SOMMAIRE: Le président de la Cour suprême de justice de Bolivie, Edgar Oblitas, a proposé d'étudier les possibilités de légalisation de certaines substances psychotropes.
(LE PARTI NOUVEAU - N. 7 - MAI 1992)
Oblitas disait entre autres: "le trafic de drogue a dominé les mafias internationales avec un pouvoir économique supérieur quelquefois à celui des pays producteurs. Il faut se demander si, en suivant les nouveaux mouvements d'opinion qui apparaissent à la fois dans les pays producteurs et consommateurs, l'avenir imposera d'admettre des degrés progressifs de légalisation pour certaines substances psychotropes. Si la légalisation des drogues pouvait bénéficier de l'appui nécessaire pour devenir un domaine accepté par la société, il faudrait réfléchir sérieusement sur les règles du jeu et définir une législation qui protège les plus faibles. Nonobstant un certain appui de personnalités influentes d'Europe et d'Amérique latine, le débat sur la légalisation de la drogue demeure un thème marginal dans les réunions officielles sur la lutte contre le trafic de stupéfiants".
Marco Taradash, parlementaire européen antiprohibitionniste, membre du Conseil fédéral du PR, a envoyé une lettre au Président Oblitas où il est dit, entre autres: "Nous avons appris votre proposition d'étudier la possibilité de légaliser les stupéfiants. Depuis des années, le PR s'est engagé face à ce problème à la fois sur le plan international, par le biais de la LIA, et directement auprès de certains Etats. Le fait que ce soit précisément de Bolivie qu'émane une invitation à considérer attentivement l'hypothèse de légaliser la drogue, renforce nos convictions. Il est possible d'amener sous le contrôle de la loi les drogues interdites, d'éliminer la spirale de la violence, de battre le pouvoir criminel et d'aider ceux qui souffrent des maux de la dépendance."
---------------------------
Giorgio Giacomelli, directeur de l'UNDEP, l'agence anti-drogue créée par l'Assemblée générale des Nations unies: "Les programmes pilotes de reconversion des cultures de la coca et de l'opium sont certes précieux, mais ils ne valent dans leur ensemble que comme un emplâtre sur une jambe de bois. L'économie de la drogue dispose en effet d'une imagination et de moyens tels que, même dans l'hypothèse où nous parviendrions un jour à supprimer la dernière plante de coca et de pavot, le monde serait envahi le lendemain même par les drogues synthétiques".