de façon responsable à bâtir un ordre de sécurité et de droit pour tous, voire même en participant à une redéfinition du rôle et de la nature de l
'ONU ou d'une structure comme la CSCE. Il suffit des évènements de l'ex-Yougoslavie, témoignage de possibilité et de menace concrète d'une guerre en Europe, pour démontrer à quel point cette nécessité est urgente.
Et pourtant, personne n'a pris concrètement conscience en Europe, de cette nouvelle réalité. Les anciens héritages de l'habitude de raisonner chacun avec ses propres vues de son propre Etat national, continuent de dominer, conjugués avec les attitudes, les réflexes consolidés durant les cinquantes années de "délégation de la politique" aux Usa. Le "problème Europe" est bien entendu devenu dans de nombreux pays une question politique centrale, mais l'on ne se mesure ni l'on ne s'affronte sur les nouvelles tâches de l'Europe, mais au contraire, sur ce que peut signifier pour chacun des Pays de la Communauté, la nouvelle réalité économique esquissée à Maastricht. En outre, dans de nombreux cas, les inquiétudes, les pertes de certitudes - voire même devant la réalité de l'immigration - se traduisent par des fermetures, par des soubressauts d'égoïsmes tribaux (voir les Lepen), qui sont exactement à l'opposé des élans vers les prises de responsabilités qui seraient nécessaires. Du reste, le réflexe politique
le plus évident de cette réalité a été, d'un côté, l'incapacité de l'Europe occidentale d'assumer un rôle significatif dans les affaires est-européennes, pour éviter que l'extraordinaire, unique occasion de la chute du communisme ne se termine par un désastre pour tout le monde; de l'autre, la manière dont s'est développé le processus d'intégration européen, avec le résultat de Maastricht et avec la confrontation politique consécutive dont j'ai parlé plus haut.
C'est sur cet arrière-plan préoccupant qu'il faut interpréter la surdité jusqu'ici manifestée dans cette partie de l'Europe à l'égard de la proposition transnationale du Parti Radical. Mais justement à cause de cela, ce qui est évident par contre, c'est combien il est essentiel d'assurer ici aussi une présence, une croissance et un enracinement du nouveau sujet politique transnational. Si l'analyse que j'ai faite jusqu'ici a un fondement, il est alors nécessaire et vital pour l'Europe occidentale de recevoir des stimulations qui conduisent son opinion publique et ses classes politiques à un réveil des consciences. Le Parti Radical transnational pourrait exercer une fonction de premier plan dans ce sens, en se faisant l'instrument, le porte-parole de la "demande" de prise en charge des responsabilités que les membres les plus conscients des sociétés ex-communistes adressent à l'Europe occidentale.
D'autre part, nous ne pouvons pas nous faire d'illusions, pour les espérances de démocratie transnationale et supranationale des radicaux, même pour celles de l'Europe de l'Est, la partie décisive se joue en grande partie en Occident, où réside la force économique.
Le même raisonnement est aussi valable pour l'Afrique, où est pareillement en jeu une extraordinaire possibilité de transformation démocratique qui a besoin de soutien en dehors de l'Afrique pour ne pas qu'elle soit anihilée. Dans les Pays du Sahel, par exemple, il faut combattre pour l'existence-même des institutiions. Comme cela est arrivé pour les Pays de l'Est, le système pluripartite a produit la multiplication des partis politiques. Il faudrait accentuer notre présence, dans les rapports avec les autres organisations politiques et la presse, pour vaincre l'intolérance, le sectarisme, pour affirmer de nouveaux droits et de nouvelles libertés même dans la société africaine.
Revenons à l'Occident: il ne fait aucun doute que des personnes et des forces sensibles à la proposition transnationale existent, même sil ne s'agit pour le moment que de minorités, à l'égard desquelles nous devons trouver les moyens de nous adresser plus efficaces que ceux que nous avons expérimentés jusqu'ici.
L'idée, que sur ce plan, j'éprouve le besoin d'avancer au Congrès, c'est, qu'au cours des prochains mois, au PR, avec le PR, à travers le PR, vienne, de la part des radicaux et des démocrates de l'Europe ex-communiste, l'invitation à se rencontrer et s'organiser, adressée à tous ceux qui, en Europe Occidentale, et en premier lieu dans les classes politiques, ressentent la nécessité de devoir assumer des responsabilités à l'égard du destin de la démocratie en Europe du Centre et de l'Est. Le premier rendez-vous pourrait être une Rencontre sur ce thème, à organiser, pourquoi pas, à Moscou, avec la participation de parlementaires et de représentants politiques de l'Est et de l'Ouest. Ce cerait-là le moyen de donner un caractère concret et une immédiate finalité politique à l'organisation dans le PR de tous ceux qui ont fait ce choix dans les Pays ex-communistes et, peut-être aussi, le moyen de rendre plus évidentes - pour tous ceux que nous arrivons à joindre en Occident - la signification et la valeur de
la proposition d'un Parti transnational et transpartite, ainsi que le sens de notre perspective fédéraliste.
4.1. LE RAPPORT DU PARTI AVEC LA SITUATION ITALIENNE.
Le tableau esquissé par cette relation ne serait pas complet sans la prise en considération - rapide mais attentive - de l'impact du projet politique sur le rapport du Parti avec la situation italienne.
En d'autres circonstances déjà, nous avons rappelé ce rapport, pour souligner les connexions et les conditionnements avec et sur la tentative de lancer et développer le processus de constitution du "Parti Nouveau", du Parti Transnational et transpartite.
Entre autre, nous avons précisé que le processus de constitution aurait nécessairement et "objectivement" mis en discussion, dans son ensemble, le groupe dirigeant qui a géré et conduit le Parti tout au long du parcours précédent, que la condition transpartite est "primordiale", qu'il faut conquérir en Italie et que cette conquête est à mettre en relation avec la situation politique italienne et avec l'exigence de contribuer activement à la réforme du système des partis, de la "particratie".
A ces prémisses sont en effet directement liées les initiatives, les tentatives et les expériences faites avec les élections européennes de 1989 et, ensuite, avec les administratives de 1990, puis encore à l'occasion des élections politiques des 5 et 6 Avril dernier.
A ce propos, il suffit de rappeler les initiatives de nos inscrits, représentants prestigieux du Parti: les "Verts Arcobaleno", la "Liste Antiprohibitionniste", l'introduction dans le "Parti Socialdémocrate", la tentative de constituer la "Fédération Laïque", les Listes "Nathan", "Verte, Laïque, Civique, Antiprohibitionniste", et enfin, la "Liste Referendaire" et la "Liste Pannella".
Il s'agit d'un parcours complexe et articulé, qui - selon les indications exprimées par le Conseil Fédéral - a eu pour protagonistes une grande partie des membres du "groupe dirigeant", et non pas le Parti "en tant que tel", qui s'est limité à suivre une fonction de "service".
C'est dans un autre lieu qu'il faudrait éventuellement approfondir ces initiatives qui - il faut le rappeler - n'ont pas été insignifiantes sur l'évolution du processus de crise du système politique en Italie et sur les risques de l'extension et de la consolidation de la "démocratie réelle" dans et à d'autres Pays.
En ce lieu, ce qui nous concerne c'est de rappeler les effets de ce processus sur le Parti et sur son projet politique.
En particulier, trois références ont leur importance: les "Congrès italiens", l'initiative à l'égard du Parti Communiste de l'époque, maintenant Parti Démocratique de Gauche et la "Campagne pour la collecte des signatures pour les neuf referendum".
4.2. LES "CONGRES ITALIENS".
Les "Congrès italiens" ont été des occasions pour permettre la rencontre des inscrits en Italie.
En trois ans, il y en a eu quatre, le premier tout de suite après Budapest, à Rimini, en vue des élections européennes, tandis que les trois autres se sont tenus à Rome.
Le second, en Janvier 1990, se proposait également comme lieu de vérification de l'initiative engagée à l'égard des camarades du Parti Communiste de l'époque; le troisième , en Février 1991, a été l'occasion de présenter et illustrer le "projet politique" du Parti; le quatrième a eu lieu en Janvier 1992, concomitamment à la présentation à la Cour Constitutionnelle des 700.000 signatures recueillies sur deux référendum que nous avions promus directement - celui pour l'abolition du financement public et celui pour l'abrogation de certaines normes de la loi Jervolino-Vassalli sur la drogue - à l'occasion de la "campagne sur neuf referendum".
Il s'agit de rencontres promues non pas pour prendre des décisions, puisque c'en n'était point le lieu, mais pour permettre aux radicaux italiens d'exprimer et débattre leurs propres opinions dans des moments d'intérêt politique particulier et au Parti de maintenir et alimenter le rapport avec la situation italienne, au poids duquel le Parti n'a pu ni, par ailleurs, voulu se soustraire, conscient qu'il était de son importance.
Il est inutile de cacher que ce rapport, essentiel même pour la connexion avec la donnée économique et financière, encore maintenant inéluctable, a représenté et représente la composante dans laquelle et sur laquelle a pris fin le "segment de théorie de la praxis" dont je parlais au début de cette relation et dans laquelle et sur laquelle, plus directement et non sans traumatismes douleureux et coûteux, a pesé la "rupture" avec le passé et la difficulté pour le Parti d'"ouvrir et créer une nouvelle et différente expérience".
Dans les relations des Congrès et des Conseils Fédéraux, nous avons souligné plusieurs fois la conscience que la refondation, la construction du "nouveau", ne pouvait se réaliser sinon au prix d'un réel et profond bouleversement de ce qui existait déjà, sans décomposer le corps du Parti et traverser la conscience, les sentiments de chacun, ainsi que les intérêts personnels et légitimes de la plupart de ceux qui, avec sacrifice et dévouement, avaient contribué à donner vie et vitalité à des moments d'histoire aussi importants, si souvent exaltants et merveilleux pour nous tous. A tous, et à certains plus particulièrement, vont mes remerciements les plus sincères et profonds.
4.3. L'INITIATIVE A L'EGARD DU PCI, MAINTENANT PARTI DEMOCRATIQUE
DE GAUCHE
L'initiative politique à l'égard de l'ex-Pci a commencé dès le Congrès de Budapest - avec l'intervention de Fabio Mussi, de la direction du Parti - et trouve son moment le plus culminant avec la présence et l'intervention du Secrétaire, Achille Occhetto, à notre Conseil Fédéral de Rome, en Janvier 1990.
En effet, dans la motion conclusive, la proposition et la requête du CF sont adressées également et surtout, en cette circonstance, aux inscrits et aux dirigeants du Parti Communiste italien, qui, justement au cours de ces semaines-là, exprimaient et manifestaient la volonté politique d'un propre renouvellement, capable de s'ouvrir "à d'autres", pour devenir un facteur d'association et de force démocratique pour la réforme du système politique en Italie.
C'est avec un profond regret que nous devons prendre acte aujourd'hui, d'un côté, de l'incapacité démontrée par les camarades, alors communistes, de donner suite effective et concrète à leurs propositions; de l'autre, de ne pas avoir su et voulu saisir l'opportunité que nous offrions dès la rencontre des deux secrétaires des deux partis, en Mai 1989, avant la "chute du Mur de Berlin et de l'Empire". Opportunité plusieurs fois reproposée par le PR, avec la requête de respecter l'engagement pris par leurs dirigeants de vérifier les possibilités et les termes d'un travail commun dans une réunion de haut niveau entre délégations de partis, réunion qui a été à maintes reprises confirmée, mais qu'il n'a jamais été possible de tenir.
Notre sollicitation, la proposition que nous avancions aux camarades, alors, du Pci, pour surmonter et résoudre la crise de leur propre Parti, était qu'ils se fassent les promoteurs en Italie d'une véritable "constituante", par laquelle donner vie à une nouvelle force politique "nationale", au "parti démocratique". Un nouveau Parti, fort de la volonté de renouveau politique, d'"envie" de démocratie totale, nonviolente, de leur part et de celle de tant d'autres citoyens qui avaient lutté et espéré dans la "gauche traditionnelle" ou dans d'autres partis ou formations de démocratie laïque et socialiste. Un Parti capable de devenir cet "instrument" d'action et de lutte politique qui est indispensable pour briser le "régime particratique", d'ouvrir au Pays une concrète et effective alternative pour la réforme du système politique.
De notre côté, nous mettions à leur disposition notre "instrument, le Parti Radical transnational et transpartite, fédéraliste européen, comme moyen pour une action de relancement dans un cadre international.
Nous leur offrions de "l'occuper", par les inscriptions, par milliers, à une force politique indiscutablement "non plus concurrente" dans le cadre nationale et non seulement électoral, à une force non seulement "autre" que le système particratique en Italie, mais qui se proposait comme "alternative" également et pour ces Pays depuis peu échappés à la domination du "socialisme réel".
Vous avez déjà perdu trop de temps, camarades et amis du Parti Démocratique de Gauche, nous pouvons seulement souhaiter que ce ne soit pas trop tard, que l'occasion qui vous a été offerte ne soit pas désormais irrémédiablement perdue.
Pour nous, les possibilités sont encore ouvertes, aujourd'hui encore nous vous demandons de vous asseoir avec nous autour d'une table pour examiner et discuter la possibilité d'entreprendre des initiatives capables - et il y en a - de réforme et de renouveau et non seulement en Italie.
4.4. LA CAMPAGNE REFERENDAIRE EN ITALIE
Au Conseil Fédéral de Rome, nous annoncions la décision du Parti de prendre part directement en Italie, à la "Campagne pour les neuf referendum contre le système particratique" et pour la réforme du système électoral.
Cette décision naît de la prise de conscience de la nécessité de consolider et accroître, en Italie, l'apport au projet politique et à l'effort pour tenter la constitution du "Parti Nouveau".
C'est dans ce sens qu'il faut "considérer" la campagne du Parti, en Italie, pour la collecte des signatures sur les neuf referendum, ainsi que le choix de descendre sur le terrain avec détermination, et non pas comme une véritable force de légitimation et de soutien à l'oeuvre d'autrui, compte-tenu également du fait que cette oeuvre, en grande partie, a été renforcée, et dans certains cas promue et animée, par plusieurs d'entre-nous, par plusieurs camarades radicaux, de grand prestige.
Le PR a promu directement deux referendum, celui sur l'abolition du financement de l'Etat aux Partis représentés au Parlement et celui sur l'abolition de certains articles de ladite "loi sur la drogue" (en particulier des articles qui dénient au médecin le droit d'intervenir selon sa propre conscience et compétence), loi de "style" prohibitionniste.
Je ne puis ne pas exprimer mes profonds remerciements aux camarades italiens qui ont contribué, encore une fois, avec leur engagement et leur dévouement extraordinaire, à faire en sorte que le Parti Radical ait réussi à déposer au début de 1992 plus de 650.000 signatures authenthifiées, sur le "financement public" et sur la "drogue", contribuant également de manière déterminante à la collecte des signatures pour les sept autres referendum et au succès de la campagne dans son ensemble.
Résultat obtenu nonobstant l'ostracisme exercé par presque toutes les forces politiques et par les médias, à l'égard des deux referendum promus par le Parti (le PDS n'a appuyé que la collecte des signatures pour le referendum sur la "drogue"). Situation qui a conduit plusieurs inscrits à entreprendre une action nonviolente, le jeûne, pour obtenir une information correcte et le respect démocratique des règles.
Le succès obtenu par le Parti avec cette campagne a été obtenu, de plus, sans interrompre ou compromettre la continuation du projet politique avec la décision de mettre en acte une seconde structure qui a opéré pour la collecte des signatures, séparément de la structure du Parti, avec pour résultat, de limiter les inévitables interférences sur les activités en cours et, de cette manière, sans provoquer de retards considérables sur le déroulement de nos programmes.
4.5. LA "DIMENSION TRANSPARTITE"
Dans l'ensemble, l'initiative des inscrits radicaux en Italie a toujours tendu vers la réforme du système politique, contre le pouvoir particratique et les effets dévastants de ce régime sur la praticabilité démocratique. L'évènement referendaire, avec l'échéance de 1993 - qui a eu avec les radicaux et avec l'apport direct du Parti, un rôle déterminant - uni aux résultats électoraux, marque un cap essentiel pour la lutte pour la démocratie, dont le succès constituerait un apport de grande importance pour l'engagement politique et l'affirmation du "Parti Nouveau", transnational et transpartite. La lutte pour la démocratie reste, de toutes manières, en Italie et partout ailleurs, l'objectif, la raison fondamentale de notre existence, de notre vie politique.
La condition "transpartite", si - d'un côté - elle comporte nécessairement l'entrée des inscrits au Parti et de ses représentants italiens dans le vaste contexte des forces politiques nationales, de l'autre, elle demande l'acquisition de la part du Parti, de nouveaux inscrits et représentants d'autres partis et forces politiques, en quantité et qualité telles, qu'elle contribuerait de manière valable à la constitution de l'autre condition, la "condition transnationale". Le Parti doit en effet disposer d'une capacité renouvelée d'évaluation, de direction et d'initiative politique, plus ample et diversifiée, constituée par la disponibilité et par un engagement des inscrits, "anciens et nouveaux", plus constant et direct.
Ce parcours a produit des effets importants - tous les parlementaires inscrits n'ont pas été élus dans des "listes radicales", du Parti - mais, actuellement, il ne s'est pas encore produit, dans les faits, cet effet synérgique sur la conduite et le développement du projet, non seulement attendu, mais toujours plus nécessaire.
Le rapport du Parti, du "Parti Nouveau" et de son projet, avec la situation italienne, constitue une phase de transition qui, dans les faits, résulte plus longue et plus difficile que ce que l'on prévoyait.
C'est donc, aujourd'hui surtout, un aspect politique qui connote ce rapport, encore plus important que n'est l'aspect économique et financier, déjà difficile.
Par ailleurs, il ne faut pas considérer que les résultats et les indications positives qui nous parviennent de la situation du Parti dans les autres Pays sont tels qu'ils nous permettent de faire fi de l'impact du Parti avec le "lien" qui le rattache à la situation italienne.
Au contraire, ce sont précisément ces résultats et ces indications qui accroissent aujourd'hui l'importance politique de cet impact.
L'Italie, en effet, constitue pour le Parti la seule "base avancée", au sein de l'"Europe des 12", de cette "autre Europe, qu'au fur et à mesure, le Parti rencontre sur son propre chemin et de laquelle il s'apprête toujours plus à être l'expression vivante et opérante. A mon avis, c'est de cette "autre Europe" que nous provient - nonobstant les dramatiques, tragiques oppositions - même si avec des indications encore trop dispersées et des conditions politiques inadéquates, la requête plus pressante et ressentie pour l'unité politique des Etats, des peuples et des citoyens de toute l'Europe.
La réponse est difficile.
C'est aux inscrits, aux représentants des forces politiques de ces Pays, de donner force et consistance politique à cette requête, afin que le Parti et surtout les inscrits, les Parlementaires italiens, puissent, avec une plus grande efficacité, en être les interprètes auprès du Gouvernement, du Parlement italien et du Parlement Européen, de l'opinion publique, mais surtout, plus généralement, des autres forces politiques ou, du moins, parmi celles-ci, de tous ceux qui sont conscients et disposés à se battre pour conjurer les graves dangers que court l'humanité, s'ils ne tiennent pas compte de leur requête, de notre requête.
5.1. LA VERIFICATION DE LA PRATICABILITE DU PROJET, ACTUELLEMENT,
N'EST PAS ENCORE TERMINEE.
Très chers amis,
La motion approuvée à Budapest, au 35ème Congrès ordinaire du Parti, avec la prévision des "pouvoirs statutaires" conférés au Premier Secrétaire, au Trésorier et aux Présidents du Parti et du Conseil Fédéral (les "quatres" comme on nous a appelés), a imposé comme fondement de cette "condition extraordinaire" pour la conduite du Parti, un unique objectif politique: la constitution du "Parti Nouveau", du Parti transnational et transpartite.
Le Congrès, par cette décision, a voulu forclore tout autre possibilité d'alternative ou de solution politique, y compris celle de la fermeture du Parti. La motion ne considère, en effet, la fermeture, uniquement comme possible, probable éventualité imposée - ni choisie ni acceptée - que comme un terme, inévitable et obligé, d'un parcours destiné, en tout et pour tout, à déterminer des conditions politiques et d'organisation aptes à rendre réalisable cet unique objectif.
La constitution du Parti transnational et transpartite, est le seul choix que le Congrès rend possible et licite afin d'en assurer l'existence et la vie. C'est l'unique voie praticable pour les organes du Parti.
Le "Parti Nouveau", le Parti transnational et transpartite a été, par conséquent, le seul objectif du Parti Radical durant ces trois dernières années, notre seul objectif.
Nous vous avons exposé le parcours accompli pour le réaliser ou, du moins, pour essayer d'en vérifier la praticabilité. A savoir, trouver les fondements opérationnels, d'initiative et d'action politique indispensables pour le réaliser et en évaluer la consistance, à travers la réalisation d'un projet.
De cette exposition, nous pensons arriver à une conclusion: la vérification de praticabilité - actuellement - n'est pas terminée.
Les résultats obtenus, les conditions politiques et d'organisation, les énergies, les capacités et les ressources disponibles ne nous permettent pas d'affirmer, aujourd'hui, que les fondements indispensables sont acquis pour pouvoir réaliser l'objectif, raisonnablement convaincus, de pouvoir assurer non seulement la vie mais également la vitalité du Parti.
Nous avons, il est vrai, acquis de significatives et importantes confirmations de la validité des choix que nous avons faits, avec en plus des éléments qui en mettent en évidence la correspondace réelle aux exigences de notre temps, ainsi que l'effective potentialité.
Nous devons, toutefois, reconnaître également l'inadéquation des énergies et des capacités politiques individuelles et collectives, jusqu'ici acquises, la difficulté de rendre compatibles les temps du processus d'organisation et opérationnel avec les temps et les urgences de l'initiative politique, enfin, l'insuffisance des ressources, qui reproposent des conditions économiques et financières fort éloignées de celles qui sont nécessaires.
5.2. LES RESSOURCES INVESTIES DANS LE "PROJET POLITIQUE".
Chères amies, chers amis et camarades,
Du compte-rendu économique et financier que vous soumettra le Trésorier, un élément de valeur politique - plus grande que d'autres, à mon avis - ressort en évidence, et met en relief, non seulement la mesure de l'effort et de l'engagement que nous avons consacré à la réalisation de l'objectif, mais il en définit, davantage et mieux encore, la qualité.
Le Parti, en moins d'une année, a destiné à la réalisation de son projet politique 5 millions de dollars, soit 50% de ses propres ressourses financières.
Il s'agit d'une somme considérable, même si - probablement - encore inadéquate, mais qui correspond à tout ce dont nous pouvions disposer, après avoir surmonté la crise économique et financière, qui pesait sur le Parti il y a trois ans, avec la perspective de la banqueroute.
Cette somme a été entièrement consacrée à établir un rapport politique avec les forces des autres Pays et leurs représentants, et en premier lieu, avec les Pays de l'Est et du Centre de l'Europe, à peine sortis de la domination et de l'hégémonie du "Socialisme réel".
Cette somme est supérieure, proportionnellement, à celle que le bilan de toute autre "entreprise" a jusqu'ici destinée à ces Pays. Et c'est de l'argent - nous ne pouvons guère l'oublier - qui provient intégralement de notre "réservoir" italien.
Si d'autres, avaient déjà tourné, avec la même détermination et constance, leur concrète et opérante attention dans cette direction, nous pourrions tous considérer l'évolution des situations de ces Pays avec une espérance nouvelle et sans la crainte de voir justement dans leurs problèmes irrésolus l'un des plus grands périls pour le futur de l'Europe et non seulement de l'Europe.
5.3. NOUS N'AVONS PAS REUSSI A UTILISER LES REPONSES,
LES INSCRIPTIONS QUI NOUS SONT PARVENUES, ET QUI NOUS
PARVIENNENT ENCORE.
Cependant, justement de l'engagement et de l'action que nous avons consacré à ces Pays, des forces politiques et de leur représentants, et des résultats obtenus, ressort une donnée d'insatisfaction et de préoccupation.
Nous n'avons pas réussi à utiliser, pour ce qui était nécessaire, la réponse qui nous est parvenue et qui nous parvient toujours.
L'inscription d'un nombre aussi considérable de parlementaires, de pays différents, appartenant à une très vaste gamme de forces politiques, est, en soi, un résultat important, qui pourrait déjà - dès à présent - constituer une base concrète de cette condition - la tranparticité - que nous considérons comme un fondement nécessaire pour donner vie au Parti transnational.
Malheureusement, nous n'en sommes restés qu'à ce premier contact, qui plus est, "à distance", avec ces nouveaux inscrits.
Le Congrès, ce Congrès, est - pour la plupart d'entre-eux - la première occasion de rencontre directe, personnelle et collective.
Nous n'avons pas réussi, nous n'avons pas eu les énergies et le temps de faire précéder cette rencontre d'autres occasions, d'initiatives qui permettraient à ces amis de connaître davantage et mieux le Parti, son histoire, les problèmes et les difficultés de notre travail, pour préciser et édifier un rapport plus vivant et direct, qui, du reste, les aurait conduit à ce congrès plus informés, plus prêts à fournir au Parti cette contribution, ces requêtes, cet apport dont non seulement le moment du congrès a besoin.
Et aussi aux très nombreux citoyens qui ont écrit, de plusieurs Pays, exprimant leur attention et leur intérêt, manifestant leurs espérances et leurs expectations, nous n'avons pas été en mesure, nous n'avons pas eu le temps de donner une réponse politique plus ponctuelle, moins sommaire et incomplète.
Les raisons sont objectives, dues aux énergies et aux capacités, aux moyens et aux ressources, dont le Parti dispose aujourd'hui.
5.4. LA NECESSITE DE NOUVELLES REGLES.
A ce propos, un exemple me paraît significatif: le Parti Nouveau doit se donner de nouvelles règles, pour satisfaire des exigences qui sont différentes de celles qui ont fait naître notre Statut actuel.
C'est un aspect - celui du Statut - que nous avons considéré, évidemment, mais auquel nous n'avons su ni pu donner une réponse.
Parmi les difficultés rencontrées, l'absence d'interlocuteurs différents, "autres" que ce que nous sommes, nous, capables d'aider à une confrontation théorique, mais qui ne peut pas faire abstraction des autres expériences, des autres connaissances, a été peut-être la plus déterminante.
Si nous avions eu le temps d'amorcer un dialogue avec nos amis et camarades, je suis convaincu que nous aurions déjà trouvé en eux des expériences et des connaissances qui nous auraient permis de vous proposer des principes et des hypothèses suffisantes, du moins, à lancer, entre nous, le débat.
5.5. OBJECTIFS POSSIBLES D'ACTION POLITIQUE.
L'IMPORTANCE DU TRAVAIL DES COMMISSIONS ET DU DEBAT DU CONGRES
Durant ces trois dernières années - en moi, en nous - la conviction selon laquelle constituer le "Parti transnational" est le choix juste et nécessaire, s'est toujours plus consolidée, au point de le considérer aujourd'hui possible.
Le panorama international le demande. Les thèmes, les sujets existent. Les propositions existent et les initiatives sont lancées - nous vous les avons indiquées - qui peuvent, qui seraient en mesure d'accroître et consolider les rapports, les résultats, les réponses, l'apport dont nous disposons.
Les conditions existent pour pouvoir établir les modalités et les lieux pour effectuer des rencontres avec les nouveaux inscrits des Pays du Centre et de l'Est européen, pour chercher et définir les termes d'une action plus ample et organisée qui pourrait nous conduire à réaliser avant 1993 d'importantes initiatives politiques transnationales, avec des objectifs précis.
L'un de ces objectifs possibles - pour ne citer qu'un exemple - nous l'avions fixé l'année dernière, et on devait le réaliser le jour de Pâques cette année (nous vous avons déjà dit les raisons pour lesquelles cela n'a pas été possible): Il s'agit de la "Ligue pour l'abolition de la peine de mort dans le monde avant l'An 2000", qui devait-être constituée à l'occasion d'une grande manifestation se terminant Place Saint-Pierre de Rome. Nous pourrions nous reproposer cet objectif pour Pâques l'année prochaine.
Un autre exemple, pour un objectif possible à réaliser avant 1993, pourrait-être celui de promouvoir à Moscou ou dans une autre capitale de l'Europe de l'Est ou du Centre, une assemblée-rencontre où des parlementaires et des représentants politiques des Pays Occidentaux seraient appelés pour examiner, en même temps que leurs collègues de ces Pays, quelles initiatives communes ils pourraient entreprendre pour trouver, dans leurs sièges parlementaires réciproques, la solution aux problèmes du "nationalisme" qui s'insinuent comme barrières au dépassement de l'Etat national et au processus d'intégration politique dans le cadre d'une communauté supranationale plus vaste.
C'est un objectif qui pourrait rappeler l'attention et l'intérêt de tous ceux, et il y en a, surtout en Europe Occidentale, en commençant par l'Italie, qui, même si engagés dans les partis nationaux, de gouvernement et d'opposition, sont conscients de l'énorme risque que les actuelles divisions, fragmentations, oppositions, constituent pour la conquête de la liberté, dans la démocratie.
A cet objectif on pourrait aussi associer le thème de la pression exercée par les mouvements d'immigration vers l'Occident européen, non plus uniquement du Sud, mais aussi de l'Est européen.
Le travail des Commissions et le débat du Congrès - alimentés et enrichis par une présence et une participation aussi nombreuse et prestigieuse - peuvent et doivent suggérer et formuler d'autres propositions, fournir d'autres éléments et indications pour développer celles qui ont été avancées ou perfectionner la direction et le développement des initiatives.
L'effort et l'engagement de tous est indispensable - en particulier celui des camarades non-résidents en Italie - pour définir entre nous une confrontation qui permette d'établir et de fixer les termes politiques et d'organisation du projet politique de ce Parti, de notre Parti.
C'est difficile mais pas impossible.
Nous avons besoin de temps.
5.6. LA DISPONIBILITE ECONOMIQUE ACTUELLE, UN MILLIARD DE LIRES,
CORRESPONDANT AU TEMPS NECESSAIRE POUR LA LIQUIDATION DU
PARTI EN ASSURANT LA CONSERVATION DE SON PATRIMOINE.
LA SITUATION N'IMPOSE PAS LA FERMETURE DU PARTI.
NOUS POURRIONS SINON DECIDER DE LIQUIDER LE PATRIMOINE ET
POURSUIVRE NOTRE ACTION POLITIQUE JUSQU'A L'EPUISEMENT DES
RESSOURSES DISPONIBLES.
Il est un dicton d'antique sagesse: le temps c'est de l'argent
Aujourd'hui, ce qui nous manque, à nous, malheureusement, c'est l'argent et ainsi, le temps nous fait défaut.
Une fois ces travaux terminés - privé comme nous le sommes du financement public à cause de notre sortie volontaire des institutions nationales - nous pourrons disposer, au maximum, d'un milliard (800.000 dollars env.). Somme à peine suffisante pour assurer le fonctionnement de l'organisation actuelle du Parti pendant 4/5 mois maximum, mais sans destiner une seule Lire à l'initiative et à l'activité politique.
Juste le temps nécessaire pour la liquidation du Parti, en assurant la conservation de son patrimoine.
C'est la raison qui nous a conduit à convoquer ce Congrès.
Aujourd'hui - en effet - cette situation économique et financière, très difficile, est toutefois, fondamentalement différente de celle dont nous prîmes acte à Budapest et qui - ne l'oublions pas - fut à l'origine de l'attribution des "pleins-pouvoirs du congrès": à Budapest, le problème de la conservation du patrimoine du Parti, ne se posait pas du tout puisqu'il était - clairement - inexistant. La consistance du patrimoine du Parti n'était même pas suffisante, alors, pour couvrir le passif du Bilan et - comme chacun sait - la seule perspective était la banqueroute, et de plus, frauduleuse.
Aujourd'hui, la situation économique et financière si, actuellement, elle ne nous permet pas de poursuivre notre activité, elle n'a pas du moins d'incidence sur le patrimoine, parce que ne nous devons pas y recourir pour équilibrer le bilan.
C'est une situation très difficile, mais qui ne nous impose pas la fermeture du Parti et qui, peut-être, nous offre encore des possibilités.
Nous nous trouvons par conséquent, dans une situation de pat que, si on le voulait, nous pourrions stabiliser en constituant - par exemple - une fondation qui, sans mener d'activité politique directe, se limiterait uniquement à suivre des activités de support.
Nous pourrions, sinon, décider de liquider le patrimoine et poursuivre l'initiative et l'action politique jusqu'à épuisement complet des ressources financières.
5.7. LE CONGRES EST APPELE A EXPRIMER UNE ORIENTATION
Devant un tableau et une perspective politique qui sont riches de résultats positifs, avec des éléments potentiels qui méritent, pour le moins, d'ultérieures vérifications, et une situation économique et financière qui, aussi difficile qu'elle soit, n'impose pas, dans l'état actuel des choses, la fermeture du Parti comme unique solution, nous n'avons pas cru politiquement correct de nous assumer, nous seuls, la responsabilité de choix qui - même si légitimes - comportent des décisions résolutoires pour l'existence et la vie du Parti.
Encore une fois nous nous trouvons dans une situation très difficile, mais dans laquelle - peut-être - il n'est pas impossible que puissent mûrir et intervenir de nouveaux éléments qui nous permettraient de gagner le temps dont nous avons besoin pour pouvoir décider dans un sens ou dans un autre.
Encore une fois c'est le "réservoir italien" qui pourrait intervenir avec la rapidité nécessaire.
L'absence de financement public à cause de l'absence du Parti dans les institutions en Italie, correspond à une somme qui équivaut à plus de dix-mille cotisations d'inscrits italiens.
Est-ce un objectif réalisable par la campagne d'inscriptions 1992 en cours actuellement? Et dans quelle mesure?
D'Italie encore: les résultats des récentes élections font-ils penser qu'il est possible que certaines forces politiques comprennent enfin l'importance, pour elles, que le Parti Radical transnational et transpartite se constitue, grâce à leur contribution, afin qu'il soit en mesure d'opérer activement?
Faut-il exclure tout-à-fait - et cela ne concerne pas seulement l'Italie - qu'un gouvernement quelconque ou un organisme international ne puisse intervenir par un apport spécifique?
Quel est le laps de temps qui nous est nécessaire pour pouvoir parvenir à une évaluation définitive? Quels sont les activités minimales nécessaires? Quelle est la somme d'argent indispensable?
Ce sont-là des questions qui demandent en réponse, l'orientation du Congrès, outre les indications de toutes façons nécessaires pour rendre crédible - plus précis et défini - le "projet politique", que nous croyons pouvoir réaliser avec l'apport des nouveaux amis et camarades des autres Pays, ceux qui sont d'ores et déjà inscrits, et que nous saluons ici, et ceux qui, jour après jour, continuent d'arriver parmi nous.
5.8. LE CHOIX TRANSNATIONAL, JUSTE ET NECESSAIRE, EST AUJOURD'HUI
POSSIBLE.
Je disais plus haut, que, durant ces trois dernières années - en moi, en nous - la conviction selon laquelle le fait de constituer le "Parti transnational" est le choix juste et nécessaire, s'est de plus en plus consolidée, au point qu'on peut la considérer aujourd'hui possible.
Personnellement, je suis enclin à penser que, si nous ne réussissions pas cette entreprise, d'autres, de nombreux autres, par la suite, la réaliseraient.
Nous assisterions ainsi, encore une fois, à un développement de la situation que l'on a déjà dû constater dans le passé, lorsque nos propositions, contrecarrées puis écartées, sont devenues par la suite, des propositions vantées par ceux-là mêmes qui les avaient le plus combattues.
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(1) Les traductions, la mise en page et l'impression du journal ont été effectuées à Rome, à l'exclusion d'environ 100.000 exemplaires imprimés à Moscou. A partir du troisième numéro, on a également imprimé à Rome les exemplaires qui, pour les deux numéros précédents, avaient été imprimés à Budapest, étant donné que le coût en était moins élevé.
L'expédition du journal à tous les parlementaires, a été préparée à Rome, avec le concours des sièges de Bruxelles, Budapest, Moscou, Prague et Zagreb.
A Bruxelles, en plus de l'expédition aux parlementaires des Pays d'Europe occidentale, on s'est également occupé d'envoyer à d'autres destinataires, 3.000 copies en français, 3.500 en anglais.
De Budapest, où l'on s'occupe de l'expédition aux parlementaires bulgares, polonais, roumains et hongrois, on a envoyé à d'autres destinataires 5.700 exemplaires en hongrois, 1.900 en polonais, 700 en russe, 200 en albanais, 1.900 en tchèque, 5128 en polonais, 4.000 en roumain.
A Moscou, en plus de l'expédition aux parlementaires de toutes les Républiques de l'ex-Union Soviétique, on s'est occupé de l'envoi d'environ 100.000 exemplaires imprimés sur place, à d'autres destinataires, distribués sur une grande partie du territoire.
A Prague, enfin, on s'est occupé de l'expédition aux élus du Parlement fédéral et des deux Parlements nationaux.
Le sixième numéro du journal a été expédié aux parlementaires et aux citoyens résidents des les Pays suivants:
Afrique du Sud, Albanie, Argentine, Australie, Adzerbaïdjan, Belgique, Bielorussie, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Bulgarie, Burkina Faso, Canada, Chili, Colombie, Côte d'Ivoire, Costa-Rica, Croatie, Danemark, Equador, Espagne, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Georgie, Gibraltar, Grande Bretagne, Grèce, Guatemala, Hongrie, Kazakistan, Irlande, Ile de Man, Islande, Israël, Italie, Lettonie, Liban, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Mexique, Moldavie, Montenegro, Norvège, Nouvelle Zélande, Pays-Bas, Pérou, Pologne, Portugal, République Doménicaine, Russie, République San Marino, Roumanie, Salvador, Sénégal, Serbie, Slovénie, Suède, Suisse, Tagikistan, Tchécoslovaquie, Tunisie, Turkménistan, Ukraine, Uruguay, Usa, Uzbekistan, Vénézuela.
Il faut ajouter à cette liste d'autres pays de la liste espérantiste:
Algérie, Bénin, Caméroun, Chine, Congo, Corée du Sud, Cuba, Egypte, Ghana, Guinée Bissau, Haïti, Hong Kong, Inde, Indonésie, Iran, Japon, Madagascar, Malésie, Maroc, Mauritanie, Mongolie, Népal, Nigéria, Pakistan, Singapour, Sri Lanka, Taïwan, Tanzanie, Thaïlande, Togo, Turquie, Vietnam, Zaïre.
Le tirage total du sixième numéro du journal a été de 173.000 exemplaires imprimés en Italie, répartis de la manière suivante:
albanais, 5.000 exemplaires; tchèque, 5.000; croate, 9.000; français, 11.000; anglais, 17.000; italien, 60.000; polonais, 5.000; roumain, 6.000; russe, 8000; slovène, 5.000; espagnol, 9.000; allemand, 7.000; hongrois, 6.000. Il faut ajouter à ce tirage les 100.000 exemplaires env. imprimées à Moscou.
La constitution de la "banque de données" des parlementaires destinataires du journal (environ 45.000 noms), puis l'acquisition des nouvelles et des renseignements utiles pour l'envoi et la mise à jour des listes (après de nouvelles élections par exemple), ont été très importantes pour la réalisation du "projet". Sont en cours d'acquisition, ces semaines-ci, les listes des nouveaux élus, à l'Assemblée Populaire albanaise, dans 22 régions françaises, dans 2 régions allemandes, à la Chambre des Communes anglaise, au Parlement italien, et dans une région espagnole - pour un total de 3.893 noms. En Mai et Juin, des élections sont prévues pour les Parlements, fédéral et national, tchécoslovaques, au Danemark, en Israël, au Liban, à Malte, en Ecuador, en Roumanie: un total de 1.609 noms à acquérir et à introduire dans la banque de données.
(2) Les parlementaires signataires du Manifeste-Appel sont:
des africains: dont Lamizana Sangoulé, ex-Président du Burkina Faso; des allemands, dont Gregor Gysi, secrétaire du Parti Socialdémocrate (SPD);; des anglais; des autrichiens; des belges, dont le Vice-Président de la Chambre des Députés, Jean Mottard et le Ministre Elie Deworme; des Canadiens; des Tchèques, dont le Vice-Premier Ministre Josef Miklosko, le Président du Parlement, Dagmar Buresova, tandis que le Président Havel nous a communiqué qu'il considère cette initiative avec sympathie mais qu'en tant que Chef d'Etat il ne peut exprimer son opinion dans une pétition; des croates, dont Zdravko Tomac, Vice-Premier Ministre et le Ministre Vladimir Veselica, tous deux membres du Conseil Fédéral du PR; Ivica Percan, Vice-Président du Parlement; des danois; des finlandais; des français, dont Michel Dreyfus-Schmidt, Vice-Président du Sénat; des grecs; des hongrois, dont Rezso Nyers, plusieurs fois Ministre, le Ministre Ferenc Jozsef Nagy, tandis que le Président de la République, Arpad Goncz, a donné son soutie
n à l'initiative mais pas son adhésion, étant donné sa fonction; des irlandais, dont Garret Fitzgerald, ex-Premier Ministre ainsi que les Ministres Desmond O'Malley et Robert Molloy; des israéliens; des italiens, dont Flaminio Piccoli, Président de la Commission Affaires Etrangères et ex-Président de l'Internationale démochrétienne; des Lettons, dont le Ministre des Affaires Etrangères Janis Jurkans et le représentant du gouvernement à Moscou, Janis Petris; des maltais, dont le Ministre Ugo Mifsud Bonnici; des norvégiens; des hollandais; du Parlement européen; des polonais; des roumains, dont les Vice-Présidents du Sénat, Karoly Kiraly et Vasile Mois et le Ministre de l'Environnement, Marcian Bleahu; des slovènes, dont Zoran Thaler, Vice-Ministre des Affaires Etrangères, membre du Conseil Fédéral du PR; des USA, dont Mario Cuomo, gouverneur de l'Etat de New York; des suédois; des suisses; d'ex-URSS, dont Yuri Afanasiev, membre de l'ex-Soviet Suprême.
Parmi les personnalités qui ont souscrit à l'appel (environ 200 dans le monde entier): Gore Vidal, Noam Chomsky, Coretta Scott King; les Prix Nobel Abdus Salam, Elie Wiesel et Maired Corrigan Maguire; Elena Bonner-Sacharova; Antonino Zichichi et Marcello Mastroianni; François Fejto et Henri Laborit; Clark Ramsey, ex-Ministre de la Justice dans l'Administration Kennedy; Nick Harman, éditorialiste de l'"Economist".
(*) Torre Argentina Servizi S.p.a. (nel seguito indicata con la sigla T.A.S. S.p.a.) è la società di servizi proprietaria degli appartamenti di Via Torre Argentina 76 a Roma dove ha sede il Partito Radicale.
Il Centro di Ascolto sull'informazione radiofonica e televisiva è una struttura del partito radicale che dal 1981 effettua la rilevazione e l'analisi dell'informazione politica e non di tutte le trasmissioni radiofoniche e televisive delle reti pubbliche e private italiane.
(**) La Cooperativa Edizioni Radicali, è la società interamente controllata dal partito che realizza le attività di comunicazione scritta del partito sia a stampa che telematiche. Il bilancio della cooperativa è interamente incorporato in quello del partito.