"Ça suffit, je quitte la politique". Dans cette interview, le gourou radical annonce son abandon de la politique. C'est certain. Tout à fait certain. A moins que...Une interview de Marco Pannella par Giancarlo Perna
SOMMAIRE: A Giancarlo Perna qui veut l'interviewer sur ses succès politiques, Pannella confirme son intention de quitter la vie politique, le 6 février, à l'occasion du congrès radical: »Pendant vingt ans tu essayes d'éviter les Bosnie, et tu te retrouves ensuite une Bosnie quotidienne. Depuis dix ans, tu te bats contre la faim dans le monde et puis tu sais que cette année 20 millions d'enfants sont morts de faim. Eh bien alors, tu as perdu ton temps. Tu as honte et tu t'en vas . »J'ai tout prévu avec des dizaines d'années d'avance. Personne ne m'a écouté. Parfois l'intelligence devient un supplice . Sur le soutien accordé au gouvernement Amato: »Depuis des dizaines d'années, nous disons que le déficit doit être réduit. Pour la première fois, ce gouvernement est en train d'essayer de le faire. Ce sont les autres qui se mettent sur nos positions, et pas le contraire . Suivent trois "encadrés" contenus dans le même article: les commentaires de certains hommes politiques sur son annonce d'abandon de la politiqu
e; une courte fiche sur les batailles radicales les plus célèbres; les "amis" et les "ennemis".
(EUROPEO, 19 novembre 1992)
Derrière son bureau, Marco Pannella est un buste parfait de la première République, mais relégué au sixième étage de Montecitorio (1). Cette petite pièce de leader du groupe fédéraliste européen, l'ancien Parti radical, est tout ce que lui accorde la Palais qu'il a talonné pendant 40 ans, en l'obligeant souvent à faire ce qu'il voulait.
»Excuse-moi si je ne me lève pas, j'ai mal au dos . Et d'un geste large il m'indique une chaise.
Il a une grande tête blanche. Sa poitrine, digne d'un lanceur de poids, déborde sur la table. Les grèves de la faim ont perturbé son métabolisme. Il mange normalement, mais il ne métabolise pas. Debout il serait gigantesque, assis il est énorme.
»A quoi dois-je cet honneur? , dit-il avec un sourire qui personnellement me tape sur les nerfs parce que je le connais et que je sais qu'il se prépare à entamer la même regaine sur la presse qui l'ignore.
»"L'Europeo" te met sur sa couverture. Et nous nous demandons si dans ce bordel général ton moment n'est pas finalement venu , je lui réponds.
»Je suis sur le point de quitter la vie politique
»Qu'est-ce que tu dis?
»Le 6 février
Qu'est-ce qui se passe ce jour-là?
»Il y a notre congrès
»Tu as décidé?
»J'ignore si ma sortie est probable ou uniquement possible .
"Je comprends . Je commence à m'y reconnaître. C'est encore la vanité. Maintenant qu'ils sont nombreux à le courtiser, depuis Claudio Martelli (2), jusqu'à Mario Segni, au président du Conseil Giuliano Amato (3) qui le traite avec des gants, Marco fait le difficile. Il joue le jeu.
»Tu as fait de la politique toute ta vie. Qu'est-ce que tu fais si tu t'en vas?
»J'ai l'embarras du choix. Lire, écrire, étudier
»Je t'y vois bien. Pourquoi voudrais-tu renoncer?
»J'ai parlé pendant des années, mais j'ai transmis du silence
»Pourquoi s'en aller justement maintenant?
»C'est comme aller à la télévision avec un bâillon. Avec la seule différence que c'est à ma vie que je met un bâillon. C'est un avertissement
»Marco, cesse de parler comme un prophète. Tu dois écrire, expliquer aux lecteurs . J'hésite: s'agit-il de balivernes ou d'un drame existentiel?
»Maintenant je parle en général, pas de moi. Un geste comme le mien peut signifier que je n'en peux plus. Quand tu répètes pendant des années ce que tu as à coeur, quand tu insistes sur ce qui t'est le plus cher et que tu voudrais laisser en héritage et que tu vois ensuite que tu parles au vent, que tout cela est mis de coté. Pendant 20 ans tu essayes d'éviter les Bosnie, et puis tu te retrouves dans une Bosnie quotidienne. Depuis 10 ans, tu te bats contre la faim dans le monde et puis tu sais que cette année 20 millions d'enfants mourront de faim. Eh bien alors, tu as perdu ton temps. Tu as honte et tu t'en vas . Il s'émeut et c'est contagieux. »Mais Marco... on a l'impression que tu portes toutes les fautes du monde . »J'ai tout prévu avec des dizaines d'années d'avance. Personne ne m'a écouté. Parfois l'intelligence devient un supplice. Ce n'est pas élégant de dire "je l'avais dit". J'en serais incapable. Dire qu'il y a une semaine le maire de Sarajevo s'est inscrit au parti radical transnational, et que
pour la presse ça ne représente pas une nouvelle. Qu'une de nos inscrites yougoslave a été tuée pendant qu'elle essayait d'apporter des secours à la Bosnie, la même chose. Personne n'écoute. Alors, ça suffit. Mieux vaut renoncer".
Il fume en parlant. Toutes les cinq minutes, il attrape sa boîte de cigares. Il la palpe avec plaisir, et en sort un Mercator. C'est nouveau. Il a toujours fumé des Celtiques. Soixante-dix, quatre-vingts bombes par jour. »Comme 120 cigarettes normales précise-t-il.
»Je fumais des Celtiques depuis 1956. Toujours les mêmes cigarettes. J'étais un monogame total. Mais maintenant on n'en fait plus et je suis un veuf inconsolable. Parmi les cigarettes il n'y a rien d'équivalent. C'est pourquoi je suis passé au cigare . »C'est mieux, avec le cigare on n'aspire pas . »Moi je l'aspire .
Regardez-le, le contestataire par excellence. Enveloppé dans un nuage de fumée et dans le veston croisé qu'a cousu pour lui un tailleur de Teramo. L'homme du divorce, de l'avortement, des marches, des obstructionnismes les plus longs jamais vus à Montecitorio, l'antifasciste, l'anticommuniste, l'antiprohibitionniste de la drogue, le casse-pieds.
»Mais maintenant tu es devenu quelqu'un d'autre
»Depuis 40 ans je suis toujours le même
»après l'avoir critiqué, tu es désormais le défenseur du système. Tu as pris parti pour le conseil des Abruzzes contre les juges qui l'ont attrapé les mains dans le sac. Tu as...
»Halte, j'aime les magistrats comme Di Pietro. Il enquête, il interroge, il suit son chemin. Mais je n'aime pas les coups de filet et les arrestations sans interrogatoires. C'est ce qu'ils ont fait à L'Aquila. J'avais été le premier à accuser le conseil. Mais face à l'injustice, le principe qui vaut est que la défense de l'adversaire est encore plus sacrée que celle de l'ami .
"Bon. Tu admettras pourtant que tu es en train de soutenir de façon évidente le gouvernement Amato. Il t'est sympathique?
»Aucune sympathie . C'est tout à fait vrai. Je le savais. Ils se méprisent tous les deux. Pour Pannella, Amato était trop l'esclave de Craxi (4). Pour Amato, Pannella était un brouillon inutile. La politique les a réunis.
»Pourquoi soutiens-tu le gouvernement?
»Car c'est le seul gouvernement de la République. Aucun autre n'est possible. Depuis des dizaines d'années nous disons que le déficit doit être réduit. Pour la première fois, ce gouvernement est en train d'essayer de le faire. Ce sont les autres qui se mettent sur nos positions, et pas le contraire. Tout le monde sait que s'il y a un seul jour de crise, les marchés s'affolent. Je trouve intellectuellement malhonnête et politiquement faible de soulever les places, comme le font les communistes et les "missini" (5), en faisant semblant de vouloir renverser le gouvernement et sachant en même temps que cela ne peut pas arriver car sinon c'est le désastre. Mais il est arrivé un soir qu'Amato et le ministre du Trésor Barucci en ont eu marre. Ils étaient sur le point de tout envoyer au diable. C'est alors que je suis sorti à découvert et que je les ai appuyés. Nous sommes à l'opposition dans le gouvernement, mais encore plus à l'opposition de l'opposition . Pannella a un slogan prêt pour chaque situation.
»Un esprit de service, comme un démocrate-chrétien?
»Dans les phases importantes d'un Pays, il faut un réflexe unitaire. Comme les anglais ont un réflexe monarchiste dans les moments cruciaux, moi j'ai un réflexe républicain . Mieux vaut que je le reconnaisse le premier, avant que vous ne me le disiez. Ce très grand arrangeur de choses, m'a vraiment eu. Je voulais qu'il confesse ses contradictions. Il a montré qu'il était un homme tout d'une pièce.
»Si je te demande de devenir ministre?
»A 63 ans ça n'a pas de sens de commencer ainsi. Dans le vivier radical il y a au moins 30 personnes plus jeunes qui feraient tout aussi bien l'affaire. Stanzani, Bonino, Cicciomessere, Vigevano. Rien que pour citer quelques noms
»Et toi?
»Moi, si dans quelques mois des dizaines d'autres juges commencent à faire comme Di Pietro...
»Eh bien?
»... C'est impossible qu'on vienne me voir et qu'on me demande de former un gouvernement . C'est le même Pannella qui, il y a quelques minutes, parlait de se retirer. Mais celui-ci, à mon avis, est plus vrai. Je ne lui reproche cependant pas de s'être contredit. La discussion se fait moins précise et je lui demande pourquoi Spadaccia, Teodori, Negri, Rutelli et tant de vieux amis l'ont abandonné. La bonne réponse serait: »Parce que j'ai un sale caractère. je suce du sang frais comme un vampire. Il n'y a que moi qui compte, et pas les autres . Mais il répond: »La longueur de mes amitiés, c'est ma fierté. Spadaccia avait 18 ans lorsque je l'ai connu. 55 ans lorsqu'il s'en est allé. Teodori avait 14 ans au début, 52 à la fin. Negri 18, et il en a 35. Rutelli 20, et il en a 38. La vie sépare. C'est déjà un miracle que les choses se soient passées comme ça. On peut se fatiguer
»C'est vrai
»Eux, pas moi
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IL S'EN VA? TANT MIEUX POUR LUI
Mais vous croyez vraiment que Marco Pannella puisse quitter la politique? Et si ça arrive, qu'en penserez-vous?
GERARDO BIANCO, chef du groupe démocrate-chrétien à la Chambre: »Il est vraiment étrange que Pannella veuille se retirer juste au moment où il commence à être écouté aussi par ceux qui n'ont pas partagé ses positions. J'espère qu'il réfléchira. Dans la vie politique les moments de déception sont fréquents et la tentation d'abandonner est très forte, et Pannella est peut-être dans un de ces moments-là. Mais il commettrait une erreur car il peut encore donner beaucoup à la démocratie italienne. Une démocratie à risque, comme lui-même l'a compris
LUCIANO VIOLANTE, PDS, président de la Commission anti-mafia:
»Peu m'importe. Et ça ne me parait pas un sujet de discussion
CARLO FORMENTINI, chef du groupe de la Ligue du Nord à la Chambre:
»Je n'y crois pas. Il le dit toujours mais il ne le fait jamais. Dommage, de toute façon, s'il décidait vraiment de se retirer car nous perdrions un personnage qui se distinguait. Mais nous ne pouvons rien y faire. Si la Ligue s'employait pour trouver des inscriptions au Parti radical je crois que nous lui ferions davantage un tort qu'un plaisir. Il n'y a rien d'étrange au fait que Pannella devienne ministre. Il appartient à la majorité depuis longtemps. Nous le traiterions comme nous traitons chaque force du gouvernement du régime des partis. Pas de ménagements, pas même pour Pannella
CARLO VIZZINI, secrétaire du PSDI: »Je crois que la menace de se retirer soit une provocation, comme c'est dans son tempérament. Je l'encourage à rester sur le terrain. C'est faux que personne ne l'écoute, même s'ils sont nombreux à ne pas avoir les mêmes idées que lui. Ce serait un acte de lâcheté, et Pannella n'est pas le type à se retirer quand on a justement le plus besoin de voix libres qui, tout en se trouvant dans le Palais depuis des dizaines d'années, n'en ont jamais été conditionnées. Au lieu de se retirer, pourquoi ne fait-il pas une grève de la faim?
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LE PERE DE TOUTES LES BATAILLES
S'il y a un interrupteur qui a allumé la longue parabole politique de Marco Pannella, il s'est déclenché le 13 mai 1974. Ce jour-là, les italiens qui repoussèrent l'abrogation de la loi sur le divorce, se découvrirent tous plus laïques, moins démocrates-chrétiens et surement un peu 'pannelliens'.
Depuis lors, grâce aussi à la découverte de l'arme du référendum, Marco Pannella et ses anciennes troupes radicales ont combattu d'innombrables batailles, toutes nées de l'inspiration prophétique du grand chef, dans le filon des droits civils.
Après le divorce, la loi sur l'avortement, les référendums contre la loi Reale (6) et contre le financement public des partis, dans les années où les partis laïques semblaient justement destinés à mourir, serrés dans la prise de l'unité nationale et de l'alliance de la DC avec le PCI.
On ne compte plus les prophéties de Pannella qui sont devenues au fil des années des questions politiques. De la bataille contre l'information lotie à la radio et à la télévision, aux jeûnes éclatants contre la faim dans le monde (qui amenèrent à l'allocation de 5 mille milliards d'aides au Tiers monde), des accusations contre la corruption, à l'objection de conscience, des campagnes pour "une justice équitable" qui ont abouti à la mobilisation radicale en faveur d'Enzo Tortora (7), accusé, et ensuite acquitté, de trafics de drogue et de collusions avec la mafia napolitaine, jusqu'au référendums contre le nucléaire et pour la responsabilité civile des juges.
Cette année, Marco Pannella peut tranquillement s'attribuer la mise en scène de l'élection du Président de la République Oscar Luigi Scalfaro (8) et le lancement du système uninominal à l'anglaise voulu aujourd'hui par beaucoup d'hommes politiques. Mais, comme d'habitude, c'est lui qui y est arrivé le premier.
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AMIS, GRANDS AMIS OU PLUTOT ENNEMIS
Des gay aux objecteurs de conscience, des délaissés de tout genre aux leaders politiques qui se distinguent, Marco Pannella a eu à ses côtés, tout au long de son chemin, les alliés les plus divers. Du parti radical ont fait et font partie, rien que pour citer des exemples, les députés Massimo Teodori, Staiti di Cuddia et Ilona Staller-Cicciolina (9), des députés du PDS comme Willer Bordon et des coupe-gorge mafiosi comme Pasquale Barra, surnommé affectueusement "l'animal" par ses camarades de prison.
Dans les jeux de Montecitorio en revanche, Pannella n'a pas eu de vrais alliés sincères, si ce n'est occasionnellement sur des batailles en particulier. L'interlocuteur avec lequel il a le plus souvent essayé de tisser des toiles et des accords a été Bettino Craxi. Et Craxi a toujours laissé Claudio Martelli cultiver la rose radicale. Le moment de plus grand accord entre Pannella et le Parti socialiste s'est vérifié à la fin des années quatre-vingts quand le PSI embrassa avec enthousiasme les batailles de Pannella contre le nucléaire et contre les abus de la magistrature. Pannella avança à l'époque (en 1988) pour la première fois sa candidature à un poste de gouvernement et Craxi lui répondit: "La DC n'acceptera jamais au gouvernement un parti qui a élu Cicciolina".
Ce fut la rupture. Et peut-être le moment où Pannella a décidé de courir tout seul. Avec Claudio Martelli il a conservé de bons rapports d'amitié, mais lorsque Martelli a décidé de conduire la sédition contre Craxi, Pannella n'est certainement pas accouru pour le soutenir.
A présent Pannella se trouve uni, dans le choix en faveur du système électoral uninominal, à Giorgio La Malfa, à Claudio Martelli, Mario Segni et Umberto Bossi. Mais de là à dire que ce sont ses alliés, il en faut.
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N.d.T
1 - MONTECITORIO. Place romaine où s'élève le palais de la Chambre des Députés. Par extension, le nom indique la Chambre elle-même.
2 - MARTELLI CLAUDIO. Homme politique italien. Ancien sous-secrétaire du Parti socialiste et ministre de la Justice.
3 - AMATO GIULIANO. (Turin 1938). Homme politique, expert de droit constitutionnel. Extraparlementaire de formation, socialiste par la suite. Député durant plusieurs législatures, sous-secrétaire à la Présidence du Conseil dans les deux gouvernements Craxi. Vice-président du Conseil et Ministre du trésor dans le premier gouvernement Goria. Président du Conseil en 1992-1993.
4 - CRAXI BETTINO. (Milan 1934). Homme politique italien. Socialiste, député à partir de 1968. Devenu secrétaire du Parti socialiste italien (PSI) en 1976, il a profondément changé la physionomie du parti, le faisant devenir l'axe d'un ample projet de réformes institutionnelles et d'unité des forces socialistes.
5 - "missini" - c'est le nom avec lequel on indique les inscrits et les sympathisants du MOUVEMENT SOCIAL ITALIEN (MSI). Parti fondé en 1946 par quelques anciens fascistes, actifs surtout durant la République Sociale Italienne, qui s'opposa aux forces alliées et au gouvernement légitime en collaborant avec les allemands (1943-45). En 1972, le MSI absorba le Parti d'Union Monarchiste (PDIUM) et changea son nom en MSI-Droite Nationale. Secrétaires: Giorgio Almirante (1946-50 et ensuite à partir de 1969), A. De Marsanich (1950-1954), A. Michelini (1954-1969), Pino Rauti et Gianfranco Fini.
6 - REALE ORONZO. (Lecce 1902 - Rome 1988). Un des fondateurs du Parti d'Action (1942), secrétaire du parti républicain (1949-1964), député, ministre de la justice à plusieurs reprises. La "Loi Reale" est une loi d'urgence qui confère des pouvoirs spéciaux aux forces de police, qu'il a présenté pour combattre le terrorisme (1975).
7 - TORTORA ENZO. (Gênes 1928 - Milan 1988). Journaliste et célèbre présentateur de la télévision, arrêté pour présumé trafic de drogue. Elu au Parlement européen (1984) dans les listes radicales, il subit un procès dans lequel il fut condamné pour être ensuite acquitté en appel. Occasion et symbole de la principale campagne radicale pour la réforme de la justice.
8 - SCALFARO OSCAR LUIGI. (Novara 1918). Démocrate-chrétien, italien. Avocat, plusieurs fois député, ministre des transports, ministre des biens culturels et de l'intérieur. Homme d'une grande intégrité, il jouit de l'estime générale, même auprès des laïques.
Il a été élu Président de la République en 1992.
9 - STALLER ILONA (Elena Anna). (Budapest 1951). Hongroise. Mieux connue comme Cicciolina, artiste porno, élue au Parlement en 1987 dans les listes radicales.