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Ponzone Lorenza - 1 gennaio 1993
(7) Le Parti Radical dans la politique italienne: 1962-1989
par Lorenza Ponzone

CHAPITRE IV

PROJET POUR UNE ITALIE DIFFERENTE

SOMMAIRE: Le chapitre est divisé en 5 paragraphes.

1. Unis à gauche, la DC dehors; poussées et contradictions dans la politique radicale de 1967 à 1972; initiatives non violentes de 1968 pour les Pays de l'Est; conflits internes entre les groupes de Rome et Milan; l'analyse radicale de la situation, avec la dénonciation de la DC comme héritière du "régime" (seul le P.R. peut désormais promouvoir une politique "laïque" d'alternative...) 2. Huit référendums contre le régime: l'abstention du vote de 1972 et le démarrage de la stratégie référendaire. Premiers thèmes, le Concordat, les normes fascistes du code pénal, les financements aux écoles cléricales, etc.; la motion du congrès de Turin de 1972; les huit référendums de 1974, l'affrontement sur le divorce. 3. Radicaux et socialistes, une relation contrastée: du congrès de Milan de 1974 ("au moins 20 pour cent aux forces socialistes pour renouveler la gauche"), à la fondation de la "Ligue XIII Mai", de l'ARA, etc. Lancement de la campagne pour l'avortement. 4. Le deuxième défi aux catholiques, l'avortement: du

"cas Pierobon" à l'ouverture du "CISA, Centre Italien Stérilisation et Avortement", au rassemblement de signatures. Echec de la proposition de pacte fédératif avec le PSI (1976). 5. les citoyens et le pouvoir: "La charte des libertés": les élections du 20 juin, et le renouvellement de la stratégie référendaire pour battre le "régime d'unité nationale", constitué par l'accord gouvernemental DC-PCI.

(Lorenza Ponzone, LE PARTI RADICAL DANS LA POLITIQUE ITALIENNE, 1962-1989, éditions Schena, janvier 1993)

1. Unis à gauche, la D.C. dehors.

Quelques mois après le congrès de reconstitution se réunit à Florence le premier des congrès auto-convoqués par statut, pendant la première semaine du mois de novembre 1967. L'analyse radicale (187) partait de l'examen de la nouvelle situation politique italienne: cette situation pouvait mettre sérieusement en danger notre démocratie. Le P.R. indiquait le fondement du régime dans la dictature cléricale de la Démocratie chrétienne, à la gestion de laquelle le P.S.I. et le P.R.I. ne s'étaient pas opposés; ils avaient au contraire collaborés, avec les gouvernements de centre-gauche, à sa perpétuation. On critiquait, de même, la politique du P.C.I. qui semblait clouée à l'opposition, et donc otage de la D.C., ainsi que les deux autres partis "collaborationnistes". Toutefois, les radicaux sont de l'avis que la situation n'est qu'apparemment stagnante parce que les partis de gauche, à la longue, ne pouvaient pas être réduits à la réalité de la suprématie des groupes bureaucratiques: en effet les positions de subor

dination à la D.C. des partis laïques et de gauche étaient le fruit d'une analyse inadéquate de la société italienne et peut-être qu'avec une poussée "mouvementiste" ces partis auraient pu reconsidérer leurs alliances actuelles.

D'une manière cohérente les radicaux, dans la motion politique approuvée par le congrès, indiquaient dans l'anticléricalisme et l'antimilitarisme les thèmes capables d'unir, du bas, les communistes, les socialistes, les libéraux, avec le P.R.

Les objectifs concrets qui étaient proposés dans l'immédiat étaient: la conversion des structures militaires en structures civiles, la sortie de l'OTAN, la démilitarisation des forces de police, la dénonciation unilatérale du Concordat, la confiscation des biens ecclésiastiques, le divorce, l'affirmation d'une conscience sexuelle laïque et libertaire. L'interlocuteur privilégié des radicaux, ces années-là, sera le Parti Socialiste, comme on a déjà vu en examinant les événements qui précédèrent le divorce. Ce rapport spécial pas toujours pacifique sera une constante dans l'histoire du P.R. Les radicaux essayeront, à chaque occasion, d'introduire leur méthode mouvementiste dans le P.S.I., un parti avec des veines libertaires, mais encore structuré selon la tradition. Pannella lui-même demanda à plusieurs reprises la carte du P.S.I.

Le rapport avec le P.C.I., au contraire, était extrêmement conflictuel, même si le P.R. le recherchait, avec entêtement, depuis la reconstitution. Sans l'apport du P.C.I. avec sa structure politique et d'organisation et ses liens socialistes, on ne pouvait pas poursuivre une stratégie réaliste d'alternative à la D.C. Le terrain d'affrontement entre les deux partis était justement sur les thèmes sur lesquels le P.R. essayait de construire l'unité à gauche, c'est-à-dire l'anticléricalisme et l'antimilitarisme. Nous nous sommes déjà occupés du premier point lorsque nous avons parlé des batailles pour le divorce, lorsque le P.C.I. montra sa duplicité habituelle, mais on peut rappeler que toute l'histoire du parti communiste, dans l'après-guerre, est caractérisée par des prises de position anticléricales. Quant aux structures militaires, les communistes n'étaient pas d'accord avec les intentions des radicaux. Le P.R. était pour l'élimination totale des structures militaires parce qu'elles représentaient, en soi,

un danger pour la démocratie; les communistes au contraire n'étaient pas contraires d'une manière si drastique aux institutions militaires (188). Tout en étant contre l'idéologie militariste, ils affirmaient toutefois que le problème pouvait être résolu en gardant à l'armée sa connotation populaire, qui lui vient du service militaire obligatoire. Sur la question militaire, donc, les positions du P.C.I. et du P.R. étaient inconciliables.

En effet les initiatives radicales pour la reconnaissance de l'objection de conscience auront surtout une correspondance dans certaines organisations catholiques: le projet de loi pour le service civil, approuvé par la suite, sera présenté par un député démocrate-chrétien.

L'écart entre les radicaux et les autres partis se montra également dans toute son ampleur quant aux méthodes de lutte; les radicaux remontaient aux méthodes déjà employées aux Etats-Unis et par les nouvelles gauches européennes, en les adaptant à la réalité italienne, rapidement et avec fantaisie.

Cette façon toute nouvelle d'affronter la lutte politique, sans aucun doute détachée de la tradition nationale, s'entrelaça même si d'une manière marginale avec celle des mouvements nés en 68. Les radicaux, toutefois, se trouvèrent en position externe par rapport aux mouvements issus de 68 même si, sous certains points de vue, ils avaient des finalités communes, comme l'écrit Massimo Teodori (189), qui considère que les radicaux, unis aux mouvements estudiantins, visaient à rompre l'équilibre politique stagnant avec la reprise d'une initiative de la gauche, et tous deux étaient contre la bureaucratie des partis. Les radicaux voyaient, dans le mouvement estudiantin, dans la dissension catholique et dans les manifestations spontanées des ouvriers la confirmation de leurs méthodes de lutte. Officiellement, cependant, le P.R. se dissocia de l'action des mouvements, comme écrit en toutes lettres dans un document du secrétaire national Gianfranco Spadaccia (190), dans lequel on condamne le caractère abstrait, le m

aximalisme, le révolutionnarisme verbal, le sectarisme des extra-parlementaires, considérés héritiers des défauts de la tradition de gauche de notre Pays. Le P.R., assumant de telles positions vis-à-vis des mouvements, risquait l'isolement, mais on en avait tenu compte. Du reste pour les radicaux la bataille pour le divorce et contre le "pouvoir clérical excessif" était prioritaire (191).

A propos des méthodes de lutte par lesquelles les radicaux essayaient d'influencer directement les événements, rappelons la manifestation organisée à Sofia le 24 septembre 1968 (192) par Pannella, Baraghini (membre de la direction du P.R.), Azzolini (de la direction de la fédération romaine) et Silvana Leonardi, contre l'occupation de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie. A cette occasion des tracts contre l'OTAN et la guerre du Vietnam furent également distribués; les participants à la manifestation furent arrêtés, gardés pendant 24 heures et ensuite expulsés. L'intention du groupe radical était de briser la barrière du silence et de prouver que l'opposition contre l'occupation soviétique était profondément sentie par les mouvements socialistes et pacifistes occidentaux, et en même temps de manifester contre l'impérialisme américain, prouvant en définitive que les radicaux, de concert avec la gauche européenne, étaient contre les pactes militaires.

Pannella, en outre, organisa une grève de la faim collective pour appuyer les mouvements pacifistes en Tchécoslovaquie.

Le filon pacifiste, toujours présent dans le P.R., se manifesta concrètement en 1969 avec la constitution de la Ligue pour la reconnaissance de l'objection de conscience, dont les militants, non radicaux, manifestèrent contre le militarisme par la désobéissance civile (certains d'entre eux seront arrêtés) (193). Ces activités feront approcher du parti de nouveaux jeunes militants, parmi lesquels Roberto Cicciomessere, qui deviendra secrétaire du parti, à l'âge de 24 ans seulement, en novembre 1970.

Un premier événement traumatisant se vérifia, dans la vie du P.R., au cours du congrès du mois de novembre 1969 (Milan), lorsque tout le groupe milanais sortit du parti, le second groupe, par ordre d'importance, après le groupe romain (194). La fracture se vérifia sur le choix de la méthodologie du parti. Nous savons que le P.R., et pour lui le groupe romain, avait privilégié en particulier les luttes concrètes, et qu'il avait réuni autour de celles-ci les inscrits et les sympathisants, sans jamais de théorisations générales. Eh bien, cette stratégie n'était pas partagée aussi bien par les "mouvementistes" que par les nouveaux inscrits, venant de différentes formations de gauche, qui réclamaient tous le choix d'une politique "globale" qui renfermât, d'une manière ordonnée et conséquente, les interventions du P.R. dans les différents secteurs de la société.

Cette conception heurtait contre la nature pragmatique et 'salveminienne' des refondateurs du parti, qui avaient expérimenté la non praticabilité des instances du groupe milanais. Par exemple, aux élections politiques de 1968, le P.R. avait donné l'indication de voter et de faire voter bulletin blanc, en considération aussi de l'exiguïté de la structure d'organisation (195). Le groupe milanais, en dissension avec la décision des organes centraux, présenta une liste radicale dans la circonscription Milan-Pavie, où elle obtint 1500 voix, un échec qui porta atteinte à l'image du parti. Si les positions assumées par la direction radicale, en contraste avec celles du groupe milanais, isolèrent d'un côté le parti, en l'éloignant des mouvements opérant alors sur la scène politique italienne et européenne, elles servirent d'un autre côté à garder ferme l'identité du parti. Du reste, dans les années suivantes les extra-parlementaires furent marginalisés ou disparurent même de la scène politique, tandis que le parti r

adical, gardé hors des mouvements, put continuer à avoir une influence sur la société italienne.

Une donnée significative de ce sixième congrès fut la participation très insuffisante des inscrits, 31 à peine (196), ce qui prouvait l'atmosphère d'indifférence autour des thématiques du P.R., parti non violent à un moment où agissaient des forces porteuses d'une forte charge de violence. Apparemment le parti radical, avec ses messages "libéraux" et avec ses méthodes de lutte démocratiques semblait sorti de l'histoire. Les radicaux, entre-temps, s'engageaient à fond dans la bataille pour le divorce. Ils décidèrent au cours du VII congrès extraordinaire (Rome, 9-10 mai 1970) de proposer un accord au Parti Socialiste pour les élections régionales de 1978 (197). En échange de l'approbation de la loi sur le divorce et de celle sur l'objection de conscience, et de la démocratisation des instruments publics d'information, ils s'engageaient à garantir le vote radical au P.S.I. Pannella justifia le soutien radical aux socialistes en rappelant que le P.S.I., à cette époque, avait été un élément déterminant pour l'ap

probation du Statut des Travailleurs et pour les lois de réalisation des régions (198). Le leader radical affirma que le P.S.I. paraissait plus sensible, pas uniquement à la base, mais chez ses groupes dirigeants, à la nécessité d'engager des batailles pour les droits civils.

Pannella était enfin sûr que l'entente avec le P.S.I. aurait eu une fonction unitaire pour toute la gauche, des communistes aux sociaux-prolétaires, des socialistes aux radicaux, pour tous les laïques, pour la lutte démocratique en Italie.

Le manque de partisans du parti se montra aussi au VIII Congrès (Naples 1-3 novembre 1970: 80 inscrits seulement y participèrent, malgré le consensus d'opinion qui était en train de s'étendre dans tout le Pays, grâce aux luttes pour les droits civils. On était à la veille du vote décisif au Parlement sur le divorce. Le P.R. se présentait comme une force minoritaire mais qui pouvait indiquer de nouveaux objectifs qui auraient été imposés aux forces politiques dans les années suivantes: la libération de la femme, la libéralisation des produits anticonceptionnels et la légalisation de l'avortement, en collaboration avec le mouvement de libération de la femme qui venait d'être constitué (200).

En substance ce congrès confirma la validité de la ligne politique établie par les congrès précédents, malgré les énormes difficultés dues au petit nombre d'inscrits et aux incompréhensions de la part des autres forces politiques.

On décida de trouver des instruments précis d'action commune avec des groupes politiques extérieurs au parti, comme la gauche libérale et la fédération de la jeunesse républicaine et d'autres groupes génériquement libertaires, qui avaient assuré leur propre disponibilité pour des luttes communes avec le parti radical.

Le congrès confirma le projet de référendum abrogatif du Concordat, déjà avancé en 1968 et aux VI et VII congrès.

Dans le IX congrès, réuni à Milan le 22/2/1971, on organisera avec les libéraux et les républicains la constitution de la Ligue pour l'abrogation du Concordat. La Ligue, comme nous l'avons déjà vu (201), montrera peu de capacités d'initiative, et les radicaux, alors que tout le monde sera à la recherche d'un compromis avec les forces catholiques, se trouveront isolés sur le thème du Concordat et finiront par abandonner le référendum, provoquant la fin de la Ligue.

Pour rompre l'isolement où finit par se trouver le P.R., au début des Années Soixante-Dix, Pannella comprit que le moment était arrivé de réfléchir sur le futur du parti, après l'approbation de la loi sur le divorce, et le rapport non plus de collaboration qui était en train de s'annoncer avec les autres partis.

Le leader radical exprima sa conviction dans un éditorial publié sur "Notizie Radicali", dans le numéro du mois de juillet 1971 (202). Il partit de la constatation de la continuité entre le gouvernement démocrate-chrétien et le régime fasciste pour affirmer que la D.C. avait occupé, suivant le module du corporatisme fasciste, chaque coin de la société et du système politique, réduisant la constitution républicaine à une tromperie, à un mirage jamais réalisé.

Avec un tel discours les radicaux s'érigeaient en défenseurs intransigeants de la Constitution, de la loi écrite, et des méthodes démocratiques. Donc, une pleine adhésion, certainement pas une manoeuvre, à l'Etat de droit comme valeur permanente, une constante dans l'histoire du parti radical, qui s'exprimera dans les luttes dans le Pays et dans les institutions.

L'intention fondamentale des radicaux était de réussir à rétablir la démocratie, avec toutes ses règles du jeu, gelées par ceux qui s'étaient installés au pouvoir dans le deuxième après-guerre. L'aspect le plus inquiétant d'une situation aussi détériorée était représenté, d'après Pannella, par le fait que les forces progressistes au lieu de se constituer en alternative, sur le modèle du bipartitisme parfait de la démocratie anglo-saxonne, collaboraient, de fait, avec les expressions politiques adversaires. En définitive, les radicaux tentaient d'empêcher le recours à ce système de démocratie associée qui, expérimentée sous la table, s'explicitera à la lumière du jour, de là à quelques années, dans les gouvernements de solidarité nationale. Si d'une part le P.R. refusait la manière traditionnelle de faire de la politique, en s'inventant un nouveau genre d'intervention dans la société, il visait de l'autre à la revitalisation du système démocratique-parlementaire jamais pleinement réalisé. En substance, le P.R

. recueillait l'héritage des vieilles batailles bourgeoises.

Les conditions dans lesquelles le P.R. se trouva à opérer vers la fin des années soixante-dix ayant changé, au X congrès (Rome, Novembre 1971) Pannella proposa la dissolution du parti (203). La solution "extrême" du leader radical était justifiée par la situation de malaise extrême dans laquelle se trouva le P.R. suite à la politique conciliaire soutenue désormais ouvertement par le parti communiste dirigé par Berlinguer, qui rendait plus difficile toute perspective de réaliser une alternative. Ce fil rouge qui passait transversalement par tous les partis de gauche, sur lequel les radicaux avaient fondé leur politique unitaire, n'existait plus, et il était par conséquent nécessaire que le parti se découpât un nouveau rôle, parvenant presque à une deuxième reconstitution dans sa courte histoire.

Le X congrès n'accueillit pas l'invitation de Pannella à l'auto-dissolution: parmi les fondateurs, Mellini, Bandinelli et Teodori, bien qu'avec des nuances différentes, s'y opposèrent (204). Pour Mauro Mellini le parti devait rester en vie car il existait dans le Pays des besoins qui, le P.R. absent, seraient restées inexprimés. Par un choix précis, jusqu'à ce moment-là, les radicaux avaient préféré s'engager dans des initiatives spécifiques et non dans le développement du parti. Voilà pourquoi, affirmait Mellini, les organisations comme la LID s'étaient agrandies aux dépends du P.R. Ceci dit, il était nécessaire de ne pas détruire un organisme comme le parti radical, qui avait montré de la vitalité et un grand pouvoir de mobilisation, mais déverser au contraire dans les structures fédératives l'héritage moral de toutes les batailles pour les droits civils.

Massimo Teodori se faisait porteur d'une position plus optimiste. Il était de l'avis que la fermeture du "régime" en Italie aurait nécessairement fait naître des contradictions, parmi lesquelles le parti radical aurait pu trouver une place pour agir: les besoins émergents de la société coïncidaient avec le rayon d'action du parti radical. Une position médiane fut celle exprimée par Spadaccia, qui apparut contraire aussi bien à une continuation non critique qu'à la proposition de Pannella. Pour Spadaccia la seule loi qui comptait était celle du nombre et de la force politique, si bien que le parti devait se renforcer et créer des véritables structures de lutte. Il jugeait par conséquent inadéquate l'analyse avancée par Teodori, car il était convaincu que l'existence supposée de contradictions dans le système politique actuel n'impliquait pas la possibilité que le P.R. eut la force de s'introduire et d'exploiter ces contradictions. Spadaccia fixait d'une manière réaliste une échéance au parti, un objectif. Une

sorte de preuve d'appel, qui aurait conjuré la fermeture immédiate projetée par Pannella, mais aussi la continuation sans changements, proposée par Teodori. L'échéance aurait coïncidé avec les élections politiques de 1973, dans lesquelles les radicaux devaient être en condition de présenter leurs propres listes.

Le X Congrès se termina par une motion de compromis entre les différentes positions (205). Un objectif précis fut fixé: au moins mille inscrits avant le mois de novembre 1972, sous peine de dissoudre le parti. Mais cet objectif sous-entendait une constatation de caractère politique: le P.R. apparaissait désormais comme la seule hypothèse de parti laïque existant en Italie, et donc l'illusion tombait de construire un parti conteneur de toutes les instances laïques, libertaires et progressistes. Au moins, à court terme, le parti radical restait la seule force anti-régime, capable de réunir autour d'elle ces mouvements d'opinion "liberal" qui survivaient encore dans notre Pays, malgré le conformisme des partis de gauche de la coalition.

2. Huit référendums contre le régime.

En janvier 1972, les radicaux mirent en discussion le problème de la participation directe aux élections politiques de 1973, prévues théoriquement en 1973, mais dont il était toujours plus évident qu'elles seraient avancées d'une année. Gianfranco Spadaccia assuma la position la plus ferme (206). La présence électorale du P.R. lui paraissait indispensable pour élargir la latitude des consensus autour du parti, le seul instrument donné aux radicaux pour se faire connaître et pour multiplier les militants. L'occasion d'expérimenter la réponse des urnes se présenta en effet avec une année d'avance, le 28 février 1972; pour la première fois dans l'histoire italienne, le président de la République Giovanni Leone décréta la dissolution anticipée des Chambres et fixa les élections pour le 7 mai.

Les radicaux devaient affronter des conditions objectives plutôt défavorables, surtout à cause du règlement de la RAI-TV pour les élections établi par la Commission parlementaire de surveillance, qui limitait uniquement aux partis déjà représentés au Parlement l'accès à la télévision.

L'exclusion du plus puissant des médias (à cette époque, les télévisions commerciales ne transmettaient pas) mettait presque dans une condition d'impuissance le parti radical, qui n'avait pas un support d'organisation et qui n'était pas en mesure de compter sur l'effet "tradition" des partis déjà représentés au Parlement pour la raison évidente qu'il se présentait pour la première fois devant l'électorat. La seule voix des radicaux était la revue "Prova radicale" fondée en automne 1971, peu diffusée, distribuée uniquement par abonnement, ou bien vendue dans les librairies des grandes villes.

Ainsi le P.R., toujours dans le cadre de la politique d'unité à gauche, et aussi pour sortir de l'isolement, proposa au groupe réuni autour du Manifesto de présenter des listes communes (207). L'initiative qui, en effet, partit de cinq membres de la direction ((Mellini, Pannella, Franco Sircana, Spadaccia, Teodori) sembla, même à l'intérieur du P.R., hasardée et incohérente, vu les différences idéologiques profondes entre les communistes expulsés du P.C.I. et les radicaux. Les cinq exposants radicaux justifièrent leur choix, en le motivant par le fait qu'il fallait créer une poussée anti-régime dans une élection qui était à leur avis une "escroquerie". Les transfuges du P.C.I. n'acceptaient pas "le régime de chantage des partis traditionnels" et en outre - la raison la plus importante de la proposition radicale - les deux mouvements convergeaient sur l'usage du référendum, dans le refus du capitalisme d'Etat, et la lutte contre le cléricalisme. Les listes proposées par le P.R. devaient être "ouvertes", capab

les d'entraîner des forces différentes. Mais le "Manifesto" refusa de s'allier avec le P.R. La justification du groupe ex-P.C.I. était de nature strictement idéologique. Pour eux le processus d'agrégation entre les différentes forces anti-capitalistes n'avait pas suffisamment avancé. Ils rappelaient au parti radical que dans le passé il n'y avait eu aucune confrontation de positions et d'expérience de base, il n'y avait pas eu en définitive une vérification pratique sur les choses à accomplir ensemble.

Suite au refus du Manifesto le P.R. se prononçait pour l'abstention du vote (208). Les radicaux assumèrent donc cette position renonciataire pour des raisons qui se détachaient des raisons proclamées par les mouvements ultra-gauche (Lotta Continua, Potere Operaio, et autres groupes du même genre), et pas à cause d'une méfiance doctrinale pour cette forme de démocratie. Au contraire, les radicaux réaffirmaient la valeur des élections comme pratique nécessaire au déroulement de la vie démocratique.

Ils s'écartaient, donc, de la conception anarchiste, et réaffirmaient que les luttes libertaires passent surtout par les institutions. L'abstention du vote était un acte de résistance au régime, en somme un acte de désobéissance civile, de non coopération avec un gouvernement considéré "illégal". Le refus du vote n'était donc pas une manifestation de manque de confiance, mais un acte constructif, d'd'opposants. A vrai dire il y avait également une raison pratique pour laquelle le P.R. s'était coalisé pour le "non vote": le parti n'était pas outillé pour affronter les élections. Les structures politiques dont disposaient les radicaux étaient insuffisantes, surchargées de travail, privées des moyens matériels dont disposaient, et amplement, tout les autres partis. Et enfin les radicaux étaient condamnés au silence, par le manque d'accès à la radio et à la télévision, les seuls instruments qui auraient pu leur permettre de soumettre le projet et les propositions radicales à l'opinion publique.

Telle étant la situation, les radicaux se disaient convaincus que les laïques, les anti-cléricaux, les partisans du divorce, n'auraient pas pu être représentés par aucun des partis de gauche, dont les dirigeants, un jour, auraient négocié quelques sous-privilèges avec le monde clérical représenté par la D.C.".

D'où l'invitation des radicaux à leurs sympathisants de défendre le divorce, gagner le référendum, abroger le concordat, en se réunissant dans les ligues et avant tout en adhérant au P.R., qui avait besoin de force comme jamais. Et l'appel du P.R était adressé aussi aux croyants, qui auraient été avilis par les étreintes suffocantes d'une Eglise toujours plus autoritaire: la seule alternative pour les catholiques n'était pas représentée par le dialogue avec Berlinguer ou avec les "frontistes" du P.S.I., mais s'organiser directement pour affirmer leurs objectifs. De même les anti-militaristes devaient se convaincre que leurs thèses sur les dangers intrinsèques des structures militaires devaient procéder du même pas que les autres batailles anti-autoritaires que les radicaux combattaient depuis des années. De même pour les socialistes qui refusaient le modèle bureaucratique: ils devaient sortir des canaux habituels et s'unir aux initiatives libertaires des radicaux. Enfin, l'invitation des radicaux s'adressa a

ux démocrates, qui en s'inscrivant, en participant, en aidant le P.R., auraient maintenu en vie cet instrument ouvert et disponible qu'était le parti radical. L'alternative au vote, pour les radicaux, est créative. Elle n'est, selon les perspectives exposées précédemment, ni apolitique, ni renonciataire, ni anti-démocratique. Par conséquent, même sous les drapeaux du "non vote" les radicaux poursuivaient leur engagement, sans renier leur vieille philosophie de l'organisation: créer des mouvements, à travers des groupes de travail et d'intervention (laïques, favorables au divorce, anti-militaristes, anti-concordataires) ayant leur propres règles et fédérés au projet radical.

Toutefois l'abstention radicale ne sera pas définitive. Le P.R. aurait participé par la suite au vote à deux conditions. Premièrement: la possibilité effective de participer à l'affrontement électoral partant de conditions égales pour tous les partis; deuxièmement: la capacité de présenter un projet politique global.

Mais en attendant, en 1972, ayant pris acte qu'un chapitre des expériences de lutte du parti était désormais révolu, les radicaux établirent une nouvelle stratégie destinée à secouer de sa stagnation le panorama politique italien pendant toute la décennie suivante. Au lendemain des élections politiques auxquelles ils avaient exprimé le "non vote", les radicaux, avant de décider quoi faire, se posèrent cette question: une force nettement minoritaire comme le P.R. pouvait-elle affronter les difficultés et l'isolement, sans se réduire à une action de simple témoignage ou pire sans se renfermer dans le sectarisme? Le parti radical s'était différencié des autres forces extra-parlementaires. Il s'était refusé d'exercer une fonction uniquement de critique, d'aiguillon des grands partis de la gauche traditionnelle, et d'ailleurs il n'avait jamais accompli aucune action pour déranger la politique du P.S.I., du P.C.I. et du P.S.I.U.P., susceptible de ronger les marges de la dissension.

L'ambition du P.R. était d'une plus ample latitude: il voulait imposer par sa propre action politique des objectifs réellement alternatifs et chercher pour ces objectifs des débouchés politiques unitaires capables d'entraîner l'arc tout entier des partis de gauche.

A ce point les radicaux se demandèrent avec quels instruments ils auraient pu avoir effectivement une incidence sur la situation italienne. Les initiatives à caractère sectoriel, comme cela était arrivé dans le passé, n'étaient plus suffisantes. Les engagements anti-militaristes et dans les différents mouvements pour les droits civils n'avaient pas de par eux-mêmes la force de conditionner les coalitions politiques ou d'intéresser la grande opinion publique. Ils avaient besoin d'une initiative qui fut susceptible de mettre en crise les équilibres existants ou de s'introduire d'une manière efficace dans ces équilibres. Pour consentir une ample initiative politique, de grand moment, qui put permettre à un parti fortement minoritaire d'avoir une incidence sur la réalité institutionnelle du Pays, les radicaux, en juillet 1972 (209), commencèrent à réfléchir sur le référendum.

Autrement dit, si avec cet instrument de démocratie directe ils auraient pu réaliser leur projet politique. On a déjà dit que justement à la même période le P.R. s'était battu contre tous les compromis qui voulaient éviter le référendum sur le divorce.

Le référendum était congénital à l'idéologie même du parti radical, et par conséquent le recours à ce moyen constitutionnel de démocratie directe ne pouvait pas manquer d'être privilégié par un mouvement qui se fondait sur la participation des personnes communes. En effet, il pouvait être géré du bas, d'une manière autonome, grâce à la mobilisation populaire, sans avoir recours à la médiation des organisations de parti et des institutions parlementaires.

En outre, le référendum apparaissait aux radicaux comme un instrument potentiellement unitaire, car il aurait permis de chercher déjà le consensus dans la phase de rassemblement des signatures, en faisant abstraction de la rupture avec les partis d'appartenance. C'était un choix réaliste, car il tenait compte de la particularité de l'électorat italien qui, d'une manière générale, votait poussé par des raisons idéologiques ou de clientèle. De sorte que, la seule façon de le déplacer sur des positions progressistes, était de l'intéresser à des thèmes d'un contenu concret et d'un caractère direct. L'autre point qui motivait les radicaux dans leur choix référendaire était la possibilité d'introduire, grâce à une action extra-parlementaire, dans la lutte politique, des thèmes que les partis de gauche gardaient de côté pour ne pas troubler les équilibres parlementaires. Ils étaient convaincus qu'ils pouvaient mettre en crise la législature qui exprimait à ce moment-là une majorité au contenu différent et modérée

(210). A cela s'ajoutait, ensuite, le fait que la campagne référendaire aurait, finalement, permis au P.R. l'accès, en tant que comité promoteur, à la RAI-TV, et de sortir par conséquent du silence. Il faut considérer, enfin, que le référendum offrait aux radicaux l'occasion, qu'ils avaient toujours cherché, de donner un débouché institutionnel et législatif à l'action extra-parlementaire; pour les radicaux sans ce débouché toute initiative semblait inutile, une manifestation étant une fin en soi.

Au cours du XI Congrès, la direction radicale mit la main, concrètement, aux différents projets de référendum, et prépara les plans pour l'organisation du rassemblement de signatures. Trois initiatives de référendum furent proposées: une pour l'abrogation des normes de réalisation du Concordat, une autre pour l'abrogation des normes fascistes du code pénal, une autre encore pour l'abrogation des lois qui assuraient des financements à l'assistance et à l'école cléricales (211). Pour les radicaux il était important de réussir à mettre en commun avec les autres partis les instruments d'organisation et de mener ensemble les campagnes d'information. Et le P.R. ne pouvait pas agir autrement, tenant compte du fait que l'arrangement constitutionnel et la loi de réalisation qui discipline le référendum imposent un minimum de signatures tellement élevé (500.000 signatures authentifiées) qu'il rend nécessaire le soutien d'organisations puissantes que seuls les partis de masse possèdent. Les radicaux observaient justeme

nt que deux forces seulement étaient en mesure de se servir sans difficulté de cette institution: les syndicats et les paroisses, deux organismes présents, d'une manière capillaire, sur le territoire. En-dehors de ces deux forces, seule le P.C.I. aurait eu la possibilité de canaliser sur les signatures un nombre aussi élevé de gens.

D'où, raisonnaient les radicaux, la réapparition de la bipolarisation de la lutte politique en Italie: l'Eglise d'une part et le parti communiste de l'autre. De sorte que même une institution introduite dans notre système constitutionnel comme complément de la démocratie représentative, et donc conçu pour introduire dans la lutte politique des thèmes et des problèmes étrangers à l'équilibre politico-parlementaire aurait fini par être, pour des raisons d'organisation, contrôlé par les deux forces hégémoniques.

Toutefois, dans la carte des forces organisées en Italie, le parti radical comptait les expériences et les instruments de base pour organiser, concrètement et sérieusement, un travail d'organisation d'une aussi grande portée et, pour ces temps-là, nouveau. Ce patrimoine d'idées, de capacité de mobilisation, et d'utilisation sans scrupules (dans un sens positif) de moyens alternatifs, les radicaux l'avaient acquis dans les batailles pour le divorce, et dans les organisations universitaires des années Cinquante.

De plus, les radicaux possédaient certains instruments pratiques, comme la disponibilité d'une liste d'adresses de plus de trois cent mille noms recueillis par des organisations alliées au parti, ou au cours d'initiatives politiques radicales (divorce, anti-militarisme, libération de la femme, anti-concordat) (212).

Les radicaux, en cohérence avec leur projet politique, l'unité des forces alternatives, conçurent d'entraîner dans les initiatives référendaires, outre tous les partis laïques de gauche et des syndicats, également les mouvements extra-parlementaires, les communautés ecclésiales, et d'autres organisations, comme le mouvement de libération de la femme, et le mouvement pour l'abolition du délit d'avortement. En définitive une occasion de confluence et d'unité entre les forces du changement.

Ils pensaient s'adresser, en particulier, aux différents mouvements extra-parlementaires, comme "Il Manifesto", "Lotta Continua", occupés dans des mobilisations stériles d'agitation pour les pousser à contribuer à changer la réalité sociale et institutionnelle. Ils s'intéressèrent en outre aux communautés de catholiques, alors en ferment, pour leur faire comprendre que la lutte pour le renouvellement religieux était étroitement liée à un engagement civil plus explicite.

Le programme concret devait donc être mis au point par un congrès spécial, après un débat et un travail de groupe.

Le parti radical, avant d'affronter une lutte aussi inégale pour un mouvement de minorité tenu par des non professionnels de la politique, voulait réunir sa base, pour vérifier s'il pouvait compter sur des forces suffisantes pour affronter les responsabilités qui seraient nées des initiatives d'une aussi grande portée, en définitive si ce voyage vers l'inconnu collectif valait la peine. Le point douloureux pour les radicaux qui s'apprêtaient à organiser la campagne référendaire était, donc, l'organisation. Dans le X Congrès on avait déjà fixé l'objectif minimum de mille inscrits, pour fonctionner efficacement, ou bien l'auto-dissolution. L'objectif fut atteint. On arriva aux XI Congrès organisé à Turin en novembre 1972, avec 1.300 inscrits, dont 900 qui ne s'étaient jamais inscrits auparavant. 18% d'entre eux avaient une double carte: et il est important de relever cette dernière circonstance car elle prouve que le consensus pour les initiatives radicales pouvait provenir d'autres secteurs. A cette époque ce

rtains exposants de la gauche républicaine s'approchèrent du parti radical, comme Franco Corleone, Mercedes Bresso, qui renforceront le noyau milanais (213). En effet le problème était aussi, rappelons-le, comment développer la structure territoriale du parti, qui, comme les radicaux eux-mêmes observaient, devait être laïque et libertaire, et ne pouvait pas continuer à être "romain, uni-céphalique et charismatique". L'activisme vers le P.R. augmenta devant l'imminence de ce XI Congrès, suite à certaine actions directes effectuées par le parti (214).

Le prosélytisme aurait pu avoir des résultats meilleurs, si les radicaux s'étaient consacrés, avec plus d'engagement, au renforcement du parti: ils préféraient, au contraire, que le P.R. fut une force de service unitaire et alternatif pour tous les groupes de la gauche socialiste et libertaire (215). Ils se mobilisaient, non pas pour ajouter de la force au parti, mais pour organiser des batailles civiles, comme celles pour la libération des objecteurs de conscience, pour la libération de l'anarchiste Valpreda, dépensant leurs énergies dans des manifestations populaires unitaires qu'ils définissaient "anti-régime".

De toute façon l'objectif fixé par le précédent congrès de Rome avait été atteint; ce qui fait qu'à Turin le parti pouvait annoncer sa survie. Pas uniquement. Mais approuver une motion de grande haleine qui aurait anticipé les temps de l'affrontement avec la D.C. Le congrès de Turin devint aussi la tribune d'où fut relancé le projet d'une initiative populaire référendaire sur les thèmes des droits civils. Même la bataille pour l'objection de conscience et pour la libération de Valpreda, qui culmina dans la grève de la faim de Pannella et Gardini, eut son point culminant dans ce congrès.

La motion approuvée par le XI Congrès (216), sur la ligne de la politique constante contre le parti dominant, indique dans la D.C. l'héritier naturel du Parti National Fasciste, et confirme que la gauche, dans son ensemble, ne sait pas s'opposer à ce "parti-régime"; de sorte que la politique de cette gauche se montre »subalterne au corporatisme d'Etat qui s'est surtout consolidé dans les secteurs publics héritiers du fascisme . Quant au Parlement, d'après les radicaux il était réduit à approuver, souvent à l'unanimité, des milliers de petites lois corporatives et il n'affrontait pas les vrais réformes; alors que les chambres devaient être au contraire pour les radicaux un lieu de débat sur les grands problèmes, comme le divorce, l'avortement, l'objection de conscience. Le XI Congrès, après avoir jugé sans ménagement la situation politique italienne désormais figée, jugeait que pour renouveler le niveau de la génération politique opérant alors il était nécessaire de poursuivre des projets précis, que tout le

monde pouvait comprendre, et qui pouvaient être gérés du bas, par les masses démocratiques, par d'authentiques socialistes, communistes, libéraux partisans de Gobetti, par les minorités qui sont révolutionnaires lorsqu'elles lient l'affirmation de leurs droits à l'avantage de tous. Sur de telles prémisses politiques, le parti radical proposa le recours à la volonté populaire: la seule mesure qui aurait pu amener à la pleine réalisation du pacte constitutionnel, à la démolition des lois réactionnaires, en faveur des droits de l'homme, des droits des travailleurs et des citoyens. Et la motion du congrès proposait et s'engageait à organiser cinq référendums populaires abrogatifs qui concernaient les lois de réalisation du Concordat, les normes autoritaires du code pénal (par exemple, le délit d'avortement et de consommation de drogue), les codes militaires, le financement public de l'école privée, les lois sur la presse qui limitaient les libertés civiles.

L'année 1973 commence de manière encourageante pour le parti radical. Les premières initiatives politiques sont lancées (217). Le 11 février 1973, Loris Fortuna, en accord avec le Parti Radical, et avec le mouvement de libération de la femme, présentait au Parlement le premier projet de loi pour la légalisation de l'avortement. La lutte commencée trois ans plus tôt par l'information radicale commençait à intéresser les institutions, et donc les forces politiques organisées qui n'auraient plus pu se soustraire à la discussion sur un problème déjà ouvert dans beaucoup de pays européens. Par une lettre au "Messaggero" de Rome, Pannella ouvre un autre front, comme l'annonça, d'une manière triomphale, "Notizie Radicali" dans son numéro du 27 janvier 1973: celui de la drogue. Le leader radical se mit à défendre les jeunes fumeurs de marijuana et de haschich, et annonça qu'avec d'autres militants radicaux il aurait fumé, publiquement, des drogues légères. C'était une démonstration provocatrice contre le projet de l

oi, fortement punitif, présenté par le gouvernement Andreotti, contre les consommateurs de drogue.

La force du P.R., constituée par 1.300 inscrits environ, décidés à s'autofinancer, et à s'autogérer, était désormais une réalité; la reconstitution du parti, décidée par le congrès du mois de novembre 1972, n'apparaissait plus comme une velléité. Mais l'engagement primordial et solennel que le P.R. s'était assumé ne se concrétisait pas: le travail d'organisation des cinq référendums ne faisait aucun pas en avant. On devait attendre le congrès suivant du mois de novembre pour mettre au point le programme politique de la campagne des référendums mais le retard apparaissait comme une erreur grave, car il aurait compromis la disponibilité des autres forces politiques de gérer avec les radicaux ce projet d'une importance énorme pour l'organisation future des institutions.

Voilà pourquoi un congrès extraordinaire fut convoqué à Rome en 1973, en plein été (8-9 juillet). Ce congrès, qui s'est montré comme l'un des plus vivants et des plus stimulants, obtint deux résultats importants: l'adhésion au projet radical de tous les principaux groupes extra-parlementaires ((Il Manifesto, Lotta continua, Avanguardia operaia, Parti communiste marxiste-léniniste) et également du courant de gauche du Parti Républicain (218). L'autre fait fut l'engagement déclaré de beaucoup de militants de sièges locaux à participer au travail d'organisation à Rome: ainsi s'élargissait la base des participants au travail quotidien, toujours accompli, dans le passé, par le petit noyau habitant Rome. Le congrès enregistra ensuite la convergence sur le projet politique radical de certaines forces de gauche, pour lesquelles le P.R. avait manifesté, depuis toujours, de l'attention, et qui s'étaient unies dans la bataille pour le divorce. Giacomo Mancini, à l'époque l'un des plus principaux exposants du Parti Soci

aliste, avait fait parvenir au congrès radical un message de salut, contenant des expressions d'encouragement; en outre les travaux du congrès virent la participation du député Vincenzo Balzamo, responsable des droits civils du P.S.I. et de Fabrizio Cicchitto de la gauche du même parti.

Le Congrès, sur le plan opérationnel, décidait de constituer un comité de gestion des référendums, qui aurait aidé le secrétariat national et les autres organes du parti; et, en outre, de charger un comité de réaliser, avant deux ou trois mois, un quotidien radical.

On jeta par conséquent les prémisses politiques et d'organisation pour pouvoir convoquer les référendums abrogatifs en 1975. Mais le résultat le plus important, et même inespéré aux fins de la stratégie radicale, fut la convergence de forces constitutionnelles et extra-parlementaires sur le projet de lutte commune de toute la gauche, de tous ceux qui se battaient pour le renouvellement. Voilà pourquoi le P.R. demanda aux militants et aux partisans, aux adhérents des Ligues pour les droits civils, une relance des initiatives, qui put témoigner de la présence radicale comme adhésif de tous les groupes pro référendums. A cela s'ajouta, après le congrès, l'adhésion du Parti socialiste d'unité prolétaire. Toutes ces forces, hétérogènes, tout en étant réunies autour du projet des référendums, confirmèrent leur autonomie politique et d'organisation.

Lotta Continua proposa de sélectionner et de concentrer les référendums sur deux ou trois points, le Code Rocco, les Codes militaires, et l'avortement. En attendant on acquérait de nouvelles listes d'adresses, et on constituait les premiers comités de travail au niveau provincial (219).

Le XIII Congrès (1-2-3 novembre 1973) précisa le paquet référendaire. Les modalités et les contenus du projet furent établis. L'assemblée sélectionna huit groupes d'arguments, huit référendums. Un projet assez ambitieux, qui suscita beaucoup de perplexités sur la possibilité technique de mettre en chantier, en même temps, huit initiatives, tenant compte de la consistance du parti radical, constitué par pas plus de mille inscrits.

Le congrès, toutefois, décida de conserver le projet global, les huit référendums. Cette décision était chargée d'une signification politique: elle voulait prouver l'existence d'une alternative au "régime DC et à ses fermetures", comme on le disait dans la motion finale (220).

On recherchait la collaboration des forces parlementaires et extra-parlementaires, avec une forme ouverte, en inventant des structures d'organisation en-dehors des structures existantes. C'était le seul processus possible pour les minorités démocratiques, qui, avec l'instrument du référendum auraient pu mettre en marche les masses sur le chemin du renouvellement, fondamentalement, au moins, socialiste. Le système des partis, au contraire, était incapable d'interpréter des exigences particulières, car il manquait, d'après les radicaux, d'une infrastructure de mobilisation; les partis de gauche dans notre Pays étaient désormais tellement institutionnalisés qu'ils évitaient l'état conflictuel, la tension avec les adversaires de classe.

Le critère de choix des huit référendums proposés, et que nous préciserons ci-après, obéissait également à des raisons pratiques. La technique des référendums exigeait de recueillir pour chaque loi à abroger cinq cents mille signatures devant des officiers ministériels qui s'occupaient de l'authentification et à unir aux signatures les certificats électoraux des signataires. Voilà pourquoi les promoteurs devaient effectuer un choix rigoureux, en commençant par les secteurs où la survie des vieux système semblait la plus scandaleuse (221). L'indication pour un choix judicieux vint aux radicaux des luttes des dernières années: c'est-à-dire les batailles qui avaient engagé le P.R. et les autres mouvements intéressés des objecteurs de conscience aux partisans du divorce, aux partisans de la légalisation de l'avortement: eh bien, c'est de la réflexion sur toutes ces luttes pour les droits civils qu'eurent origine les choix des secteurs qu'il fallait, même sous le profil politique, investir avec le système de l'ab

rogation par volonté populaire. Il fallait soumettre au référendum les bases du pouvoir clérical, les instruments de la répression pénale ordinaire et militaire, et enfin, les canaux de l'information. En frappant ces quatre secteurs, le PR voulait ébranler les équilibres politiques et même la vie démocratique du Pays, en lui redonnant "ce peu de vérité, de confrontation, d'engagement civil et idéal, sans lesquels il n'y a plus de démocratie" (222).

Les référendums proposés concernaient les thèmes suivants. Premièrement: l'art. 1 de la loi 27 mai 1929 qui disposait de l'exécution du traité et du Concordat signés entre la Saint-Siège et l'Italie qui sanctionnaient les privilèges et les avantages de l'Eglise Catholique surtout en matière fiscale, dans le secteur scolaire, familial et pénal; deuxièmement: les art. 17 et 22 de la loi citée, qui reconnaissaient des effets civils aux sentences ecclésiastiques d'annulation des mariages concordataires; troisièmement: l'abrogation totale du code militaire de paix; quatrièmement: l'abrogation du système judiciaire militaire; cinquièmement: l'abrogation de l'ordre des journalistes; sixièmement: l'abrogation de la loi limitant la liberté de presse; septièmement: la liberté d'antenne; huitièmement: l'abrogation de certaines normes répressives du code pénal, comme la peine de prison à perpétuité, les délits d'opinion, et le délit d'avortement (223).

Le 15 mars 1974 le parti radical commença le rassemblement de signatures pour les huit référendums; l'organisation était articulée territorialement en cent trente-cinq comités locaux, avec des centaines de tables sur les places et dans les rues des principaux centres, du Nord au Sud de l'Italie (224).

En même temps s'ouvrait la campagne pour le référendum sur le divorce qui avait été convoqué pour le 12 mai; les radicaux étaient convaincus que cette coïncidence aurait représenté un élément de force. Mais il n'en fut pas ainsi. Le P.R. se trouva, à l'improviste, tout seul pour recueillir les signatures pour les huit référendums, abandonné par les groupes parlementaires sur l'aide et l'organisation desquels les radicaux avaient compté. Si l'on examine le tableau 7, deux comité seulement avaient été organisés par les extra-parlementaires; Lotta Continua affirmait que l'engagement pour le référendum sur le divorce devait être prioritaire par rapport à celui pour le rassemblement de signatures pour les huit référendums (225). Le Manifesto confirma son soutien, mais ce ne fut qu'une proclamation verbale. Le P.D.U.P. assuma la même attitude. Par contre la contribution du P.S.I. et de la U.I.L. fut significative (Cf tableau 7), un témoignage de l'attention des socialistes pour les projets radicaux. Les communiste

s montrèrent, au contraire, de l'intolérance et une hostilité mal dissimulée pour les référendums. Ils accusaient les radicaux de donner un coup de main à Fanfani, en dispersant des énergies pour des référendums manquant d'utilité politique.

Devant un cadre politique si incertain, quelques semaines avant le vote du 12 mai, les radicaux décidèrent de suspendre le rassemblement de signatures (226).

Le lendemain du résultat du référendum sur le divorce, qui s'était résolu par un triomphe pour les partisans du divorce, surtout dans les zones les plus arriérées du Pays du point de vue économique, les radicaux, reprirent, le 15 juin, le rassemblement de signatures. Les seuls qui fournirent une aide furent les adhérents d'"Avanguardia Operaia". Toutefois la campagne échoua, les radicaux enregistrèrent à leur actif plus de cent mille signatures pour chaque demande de référendum. On ne peut pas nier que la stratégie politique radicale fut confirmée, presque avec éclat, par le résultat du référendum sur le divorce: le Pays réel dans lequel le P.R. avait toujours cru se montra, de façon inespérée, plus avancé que le Pays légal. On réussit pour la première fois à créer une coalition unitaire de gauche gagnante. L'alternative des forces du progrès avait été réalisée, grâce à un instrument de mobilisation populaire comme le référendum. Toutefois l'insuccès dans le rassemblement de signatures était une nouvelle pre

uve de la nécessité d'une organisation plus ponctuelle, ou bien d'un lien plus solide avec les autres forces politiques intéressées au problème.

Suite à cet insuccès, le parti radical entra en crise: le jeune secrétaire Giulio Ercolesi, qui n'avait sans doute pas su guider fermement le parti durant la campagne pour le rassemblement de signatures, se démit de ses fonctions, au cours de l'été 1974 (227). La crise s'étendit également à la trésorerie collégiale, élue au Congrès de Vérone, en novembre 1973; si bien que Gianfranco Spadaccia resta seul pour s'occuper aussi bien du secrétariat que de la trésorerie. Mais, malgré la crise, la crédibilité du parti radical avait énormément augmenté dans l'opinion publique: les personnes communes, fatiguées des professionnels de la politique, voyaient dans le message radical, symbolisé par la figure du leader Marco Pannella, le rachat du mal de la particratie, ils commençaient en définitive à se reconnaître dans une minorité qui avait réussi à imposer, contre des forces conservatrices énormes, le caractère inviolable de la loi sur le divorce. Cependant, une croissance ultérieure était empêchée par l'accès nié à l

a télévision d'Etat pour les minorités.

Pour conquérir ce droit, indispensable pour pousser les masses dans la bataille référendaire, un groupe de militants radicaux entamait une grève de la faim (228). Après le référendum, le jeûne continua, de la part aussi de militants de plusieurs villes et centres mineurs. La grève de la faim devint une véritable action de désobéissance civile. A la mi-juillet, le jeûne de Pannella, ayant dépassé soixante-dix jours, devint un fait dramatique, et intéressa les grands organes d'information: le président de la République décida de recevoir le leader radical, pour lui montrer son intérêt "pour la valeur de son action". Le résultat le plus important du très long jeûne de Pannella fut la mobilisation renouvelée des militants qui, après l'échec du rassemblement de signatures pour les référendums, s'étaient écartés. Vu le consensus sur l'action de Pannella, ils avaient multiplié les initiatives, les actions directes.

Il est intéressant d'examiner les réactions des principales forces politiques face à l'action individuelle de Pannella. Le républicain Adolfo Battaglia jugeait "utopiques" et non conformes à la réalité du moment les instruments de l'action de conscience. Les communistes relevaient le caractère non central et le manque d'urgence pour la vie nationale de la défense des droits civils et se déclaraient contraires aux actions et aux actes des minorités, qui ne devaient pas se substituer à l'action des masses et des partis qui les représentaient (229). Les laïques modérés se plaignaient de la rupture avec la tradition du radicalisme dans les années Cinquante. Le fait est que, finalement, le message radical passa, grâce aux jeûnes de tant de militants, grâce à l'information télévisée.

Une nouvelle donnée: des centaines de milliers de citoyens qui étaient entrés, d'une manière ou d'une autre, en contact avec les initiatives radicales, on passa, au cours de l'été 1974, à la communication adressée à plusieurs millions de personnes. Par conséquent, un énorme saut de qualité, c'est ainsi que les radicaux saluèrent leur accès à la télévision: ils pouvaient étendre à toute l'Italie, sans discriminations, l'aire de connaissance de leurs batailles pour les droits civils. Il aurait finalement été possible de mener des luttes générales pour le Pays: le parterre était l'Italie toute entière. Un énorme pas en avant, si l'on considère que quelque temps auparavant les radicaux n'étaient qu'une dizaine de "désespérés".

3. Radicaux et socialistes: une relation contrastée

Le XIV Congrès radical (Milan, 1/4 novembre 1974), malgré l'élargissement du consensus dans l'opinion publique, malgré le succès du vote du 12 mai sur le divorce, malgré le premier engagement du Parlement à discuter le projet de loi sur l'avortement, enregistra un pessimisme répandu sur le futur politique, pour les partis de gauche, visant tous à conclure des accords ou des compromis avec l'ennemi de toujours, c'est-à-dire avec cette D.C. qui avait imposé le "régime" en Italie (230).

Le débat au congrès de Milan fut caractérisé par l'effort de définir une ligne politique générale pour le parti, une plate-forme d'orientation pour les organes dirigeants et pour les militants. Cette fois la confrontation sur les perspectives politiques sembla l'emporter, alors que l'affrontement sur les objectifs immédiats passa au second plan.

Les référendums, dans le débat du congrès, n'apparaissent plus comme un instrument des initiatives radicales. On commença à parler d'un programme alternatif commun, auquel toute l'aire de la gauche ne pouvait se soustraire. On parla, ouvertement, d'une participation des radicaux aux prochaines élections. Toutefois le congrès prit acte, d'une manière réaliste, des difficultés d'organisation que le P.R. aurait eu pour affronter, avec efficacité, les consultations électorales. En se posant ces perspectives, le rapport avec les autres formations politiques ne pouvait que changer. C'est pourquoi le rôle du P.R. devait être mieux précisé: non seulement les radicaux devaient faire oeuvre de dénonciation, de pression, et de polémique, mais ils auraient dû s'engager pour le développement de la composante socialiste-libertaire de la gauche, promouvoir en somme l'agrégation au moins sur certains objectifs concrets, des partis de gauche. C'est sur ces interrogatifs que se basa la discussion pendant le Congrès. L'image "

socialiste" du P.R., qui se mit dans une perspective de force de gouvernement, ressortit d'une manière claire et nette: dans la motion du congrès le parti se fixa pour objectif 20 pour cent au moins de l'électorat aux forces socialistes pour rééquilibrer la gauche italienne (231) et rendre ainsi possible l'alternative, d'une manière réaliste.

Ce congrès de Milan confirma, donc, les rapports privilégiés que les radicaux avaient entretenus depuis toujours avec les socialistes. Pannella, tout en conservant en substance la guide des radicaux, n'avait pas renouvelé sa carte depuis plus d'un an, pour agir plus librement à l'intérieur des différents partis de gauche, toujours dans le but de construire l'alternative à la D.C. Et dans cette perspective, il annonça au congrès de Milan la fondation du "Mouvement socialiste pour les droits et les libertés civiles - ligue 13 mai", et déclara son intention d'agir, à partir de ce moment-là, en tant que militant socialiste.

Massimo Teodori qui dans les années 1971-1973 avait déjà accueilli des débats dans "Prova radicale" avec des exposants de la gauche socialiste, comme Riccardo Lombardi, en s'occupant des perspectives du socialisme en Europe, fonda en 1975, avec quelques intellectuels de l'aire socialiste, l'association ARA, "Action et Recherche pour l'Alternative" (232). Les radicaux avaient choisi le parti socialiste comme principal interlocuteur, car à cette époque ce parti semblait hésiter entre une collaboration avec la D.C. ou des ouvertures vers des "équilibres plus avancés".

Cette perplexité était interprétée par les radicaux comme un signe de changements possibles. Le P.S.I. était pour les radicaux la seule formation politique ayant aussi une âme "mouvementiste", et il aurait pu par conséquent la pousser à faire partie de l'agrégation pour l'alternative. Cependant le parti socialiste s'était désormais donné une stratégie définitive, qui le portait, inéluctablement, à embrasser les masses catholiques. Les initiatives philo-socialistes menées par l'"ARA" n'eurent aucun développement, elles s'épuisèrent dans le domaine culturel.

Par contre les initiatives promues par Pannella, directement par le parti radical, comme la lutte pour la dépénalisation de l'avortement, eurent le soutien officiel du P.S.I., qui contribua avec 60 millions de lires, et obtinrent beaucoup d'adhésions sur le territoire national (60 comités furent constitués pour rassembler les signatures) (233).

4. Le deuxième défi aux catholiques: l'avortement

La lutte pour l'avortement fut organisée par les radicaux après la présentation au Parlement du projet de loi Fortuna, dont on a déjà parlé. L'occasion pour mobiliser l'opinion publique sur le problème de l'avortement fut le procès contre Gigliola Pierobon, en juin 1973, qui était accusée d'avortement procuré à l'âge de 16 ans. Les féministes adhérant au Mouvement de libération de la femme prirent ce procès comme occasion, et s'auto-dénonçèrent, dans la salle-même où on jugeait Gigliola Pierobon, pour le délit d'avortement. Le cas fit grand bruit sur la presse, et jusqu'à des hebdomadaires comme "Annabella" lui donnèrent un grand éclat (234). Ainsi, encore une fois, avec une action directe, les radicaux avaient réussi à briser le silence de la presse bien-pensante sur une question qui touchait toutes les femmes. En septembre de la même année le quotidien radical "Liberazione" publiait les auto-dénonciations de cinquante autres femmes, tandis que le Mouvement manifestait devant le Parlement afin que le projet

de loi Fortuna fut discuté.

Mais tout ça ne réussit pas à débloquer la situation: le parti communiste se déclara contraire à la libéralisation de l'avortement: et par conséquent le soutien décisif du plus grand parti de la gauche vint à manquer. Un autre coup à l'initiative radicale vint de la non obtention du nombre de signatures nécessaires pour convoquer le référendum. Lorsque la bataille sembla définitivement perdue, Pannella utilisa l'arme de la grève de la faim à outrance, et réussit à être interviewé par la télévision d'Etat, pouvant ainsi, par surprise, parler de l'avortement à des millions de gens.

En attendant, alors que l'initiative radicale avait des difficultés, on fonda le CISA (Centre Italien stérilisation et avortement) qui en 1974 ouvrit des dispensaires dans toute l'Italie, dans lesquels on pratiquait l'avortement presque gratuitement (235). L'activité de ces centres n'avait pas lieu en clandestinité, mais on en faisait amplement la publicité. Les pratiques abortives continuèrent, tranquillement, pendant près d'un an, jusqu'à ce que l'hebdomadaire de droite "Candido" publia un article de dénonciation contre le centre CISA de Florence, provoquant l'intervention de la magistrature. On arrêta le gynécologue Giorgio Conciani qui travaillait au centre. Quelques jours plus tard on arrêta Gianfranco Spadaccia, secrétaire national du parti radical, qui s'était assumé la responsabilité politique de l'activité du CISA (236).

D'autres arrestations et incriminations suivirent: Adele Faccio et Emma Bonino, pour leur activité de soutien au centre pour la libéralisation de l'avortement, subirent le même sort, en janvier 1975 la première et en juin la seconde. La réaction de la police et de la magistrature vis-à-vis des partisans du référendum abrogatif du délit d'avortement, suscita l'intérêt des deux grands hebdomadaires, d'inspiration laïque, "L'Espresso" et "Panorama" et par conséquent de l'opinion progressiste du Pays. Le 5 février 1975 on déposait en Cassation aussi bien la demande de référendum pour l'avortement que sur les quatre autres thèmes approuvés par le XIV Congrès (concordat, délits d'opinion du code pénal, système judiciaire militaire et code pénal militaire). Le jour après la présentation des demandes de référendum, la campagne institutionnelle se mêlait à la mobilisation fondée sur la désobéissance civile. Une avalanche d'auto-dénonciations fut transmise à la Cour de Cassation, et, par conséquent, tous ceux qui s'au

to-dénonçèrent reçurent une convocation judiciaire (237). Le 18 février, la Cour Constitutionnelle déclara partiellement illégitimes les normes qui punissaient le délit d'avortement, dépénalisant ainsi l'avortement thérapeutique. Entre-temps "le front parlementaire" s'ouvrait: tous les groupes parlementaires, sauf celui du M.S.I., présentaient leur propre projet de loi sur l'avortement. Le 15 avril débuta dans les rues et sur les places de tous les centres principaux, le rassemblement de signatures. Pannella réussit à obtenir le soutien de l'Espresso seulement pour le référendum sur l'avortement; le syndicat U.I.L. et beaucoup de fédérations socialistes adhérèrent à la campagne (238). A ce point de la bataille référendaire, les radicaux, vu l'adhésion de beaucoup de milieux laïques et progressistes à leur initiative pour l'avortement, décidaient de suspendre le rassemblement de signatures pour les quatre autres référendums, et concentrèrent leur effort d'organisation sur le premier (239).

Ils réussirent à rassembler, dans les délais fixés par la loi, 750 mille signatures, et on put ainsi entamer les procédures pour la convocation du référendum sur l'avortement. Mais le P.R. n'avait pas renoncé définitivement aux autres propositions. En effet, après les élections régionales du 15 juin 1975 qui enregistrèrent un succès important du P.C.I., les radicaux, pensant exploiter le climat favorable au changement politique, décidèrent de reprendre la bataille pour les quatre autres référendums; en y ajoutant un cinquième pour l'abrogation de la loi Reale sur l'ordre public, qui venait d'être approuvée par le Parlement pour combattre le terrorisme (240). Toutefois sur ces cinq thématiques, le P.R. n'obtint pas l'adhésion des autres forces politiques de gauche, ni d'aucun grand organe de presse, et ils n'eurent pas le soutien de cette grande partie de l'opinion "liberal" qui l'avait aidé à rassembler les signatures pour le référendum sur l'avortement; même les petits groupes extra-parlementaires se défilè

rent. En définitive, c'était l'unité laïque des forces de gauche qui était venue à manquer; ils ne réussirent pas par conséquent à recueillir le nombre de signatures nécessaire pour les autres référendums.

Le XV Congrès du P.R., réuni à Florence du 1 au 4 novembre 1975 auquel participèrent plus de mille inscrits et beaucoup d'exposants du P.S.I., confirma d'une part le jugement sur la situation politique contenue dans la motion finale du précédent congrès de Milan, et considéra de l'autre que les temps étaient désormais mûrs, après le succès électoral des gauches aux élections administratives du 15 juin, pour préparer un programme économique et social commun pour toutes les composantes de gauche et laïques (241). Les radicaux demandèrent aux composantes politiques qui leur étaient homogènes d'adhérer à la lutte institutionnelle pour la pleine réalisation de la Constitution, et l'élimination, par conséquent, de toutes les normes autoritaires encore en vigueur trente ans après la tombée du fascisme. Le P.R., pour réaliser ce projet politique, se tournait vers le P.S.I., et voulait se référer au modèle français, à ce 20% de force socialiste et libertaire, à auto-gérer, cependant, du bas. Il posait, toutefois, au

P.S.I. et aux autres forces à agréger, une condition: leur disponibilité à discuter, et donc à soutenir la loi sur l'avortement que la Chambre des Députés était sur le point d'affronter. S'il n'avait pas été possible de se réunir autour d'un P.S.I. renouvelé, le P.R. avançait sa propre candidature comme élément agrégeant d'une nouvelle formation socialiste, car une telle requête venait indiscutablement de la base du Pays.

Le P.R. demandait, formellement, au Congrès du P.S.I., qui se serait déroulé en février 1976, un pacte fédératif, qui sans annuler les différences, mais au contraire en "renforçant et multipliant les diverses expériences, énergies et potentialités, put créer les prémisses pour une plus vaste unification de forces socialistes et libertaires" (242).

De la teneur de la motion finale et de la discussion ressort le caractère inévitable de la participation de listes radicales aux élections politiques imminentes. Gianfranco Spadaccia et Roberto Cicciomessere, dans un éditorial sur "Notizie radicali" du 18 octobre 1975 avaient déjà affirmé qu'une phase historique du parti radical était en train de se conclure, et que, finalement, après vingt ans de luttes pour les droits civils, il y aurait eu un débouché politique: 1976 aurait été l'année de l'alternative. En cas contraire, d'après les exposants radicaux, dix ans se seraient encore écoulés avant de voir réalisés ces droits civils, objet de tant de luttes militantes, du P.R. et des différentes ligues.

Un sondage de la Demoskopea, publié par "Panorama" avait enthousiasmé les radicaux. Les interviewés avaient déclaré qu'ils désiraient le renouvellement de la classe dirigeante et des partis politiques. La demoskopea avait estimé aux alentours de 10-12 pour cent le consensus électoral du parti radical, constitué en grande partie de femmes. Et, donnée fort importante pour les radicaux, il ressortit de la même enquête que 70% des interviewés attribuaient une grande valeur aux luttes pour les droits civils. Si ensuite le P.R. avait eu accès à la RAI-TV, le niveau de connaissance des thèmes radicaux aurait augmenté d'une manière éclatante. En définitive le moment tant attendu était arrivé. Le "rêve radical" était-il sur le point de se réaliser?

Dans les cinq mois entre le XV congrès radical du mois de novembre et le congrès socialiste de février 1975, aucune réponse ne vint du P.S.I. aux propositions d'agrégation du P.R. (243).

De Martino, secrétaire du P.S.I. ne fournit une réponse que pendant le congrès, et ce fut un non clair aux propositions politiques radicales: le P.S.I. invitait le P.R. à une simple confluence de type électoral. Le congrès socialiste, toutefois, se montra plus ouvert que son leader: il donna mandat à la direction de donner cours à une confrontation politique avec le Parti Radical; mais, malgré la délibération du congrès, rien ne se passa, on n'établit aucun rapport entre les deux partis, pas même un entretien politique.

5. Les citoyens et le pouvoir: "La charte des libertés"

Les radicaux se trouvèrent, ainsi, seuls dans l'imminence de la dissolution des Chambres. Le Conseil Fédératif décida de présenter des listes pour les élections du 20 juin. Le secrétaire du P.R., à propos du non socialiste, faisait remarquer que les radicaux »n'étaient pas des postulants qui frappaient à la porte du P.S.I. en attente d'un poste quelconque ou d'une médaille parlementaire: ils n'étaient pas prêts à détruire quinze ans de diversités socialistes (244).

Depuis plusieurs années les radicaux mettaient en évidence la survie de beaucoup de forces autoritaires, et réclamaient par conséquent une politique des libertés: ils remarquaient également que "la force expansive" même de notre Constitution s'était contractée. En définitive le P.R. agissait, suivant sa tradition d'origine, sur la ligne du grand filon du socialisme européen. Le projet radical prenait corps en février 1976 avec un premier projet de loi d'initiative populaire pour une "charte des libertés et des droits civils", qui, ensuite, en large mesure, correspondait aux contenus des référendums organisés les années précédentes et abandonnés ensuite pour les raisons que nous avons déjà vu (245). Les radicaux, à la veille d'une consultation électorale, considéraient cette "Charte des libertés" comme un véritable programme de gouvernement et de législature. Par conséquent, une immersion dans les institutions, pour les changer en sens libertaire, ou d'une manière plus limitée pour aligner notre législation à

celle plus avancée de l'Europe Occidentale.

Le projet s'articulait en deux projets de loi. Le premier visait à la révision constitutionnelle de l'art. 7 de la Constitution, et par conséquent à une réorganisation complète des rapports entre l'Etat et l'Eglise, avec le passage du régime concordataire à un règlement des rapports qui garantît l'indépendance de l'Eglise et la laïcité de la République. Les vieux thèmes radicaux refaisaient leur apparition, dans un contexte politique et social qui était sur le point de changer, étant donnée l'entrée sur la scène politique des groupes ecclésiaux et la nouvelle manière de concevoir les rapports avec les hiérarchies de la part des catholiques.

Le second projet de loi se présentait plus complexe et plus riche d'implications institutionnelles, car il aurait permis aux citoyens et aux groupes de faire valoir librement et immédiatement les droits de liberté qui leur étaient reconnus.

Il proposait l'abrogation de quelques milliers de normes en vigueur et l'approbation de centaines de nouvelles normes instituant de nouvelles libertés. Le projet se divisait en cinq titres, et prévoyait, entre autre, la réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature, la démilitarisation de la police, l'état civil des fonctions publiques, le droit d'accès des citoyens à l'information.

Un secteur concernait les citoyens définis "sous-protégés", c'est-à-dire les personnes âgées, les mineurs, les minorités linguistiques, les personnes sexuellement différentes, les réfugiés: pour finir le projet voulait défendre les droits des citoyens dans les communautés nécessaires, c'est-à-dire dans les écoles, dans les casernes, dans les hôpitaux, dans les hôpitaux psychiatriques, dans les prisons, dans les usines.

La ligne d'intervention tracée par le P.R., telle qu'elle était articulée, mettait en mouvement un mécanisme de contrôle sur toute une série de pouvoirs publics et privés, dont la gestion était d'après les radicaux, autoritaire ou tout au moins à l'abri de toute enquête externe.

La confirmation du projet global vient des 400 mille voix obtenues par le P.R. aux élections du 20 juin: quatre radicaux entrèrent au Parlement de la République, et précisément à la Chambre: Emma Bonino, Adele Faccio, Mauro Mellini et Marco Pannella. Le parti socialiste avait régressé tout comme les petits partis laïques: le P.C.I., avec des 34,4% des suffrages gagnait 48 sièges.

La seule formation laïque en hausse fut la formation radicale.

Malgré le succès le parti essaya de rester lui-même, autrement dit de ne pas perdre sa nature d'origine, basée sur l'auto-gestion, sur la non-violence, sur la politique active de base. Et pour conserver ces caractéristiques, Pannella comme nous l'avons vu, lança le slogan: "désorganisation scientifique"; suscitant cependant des polémiques internes parmi ceux qui voulaient maintenir l'agrégation spontanée de personnes autour de batailles communes et ceux, au contraire, qui souhaitaient une certaine stabilité d'organisation (246).

Le dilemme sur l'organisation à donner au parti était très senti au niveau local. Le périodique d'information du P.R. d'Emilie Romagne, "Agenzia Radicale", affirmait clairement que: »les associations locales avaient bien peu vécu, d'une vie autonome, se limitant, dans les meilleurs des cas, à partir 'la table sur le dos' aux signaux de Rome (247). Et il observait que le P.R. enregistrait un renouvellement très rapide de personnes, qui se jetaient âme et corps dans des luttes particulièrement significatives, pour disparaître ensuite pendant de longues périodes de temps ou pour toujours. Un patrimoine d'énergies se dispersait ainsi. De sorte que le point de force du parti, le spontanéisme qui se formait périodiquement autour des luttes du moment, représentait aussi un point de faiblesse.

Par conséquent les militants de base réclamaient une continuité politique évitant, en même temps, le danger de transformer le parti radical dans un des petits partis traditionnels.

Le problème était senti à tous les niveaux du parti et il sera, dans les années suivantes, une raison centrale de débats, de polémiques, d'accusations, d'abandons.

Après les élections du 20 juin, il y eut la formation du gouvernement Andreotti formé par un seul parti, qui tenait sur le "non refus de confiance" des partis autres que la D.C. et en particulier du Parti communiste. Pour les radicaux le P.C.I. devenait ainsi la colonne portante du "régime". Le XVII Congrès radical organisé à Naples du 1 au 4 novembre 1976 dénonça "la situation corporative d'assistance et fasciste" de la D.C. désormais avalisée, ouvertement, par les partis de la gauche historique.

Avec le compromis historique entre la D.C. et le P.C.I., le parti radical fut obligé de modifier sa stratégie et le P.C.I. fut désormais jugé incapable de n'importe quelle politique alternative: par conséquent les radicaux considéraient encore plus nécessaire le recours au référendum pour réaliser la Constitution. Mais la bataille référendaire, par rapport à l'époque du divorce, aurait pris une orientation politique différente: de référendum pour déplacer la gauche et l'obliger à soutenir des batailles alternatives, dépassant les compromis avec la D.C., à référendum direct précisément contre le "régime D.C.-P.C.I." (248).

NOTES

(187) Motion politique approuvée par le IV congrès ordinaire du PR 2/4 novembre 1968.

(188) Intervention du député Boldrini (PCI) à un congrès organisé par le PR à Rome en avril 1966, cité dans AGHINA-JACCARINO, »Storia del Partito Radicale , Gammalibri, Milan, 1977, p. 46.

(189) MASSIMO TEODORI, »Storia del partito radicale, AA.VV. "I nuovi radicali", Mondadori, 1977, p. 105-110.

(190) Document du secrétaire du PR Gianfranco Spadaccia: "Il Partito Radicale e il movimento radicale nel paese una strategia politique per la nuova sinistra", cité par M. TEODORI.

(191) Cf. motion politique approuvée par le V congrès, nov. 1968.

(192) »Un giorno a Sofia , "L'Astrolabio", n. 39, 6 octobre 1968.

(193) ANGIOLO BANDINELLI, »Antimilitaristi: cronache di 25 anni , in "La prova radicale

(194) MASSIMO TEODORI, op. cit. pp. 123-124.

(195) M. TEODORI, ibidem.

(196) "Corriere della Sera", 4 novembre 1969.

(197) Motion politique approuvée par le VII congrès.

(198) MARCO PANNELLA, »La più rossa delle schede , "Notizie radicali", mai 1970.

(199) "Corriere della Sera", 2 novembre 1970.

(200) Motion politique approuvée par le VIII congrès.

(201) Cf. p. 90.

(202) MARCO PANNELLA, »E' ora di decidere con o senza il Partito Radicale , "Notizie Radicali", polycopié, 23 juillet 1971 et dans "La prova radicale", an I, n. 1, automne 1971, pp. 48-50.

(203) Cf. GIANFRANCO SPADACCIA, »Partito Radicale e Partito laico , "La prova radicale", n. 2, inv. 1972, pp. 2-5.

(204) Documentation sur le X congrès (Rome, novembre 1971), partielle et limitée aux interventions citées dans le texte et à la motion du congrès, dans "La prova radicale", n. 2, inv. 1972, pp. 186-192.

(205) Motion politique approuvée par le X congrès.

(206) Cf. GIANFRANCO SPADACCIA, Partito radicale e partito laico, "La prova radicale", n. 2, inv. 1972, pp. 2-7.

(207) La documentation relative a été publiée par "La prova radicale", n. 3, printemps 1972, pp. 62-80.

(208) Cf. MASSIMO TEODORI, »Perché ci asteniamo , "La prova radicale", n. 3, printemps 1972, pp. 23-28 et tous les autres articles contenus dans le même numéro de la revue.

(209) Cf. GIANFRANCO SPADACCIA, »Un'ondata di referendum per battere un Parlamento clerico-facista , "La prova radicale", n. 4 été 1972, pp. 45-54.

(210) Cf. G. SPADACCIA, art. ult. cit., p 47

(211) SPADACCIA, ibidem.

(212) Cf. G. SPADACCIA, ult. art. cit., p. 51.

(213) »Editorial dans "Notizie radicali", n. 172, 5 octobre 1972.

(214) Le 1· octobre 1972 commença un jeûne collectif pour solliciter l'approbation d'une loi pour la reconnaissance de l'objection de conscience. Le 18 octobre Marco Pannella et Alberto Gardini, un radical "croyant", déclarèrent qu'ils auraient continué le jeûne sans contrôle médical jusqu'à ses extrêmes conséquences et pour la libération de Pietro Valpreda.

(215) Cf "Notizie radicali", n. 170, 1· sept. 1972.

(216) Motion approuvée par le XI congrès, Turin, 1/3 nov. 1972.

(217) Cf. "Notizie radicali", nn. 182-186, 27 janvier 1973.

(218) Cf. Motion politique approuvée par le XII congrès, Rome, 8-9 juillet 1973.

(219) Cf. "Notizie radicali", numéros. 201-202, 19 juillet 1973.

(220) Motion politique approuvée par le XIII Congrès, Vérone, 1/3 novembre 1973.

(221) Cf. »Otto referendum contro il regime , Savelli, Rome, 1974.

(222) Ibidem, p. 10.

(223) »Otto referendum... , cit., pp. 22-42.

(224) Cf. p. 99.

(225) Cf. AGHINA-JACCARINO, "Storia del partito radicale", Gammalibri, Milan, 1977, pp. 92-94.

(226) Cf. MASSIMO TEODORI, "I nuovi radicali", cit., p. 144.

(227) Cf. p. 103.

(228) M. TEODORI, "I nuovi radicali", cit., p. 144-150.

(229) Cf. TEODORI, ibidem.

(230) Cf. les articles et les actes du congrès dans "Notizie radicali", n. 334, 30 nov. 1974.

(231) Motion politique approuvée par le XIV Congrès, Milan, nov. 1974.

(232) Cf. ARA, »Per l'alternativa - Par le partito del mutamento al progetto socialista , Feltrinelli, Ml, 1975.

(233) Cf. p. 100.

(234) Cf. MARIA ADELE TEODORI, »Cinque anni di lotte , in MLD-PR, "Contro l'aborto di classe", Savelli, Rome, avril 1975.

(235) Cf. p. 90.

(236) Cf. "Notizie radicali", n. 625, 1 janvier 1975.

(237) Cf. M. A. TEODORI, »Cinque anni di lotte... , cit., p. 15.

(238) Cf. »Per un altro 13 maggio , par le P.R., Rome, Savelli, 1975.

(239) Cf. AGHINA-JACCARINO, op. cit. p. 123.

(240 Cf. TEODORI, op. cit. p. 165.

(241) Pour le débat et les délibérations du XV Congrès, voir "Notizie radicali", n. 46, 16 nov. 1975.

(242) Motion politique approuvée par le XV Congrès.

(243) Pour une reconstruction des rapports entre radicaux et socialistes à cette époque: GIANFRANCO SPADACCIA, »Creare due, tre nuove poltrone? , "Prova radicale", n. 1, juin 1976.

(244) SPADACCIA, ibidem.

(245) Projet de loi d'initiatve populaire pour la réalisation des libertés et des garanties constitutionnelles, imprimé par le PR, mars 1976.

(246) Cf. p. 110 et suivantes.

(247) Rapport du comité sortant du PR - Emilie Romagne, "Agenzia radicale", n. 10, octobre (?) 1976, p. 4.

(248) Cf. Motion politique approuvée par le XVII congrès du PR, "Notizie radicali", n. 182, 15 novembre 1976.

 
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