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Archivio Partito radicale
Ponzone Lorenza - 1 gennaio 1993
(6) Le Parti Radical dans la politique italienne: 1962-1989
par Lorenza Ponzone

CHAPITRE III

DE LA RUE AU PARLEMENT (1967/1976)

SOMMAIRE: Le chapitre est divisé en six paragraphes.

1. La longue marche commence: analyse des caractéristiques de l'organisation et des structures du parti jusqu'au Congrès du mois de novembre 1972. 2. Derrière les mille radicaux: les mouvements, les premiers sièges locaux: le parti et ses structures jusqu'au Congrès de Vérone du mois de novembre 1973, avec la nomination du secrétaire national Giulio Ercolesi. On signale la formation des premiers noyaux régionaux et locaux et des premières organisations fédérées (Ligue pour l'Objection de Conscience, F.U.O.R.I., Mouvement de Libération de la Femme, Centre Italien pour la Stérilisation et l'Avortement, etc.). 3. Pour les référendums; la table sur le dos: les événements de 1974 et jusqu'au congrès de Florence (nov. 1975). Reconstruction minutieuse, tant que possible, des structures de rassemblement des signatures pour les référendums, par rapport à la croissance de l'organisation territoriale (régionale) du parti. 4. On compte le premier argent. Les bilans (1973/74/75): tentative d'analyse des structures financ

ières et des bilans dans la période indiquée. 5. L'Italie répond. Quatre radicaux à la Chambre: campagne électorale de 1976 et ses caractéristiques d'organisation, financières et politiques; naissance de Radio Radicale. 6. Après le succès électoral, la désorganisation scientifique. Naissance de la rébellion interne: les problèmes nés avec l'entrée au Parlement; le financement public; les nouvelles adhésions provenant des secteurs les plus divers; le débat sur l'organisation et sur le statut; Congrès de Naples du mois de novembre 1976, avec le changement de symbole; nouvelles "sigles" fédérées; une tentative d'analyse sociologique.

(Lorenza Ponzone, LE PARTI RADICAL DANS LA POLITIQUE ITALIENNE, 1962-1989, éditions Schena, janvier 1993)

1. La longue marche commence

Reconstruire les différentes phases d'organisation du parti radical n'est pas facile par manque de données sûres et parce que les quelques données qui le sont apparaissent discontinues: songez que le premier "rapport sur la situation du parti" n'a été préparé qu'en 1981 par le trésorier Marcello Crivellini, et qu'avant cette date jamais on avait élaboré, même sommairement, l'ensemble des informations qui mesuraient, pour ainsi dire, physiquement le parti radical.

La philosophie de l'organisation du parti reflétait certainement la conception même du parti sur la manière de faire de la politique; les radicaux se concentraient sur des objectifs particuliers, année par année, créant des structures flexibles adaptées à chaque objectif, et à éliminer une fois cet objectif atteint. Mais si d'un côté cela a donné des résultats impensables pour un parti si petit et a empêché la formation de bureaucraties et d'appareils, de l'autre »ça a répandu dans le parti la conception que chaque structure est à perdre et que chaque support d'organisation de la politique doit se soumettre à la philosophie du 'jette après usage' (124). De sorte que l'extrême flexibilité de l'organisation a empêché la constitution de structures opérationnelles permanentes, qui auraient peut-être pu porter à la formation d'un instrument durable et plus économiquement valable pour les finalités du parti sans, nécessairement, se transformer en une construction bureaucratique et donc parasitaire. Tenant compte

de la caractéristique anomale de l'organisation, l'analyse des structures doit être faite suivant une optique qui n'est pas traditionnelle car, autrement, on risquerait de faire une erreur d'évaluation. On ne peut pas examiner l'objectivité des données en suivant les schémas d'approche sociologique utilisés pour les autres partis: les inscrits, dans un sens quantitatif, géographique, leur stratification sociale et politique, doivent être analysés sous un profil particulier. Le parti radical comporte des composantes et des quantités différentes de personnes sur la base des luttes qu'il entreprend: c'est pourquoi le nombre d'inscrits a une importance relative, car il faut considérer les structures latérales et contingentes, comme par exemple les comités pour les référendums. D'autre part, le statut même du parti s'inspire à des critères d'organisation particuliers de signe fédéraliste, comme nous l'avons indiqué dans le premier chapitre (125).

Par conséquent, il faut faire tout de suite une première distinction entre structure interne et externe; la structure interne était articulée en partis régionaux, avec des statuts autonomes et dont les secrétaires siégeaient dans le conseil fédératif, qui était considéré l'organe de permanence politique entre un congrès et l'autre. Le parti national n'aurait dû être rien d'autre que la fédération des différents partis régionaux.

L'articulation externe permettait la fédération avec le parti de groupes et de mouvements non radicaux, dont les adhérents n'avaient aucun droit de participer aux congrès du parti; ils avaient, par contre, le droit de désigner des représentants dans le conseil fédératif. Ce type d'adhésion fut la méthode la plus suivie pour fédérer au parti beaucoup de mouvements nés surtout dans la période 1971-1975. Il faut ajouter que le statut prévoyait la possibilité de fédérer des mouvements non radicaux, même au niveau local. Mais la seconde solution, les accords au niveau local, ne fut choisie que rarement. Le fait est qu'une constellation d'associations s'était formée autour du parti pour des luttes spécifiques. Les associations se sont en effet servies du parti: il est arrivé aussi que certains groupes, avec le temps, se soient détachés du parti, ou qu'ils aient même assumé des positions critiques vis-à-vis de ce dernier. A ce point il faut cependant expliquer que certaines associations gravitant autour des radicau

x ne sont pas nées d'une manière spontanée, et qu'elles se sont fédérées par la suite, suivant la séquence prévue par le statut, apportant au parti les attentes des personnes qu'elles représentaient. Certaines ont été crées par le parti lui-même dans le but précisément d'organiser un certain consensus sur des thèmes spécifiques (126). Voilà pourquoi ces mouvements ayant été, pour ainsi dire engendrés par les radicaux, il faut les assimiler, en tant que structure (nombre d'inscrits, dislocation géographique, position idéologique et politique) au parti lui-même.

Les dimensions du parti, entre 1967 et 1972, sont assez modestes: pas plus de 250 inscrits, avec un minimum de 150, jusqu'à la fin de 1971, et seulement deux sièges, Rome et Milan. Mais ce n'est pas une donnée significative en soi: il faut considérer les sympathisants et les partisans "non inscrits", qui avaient aussi une carte. On peut supposer (par manque de toute référence) que sur la base des données des années suivantes l'importance numérique de cette dernière catégorie peut être au moins équivalente au nombre d'inscrits. Il faut cependant se rappeler que le parti radical, par un choix précis, était autofinancé. Le manque d'inscrits ou de partisans se répercutait directement sur les capacités financières du parti, essentielles pour l'efficacité de toute initiative politique, même si la structure, l'organisation du parti était basée sur le volontariat. Il n'y avait pas, à l'intérieur du P.R. une bureaucratie à entretenir.

En réalité, le véritable financement avait lieu au moment voulu, pour chaque initiative politique. Les radicaux, chaque année, au congrès, se réunissaient autour d'un sujet sur lequel la lutte du parti se serait fondée l'année suivante. Ainsi le parti demandait des contributions à ceux qui étaient intéressés par chaque bataille, comme nous verrons par la suite, par exemple pour les référendums.

La période de 1967 à la fin de l'année 1971 est celle où le parti est le plus pauvre d'inscrits, où il est à une croissance zéro. Au cours du dixième congrès (Rome, novembre 1971) on essaya de le renforcer, en mettant les sympathisants, pour la première fois, devant l"alternative "ou bien mille inscrits avant un an ou bien la dissolution" (127), une alternative qui deviendra ensuite un impératif constant dans l'histoire du parti. Dans le même congrès on proposa pour la première fois la possibilité d'une double carte, pour augmenter la force du parti. Jusqu'au dixième congrès l'insuffisance des inscrits n'avait pas posé de limites aux stratégies radicales, parce que le parti s'étendait dans les organisations collatérales, comme la LID, qui pendant la bataille pour le divorce avait recueilli beaucoup de sympathies et des dizaines de milliers d'adhérents de toute origine, étant même presque devenue un mouvement de masse, transversal à beaucoup de partis et organisations. Mais une fois conclue la bataille pour l

e divorce le parti reprit son cours traditionnel, jugé désormais insuffisant pour affronter sur le plan de l'organisation toutes les autres thématiques que l'on voulait développer.

D'où l'idée de Marco Pannella, psychologiquement traumatique et suggestive, de l'auto-dissolution, avec l'alternative de continuer à vivre si le parti avait atteint au moins le nombre de mille inscrits vu que l'insuffisance chronique de moyens financiers aurait toujours représenté un obstacle même pour des initiatives modestes. Le parti avait toujours vécu avec les contributions de ses propres militants, et donc seule une augmentation consistante de leur nombre aurait pu renflouer les caisses du parti. Il faut savoir que les recettes du P.R., ces années-là, ne dépassaient pas dix millions de lires, une somme qui, même pour ces temps-là, représentait un petit chiffre, ne suffisant certainement pas à financer une structure si minime soit-elle, ne fut-ce que de survie.

Le dixième congrès posa les bases de l'organisation pour relancer le parti. Le premier résultat visible de la mobilisation du parti peut être déduit de la lecture de deux documents: le bilan du 1 nov. 1971 - 15 octobre 1972 et la liste des inscrits, avec les indications de leurs lieux de résidence et des sommes versées pour l'inscription (128).

Le bilan montre des recettes pour 25.039.424 lires, et des dépenses pour 30.136.020 avec un déficit de 4.064.164 lires. Il faut remarquer que le montant de ce bilan a triplé par rapport au dernier bilan connu: trente millions contre dix millions. On déduit des recettes que les inscrits payants au 15 octobre s'élèvent à 598; l'article relatif au non-inscrits montre des versements reçus de 823 partisans, un nombre supérieur à celui des inscrits. Etant donné que le montant de l'inscription avait été fixé à 12 mille lires par an, si l'on divise la recette placée sous l'article "montants inscrits" par le nombre d'inscrits on obtient une somme d'environ 4.100 lires, ce qui porte à croire que tous les inscrits n'avaient pas versé la somme demandée. Ce calcul ne rend pas parfaitement dignes de foi les données relatives au nombre d'inscrits (130).

Ce bilan montre de toute évidence l'insuffisance des contributions des mouvements fédéraux, moins de 50 pour cent du budget. Pour le référendum sur le divorce on avait envisagé une recette de 5 millions de lires mais on n'a encaissé que 456.600 lires. Par contre, si l'on observe le chapitre des dépenses, pour le même article on peut remarquer qu'à un budget de six millions correspondit une dépense de trente quatre mille lires. L'ensemble de ce premier bilan sommaire met en évidence le choix anti-bureaucratique des radicaux. Voyez, par exemple, à l'écriture "remboursement de frais" inscrite en dépense la somme de 2.494.630 et 1.590.150 lires pour des collaborateurs, justifiée dans le document joint, comme remboursement "à une seule personne qui assure une collaboration de huit à treize heures".

Donc, l'action du parti se basait sur le volontariat, sur le spontanéisme, parfois même casuel, des quelques personnes ou du grand nombre de personnes qui, pour la plupart, appartenaient à ces secteurs directement intéressés au problème pour lequel on se battait à ce moment-là, par exemple le divorce, l'avortement, l'objection de conscience.

Un tel choix, c'est-à-dire un budget tout à fait insuffisant pouvait représenter toutefois une limite au développement du parti qui, si petit fut-il, devait fonctionner, devant en quelque sorte pouvoir compter sur une structure si petite fut-elle.

A la pauvreté du budget se rattache la question des "médias", sur lequel nous nous attarderons plus tard, un point douloureux que les radicaux ont toujours mis au centre de toute discussion. Dès le début, les refondateurs du P.R avaient expérimenté l'arme meurtrière du silence sur leur groupe, sur leurs thématiques, sur leurs initiatives. Tout ce silence concerté dura tant que la nature des droits dont les radicaux se faisaient tuteurs ne s'ouvrit pas à un plus ample spectre, tant, en définitive, qu'elle n'heurta pas contre des intérêts politiques, idéaux et économiques, énormes. Ce n'est qu'au moment de cet impact avec la réalité des intérêts constitués que s'allumèrent sur le P.R. les projecteurs des médias, mais souvent pour dénigrer cette manière "toute contre", "bizarre", étrangère au système italien de faire de la politique.

De l'élaboration de la liste des inscrits, le P.R. apparaissait comme un parti fortement urbain, concentré dans les régions du centre-nord du Pays, avec quelques présences au Sud et dans les Iles, avec une prédominance à Rome, et une présence significative à Milan. 40 pour cent des 636 inscrits au 20 octobre 1972 habitent Rome, 6 pour cent à Milan, les deux villes historiques pour les radicaux. On remarque un début de diffusion du parti dans le Piémont et en Emilie Romagne et, de toute manière, le P.R. parfois avec un seul inscrit est présent dans presque toutes les villes (voir tableaux n. 1 et 2).

TAB. 1

Inscrits au P.R. au 15 octobre 1972

REGIONS N. INSCRITS % SUR LE TOTAL

------------------------------------------

NORD 276 43,46%

CENTRE 306 48,20%

SUD et ILES 53 8,31%

TOTAL 635 100,00%

REGIONS N. INSCRITS % SUR LE TOTAL

-----------------------------------------

LATIUM 264 41,57%

LOMBARDIE 74 11,65%

PIEMONT 60 9,44%

EMILIE ROMAGNE 54 8,5%

FRIOUL VEN. JUL. 38 5,98%

TOSCANE 35 5,51%

VENETIE 23 3,62%

POUILLES 18 2,83%

LIGURIE 12 1,88%

SICILE 11 1,73%

VALLEE D'AOSTE 11 1,73%

CAMPANIE 10 1,57%

SARDAIGNE 6

OMBRIE 5

CALABRE 4

TRENTIN HAUT AD. 4

ABRUZZES 3

MARCHES 2

BASILICATE 1

MOLISE -

ITALIE 635

Source: Notre élaboration de la liste des inscrits publiée dans "Nouvelles Radicales" n. 173, 20 octobre 1972, polycopié.

TAB. 2

CHEFS-LIEUX N.INSCRITS POURCENTAGE INSCRITS

DE PROVINCE DANS LE CHEF-LIEU SUR LE

TOTAL

------------------------------------------

ROME 255 (8)* 40,15%

MILAN 39 (8) 6,14%

TRIESTE 30 (1) 4,72%

TURIN 25 (7) 3,39%

BARI 12 (3) 1,88%

BOLOGNE 12 (4) 1,88%

REGGIO EMILIA 12 (5) 1,88%

AOSTE 11 1,73%

CUNEO 9 (8)

PISE 8

FLORENCE 7 (6)

GENES 7

VERONE 7

NAPLES 6 (1)

PEROUSE 5

RAVENNE 5

(*) Le nombre entre parenthèses indique le nombre d'inscrits dans la province.

Note: les chefs-lieux qui restent ont moins de 5 inscrits. Source: Notre élaboration de la liste des inscrits publiée dans "Nouvelles Radicales" n. 173, 20 octobre 1972, polycopié.

L'appel pressant lancé la veille du onzième congrès (nov. 1972) obtint un certain succès. Les inscrits s'élevèrent à 1.300; trois cents en plus que le seuil que l'on avait fixé pour survivre (131). On compta aussi mille cent partisans sans carte. La double carte contribua à cette expansion: environ un cinquième des inscrits possédait la carte d'un autre parti, 38,2 pour cent d'entre eux avaient la carte du P.S.I., 31,8 pour cent celle du P.R.I., 11 pour cent de la "gauche de classe"; 9,5 pour cent du P.C.I., 9,5 pour cent du P.L.I. (voir tableau n. 3). Comme on voit la majorité des double-inscrits venait du parti socialiste, pour la communauté de luttes et d'objectifs avec ce parti, avec lequel, au cours des années, le P.R. sera en rapport dialectique constant.

TAB. 3

Doubles cartes P. R. (11· Congrès novembre 1972)

PARTI OU GROUPE N. (ESTIM.) % % SUR LE TOTAL

DES INSCRITS

(n. = 1300)

-----------------------------------------------

PSI (90) 38,2 7,0

PRI (74) 31,8 5,6

GAUCHE DE CLASSE

ET ANARCHISTES (26) 11,0 2,0

PCI (22) 9,5 1,7

PLI (22) 9,5 1,7

(234) 100,00 18,0

Source: MASSIMO GUSSO, »Il P.R.: Organizzazione e leadership , CLEUP, Padoue, 1982 pag. 39 (de ANGIOLO BANDINELLI "Il partito dei referendum" dans »La prova radicale , n. 5, 1973).

Une indication d'organisation fut contenue dans la motion approuvée au onzième Congrès: elle engageait le parti fédéral à assurer, avec ses structures, avec ses fonctions, la formation des partis radicaux régionaux pour réaliser pleinement le modèle de type fédéral qui avait été préfiguré dans le statut de 1957 (132). A ce moment-là les radicaux sentaient l'exigence d'enraciner le parti sur tout le territoire national et sont convaincus d'avoir, finalement, tous les atouts pour pouvoir réaliser cette intention.

2. Derrière les mille radicaux: les mouvements, les premiers sièges locaux.

Au lendemain du XI Congrès, qui avait posé les bases numériques pour une reprises des initiatives politiques, la direction radicale se décida à affronter un autre problème: l'important déséquilibre territorial du parti, qui avait une grosse présence dans la capitale, une présence presque inexistante dans le reste du pays. C'est donc une extrême centralisation du parti qui en dérivait, chose contraire à l'esprit libertaire auquel ils voulaient uniformiser l'organisation, et cela pouvait rendre inefficaces les actions entreprises. On décida, par conséquent, à l'occasion de la réunion de la direction du 5/7 janvier 1973 (133) de préparer les premiers instruments d'organisation pour le développement des structures locales du parti. Parmi elles, d'après les dirigeants du parti, figurait le renforcement du journal "Notizie Radicali". C'est ainsi que commence à s'ébaucher une première structure territoriale du parti: au 10 janvier 1973 14 sièges du P.R. sont constitués, dont 4 seulement sont de véritables sièges (

Cuneo, Turin, Florence, Rome), neuf sont dans des habitations privées (Vérone, Vicenza, Bologne, Fenza, Pise, Milan, Trieste, Schio et Mantoue) et une (Venise) correspond même à une boîte postale (tab. 4).

TAB. 4

Sièges et adresses du P.R. 1973

REGIONS JANVIER 1973 AVRIL 1973

------------------------------------------

VALLEE D'AOSTE - 1

PIEMONT 2 2

LIGURIE - 1

LOMBARDIE 2 3

VENETIE 4 4

TRENTIN SUD T. - -

FRIOUL VENETIE J. 1 1

EMILIE ROMAGNE 2 5

MARCHES - -

ABRUZZES - -

MOLISE - -

OMBRIE - -

TOSCANE 2 2

LATIUM 1 1

CAMPANIE - -

CALABRE - -

BASILICATE - 1

POUILLES - -

SICILE - 1

SARDAIGNE - -

ITALIE 14 22

Source: Notre élaboration de "Notizie Radicali", n. 175, 10 janvier 1973 et "Notizie Radicali", n. 193-194, 10 avril 1973.

Dans cette période sont aussi nés des comités promoteurs pour la constitution de partis régionaux: ils furent surement formés en Vénétie, en Emilie Romagne et en Toscane. Dans les trois mois suivants (avril 1973) il y avait vingt et un sièges locaux, presque le double (voir tableau 4). On fonda les deux premiers sièges dans le Sud, à Palerme et à Policoro, dans la province de Matera, centre rural de la réforme foncière le long de la partie ionique de la Basilicate. Il faut préciser que parmi les sièges indiqués, dix d'entre eux ne sont que de simples adresses.

Les sièges locaux commencèrent à s'activer et à organiser directement des initiatives à partir du printemps 1973, comme le prouvent les documents publiés sur "Notizie Radicali". A Turin, par exemple, un "Bulletin radical" commence à paraître, dont s'occupe le siège local (134).

Entre-temps la présence du P.R. s'étend, grâce aussi aux mouvements fédérés qui commencent à surgir au début des années Soixante-Dix, et qui font tourner de nouvelles énergies autour du parti. Ces mouvements donnaient une voix à des exigences qui, désormais mures dans la conscience du pays, ne trouvaient pas, toutefois, une place dans les partis traditionnels. La carte des mouvements, dans la période initiale 1971-1973, offre des contours imprécis. Les données disponibles sont rares, et elles ne sont pas analytiques. Les seuls renseignements contrôlables, bien que dans une source secondaire, ne se réfèrent qu'à un seul mouvement, celui antimilitariste, le seul qui s'était donné une véritable structure.

Le mouvement antimilitariste était né, d'une manière informelle, en 1967, à l'occasion de la première marche organisée par le P.R. sur le parcours Milan-Vicenza. A partir de cette année-là, en même temps que les congrès radicaux, des meetings antimilitaristes avaient eu lieu qui aboutirent ensuite à la constitution de la Ligue des Objecteurs de Conscience le 21 janvier 1973, à Rome. Nous connaissons le nombre de sièges de la LOC (Ligue des Objecteurs de Conscience) en 1973: il y en a trente et un, éparpillés sur tout le territoire national, du Nord au Sud, et nous pouvons considérer cette structure locale comme se rapportant aussi au parti radical (Tableau 5).

TAB. 5

Sièges L.O.C. 1973

REGION MARS 1973

------------------------------------

VALLEE D'AOSTE -

PIEMONT 3

LIGURIE 2

LOMBARDIE 6

VENETIE 2

TRENTIN SUD T. 1

FRIOUL 2

VENETIE J. 2

EMILIE ROMAGNE 2

MARCHES -

ABRUZZES -

MOLISE -

OMBRIE 1

TOSCANE 2

LATIUM 2

CAMPANIE 3

CALABRE -

BASILICATE 1

POUILLES 2

SICILE 2

SARDAIGNE -

ITALIE 31

Source: "Notizie Radicali", 8 mars 1973, n. 189-190. Tirée de: M. GUSSO, »Il P.R.: Organizzazione e leadership , pag. 44.

Sur le thème de la libération sexuelle deux mouvements se constituèrent, le MLD (Mouvement de Libération de la Femme) et le FUORI (Front Unitaire Homosexuels Révolutionnaires Italiens), (135).

Le premier, fondé par des militants radicaux, naît en 1978, déjà fédéré au P.R. Ce fut l'instrument du parti pour élargir le consensus autour de la bataille sur l'avortement. Le deuxième, le FUORI, fut constitué en 1972, avec le soutien matériel et politique du P.R.; son promoteur fut Angelo Pezzana, inscrit au P.R. depuis 1972, qui faisait aussi partie de la direction du parti élue au congrès de Turin en novembre 1972. Le FUORI se fédéra au P.R. pendant le congrès de Milan, en novembre 1974. Dans la constellation de mouvements, autour du P.R., le mouvement baptisé Ligue Italienne pour l'abrogation du Concordat eut la vie courte. En effet, il ne resta en vie qu'un an, du 14 février 1971 au mois d'octobre 1972. La raison de la prise insuffisante du mouvement anti-concordataire est à rechercher dans le fait que l'objectif qu'il se proposait n'était pas senti, à la base, comme un sentiment populaire, contrairement à ce qui avait lieu pour le divorce. En outre la composition-même de la Ligue, expression des part

is (P.L.I., P.S.I., P.R.I., indépendants de gauche) pour des raisons évidentes d'alchimies politiques et d'opportunismes (collaboration gouvernementale avec la D.C.) était de par elle-même un obstacle à son développement.

A la même époque, et précisément le 20 septembre 1973, commença à opérer, même si au début d'une manière souterraine, le CISA (Centre Italien Stérilisation et Avortement), qui dans les années suivantes fournira une aide très importante à l'une des batailles centrales des radicaux (136). Il était organisé comme une structure opérationnelle, avec l'objectif de fournir des renseignements sur la contraception et une assistance concrète pour l'avortement, le tout gratuitement.

En ce qui concerne le nombre d'inscrits à cette époque (novembre 1972/novembre 1973) il n'y a pas de sources pour le découvrir.

Au Congrès de Vérone, en novembre 1973, de nouveaux éléments, provenant des diverses réalités territoriales entrèrent dans les organes centraux du P.R. Pour la première fois le parti radical ne semblait pas caractérisé par la prédominance de la composante "romaine", constante depuis sa fondation. Ce fut en effet Giulio Ercolessi, triestin âgé de vingt ans, qui devint secrétaire national. A la même occasion, avec une sortie sensationnelle, Marco Pannella, leader historique indiscuté du P.R., déclara qu'il n'avait pas l'intention de renouveler son inscription au parti, affirmant que »si ceci est le moment de l'affrontement, alors c'est le moment plus que jamais d'aller à la lutte avec rigueur et confiance dans nos idées; d'y aller en formation libertaire, c'est-à-dire sans leaders, sans tendances à la centralisation, sans attributions de charismes, sans drapeaux, sans noms, sans symboles, qui ne soient pas uniquement fonctionnels et techniques par rapport aux luttes (137).

Ce ne fut qu'une déclaration de principe, car même n'étant pas inscrit, dans les moments de crise du parti, Pannella intervint également, avec le poids de son expérience politique et de son charisme indiscuté. Toujours à Vérone, on jeta les bases du projet des huit référendums, pour le déroulement desquels les signatures auraient été recueillies au printemps suivant (138).

3. Pour les référendums: la table sur le dos

En 1974 le parti déverse ses énergies sur les places et sur les trottoirs, où sont urgents les problèmes du divorce et du rassemblement de signatures pour les référendums qui viennent d'être décidés, pour les luttes en faveur des prisonniers, pour les grèves de la faim, contre la désinformation de la Radio-Télévision Italienne (RAI). Une telle manière de faire de la politique conditionna le recrutement de nouveaux inscrits, d'un point de vue formel. Car, si d'une part le consensus augmentait autour du P.R., grâce aux comités pour les référendums et aux multiples luttes en cours, de l'autre on négligeait la campagne d'inscription (139). Si bien qu'on arriva au 14 Congrès de Milan en novembre 1974, avec un peu moins de deux mille inscrits, un chiffre que nous rapportons, si incertain soit-il (140).

A ceci s'ajoutait le fait que le fonctionnement des structures était toujours difficile. La circulation insuffisante des informations à l'intérieur du parti, entre le centre et la périphérie, était certainement la question la plus importante à résoudre.

"Nouvelles Radicales" rapporte en effet les récriminations des associations locales qui, ne réussissant pas à être informées à temps des initiatives du parti à Rome, avaient des difficultés à s'orienter (141). Par conséquent, après le troisième congrès - le premier du parti reconstitué - on donna naissance à un périodique "Nouvelles Radicales", qui aurait eu la tâche de mettre en liaison la direction avec les sièges locaux, d'informer les militants des différents mouvements et aussi d'être un lieu de débat et un point de repère pour tous.

Malgré le fait que l'engagement financier, par rapport au budget du parti, pour cette entreprise journalistique fut important (24 pour cent des dépenses dans l'année 1973/1974), les publications de "Nouvelles Radicales" ne respectaient pas la périodicité, et la distribution aux inscrits et aux sympathisants n'était pas régulière.

La première série (67/72) était polycopiée et tous les exemplaires imprimés, même après 1972, ont un format, un graphisme, une manière de présenter toujours différents; en outre les rédacteurs n'étaient jamais les mêmes. Le P.R. n'avait certainement pas la capacité financière de se doter d'un quotidien. De toute manière, par un choix idéologique précis, le message à envoyer à l'opinion publique ne devait pas passer par un organe de parti, mais devait être transmis par l'intermédiaire des médias, dans le but d'atteindre un public le plus vaste possible. "Nouvelles Radicales" était donc un instrument de mobilisation et de stimulation autour de certaines batailles politiques, à l'intérieur du parti, et non pas un organe de propagande et d'expression de la ligne officielle de la direction.

Les initiatives journalistiques radicales sont la conséquence de ces choix idéologiques: en 1963 la fondation de l'"Agence radicale", dont nous nous sommes déjà occupés (143) et, dans les années Soixante-dix, les grèves de la faim et de la soif pour obtenir des espaces dans les chaînes de la Radio-Télévision d'Etat.

Mais "Nouvelles radicales" aussi n'était pas immunisée contre ces défauts que l'on craignait dans le parti: certains militants locaux, en effet, se plaignaient du fait que le journal était pondu au centre, et par très peu de préposés aux travaux; et que par conséquent si on ne pouvait pas le considérer comme une source de pouvoir au sens propre, ce n'était de toute façon pas un instrument adéquat de débat politique à l'intérieur du parti.

Dans les mêmes années parurent deux autres journaux du P.R., "La Prova Radicale", trimestriel, et le quotidien "Liberazione", qui ne vécut qu'un an, de l'automne 1973 à l'automne 1974. "La Prova Radicale", publié de 1971 à 1973, et rédigé par un collectif de collaborateurs militants, approfondit les thèmes des batailles radicales en fournissant de la documentation. Dans les premiers numéros il utilisa un langage narratif et informatif; tandis que dans les derniers numéros il s'occupa d'essais politiques. Le quotidien "Liberazione" naquit comme support au projet référendaire, et représenta la tentative d'informer l'opinion publique sur les thèmes politiques des radicaux.

La courte vie de "Liberazione" ne permit pas de remplir le vide d'information existant sur le P.R. Pour suppléer au manque de liaisons entre le centre et la périphérie on adopta l'envoi, lui aussi fort désorganisé, de tracts et d'opuscules, dans lesquels on expliquait le contenu des luttes radicales, et aussi les techniques de rassemblement de signatures pour les référendums.

Les sièges et les adresses locales continuaient de toute façon à se multiplier: en un an ils passèrent de vingt et un à trente sept, dont sept dans le Sud. Mais on ne comptait, cependant, que 13 sièges effectifs; les 24 qui restaient n'étaient que de simples adresses (Tableau 6). On peut finalement obtenir une présence plus sensible du P.R. avec la fondation des comités pour les huit référendums de 1974, comme on le lit dans le tableau N. 7. Au total cent trente-cinq comités furent constitués, dans toutes les régions, 50 pour cent desquels fondés par le P.R. et par des groupes fédérés.

TAB. 6

Sièges et adresses du P. R. 1974

REGIONS MARS 1974

-------------------------------

VALLEE D'AOSTE 1

PIEMONT 3

LIGURIE 1

LOMBARDIE 3

VENETIE 4

TRENTIN SUD T. 2

FRIOUL VENETIE J. 3

EMILIE ROMAGNE 4

MARCHES 2

ABRUZZES 1

MOLISE -

OMBRIE 1

TOSCANE 3

LATIUM 2

CAMPANIE 2

CALABRE 1

BASILICATE -

POUILLES 2

SICILE 1

SARDAIGNE 1

ITALIE 37

Source: "Liberazione", n. 9 mars 1974, Cf. M. GUSSO, »Il P.R.: Organizzazione e leadership , CLEUP, Padoue, pag. 48.

Au cours de la campagne référendaire le P.R. trouva un nouveau système pour entrer en contact avec les électeurs en installant des centres mobiles, constitués par des tables sur les places et dans les rues pour recueillir des signatures et en même temps pour informer les citoyens sur les thèmes radicaux, et pour créer une liste d'adresses auxquelles envoyer journaux et tracts.

Toujours au cours de cette campagne on réussit à recruter un groupe aguerri de nouveaux militants.

En effet d'après certaines recherches menées entre 1976 et 1979 sur les participants aux congrès nationaux du P.R. (144), encore en 1977 il ressort que 27,8% des inscrits radicaux se sont approchés du parti pendant la campagne des huit référendums.

Encore en 1979, environ 30% des inscrits radicaux proviennent de la même expérience.

La campagne référendaire, malgré l'engagement des radicaux, n'eut pas un résultat positif: on réussit à recueillir environ 150.000 signatures pour chaque référendum, contre les 500.000 qui, d'après la loi, sont nécessaires pour la validité de la demande. Toutefois si l'on tient compte de l'exiguïté du nombre d'inscrits, moins de 2.000 (145), par rapport aux 1.200.000 signatures recueillies au total, le résultat, en termes d'agrégation potentielle du consensus, fut important.

TAB. 7

Comités pour les "8 référendums" de 1974 organisés par le P.R. et par d'autres groupes et mouvements. (Mars 1974)

REGION PRI- PSI- UIL Cercles de Communautés PdUP, A.O. e Pr, groupes Total

FGR FGSI aire liber- chrétiennes autres extra- fédérés et

taire et pour le so- parlementaires sympathi-

anarchiste cialisme sants

---------------------------------------------------------------------------------------

VALLEE D'AOSTE 1 1

PIEMONT 2 6 9

LIGURIE 1 3 4

LOMBARDIE 1 2 1 1 9 13

VENETIE 1 1 1 6 9

TRENTIN SUD. T. 1 1 5 8

FRIOUL V. JULIE 4 4

EMILIE R. 3 1 2 4 10

MARCHES 1 1 2 3 7

ABRUZZES 1 3 1 3 8

MOLISE

OMBRIE 1 1 2

TOSCANE 1 4 1 3 1 8 18

LATIUM 5 8

CAMPANIE 1 2 2 2

CALABRE 2 1 3

BASILICATE 2 3

POUILLES 3 1 1 1 1 5 11

SICILE 5 7 2 14

SARDAIGNE 3 1 4

ITALIE 18 9 29 8 2 2 67 135

Source: "Liberazione", n. 9, 28 mars 1974, élaboration de M. GUSSO, »Il P.R.: Organizzazione e leadership , CLEUP, Padoue, pag. 44.

L'échec de la campagne référendaire se répercuta cependant sur les dirigeants radicaux qui avaient tout misé sur le projet contenu dans les consultations: Giulio Ercolesi, secrétaire national, se démit de son mandat, créant une vacance dans l'exécutif. Dans la crise s'introduisit Marco Pannella qui commença une grève de la faim le 3 mai 1974 pour demander l'accès du P.R. à la RAI-TV. En substance la protestation visait à faire sortir le parti de l'isolement. Après soixante-dix jours de jeûne "le cas Pannella" occupa le devant de la scène sur la presse nationale. Beaucoup de personnalités politiques et intellectuelles déclarèrent à ce point leur solidarité avec les radicaux. Le leader se révélait encore une fois, avec son charisme, comme un facteur important d'organisation, en mesure de suppléer en partie du moins aux carences structurelles du parti par une action individuelle d'une efficacité certaine. On parvint ainsi au XIV Congrès de Milan (nov. 1974), qui confirma l'utilisation du référendum abrogatif et

se donna pour objectif politique la réalisation de 20% de la composante socialiste et libertaire de la gauche italienne.

Pendant les travaux du congrès il y eut un sérieux affrontement sur la motion d'organisation entre ceux qui proposaient l'élection d'une direction nationale par le congrès, en plus du "Conseil Fédératif" statutaire, et ceux qui s'y opposaient pensant que la direction aurait fini par contrôler le secrétariat qui, d'après le statut, ne devait répondre qu'au congrès.

Une solution de compromis l'emporta: elle prévoyait la constitution d'une direction ayant des fonctions de coordination entre le secrétariat, la trésorerie, et le conseil fédératif. Toujours de la motion d'organisation on déduit que les partis régionaux, qui auraient dû constituer le noyau principal du parti, n'avaient pas encore été constitués, probablement par manque de consistance numérique et d'autonomie d'initiative politique des centres locaux.

Il était nécessaire de veiller tout de suite à l'organisation des partis régionaux et, par conséquent, à une restructuration également des organes centraux. Le congrès délibéra par conséquent d'élire les membres du conseil fédératif tenant compte des différentes réalités territoriales; le président aurait dû avoir pour tâche prioritaire d'assurer l'intégration du conseil lui-même sur la base de certains critères préétablis: l'élection par des conférences territoriales des inscrits convoquées sur la base d'intégrations interrégionales préétablies (146). Cette intégration aurait dû être réalisée avant février 1975. Pour assurer la position des mouvements fédérés, comme partie intégrante du parti, on établit que chaque groupe aurait eu le droit de désigner deux représentants au sein du conseil fédératif.

La composition du conseil, pour les membres élus par le XIV Congrès, reflète le déséquilibre déjà remarqué du parti vers l'Italie du Nord: trois conseillers seulement sur vingt-cinq proviennent du Sud.

Dans la motion politique du XIV Congrès il y a un aspect qui concerne directement l'organisation du parti: on prévoyait que, en dérogation du statut, toute décision de participation aux élections au niveau national, régional et local (147) aurait de toute façon dû être délibérée par le conseil fédératif avec des critères unitaires. Cette décision ne pouvait certes renforcer l'autonomie des associations locales, mais elle était justifiée par le moment politique particulier et par la situation du parti. Le manque d'information à l'intérieur du parti apparaît chronique: au centre les nouvelles manquent sur les inscriptions par les sièges locaux (à l'exception de Milan et de Rome) qui du reste ont des difficultés pour trouver l'argent nécessaire pour payer à l'avance les cartes qu'ils doivent demander au parti fédéral (148).

Mais bien vite les organes dirigeants du parti se trouveront à affronter des événements qui absorberont toutes leurs activités.

1975 est l'année de la campagne pour cinq référendums (avortement, abrogation du code pénal militaire de paix, abrogation du système judiciaire militaire, concordat, normes du code Rocco contre la liberté de manifestation de la pensée); et celui pour la dépénalisation de l'avortement occupe surtout une place centrale dans les luttes des radicaux, jusqu'à déterminer, en janvier 1975, l'arrestation du secrétaire national du parti Gianfranco Spadaccia, pour les activités liées au CISA. Pour ces raisons 1975 fut encore une année de forte mobilisation sur les places et dans les rues, où les radicaux cherchaient un consensus pour leurs initiatives, plutôt que par un recrutement formel d'inscrits. 463 comités furent organisés pour recueillir des signatures, dont 63% uniquement par le parti radical, qui multipliait sa présence par cinq par rapport à 1974 (de 67 comités d'organisation à 277) (voir tableaux 8 et 9). On s'occupa plus qu'autre chose de la campagne pour l'avortement, qui était surement le problème le plu

s senti au niveau social: on recueillit environ 640.000 signatures, plus que le nombre minimum nécessaire. Par rapport à l'année précédente, les comités pour le référendum étaient distribués d'une manière plus diffuse dans toute l'Italie et pas uniquement dans les grands centres urbains: environ 80% des signatures recueillies proviennent de communes ayant entre 50.000 et 450.000 habitants (149).

TAB. 8

Comités pour les référendums 197

REGION

PRI- PSDI PRI- PSI-FGSI PCI PdUP, A.O. Groupes UIL Groupes AIED PR Total

GLI FGR Cercles (*) autres extra- anarchistes syndicaux cercles groupes

socialistes parlementaires et culturels fédérés

féministes d'entreprise et symp.

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

VALLEE D'AOSTE 1 1

PIEMONT 1 5 4 2 1 4 5 29 47

LOMBARDIE 8 1 3 1 3 37 56

LIGURIE 4 1 3 11 19

VENETIE 1 3 1 2 8 15

TRENTIN SUD. T. 1 4 6

FRIOUL V. JULIE 2 2 1 7 10

EMILIE R. 2 6 1 7 21 39

MARCHES 3 1 1 8 13

ABRUZZES 2 3 10 15

MOLISE

OMBRIE 2 2 1 5

TOSCANE 1 1 5 3 5 26 41

LATIUM 1 4 2 1 4 26 38

CAMPANIE 1 1 8 1 1 1 4 25 42

BASILICATE 1 1 2 3

POUILLES 2 10 3 1 6 2 9 22 55

CALABRE 2 1 1 17 22

SICILE 2 1 1 4 12 20

SARDAIGNE 1 1 2 2 10 16

ITALIE 3 2 7 68 1 17 4 15 13 56 277 463

(*) Il s'agit de la section du PCI de Giffoni Valle Piana (Salerne). Source adoptée "Notizie Radicali", n. 22 n. s. du 21-31 mars 1975.

Tableau tiré de: MASSIMO GUSSO, »Il P.R.: Organizzazione e leadership , Padoue, Cleup, 1982, pag. 46.

TAB. 9

Comités pour les référendums de 1974 et 1975

PARTI OU MOUVEMENT 1974 % 1975 %

n. comités n. comités

organisés organisés

-----------------------------------------------------------------

Parti Radical (Groupes

fédérés et sympathisants 67 49,63 277 59,85

UIL 29 21,48 15 3,24

PRI/FGR 18 13,33 7 1,51

PSI/FGSI 9 6,67 68 14,68

Cercles libertaires

et anarchistes 8 5,93 4 0,86

Communautés chrétiennes

pour le socialisme 2 1,48 - -

PdUP, AO, autres ex.

groupes féministes 2 1,48 17 3,67

PLI/GLI - - 3 0,65

PSDI - - 2 0,43

PCI - - 1 0,21

Groupes syndicaux et

d'entreprise - - 13 2,81

AIED, cercles culturels

divers - - 56 12,09

135 100,00 463 100,00

Source: Cf. Tableau 8.

Encore une fois une idée de Marco Pannella avait favorisé et soutenu l'action des structures du parti, qui révélait d'autre part une consistance supérieure par rapport aux années précédentes.

Le leader radical inventa la "Ligue XIII Mai" - Mouvement Socialiste pour les Droits et les Libertés Civiles" pour agréger le consensus autour de l'avortement (150). Il réussit en effet à obtenir une page hebdomadaire consacrée au sujet sur "L'Espresso", qui soutint financièrement l'initiative. Le fait de rompre l'isolement et l'hostilité autour du P.R., en reliant entre elles de vastes forces (U.I.L., Parti Socialiste, P.R.I.) à travers l'action d'un organe de presse contribua au résultat favorable du rassemblement de signatures.

En 1975 les sièges et les adresses du parti radical augmentèrent d'une manière considérable: le 24 mai il y en avait 69, dont 17 dans le Sud (presque toutes des adresses privées) et en octobre ils étaient 82. A l'exception du Molise, dans toutes les régions il y avait désormais une adresse du parti (tableau 10). En ce qui concerne les partis régionaux, fin août 1975 il y en avait cinq formellement constitués (151). A cette époque l'articulation périphérique pouvait aussi compter sur l'organisation locale des mouvements qui lui étaient fédérés: la LOC avait 52 sièges dans toute l'Italie, même dans des petits centres du Sud, et donc rendue ainsi plus puissante elle assuma une plus grande autonomie, tout en conservant des liens étroits avec les radicaux. Le mouvement de libération de la femme avait 18 sièges, et sa présence était influente dans les régions du centre-sud (152). A ce dernier mouvement s'adjoignait et dans certaines villes se superposa le CISA, qui déclarait l'existence de centres opérationnels po

ur l'avortement et la contraception dans les villes suivantes: Cagliari, Florence, Gênes, Milan, Rome, Turin, Ancone, Pise, Sassari, Sienne, Mestre (153). On peut le considérer comme un groupe d'assaut: il déclarait publiquement avoir fait avorter du mois de février au 30 décembre 1975 10.141 femmes.

TAB. 10

Sièges et adresses du P.R. 1975

REGIONS MAI 1975 OCTOBRE 1975

----------------------------------------------

VALLEE D'AOSTE - 1

PIEMONT 6 6

LIGURIE 6 6

LOMBARDIE 5 6

VENETIE 5 7

TRENTIN SUD T. 3 3

FRIOUL VENETIE J. 4 4

EMILIE ROMAGNE 8 8

MARCHES 1 3

ABRUZZES - 2

MOLISE - -

OMBRIE 3 3

TOSCANE 8 7

LATIUM 1 1

CAMPANIE 3 5

CALABRE 2 1

BASILICATE 1 2

POUILLES 3 4

SICILE 4 5

SARDAIGNE 4 4

ITALIE 69 82

Source: Pour le mois de mai, "Notizie Radicali", n. 34, 26 mai 1975 et »Per un altro 13 maggio , par le P. R., Savelli, 1975; pour octobre élaboration de MASSIMO GUSSO, »Il P.R.: Organizzazione e leadership , CLEUP, Padoue 1992, pag. 48.

Le 15ème Congrès (Florence, novembre 1975) se réunit à un moment particulièrement important du point de vue de l'organisation pour le P.R.: les systèmes de mobilisation populaire, le rassemblement des signatures sur les trottoirs, avaient fait augmenter non seulement l'intérêt général de l'opinion publique pour le parti, mais ils avaient aussi provoqué l'approche de nouveaux militants. Toutefois le problème qui se posait aux congressistes était la manière de gérer une structure, ou plutôt comment la construire, pour rendre plus efficace l'apport des forces qui émergeaient de la société vers les radicaux, un mouvement considéré, encore quelques années auparavant, marginal. Avec cohérence, pour adapter les structures du parti à cette réalité, la motion d'organisation du XV Congrès engageait les organes dirigeants du parti à convoquer des conférences d'organisation périodiques des inscrits dans le but de promouvoir le débat et la discussion sur le modèle du parti fédéral prévu par le statut et jamais réalisé ju

squ'alors.

En 1975, 1.635 personnes étaient inscrites (154), dont un tiers s'était inscrit au parti pour la première fois et un tiers seulement renouvelait son inscription pour l'année suivante. Le haut niveau de renouvellement des militants était probablement dû au fait que beaucoup d'entre eux s'approchèrent du parti pour des raisons contingentes, liées à la campagne sur le référendum pour l'avortement. L'origine géographique des inscrits montrait toujours un déséquilibre en faveur de Rome (37,5%) et Milan (12,72%). Dans les autres villes les inscrits n'atteignaient pas le nombre de cent, même si l'on remarque la présence de radicaux dans presque tous les chefs-lieux. Si l'on observe la donnée globale de chaque région, le Latium est à la première place, avec 38% suivi par la Lombardie avec 18,22% (155).

4. On compte le premier argent. Les bilans (1973/74/75).

Il est intéressant de suivre la croissance du parti de la période qui a suivi le congrès de relance du mois de novembre 1972 jusqu'en 1975, sur la base des bilans présentés aux congrès par les trésoriers fédéraux. Le bilan de la période novembre 1972/novembre 1973, s'élevait à près de 33 millions (156). On peut tirer des données plus complètes du bilan provisoire relatif au semestre 16 octobre/30 avril 1973, qui indique un passif d'un million de lires environ sur seize millions de dépenses. Un bilan qui a doublé par rapport à l'année précédente (157), mais qui montre toujours l'apport décisif du volontariat à l'organisation: les frais de gestion ne s'élevaient qu'à 6.560.000 lires.

Le bilan de l'année suivante (nov. 1973/nov. 1974), de 60 millions environ, indiquait des recettes qui avaient doublé par rapport à 1973. Si l'on ajoute à ce résultat la donnée relative aux sièges locaux du quotidien "Liberazione" - un journal autofinancé, comme toutes les initiatives radicales - on atteint la somme de 150 millions de lires. Le parti était donc en train d'atteindre une consistance impensable quelques mois auparavant. Les frais de gestion sont toujours réduits: 23 millions environ, dont seulement 5 à titre de remboursements de frais pour ceux qui travaillaient au siège du parti. La plupart des dépenses sont pour l'information et pour la campagne référendaire.

Le bilan présenté au XV Congrès de Florence (novembre 1975) reflète l'augmentation sensible du consensus autour du parti par rapport aux années précédentes. La part de sympathisants et de partisans a presque doublé. Les recettes s'élèvent à près de 160 millions, un chiffre considérable, si on le compare à celui de 1974. Les deux articles les plus importants dans le chapitre des dépenses concernent toujours les frais pour la presse de parti et pour la campagne référendaire. Une autre donnée intéressante, dans le chapitre des recettes, est celle inscrite sous le titre "contribution du P.S.I.", 60 millions, presque un tiers du total des recettes: l'autofinancement, constant dans les années précédentes, diminue ou du moins n'est plus prééminent par rapport aux autres titres de recette. Des problèmes d'organisation existaient encore dans le parti, comme il ressort de l'analyse des montants d'inscription versés par les inscrits: 8.545.000 lires pour 1.635 inscrits. Chaque inscrit avait donc versé une moyenne de 5.

000 lires contre les 15.000 lires demandées pour l'inscription.

Pour comprendre la capacité financière effective du P.R., il faut ajouter aux données que l'on peut tirer de la lecture des bilans du parti celles se rapportant aux mouvements fédérés et surtout celles des campagnes référendaires.

En ce qui concerne les mouvements, nous n'avons trouvé que les données relatives à la LOC pour 1974 et au CISA pour 1975. La ligue pour l'Objection de Conscience a un bilan d'environ 6 millions de lires, et elle dépendait encore du P.R. qui contribuait aussi bien financièrement qu'en fournissant ses propres structures: par exemple l'espace sur "Notizie Radicali" pour la publication du compte-rendu du congrès de la ligue (158).

Le CISA, en 1975, (159), avait un bilan important: 79 millions de recettes, dont 90% vient de souscriptions de femmes; 73 millions de dépenses, réparties de la manière suivante: 44,5% pour des contributions à des opérations d'avortement, 30% pour la gestion du siège et pour des frais d'organisation ou d'achat de matériel, 25,5% pour des manifestations publiques. En ce qui concerne les campagnes référendaires, le saut de qualité est important entre celle de 1974 et celle de l'année suivante. Le bilan consolidé de la première est d'environ 22 millions (160), elle est totalement autofinancée avec le rassemblement de contributions aux tables et avec des manifestations publiques.

Par contre la campagne de 1975 comptait sur un bilan d'environ 316 millions de lires, quatorze fois plus que l'année précédente (161). La différence substantielle était dans la méthode: en 1975 sur les recettes comptent surtout les contributions du P.S.I. (60 millions) et celles de "L'Espresso" (52 millions) pour le référendum sur l'avortement. Comme nous savons, l'initiative eut du succès, aussi et surtout parce qu'elle était soutenue par une plus grande capacité financière, et pas uniquement par les forces limitées du P.R. La définition politique de ces référendums est elle aussi nouvelle: un retour à la stratégie de l'U.G.I., c'est-à-dire l'unité des forces qui se rapportent à la laïcité de l'Etat, pour la réalisation d'un objectif précis, sans s'identifier sous les enseignes d'un seul parti.

5. L'Italie répond. Quatre radicaux à la Chambre.

L'année 1976 fut pour le parti une année de croissance extraordinaire: les sièges, les associations se multiplient, le nombre d'inscrits triple par rapport à l'année précédente, mais surtout de nouveaux militants s'approchent du P.R., à l'occasion de la campagne électorale pour les "politiques" du 20 juin 1976.

Les données du bilan provisoire 15 octobre 1975/20 janvier 1976 sont le miroir du développement exceptionnel du parti (162). En trois mois le bilan inscrivait des recettes pour 45 millions, 15 millions par mois, un mouvement d'un demi million par jour, un chiffre impensable l'année précédente. Que l'on considère que pour la première fois était inscrit un déficit de 30 millions, une somme très élevée pour les dimensions du P.R., mais ce déséquilibre témoignait de la vivacité du parti pour affronter un grand nombre d'initiatives. Pour combler ce déficit, le secrétariat du P.R. lançait une campagne d'inscription ayant pour objectif l'inscription de dix mille personnes en 1976, pour garantir l'autofinancement du parti (163). Mais les choses ne suivaient pas la ligne établie, si nous observons qu'au 20 mars de cette année (164) il n'y a que 1174 inscrits, et tous ne sont pas en règle avec les payements: et à la fin du mois de novembre, à la fermeture des inscriptions, on ne comptait que 3.827 inscrits (165). En r

éalité, le fait que l'objectif n'ait pas été atteint ne compromettait pas tout à fait les finances du parti. Si nous examinons, analytiquement, les bilans des années précédentes et également celui de 1976 on peut remarquer que la part d'autofinancement est constituée, proportionnellement à plus de cinquante pour cent, par des contributions de partisans non inscrits et de sympathisants.

Cette dernière donnée confirme la dichotomie déjà indiquée entre inscription et soutien actif, mais extérieur, au parti. C'est pourquoi au grand pouvoir d'attraction du P.R. autour de ses thèmes correspondait un noyau opérationnel d'inscrits effectifs assez réduit.

D'autres données significatives sont celles sur le nombre de sièges et d'adresses, qui étaient déjà 125 en avril 1976 et qui furent 249 au mois de juillet suivant, même si cette dernière indication est à prendre avec réserve, tenant compte du fait que 206 sur 249 n'étaient pas, à un examen plus approfondi, des sièges de parti mais des adresses privées ((Cf. tableau 11).

TAB. 11

Sièges et adresses du P.R. 1976

REGIONS AVRIL 1976 JUILLET 1976

------------------------------------------

VALLEE D'AOSTE 1 1

PIEMONT 9 14

LIGURIE 7 9

LOMBARDIE 11 23

VENETIE 9 18

TRENTIN SUD T. 3 4

FRIOUL VENETIE J. 4 4

EMILIE ROMAGNE 9 15

MARCHES 10 9

ABRUZZES 5 12

MOLISE - 3

OMBRIE 2 6

TOSCANE 13 24

LATIUM 7 15

CAMPANIE 4 22

CALABRE 1 2

BASILICATE 3 4

POUILLES 9 25

SICILE 12 30

SARDAIGNE 6 9

ITALIE 125 249

Source: "Notizie Radicali", n. 6, 16 avril 1975 et "Notizie Radicali", 5, 6 juillet 1976; Cf. M. Gusso, ouv. cit.

La première initiative politique lancée par le P.R. en 1976 est celle pour le rassemblement de signatures pour un projet de loi d'initiative populaire, appelé "charte de la liberté". Le 14 avril sont signalés, sur "Notizie Radicali" (167), 14 comités régionaux pour le rassemblement des signatures, de même que les "tables" éparpillées, dans toute l'Italie, de l'extrême Sud au Nord, aussi bien dans les petits centres que dans les grands centres. Mais le projet fut ensuite abandonné parce que les élections anticipées furent convoqués.

En avril, après le refus du P.S.I. à la proposition du P.R. de se fédérer, le parti décida de présenter ses propres listes aux prochaines élections.

Au début du mois de mai le P.R. lança sa campagne électorale, un peu aventureusement, avec un découvert initial de 20 millions (168). Le manque de financements conseilla aux dirigeants radicaux des expédients pleins de fantaisie pour atteindre l'électorat sans frais. Un échantillon de propagande cohérent avec l'histoire du nouveau parti. Les gens sont entraînés à participer non pas parce qu'ils y sont poussés par l'émotion ou par une charge idéologique, mais parce qu'ils s'intéressent effectivement aux thèmes dont les radicaux se font porteurs. D'où la popularisation de toute initiative, même la plus apparemment extravagante, mais dont les objectifs étaient clairs à tous. On cherche des occasions de contact avec les gens, des meetings devant les prisons, des concerts et des débats improvisés dans les marchés, dans les quartiers de la ville, on offre des roses aux passants; dans les quelques meetings traditionnels les orateurs faisaient passer le micro dans le public: tout le monde pouvait prendre la parole p

our parler des problèmes de tous les jours; des grèves de la faim et l'occupation des sièges de la Radio-Télévision dans toute l'Italie, des systèmes de protestation inhabituels à l'époque dans notre Pays, et qui feront ensuite école dans d'autres forces politiques (169).

A toutes ces initiatives éparses et improvisées s'ajoute la fondation de Radio Radicale, à Rome, le 20 mars 1976 (170), un événement qui inaugurera un tournant dans les systèmes de communication: une nouvelle typologie de "média" qui n'est pas au service d'un parti, mais du citoyen en tant que tel, mis ainsi en condition, pour la première fois, de participer, c'est-à-dire d'être aussi sujet de la communication.

L'apport de cette radio est jugé déterminant pour la réalisation du quorum, qui permit l'accès au Parlement de quatre représentants du parti radical: le quotient fut obtenu à Rome, où la radio transmettait et où, depuis toujours, opérait le noyau le plus consistant.

Le P.R. obtint aux élections de 1976 1,1% des suffrages, à la Chambre. De l'analyse du résultat électoral, désagrégé, ressort clairement la caractéristique urbaine du vote radical (171). En effet le vote obtenu dans les chefs-lieux représentait 47,3% du total, tandis que l'ensemble des voix valables des chefs-lieux s'élevait à 30,8% des voix exprimées dans toute l'Italie. Le vote apparaît surtout concentré dans le centre-nord. Toutefois la donnée relative à la prédominance urbaine de ce vote est constante du Nord au Sud du Pays: dans quatorze villes du Sud les pourcentages du vote radical dépassent la moyenne nationale.

De l'analyse de ces résultats électoraux on observe que, désormais, la présence radicale était répandue dans toute l'Italie, indépendamment de la consistance de la structure d'organisation du parti.

6. Après le succès électoral. La désorganisation scientifique. Naissance de la rébellion interne.

Après ce succès électoral inespéré, le P.R. subissait une sorte de bouleversement, qui déterminera de fortes tensions internes. Ce fut surement une crise de croissance, car les inscrits réguliers passèrent de 1.600 en 1975 à 3.000 en 1976; mais il y eut surtout des milliers de sympathisants qui se rapprochèrent du parti en fournissant une importante contribution à la campagne électorale. Mais la donnée significative est une autre: des énergies nouvelles s'introduisent dans l'orbite du parti puisque 3.300 inscrits sur 3.827, donc un pourcentage très élevé, sont de nouveaux militants (172). Ce renouvellement pose au noyau historique du parti le problème de comment valoriser ce nouveau gros activisme, sans dénaturer le caractère originaire et original du parti lui-même.

Les refondateurs du P.R., en définitive le "groupe romain" qui, comme nous l'avons vu, essayait toujours de conserver une forte identité et homogénéité, se vit soudain, au-delà de toute attente, presque assiégé, assailli par des gens qui entraient pour la première fois en contact avec les radicaux et avec des méthodes particulières: ils provenaient d'autres expériences politiques, et ils avaient par conséquent des attentes différentes et cherchaient le parti traditionnel (sections territoriales, organisation ponctuelle, financements à partir du centre).

Cette nouvelle masse de militants, très jeunes pour la plupart, avaient derrière eux un patrimoine théorique différent de celui des radicaux: ils avaient été protagonistes et témoins de 68, beaucoup avaient appartenu à des groupes extraparlementaires, donc porteurs d'expérience étrangères à la tradition radicale.

Les instances proposées par cette pluralité de personnes aux origines culturelles et idéologiques les plus diverses ne pouvaient pas être accueillies par Pannella, Spadaccia et les autres car l'organisation prévue dans le statut du P.R. préfigurait cette société socialiste et libertaire que ces derniers se posaient comme objectif. Si bien que, pour le vieux noyau du parti toute déviation du modèle fédératif risquait de faire échouer le projet politique radical. A vrai dire, ce statut, tant exalté et défendu par la direction historique du parti, n'avait jamais été mis jusqu'alors en vigueur: la non réalisation de la charte constitutionnelle fondamentale du P.R. était due, d'après le secrétariat, au manque persistant de conditions objectives, quantitatives et numériques. Donc, le statut ne convenait pas à la réalité du pays ou bien le P.R. n'avait rien fait pour créer les conditions capables d'étendre la présence radicale. Une sorte de cercle vicieux qui enfermait en lui-même ce parti, qui avait pourtant dans

son idée constitutive une potentialité énorme.

Dans les années précédentes le parti, fait de petits nombres, avait été naturellement plus homogène; l'irruption dans la vie du P.R. de tant de nouveaux militants, qu'on n'avait pas appelé, trouva mal préparés et peut-être même perplexes ces groupes familiers entre eux à cause de tant de batailles faites ensemble et à cause de leur matrice culturelle commune. Et ces nouveaux militants ne se contentaient pas de participer occasionnellement aux assemblées, mais prétendaient contribuer à inventer un parti toujours "in progress". Les nouveaux arrivés formulaient des propositions insolites pour la tradition radicale, ils voulaient par exemple que le parti commençât à s'occuper d'économie, et ils exigeaient surtout qu'aux congrès on discutât de sujets de politique générale, jugeant insuffisants pour définir la stratégie d'un parti les objectifs concrets et limités que les radicaux s'étaient toujours fixé. Pannella observa à ce propos que »si le congrès radical avait cédé aux instincts des grands débats politiques,

si les irresponsabilités de certains adhérents qui vivaient le parti comme un défoulement ludique pour leurs capacités oratoires l'avaient emporté, le parti radical serait devenu l'écho des faux dilemmes inoculés par le système et par le régime (173).

Et se référant à la croissance impétueuse du P.R., le leader radical écrivit que l'on était en train d'assister à une nouvelle édition de la vieille fable d'Esope: les grenouilles auraient éclaté parce qu'elles se seraient crues des boeufs (174).

Le secrétariat radical, après les élections du 20 juin 1976, se trouva ainsi à affronter, en même temps, les problèmes dérivant de la croissance soudaine du parti et ceux liés à la loi sur le financement public des partis. Le P.R. s'était toujours opposé à la loi qui avait autorisé ce financement, il avait même essayé de recueillir des signatures pour un référendum abrogatif, l'année précédente, mais il n'y réussit pas.

Tous les partis avaient pu mettre en marche leurs machines d'organisation grâce à des financements, insuffisants et incertains, venant des inscriptions, et surtout de sources occultes. Le P.R., au contraire, toujours boiteux, avait sans cesse étalé sa pauvreté, son manque de moyens, son impossibilité de communiquer convenablement son message à l'opinion publique nationale.

Les inventions, les expédients et les formules de propagande à succès ne pouvaient cependant pas remplacer une structure d'organisation, si élémentaire fut-elle, mais indispensable pour rendre les choix politiques opérationnels. Voilà pourquoi la décision des radicaux sur le thème du financement public des partis ne fut pas facile: d'une part ils étaient contre pour des raisons de principe évidentes, de l'autre ils étaient pressés par des nécessités vitales, de survie du parti. Une première réponse à ce dilemme arriva du conseil fédératif du P.R. qui, réuni à Rome le 5 juillet 1976 (175), décida de refuser le financement public, à l'exception de la part relative au remboursement des frais électoraux, car ils jugeaient ce dernier type de dépenses utiles "à la vie politique collective". Autrement dit cet argent public aurait permis l'accès à la politique à des catégories qui jusqu'alors n'étaient pas représentées. Toutefois la décision définitive, si accepter ou refuser l'argent de l'Etat, fut déférée à un con

grès extraordinaire, convoqué pour le 16-18 juillet 1976, qui aurait été appelé également à définir la question de l'organisation du parti.

Le congrès extraordinaire se déroula dans un climat particulièrement enflammé. Les congressistes commencèrent par présenter des motions pour changer le statut. Angiolo Bandinelli, l'un des refondateurs, proposa au contraire de "revenir" au statut, dans la partie où celui-ci prévoyait la réalisation du modèle fédératif, selon lequel le congrès lui-même ne devait pas être formé par l'assemblée des inscrits mais par les délégués de chaque association (176).

Ce fut la ligne de Pannella, reprise aussi par le secrétaire national Gianfranco Spadaccia, de la "désorganisation scientifique", une méthode pour éviter que le P.R. ne se transformât en un parti traditionnel bureaucratique et clérical, qui l'emporta (177). Pannella argumentait son choix en remontant aux indications libertaires, autogestionnaires et fédératives du Statut. Il était de l'avis que les structures nationales du parti, et les structures locales déjà constituées, auraient dû être "désordonnées" dans la pratique et dans les instruments pour permettre l'organisation de la nouvelle réalité militante et associative présente dans le P.R. En pratique, il souhaitait que le parti aurait du être structuré de la manière suivante: les structures nationales auraient dû devenir de simples instruments d'information et de service; les partis régionaux devaient se concentrer sur quelques objectifs communs et pour le reste avoir un rôle de coordination et de service pour les associations locales. Ces dernières aus

si, qui jusqu'alors étaient constituées par des associations territoriales, en contraste avec l'esprit du statut, devaient se désagréger, si bien que chaque militant aurait dû fonder une nouvelle association qui à son tour devait réunir ses membres sur un thème et non pour une appartenance territoriale commune. En définitive, on voulait effacer le système des sections ou des cellules, lieux non pas de débats originels, mais caisses de résonance des organes centraux. L'idée de la nouvelle organisation exposée par Pannella fut fortement contrastée par les congressistes, en particulier par Giulio Ercolessi, ancien secrétaire du parti, qui observa que "la désorganisation scientifique" soutenue par le leader historique radical était, en réalité, "l'organisation de la direction qui expulse la base" (178). L'opposition à Pannella ne réussit pas à l'emporter: le congrès eut lieu à Rome, et par conséquent le groupe romain put faire sentir son soutien à Pannella, dont la motion fut accueillie, avec une majorité dépass

ant trois quarts des votants.

Les présents au vote n'étaient que 596 sur environ trois mille inscrits, et en grande partie, on peut le présumer, venant de Rome et du Latium (179).

Sur le thème délicat du financement public aux partis, le congrès se prononça dans le sens proposé par le conseil fédératif, c'est-à-dire d'accepter le remboursement des frais électoraux à partager entre les partis régionaux, et donnait mandat de congeler la partie restante revenant au parti radical, de façon à éviter qu'elle soit assignée aux autres partis (180). En pratique la décision concernant l'utilisation des fonds publics fut renvoyée sine die.

Au terme du congrès, le secrétariat fédéral diffusa un document particulier sur la situation du parti (181), dans le but de justifier les choix d'organisation des dix premières années de vie.

Dans ce document on rappelait que les constituants radicaux de 1967 ne s'inquiétèrent pas de faire un statut qui réglât la cohabitation interne du parti fragile qui venait d'être reconstitué, mais davantage de préfigurer une sorte d'organisation différente par rapport à celle qui avait été expérimentée par la gauche".

Voilà pourquoi le statut ne devait pas être considéré comme un point d'arrivée mais comme une base de départ, et donc un modèle à construire.

La non réalisation de la charte fondamentale du parti, d'après la direction radicale, était due à l'insuffisance des forces militantes. Et, entrant dans l'analyse de la structure territoriale du parti, on affirmait dans le document que l'expérience régionale devait être considérée comme un échec. Parce que les seuls partis régionaux constitués jusqu'alors n'avaient eu qu'un rôle "promotionnel" (Latium, Campanie, Emilie-Romagne) ou de simple coordination entre les différentes associations de la région (Lombardie, Piémont, Frioul-Vénétie Julienne, Toscane); dans toutes les autres régions le parti régional n'existait pas. L'effervescence interne du P.R. continua, outre la phase strictement de congrès, si bien que Marco Pannella fut poussé à assumer une position précise sur les thèmes qui faisaient l'objet d'un vif débat et d'affrontement dans le parti. Pannella exposa sa position dans un article publié sur "Prova radicale", en octobre 1976, dans lequel il observait qu'un grand nombre de ceux qui s'étaient appro

chés du parti pour la première fois ne pouvaient pas ne pas amener avec eux le poids de tout leur passé, "le lest de la culture dominante de régime et de systèmes". Cet héritage culturel et idéologique des nouveaux militants aurait pu transformer le parti en un organisme différent par rapport à celui qui avait imaginé par les refondateurs.

Pannella avertit que le P.R. n'est pas un parti »comme on le conçoit en général et il s'appelle parti justement pour disputer aux autres le terme dont ils se sont historiquement et pernicieusement appropriés (172). La croissance impétueuse de l'opinion radicale, et la croissance conséquente du mouvement ont transféré dans le parti des contradictions et des situations dont le P.R. était exempt. Le succès radical ne doit pas être gaspillé pour occuper des positions de pouvoir local.

En définitive, affirmait Pannella, »il faut comprendre que le parti radical n'est qu'in instrument central de service, de coordination, d'exécution de l'affrontement avec les institutions . Les grandes batailles, d'après Pannella, doivent avoir lieu sur le territoire. De sorte que, si les partis régionaux étaient plus adultes et actifs, le moment national serait moins oppressif, et les prises centrales de responsabilité ne seraient pas nécessaires, comme les grèves de la faim toujours plus dangereuses, les arrestations plus fréquentes et plus longues, qui après tout servent à transmettre aux gens des signaux "d'existence et de raccord dans les moments cruciaux de batailles autrement perdues avant de commencer . Pannella concluait en annonçant son intention d'abandonner le parti et de recommencer, tout seul, si le Congrès avait eu un résultat ne convenant pas aux nécessités inaltérables des luttes politiques présentes alors.

Au XVII Congrès (Naples, novembre 1976) des contrastes surgirent, pour la première fois, à l'intérieur du "groupe romain", entre Pannella et Spadaccia d'une part et Teodori de l'autre. Teodori s'était fait porte-parole de ces secteurs qui réclamaient une réorganisation du parti, sur la vague du succès électoral qui avait révélé au Pays l'existence d'une importante opinion radicale. Il voulait que ce consensus ne fut pas dispersé et pour le conserver il demandait qu'on mit finalement la main à une organisation, si élémentaire fut-elle (183).

Le Congrès se termina par une motion d'organisation (184) qui reflétait les positions de Pannella et Spadaccia. Les points saillants de la motion ne faisaient que confirmer la philosophie d'organisation originelle du parti, reliée nécessairement, avec la philosophie politique, ayant toujours pour finalité la stratégie des référendums pour les droits civils. On prenait acte de la constitution de 13 partis régionaux et de la présence de 7 groupes fédérés.

Pour finir on décida une organisation plus articulée entre les différents organismes centraux, territoriaux et groupes fédérés, une plus ample circulation d'informations internes à envoyer aux partis régionaux par "Notizie Radicali (pour les inscrits) et par l'agence radicale. On délibéra de constituer un comité régional de coordination pour la réalisation des accomplissements techniques à l'occasion des référendums. On décida, enfin, de lancer dans chaque région des manifestations suivant la tradition spécifique du P.R.; de demander l'accès à la Télévision d'Etat, en utilisant, là où possible, les radios et les télévisions libres (commerciales); de chercher des accords avec des quotidiens et des périodiques. Une gamme d'initiatives ayant pour but de sortir du silence que les "médias" liés aux partis et au conformisme clérical alors régnant avaient utilisé contre le P.R.

Le XVII Congrès délibère formellement de remplacer (en réalité cela avait déjà eu lieu aux élections politiques) dans le statut le symbole du parti "tête de femme avec bonnet phrygien avec l'inscription parti radical, par le symbole de la rose au poing, toujours avec l'inscription parti radical". Dès lors les radicaux seront identifiés dans l'opinion publique comme le parti de la rose au poing.

Après les élections politiques du 20 juin 1976, à Rome, Via di Torre Argentina, siège du P.R. national, naissent sept nouvelles organisations que "Notizie radicali" définit "non pas des sigles, mais des luttes" (185).

Les faits, au contraire, diront que ces nouveaux comités ne vivront que sur le papier, sauf le CARM (Comité pour l'abolition des règlements des hôpitaux psychiatriques). Les finalités du CARM étaient l'abolition des règlements des hôpitaux psychiatriques et la gestion des établissements d'hygiène mentale par les patients eux-mêmes, et la lutte contre toute forme de répression à l'intérieur des établissements psychiatriques. Deux de ces organisations, tout en étant restées des sigles, sont importantes, car elles reconnurent, dix ans à l'avance, certains besoins fondamentaux pour la défense desquels des mouvements d'opinion ne sont nés qu'à la fin des années Quatre-Vingts. Nous nous référons au MLB, Mouvement de libération des enfants et au BRAVA, "Bataille radicale contre la violence sur les animaux", constitué pour combattre toute forme de violence pratiquée sur les animaux, en commençant par la vivisection.

A l'occasion du congrès de Naples une première enquête fut menée sur la composition sociale et sur les comportements politiques des militants radicaux. Cette recherche offre un profil assez approfondi et digne de foi d'un parti qui, tout en étant né et ayant grandi hors de la tradition politique italienne, recueillait déjà un fort consensus et un important activisme (186).

Il ressort de cette enquête que 64,9% des sujets interviewés habitent dans des villes de plus de 150 mille habitants, confirmant la donnée que nous avons déjà observé sur la caractéristique en majorité urbaine du P.R. 61,4% des militants avaient moins de trente ans; quant à l'occupation, 28% des inscrits étaient étudiants, 14,7% employés et 13,6% enseignants de tout ordre et grade. Par conséquent un activisme provenant des classes moyennes-hautes bourgeoises, jeune et urbain, et habitant le triangle industriel. Parmi les inscrits en-dessous de 25 ans, la base sociale s'étendait au prolétariat, une donnée qui s'explique par la charge libertaire des luttes radicales.

Un autre aspect de cette enquête concernait la recherche sur les raisons de l'inscription au P.R.: 75 pour cent des interviewés déclarèrent s'être approchés du parti radical pour contribuer aux batailles sur les droits civils; 56,1 pour cent parce qu'ils considéraient le P.R. comme une organisation libertaire et anti-bureaucratique, 40 pour cent parce qu'ils privilégiaient, dans les luttes politiques, les méthodes non violentes, 42 pour cent parce qu'ils étaient d'accord avec la stratégie de l'alternative de gauche. Comme on voit il s'agissait non pas d'une adhésion orientée sur un thème spécifique, mais d'un choix "idéologique", l'approbation du projet politique du parti radical. Dans le questionnaire adopté pour l'enquête on demandait aux interviewés si l'inscription au mouvement fédéré avait précédé ou suivi l'inscription au P.R., dans le but de vérifier si les mouvements servaient concrètement de canal de recrutement pour le parti. Les réponses ne fournissent pas une indication sure, parce qu'un pourcent

age très semblable s'était inscrit au P.R. soit après soit avant l'entrée dans le mouvement fédéré. De toute façon, étant donné que 55,3% du total des inscrits aux mouvements fédérés s'inscrit en même temps au parti, on put supposer que les mouvements fédérés ne représentaient pas un canal de recrutement du parti; et ceci est confirmé par les raisons idéologiques qui déterminaient la plupart d'entre eux à militer dans le P.R.

Quant aux perspectives stratégiques du parti, une donnée importante ressortit de ces réponses: 29,9% des interviewés indiqua qu'au développement des luttes radicales devait correspondre exclusivement le renforcement du P.R. et sa croissance. D'autres ensembles de questions affleura la volonté, de la part de 70% des militants, d'une plus grande organisation, en définitive le désir de mettre la main à une structure, qu'elle soit même non bureaucratique et centralisatrice.

A ce moment de tournant le P.R. se posa le dilemme de la croissance organisée ou de l'acceptation d'une diminution du consensus. Mais la croissance organisée aurait heurté les principes originels dont s'inspiraient la ligne politique du P.R., empreints du refus du professionnalisme de la politique et de la réalisation des aspirations libertaires et socialistes, à atteindre par des méthodes hérétiques et qui jusqu'alors n'avaient pas été adoptées dans notre Pays.

A vrai dire les nombres avaient surpris la direction radicale, pas entièrement convaincue que son message pouvait avoir une si grande correspondance.

Et, inexplicablement, comme cela se passera aussi du reste dans d'autres moments de succès, une tendance "suicide" fera son apparition chez les leaders; c'est-à-dire le regret nostalgique des temps où ils étaient peu nombreux, mal présentés, isolés et inconnus des masses, et avec le désir de tout recommencer. Une tactique? Un facteur émotif? Un pessimisme qui venait sans doute des fondateurs "amis du Mondo", méfiants par culture envers les partis de masse? Il est difficile de répondre avec certitude à la lumière des presque trente années d'histoire du P.R., dont le fil conducteur est parfois indéchiffrable par manque de documentations suffisamment précises.

NOTES

(124) MARCELLO CRIVELLINI, »Rapporto sul partito federale , octobre 1982, Polycopié,

(125) Cfr. pp. 53-56.

(126) Cfr. MASSIMO GUSSO, »Il partito Radicale, Organizzazione e leadership , CLEUP, Padoue, 1982, pp. 88-89; ANGIOLO BANDINELLI, »Sul federalismo radicale. Ricordando Giuliano Rendi , "Quaderni Radicali", n. 7, octobre-décembre 1979, pp. 58-74.

(127) M. PANNELLA, »E' ora di decidere con o senza il Partito Radicale , "La prova radicale", n. 1 automne 1971, PP. 48-50.

(128) "Notizie radicali" n. 173, 20 octobre 1972, polycopié.

(129) Voir Appendice p. 225.

(130) Jusqu'en 1982 on considérait inscrits aussi ceux qui n'avait pas versés totalement leur quote-part d'inscription, en contraste avec le Statut du parti.

Cfr. »Rapporto sul partito federale - 82, cit., pag. 32.

(131) Cfr. TEODORI, »I nuovi radicali , cit. p. 138.

(132) Voir appendice p. 216 et suivantes.

(133) ANGIOLO BANDINELLI, »Il partito e le lotte , "Notizie radicali", n. 1, N. 5., 10 janvier 1973, p. 1 e p. 8.

(134) Cfr. "Notizie radicali" nn. 193-194, 10 avril 1973.

(135) TEODORI, »I nuovi radicali , cit. pp. 344-354 - Per la storia dei primi cinque anni di lotta del MLD: MLD-PR, »Contro l'aborto di classe , par M. A. Teodori Savelli, 1975.

(136) TEODORI, OP. cit., Ibidem.

(137) MARCO PANNELLA, »Il PR ha deciso: otto referendum , "Liberazione", n. 34 9/11/1973.

(138) Cfr. p. 137 et suivantes.

(139) Cfr. "Notizie radicali", n. 334, 30 novembre 1974, p. 8.

(140) Le chiffre est rapporté dans "Notizie radicali", n. 334, Ibidem. Secondo MASSIMO GUSSO, »Il PR: Organizzazione e leadership , cit. p. 45, en réalité il y aurait moins de mille deux cents inscrits.

(141) Cfr. "Notizie radicali", n. 151, 28 novembre 1975.

(142) Cfr. appendice p. 226.

(143) Cfr. pp. 43-44.

(144) PIERO IGNAZI, »I radicali dal 1976 al 1979: tre ricerche a confronto , "Argomenti radicali", n. 16, juin-octobre 1980, p. 63.

(145) Cfr. pp. 137-141

(146) Les aggrégations prévues sont les suivantes: 1) Piémont-Ligurie (moins La Spezia)-Vallée D'Aoste; 2) Lombardie; 3) Vénétie-Trentin Sud Tyrol; 4) Frioul Vénétie Julienne; 5) Emilie Romagne-Marches; 6) Latium-Abruzzes-Molise; 7) Toscane-Ombrie-La Spezia; 8) Campanie-Calabre; 9) Pouilles-Basilicate; 10) Sicile, 11) Sardaigne. cfr. "Notizie Radicali", n. 334, Ibidem.

(147) En 1975 il y avait l'échéance des élections administratives.

(148) Cfr. "Notizie radicali", n. 265, 18 janvier 1975.

(149) Cfr. MASSIMO GUSSO, »Il PR organizzazione e leadership , Padoue 1982, p. 49.

(150) En effet la Ligue XIII Mai s'identifiait avec la personne de Marco Pannella: c'était uniquement une sigle à donner aux initiatives, peut-être pour susciter une plus grande crédibilité.

(151) Les partis régionaux sont constitués en Lombardie, Piémont, Latium, Emilie Romagne et Vénétie. "Notizie radicali", 10/10/79, p. 7 tableau VII.

(152) Pour la LOC: Contro il servizio militare, Savelli, 1975. Pour la MLD: CISA-MLD, »Aborto: facciamolo da noi , Rome, 1975.

(153) CISA-MLD, »Aborto... , Ibidem.

(154) "Notizie radicali", 10/10/79, p. 7, Tab. VII.

(155) Notre élaboration de "Notizie radicali", n. 42,13/10/76.

(156) TEODORI, op. cit., p. 138.

(157) Cfr. pp. 82-83.

(158) »Necessaria l'autonomia finanziaria , "Notizie radicali", n. 625,18 janvier 1975, p. 5.

(159) CISA, »Bilancio di un anno di disobbedienza civile , "Notizie radicali", n. 4, 3 mars 1976, p. 3.

(160) Cfr. élaboration de M. GUSSO, op. cit.

(161) Cfr. élaboration de MASSIMO GUSSO, op. cit.

(162) Bilan publié sur "Notizie radicali", n. 2, 7 février 1976, p. 4.

(163) "Notizie radicali", n. 2, Ibidem.

(164) "Notizie radicali", n. 5, 1· avril 1976, p. 3.

(165) "Notizie radicali", n. 42, 13 avril 1976, p. 4.

(166) La liste a été publiée dans Notizie radicali, n. 15, 6 juillet 1976.

(167) "Notizie radicali", n. 5, 1· avril 1976, p. 2.

(168) »Cronache elettorali, una campagna radicale , "Prova radicale", n. 2 juillet - août 1976, p. 13.

(169) La campagne décrite, avec une certaine complaisance, par les protagonistes, dans le journal "Prova radicale", »Cronache elettorali , cit., Ibidem.

(170) "Notizie radicali", n. 5, 1· avril 1976, p. 4.

(171) Pour l'analyse du résultat électoral nous avons consulté "Prova radicale" qui, dans le n. 2 cit., publie des tableaux, et des élaborations par GIANFRANCO SPADACCIA (pp. 16-22). Nous nous sommes basés aussi sur un essai sur le vote radical qui apparaît dans le volume "I nuovi radicali", écrit par Angelo Panebianco avec la collaboration de Massimo Teodori.

(172) "Notizie radicali", 10/10/79, p. 7, tavola 7.

(173) MARCO PANNELLA, »E se smettessimo di fare i radicali , "Prova radicale", n. 2, octobre 1976.

(174) PANNELLA, ibidem.

(175) "Notizie radicali", n. 17, 26 juillet 1976.

(176) ANGIOLO BANDINELLI, »Torniamo allo statuto , "Notizie radicali", n. 15, 6 juillet 1976, p. 3.

(177) Cfr. "Notizie radicali", n. 17, 26 juillet 1976.

(178) Giulio Ercolessi, cité par RENATO VIVIAN, »Dentro il PR: Analisi diacronica dei rapporti dei militanti radicali con lo statuto del partito , par l'Association Radicale de Udine, 1981, p. 28.

(179) "Notizie radicali", n. 18, juillet 1976, supplément spécial "atti 16· congresso straordinario", p. 2.

(180) Motion du 16· congrèso.

(181) »Documento postcongressuale della segreteria sullo stato del partito , pubblicato in "Notizie radicali", n. 13, ibidem.

(182) MARCO PANNELLA, »E se smettessimo di fare i radicali? , cit.

(183) Cfr. GIANFRANCO SPADACCIA, »Con i referendum contro il regime , "Prova radicale", n. 5, décembre 1976, p. 10.

(184) Motion d'organisation, 17· Congrès ordinaire du PR, novembre 1976 "Notizie radicali", n. 182,15 nov. 1976.

(185) "Notizie radicali", n. 17, 26 juillet 1976, p. 2.

(186) PIERO IGNAZI, ANGELO PANEBIANCO, »I militanti radicali: composizione sociale e atteggiamenti politici , in AA.VV., "I nuovi radicali", Mondadori, MI, 1977, pp. 213-262.

 
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