Radicali.it - sito ufficiale di Radicali Italiani
Notizie Radicali, il giornale telematico di Radicali Italiani
cerca [dal 1999]


i testi dal 1955 al 1998

  RSS
dom 26 apr. 2026
[ cerca in archivio ] ARCHIVIO STORICO RADICALE
Archivio Partito radicale
Dupuis Olivier, Drugus Liviu - 1 luglio 1992
LE RADICALISME COMME PHILOSOPHIE DU CHANGEMENT
Interview d'Olivier Dupuis (*) par Liviu Drugus

SOMMAIRE: L'article paru sur le quotidien moldave Staful Tarii rapporte une interview avec le conseiller fédéral du PR Olivier Dupuis.

* Moyens et finalités.

* Du nationalisme au globalisme

* Un parti sans frontières: le Parti Radical Transnational.

* Ne pas confondre avec le globalisme, avec l'internationalisme prolétaire ou bien avec l'antinationalisme.

* Le radicalisme signifie le changement à la base, la mutation, la vraie transformation utile marquée d'un sens positif et progressif.

* La loi De Carver: "Le mauvais côté des radicaux c'est qu'ils lisent uniquement de la littérature radicale. Alors que le mauvais côté des conservateurs c'est qu'eux ne lisent rien".

* Les ennemis les plus acharnés du radicalisme furent depuis toujours les conservateurs et ce n'est pas par hasard que les réactions critiques négatives adressées aux radicaux vinrent et viendront certainement de la nomenklatura communiste conservatrice, des nationalistes acharnés et de ceux qui préfèrent avaler ce que mâchent les autres.

(Sfatul Tarii - Chisinau - Kishinev, Moldavie, juillet 1992)

---

Liviu Drugus: Qui êtes-vous, Monsieur Dupuis ?

Olivier Dupuis: Je suis citoyen belge et sociologue de profession, licencié en sciences politiques et sociales. J'ai 34 ans.

L.D.: Depuis combien de temps êtes-vous membre du parti?

O.D.: Depuis 1981.

L.D.: Comment avez-vous connu les idées et le programme de ce parti?

O.D.: Grâce aux journaux français et aux actions organisées par ces journaux en faveur des mouvements démocratiques encore soumis à la dictature communiste; ces actions s'adressaient en même temps aux gouvernements qui, en substance, étaient complices du maintien de la dictature dans les divers pays d'Europe centrale et de l'Est.

L.D.: Que représente le Parti Radical, son programme politique et ses finalités?

O.D.: Le Parti Radical est un parti un peu difficile à comprendre car il s'agit actuellement d'un parti en pleine transition. Il y a trois ans le PR était un parti essentiellement italien, c'est-à-dire un "parti national" (entre guillemets, car il avait des objectifs purement nationaux mais ce n'était, en aucun cas, un parti nationaliste).

Après une analyse de la situation mondiale, après avoir constaté que d'innombrables problèmes ne pouvaient plus être résolus au niveau national, mais au niveau transnational, il fut décidé que ce parti italien deviendrait un parti transnational.

Ces problèmes transnationaux sont les suivants: l'écologie, la destruction de la couche d'ozone, l'empoisonnement de certains fleuves qui traversent 10-15 pays, la destruction des mers..., comme aussi les grands problèmes économiques qui ne peuvent être résolus, pas même par l'Allemagne ou par la France.

Sans renoncer à certains éléments de souveraineté, nous ne pourrons vraiment pas combattre ensemble pour la solution des problèmes de l'industrialisation, de l'agriculture ou des télécommunications qui sont communs à beaucoup de pays.

Ainsi, de la même façon, des problèmes comme la drogue, la criminalité, le sous-développement, la crise économique des pays ex-socialistes, etc., nous ont poussé à créer ce parti. S'agissant d'un processus en évolution, une chose est de déclarer sa nécessité, mais c'est autre chose de le réaliser, de le mettre en pratique.

L.D.: De quel soutien bénéficie le Parti Radical et quel est le niveau d'adhésion des citoyens des divers pays?

O.D.: En Italie nous avons un noyau fort, car c'est en Italie que ce parti est né. Puis nous avons des centres puissants dans les pays d'Europe de l'Est, en Russie, en Ukraine, en Croatie, Hongrie, etc. En Roumanie, 50 parlementaires sont inscrits au Parti Radical: ils représentent le FSN, PNL, MER, PER, PNL, PUNR, "Romania Mare", UDMR, PDAR, et des députés représentent les minorités des rom, des polonais, des ukrainiens, des grecs, etc.

L.D.: Y a-t-il aussi des représentants d'autres pays d'Europe Occidentale?

O.D.: Un ministre français s'est inscrit récemment, justement au Congrès qui s'est déroulé à Rome, suite à quoi deux autres ministres se sont inscrits. Nous avons également des parlementaires espagnols, un anglais, un suisse. Dans cette région, nous pouvons dire que nous avons un certain retard.

L.D.: Mais hors d'Europe?

O.D.: En Afrique nous avons des membres en Côte-d'Ivoire, au Burkina Faso, en général en Afrique occidentale. Nous avons également quelques membres aux Etats-Unis mais là aussi nous ne sommes qu'au début.

L.D.: Combien de centres de coordination y a-t-il dans le monde ?

O.D.: Nous avons actuellement trois centres de coordination des informations: à Moscou, pour l'ancien empire soviétique, un autre à Bruxelles pour l'Europe du Nord-Ouest, et un autre pour l'Europe centrale situé pour l'instant à Budapest.

Mais pour cette dernière zone nous avons ouvert des bureaux à Prague, à Zagreb, à Sofia et depuis peu à Bucarest.

L.D. Comment le Parti Radical imagine-t-il un nouvel ordre mondial?

O.D.: Les deux fronts sur lesquels nous travaillons sont: celui des institutions européennes et celui de l'ONU. Au niveau européen, nous travaillons depuis plusieurs années pour la création des Etats-Unis d'Europe, dont feraient partie toutes les nations européennes. Le noyau le plus avancé sur cette voie est la Communauté Européenne.

Mais nous avons une attitude fort critique devant la manière dont est réalisé ce processus, en effet trop peu démocratique. Il existe d'une part un mécanisme très bureaucratique d'une affaire qui se déroule entre experts des bureaucraties nationales. D'autre part, il y a un compromis permanent, incessant, entre les états nationaux qui empêchent la promotion des intérêts des citoyens européens.

En effet, le citoyen européen voit certaines compétences de l'état national transférées par l'état national au niveau européen mais sans que cela corresponde à une capacité de contrôle législatif de la part de l'organe démocratique, autrement dit le Parlement Européen.

Il y a aussi le Conseil D'Europe, qui compte 26 pays et qui agit notamment dans le domaine des droits de l'homme.

Nous accordons une attention particulière à la Communauté Européenne car nous pensons que c'est là qu'a lieu la conception d'une Europe fédérale qui s'occupe uniquement des choses impossibles à résoudre au niveau national.

Nous n'acceptons pas l'idée que les Etats-Unis d'Europe deviennent un super-état de type jacobin, centralisé.

Cet état doit devenir une structure susceptible de résoudre ces grands problèmes.

L.D.: Tel serait donc le futur ordre européen. Mais au niveau mondial?

O.D.: Ce nouvel ordre européen se réalise dans la perspective d'un nouvel ordre mondial.

Nous voulons qu'un beau jour on ait un gouvernement mondial et qui - bien entendu - ne soit pas totalitaire et totalisant mais, au contraire, flexible sur les grands problèmes mondiaux.

Pour le moment il faut favoriser les groupes régionaux: Amérique du Sud, Amérique du Nord, Afrique.

Au lieu d'avoir 150 sujets, il pourrait en rester 15, ce qui serait plus efficient et plus facile à coordonner.

L.D.: De quelles doctrines politiques actuelles vous sentez-vous plus proche?

O.D.: Il est difficile pour moi de faire une telle délimitation, une telle séparation, car une des caractéristiques du Parti radical est de se montrer anti-idéologique et de l'être. Nous pensons que les idéologies représentent assez souvent des choses très "enfermées". Nous pourrions parler en revanche de deux choses courantes: la grande tradition libérale, celle de l'état de droit, à partir de Montesquieu, et ensuite les traditions du socialisme humaniste démocratique (comme par exemple la culture française et francophone, et les traditions antifascistes et sociales-libérales italiennes). Il ne faut pas oublier le grand apport de Gandhi et sa promotion de la nonviolence non pas comme acte personnel, mais comme stratagème politique de revendication des droits de l'homme. Ce que Gandhi fit pour la révolution de l'Inde est une chose qui est soit méconnue soit trop peu connue et appréciée.

L.D.: Peut-on dire que le Parti Radical est, dans son essence, antifasciste et anticommuniste?

O.d.: Oui, bien que nous n'aimions pas les formules qui commencent par "anti". Nous sommes démocrates avec intransigeance, nous sommes - autrement dit - pour les droits et la liberté.

Nous sommes contre le communisme qui nie tous ces droits et ces libertés, mais nous ne sommes pas contre le communisme qui, en bonne foi et observant les règles démocratiques, essaye de poursuivre ses idéaux.

L.d.: Que signifie le mot radical et quel est le sens, la finalité de son utilisation dans la nomenklatura de parti?

O.D.: Radical, autrement dit aller à la racine des problèmes, c'est-à-dire ne pas accepter, ne pas rester à leur surface.

La tradition radicale dans l'histoire européenne représenta un trait d'union entre les deux cultures auxquelles je faisais allusion auparavant: la grande culture libérale et la grande culture socialiste humaniste.

L.D.: Avez-vous reçu des réponses aux lettres et aux revues que le parti envoie en Moldavie?

O.D.: Peu de réponses. L'histoire est un peu longue. Il y a un an nous avons envoyé en Moldavie du matériel imprimé en russe. Nous avons dû faire ensuite un grand travail de traduction. A présent, nous envoyons surtout du matériel en roumain.

Avec Vasile Diacon nous irons nous entretenir avec les collègues parlementaires de Chisinau. Il faudra consulter toutes les forces politiques de Moldavie.

J'espère que vers la mi-août je pourrai y consacrer une semaine, et vous pourrez sans doute me donner un coup de main, avec Vasile, pour organiser toutes ces rencontres.

-----

N.d.T

* DUPUIS OLIVIER. Affirmateur-objecteur de conscience total, il se livre à la justice belge en octobre 1985 et purge une peine de 11 mois dans la prison de Saint Gilles. Il a soigné l'édition francophone des Nouvelles radicales. Il a organisé et participé à plusieurs manifestations nonviolentes et antiautoritaires dans les pays de l'Est et c'est suite à ces initiatives qu'il fut expulsé de Tchécoslovaquie et de Yougoslavie. Il a coordonné les activités du Parti radical en Roumanie et en Hongrie et collaboré au Projet radical "Le Parti Nouveau".

Olivier Dupuis est né en 1958 à Ath (Belgique). Licencié en Sciences Politiques et Sociales (Université de Louvain), il est inscrit au Parti Radical depuis 1981. Engagé à cette époque dans la campagne contre l'extermination par la faim, il participe à de nombreuses actions nonviolentes qui lui font connaître à plusieurs reprises les commissariats bruxellois. Pour l'application de la loi dite de "Survie", votée par une large majorité du Parlement belge il effectue en 1982 pendant 5 semaine une grève de la faim. Toujours en 1982, il est arrêté à Prague et détenu pendant trois jours avec deux autres militants radicaux avant d'être expulsé et interdit de séjour pendant cinq ans pour avoir distribué Place Venceslav des tracts en faveur de la Démocratie, de la vie du Droit et du Droit à la Vie. En septembre 1985 il est arrêté à Dubrovnik et détenu à nouveau pendant trois jours et interdit de séjour pendant trois ans pour avoir distribué, avec une dizaine d'autres radicaux, sur toute la cote dalmate, à Zagreb et à

Belgrade, des milliers de tracts appelant à l'adhésion immédiate de la Yougoslavie à la Communauté européenne.

En octobre 1985, parce qu'il considère que tant la défense militaire que sa soi-disant alternative civile sont incapables d'affronter les menaces réelles pour la paix et la sécurité que sont l'absence de démocratie à l'Est et du Droit à la vie dans le Sud du monde, il est arrêté devant le Palais du Berlaimont et incarcéré pour avoir refusé de servir sous les drapeaux. Condamné en première instance et en appel à deux ans de prison ferme, il est incarcéré à Saint-Gilles d'abord, à Louvain ensuite. A sa libération, après 11 mois de prison, en août 1986, il effectue un remplacement de peine dans l'ONG "Food and Disarmament".

A partir de 1987 il se rend fréquemment en Europe Centrale et en Europe de l'Est, ou le Parti Radical lutte avec le Mouvement "Wolnosc i Pokoj" pour affirmer l'objection de conscience en Pologne. Ces années-là il collabore également aux organes d'information du Parti Radical. Fin 1988, il se rend plusieurs fois en Hongrie pour vérifier, après le refus des autorités de Belgrade, les possibilités d'organiser le congrès du Parti Radical à Budapest. Il s'y installe en janvier 1989, après que les autorités hongroises aient donné leur feu-vert définitif à la tenue du congrès radical. Après le Congrès, en avril 1989, alors que rares étaient ceux encore qui croyaient à la chute du rideau de fer, il participe à l'organisation des premiers noyaux radicaux en Europe Centrale. En décembre 1991, alors que la Communauté européenne s'obstine sous la pression de la France et de l'Angleterre à ne pas reconnaître les Républiques de l'ex-Yougoslavie, il se rend avec Marco Pannella et d'autres radicaux antimilitaristes dans les

tranchées qui entourent Osijek, la ville assiégée de Slavonie, et revêt l'uniforme croate.

Il multiple ensuite, dans le cadre du processus de développement du Parti radical, les contacts avec les parlementaires des pays d'Europe centrale qui sont toujours plus nombreux à s'inscrire au Parti Radical, coordonnant notamment des actions parlementaires pour l'instauration du Tribunal international contre les crimes de guerre en ex-Yougoslavie et pour la reconnaissance internationale de la République de Macédoine. Il a été élu président du Conseil Général en 1994 et secrétaire du parti en 1995.

 
Argomenti correlati:
stampa questo documento invia questa pagina per mail