SOMMAIRE: Le "Directotio Revolucionario Democratico Cubano"- dont le secrétaire, Orlando Guttierez, est inscrit au Parti radical - nous envoie cet article sur la situation cubaine que nous publions. Nous invitons les lecteurs de ce journal à souscrire à l'appel lancé aux autorités cubaines en nous renvoyant le bulletin qui se trouve en dernière page.
(LE PARTI NOUVEAU - N. 7 - MAI 1992)
Après trente ans de mauvais gouvernement et de répression, et particulièrement après la chute du bloc soviétique, l'économie cubaine est en état de décomposition.
Chaque jour, la population cubaine voit chuter son niveau de vie et son appareil gouvernemental, extrêmement centralisé et bureaucratique, s'autodétruit.
Le système stalinien n'admet pas la désapprobation ou les réformes; la dégradation de la situation économique s'accompagne de désespoir et de frustrations.
Des centaines de Cubains ont tenté de fuir par la mer, sur des embarcations de fortune, vers une terre libre. Pendant ce temps, des hommes qualifiés, des militaires et même des hauts fonctionnaires du gouvernement rejoignaient avec une extrême facilité le million de Cubains déjà en exil.
Dans l'île, un mouvement croissant d'opposition lutte de façon nonviolente pour des réformes nécessaires. Les conditions existantes pourraient conduire le pays à une longue et horrible période de violence. Celle-ci pourrait éclater facilement, entraînant la mort de milliers de Cubains ainsi que l'intervention militaire étrangère.
Ce mouvement a fait l'objet d'immédiates et brutales représailles de la part du régime castriste. Des brigades organisées par le gouvernement ont brutalisé et jeté en prison les principaux dirigeants des deux groupes d'opposition, l'Union démocratique cubaine et la Coalition démocratique cubaine.
L'arrestation d'une dizaine de leurs représentants qualifiés a permis momentanément à la dictature de Castro de stopper le processus de transformation de l'opposition en un mouvement de désobéissance civile. Celui-ci aurait pu favoriser de façon déterminante le processus de réforme dans l'île.
Les forces d'opposition ne cessent de grandir. L'action civile, soutenue par la pensée et les luttes de Gandhi et de Martin Luther King, est le seul instrument qui mène aux réformes et à la démocratie à Cuba. Il s'agit d'un soutien moral en faveur de l'opposition insulaire.
L'activité des partis politiques et des organisations populaires, de même que la presse, sont nécessaires pour les objectifs suivants: 1) obtenir la libération des prisonniers politiques; 2) soutenir les mouvements cubains d'action civile; 3) soutenir l'appel de l'opposition en faveur d'une confrontation directe avec le gouvernement cubain qui conduirait à la démission de Castro, à la création d'un gouvernement provisoire et aux élections libres pour une nouvelle constitution et un gouvernement démocratiques.
Qu'ils soient dans l'île ou à l'extérieur de celle-ci, les Cubains doivent conduire leur pays vers la démocratie, la justice sociale et l'indépendance nationale. Plutôt que revenir en arrière, ils se doivent de lui préparer un avenir prospère.
Le soutien transnational à l'opposition cubaine est nécessaire afin que ce pays, une fois libéré, puisse faire partie d'un monde placé toujours davantage dans une relation d'interdépendance, qui lutte pour un ordre mondial démocratique et plus juste.
------------------------
Souscrivez à l'appel publié ci-joint en faveur de la campagne pour les droits de l'homme à Cuba.
Nous soussignés, membres des gouvernements et parlements démocratiques, demandons aux autorités cubaines la libération des citoyens cubains Luis Alberto Pita Santos et Daniel Azpillaga, emprisonnés pour avoir organisé des manifestations populaires nonviolentes en faveur des réformes démocratiques à Cuba.
Nous demandons également qu'il soit permis à Mario Chames de Armas, prisonnier politique pendant trente ans et libéré récemment, de quitter Cuba et de rejoindre sa famille en exil.